Berlioz à Paris
Institut de France
Le bâtiment qui abrite l’Institut de France fut construit entre 1663 et 1684 à la suite d’un legs du cardinal Mazarin, et fut connu d’abord sous le nom de Collège Mazarin ou Collège des Quatres Nations. L’Institut lui-même, groupant plusieurs Académies existantes (dont celle des Beaux-Arts), fut fondée en 1795 mais s’installa en 1806 dans le bâtiment qui prit désormais son nom. Le Pont des Arts, qui mène directement à l’Institut, avait été construit peu avant, entre 1802 et 1804.
Les rapports de Berlioz avec l’Institut commencent tôt dans sa carrière: c’est en effet dans le bâtiment de l’Institut que les candidats au Prix de Rome "montaient en loge" en juin ou juillet de chaque année pour écrire la cantate obligatoire sur un texte donné. C’est donc ici que Berlioz écrivit ses quatre cantates pendant sa quête prolongée du Prix de Rome de 1827 à 1830. Il donne dans ses Mémoires un récit très vivant de ses expériences en loge (chapitres 22-23, 25, 29-30). Son dernier essai, qui lui valut le prix, coïncida avec la Révolution de Juillet à Paris. Il raconte comment il termina sa cantate (Sardanapale) "au bruit sec et mat des balles perdues, qui, décrivant une parabole au-dessus des toits, venaient s’aplatir près de mes fenêtres contre la muraille de ma chambre" (chapitre 29). Dans une lettre à son père, datée du 2 août 1830, il écrit: "La mitraille et les boulets nous arrivaient en ligne directe, d’une batterie du Louvre qui balayait le Pont des Arts et donnait dans les portes de l’Institut qui en ont été criblées". (Voyez aussi Galerie Vivienne)
Mais plus encore que la quête du Prix de Rome, ses espoirs d’être élu
membre de l’Institut mirent sa patience à rude épreuve. Il échoua pas moins
de quatre fois (en 1842, 1851, 1853 et 1854) avant d’être finalement élu le
21 juin 1856. "Me voilà devenu un homme
respectable, je ne suis plus ni Truand, ni Bohême, arrière la cour des
miracles!… Quelle comédie!… Je ne désespère pas de devenir Pape un
jour" (lettre à la princesse Carolyne
Sayn-Wittgenstein, 24
juin 1856).
L’Institut de France en 1838
Cette gravure par Rouargue frères datant de 1838 est dans notre collection.
Vue du Pont des Arts
Vue du Pont des Arts en 1898
La photo ci-dessus fut publiée dans John L. Stoddards Lectures, Volume V – Paris La Belle France and Spain, par John L. Stoddard (Balch Brothers, 1898), de notre collection.
Vue du Pont des Arts au début du XXème siècle
Cette image est
reproduite d’après une carte postale dans notre collection datant du début
du XXème siècle.
Le Pont des Arts
Cette vieille carte postale vient de notre collection
L’Institut et le Louvre le 29 juillet 1830*
Cette image vient de: Armand Dayot, Journées révolutionnaires (1830, 1848). Paris, 1897.
![]()
© 2000-2006 (sauf indication contraire) Michel Austin et Monir Tayeb pour toutes photos, gravures et informations sur les pages Berlioz à Paris.