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Présentation
Chronologie
Principaux lieux visités par Berlioz*

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Dernière mise à jour: 11 décembre 2007

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Présentation: Berlioz et l’Italie

    Le premier voyage à l’étranger de Berlioz se distingue de tous ses voyages ultérieurs en Europe. Il résulte uniquement du succès de Berlioz au concours du Prix de Rome en 1830: le réglement imposait en effet au candidat heureux un séjour de deux ans à Rome. Berlioz aurait préféré ne pas quitter Paris, pour des raisons à la fois personnelles et musicales – ses fiançailles avec Camille Moke, et la nécessité de poursuivre sa carrière à Paris, centre de son monde musical. Il essaya bien de se faire dispenser du voyage, et d’éminentes personnalités interviennent en sa faveur – son maître Lesueur, Spontini, Meyerbeer, Fétis – mais en vain.

    Voyage stérile donc d’un certain point de vue. Par rapport à ce qu’il trouvait à Paris l’état de la musique en Italie faisait assez piètre figure et ne pouvait aiguiser son instinct musical. Pas d’orchestres, pas de concerts, de mauvais théâtres – et la mesquinerie de la musique à St Pierre détonnait avec la grandeur de l’édifice. La seule musique à retenir son attention était la musique populaire des campagnes italiennes et à Rome, dont on retrouvera des traces dans ses œuvres ultérieures, notamment Harold en Italie et Benvenuto Cellini. Pendant son séjour Berlioz ne songera même pas à donner un seul concert. Les loisirs ne manquent pas – il n’en aura jamais autant par la suite – mais le séjour italien ne se signale pas par un production abondante et originale, comme Berlioz lui-même le constate dans ses Mémoires (chapitre 39). Le bilan se réduit essentiellement aux ouvertures Le Roi Lear et Rob Roy (cette dernière condamnée par la suite par Berlioz après sa première exécution), la Méditation religieuse pour chœur et orchestre, le Quartetto e coro dei maggi, la mélodie La Captive. Il remanie aussi plusieurs mouvements de la Symphonie fantastique. Le Mélologue (qui deviendra par la suite Lélio) ne contient pratiquement pas de musique nouvelle, mais réutilise différents morceaux composés avant le voyage en Italie.

    Mais d’un autre point de vue le voyage en Italie marque une étape essentielle dans le développement artistique du compositeur. Berlioz y jouit d’une liberté totale et en profite pour errer à l’aventure dans la campagne italienne où il recueille quantité d’impressions qui marqueront son œuvre de manière ineffaçable. Il visite aussi plusieurs grandes villes en route vers Rome ou sur le chemin du retour (Gênes, Florence, Nice, Milan, Turin, mais pas Venise), et de sa base de Rome il fait de nombreuses excursions aux alentours et au sud vers la Campanie et jusqu’à Naples, mais il n’aura pas l’occasion de visiter la Sicile (Mémoires, chapitre 41; Correspondance générale no. 269, ci-après CG tout court). A l’époque son exil romain lui paraîtra souvent pesant et ennuyeux, mais par la suite il se souviendra avec nostalgie du séjour italien: ce n’est pas un effet du hasard si les Mémoires donnent une place si large au voyage en Italie (chapitres 32-43). L’atmosphère et le coloris méditerranéen que l’on trouve dans tellement d’œuvres écrites par la suite – Harold en Italie, Benvenuto Cellini et l’ouverture du Carnaval romain, Roméo et Juliette, Béatrice et Bénédict – remontent évidemment au séjour en Italie. Le voyage donne également à Berlioz l’occasion de visiter le cadre d’une partie de l’Enéide, dont la lecture avait tellement marqué son imagination d’enfant: étape importante donc sur le long chemin qui mènera plus tard à la composition des Troyens de 1856 à 1858. Des évènements plus récents stimulent aussi son imagination lors du voyage de retour en France: c’est en traversant la plaine du nord de l’Italie que Berlioz a l’idée d’une symphonie pour harmonie militaire inspirée par les souvenirs de la campagne d’Italie de Napoléon (un carnet d’esquisses de 1832-1836 en porte la trace). L’œuvre ne verra jamais le jour, mais a pu inspirer en partie la Symphonie funèbre de 1840 et le Te Deum de 1848-1855.

    Le voyage en Italie s’avère bénéfique aussi sous d’autres rapports. L’atmosphère cosmopolite de Rome et de la Villa Medici donnent à Berlioz l’occasion de rencontrer deux autres compositeurs, Mendelssohn et Glinka, dont il admire la musique et qu’il reverra par la suite – Mendelssohn lors de son premier voyage en Allemagne en 1843, et Glinka d’abord en 1844 quand le compositeur russe vient s’installer pour un an à Paris, puis lors de son premier voyage en Russie en 1847. L’Italie fournira aussi à Berlioz un champ nouveau pour son activité littéraire – en réponse à une commande il décrit ses impressions sur l’état de la musique en Italie, et rédige aussi des articles sur le concours du Prix de Rome et son voyage en Italie, articles publiés dans des revues parisiennes entre mars 1832 et juillet 1834 dans la Revue européenne, L’Europe Littéraire, Le Rénovateur, et L’Italie pittoresque (tous repris maintenant dans le tome I d’Hector Berlioz: Critique Musicale).

    Berlioz ne retournera jamais en Italie par la suite – à l’exception de Nice – mais la possibilité se présentera à lui au moins une fois. En 1843 et 1844, après le succès de son premier voyage en Allemagne, le compositeur s’enhardit à élargir ses horizons musicaux à d’autres pays. Entre autres projets (Hollande, Danemark, Angleterre) il envisage un voyage en Italie: il correspond avec Alberto Mazzucato, professeur de chant au Conservatoire de Milan, au sujet d’une éventuelle visite pour donner des concerts au théâtre de La Scala. Le projet n’aboutira pas: Liszt et d’autres amis mettent Berlioz en garde contre l’insuffisance des ressources instrumentales disponibles et le peu d’intérêt à attendre du public (CG nos. 861, 872, 901; cf. aussi 842, 902). La question ne semble pas se poser de nouveau par la suite. D’un autre côté Berlioz est en rapport à partir de 1843 avec la maison d’édition Ricordi à Milan, dont il avait une excellente opinion – il existe plusieurs lettres de Berlioz, d’abord à Giovanni Ricordi (1785-1853) le fondateur de la maison, puis à son fils Tito (1811-1888), l’éditeur des opéras de Verdi. Ricordi publie en 1843 une édition italienne du Traité d’instrumentation, traduite par Alberto Mazzucato, qui sera réimprimée en 1864. Il publie aussi en 1853 la deuxième édition du Requiem, suivie d’une troisième en 1867, édition qui fera dire par Berlioz à son ami Humbert Ferrand: "Si j’étais menacé de voir brûler mon œuvre entière, moins une partition, c’est pour la Messe des morts que je demanderais grâce" (CG no. 3209).

    Mais pour Berlioz les souvenirs d’Italie les plus durables ne concernent pas en premier lieu la musique. Jamais plus il n’aura la même liberté que celle dont il jouit en Italie comme lauréat du Prix de Rome; citons les Mémoires (chapitre 37):

Cruelle mémoire des jours de liberté qui ne sont plus! Liberté de cœur, d’esprit, d’âme, de tout; liberté de ne pas agir, de ne pas penser même; liberté d’oublier le temps, de mépriser l’ambition, de rire de la gloire, de ne plus croire à l’amour; liberté d’aller au Nord, au Sud, à l’Est ou à l’Ouest, de coucher en plein champ, de vivre de peu, de vaguer sans but, de rêver, de rester gisant, assoupi, des journées entières, au souffle murmurant du tiède Scirocco! Liberté vraie, absolue, immense! O grande et forte Italie! Italie sauvage! insoucieuse de ta sœur, l’Italie artiste, 

                                                La belle Juliette au cercueil étendue.

Chronologie

1830

30 décembre: Berlioz quitte Paris pour La Côte

1831

8 février: Berlioz quitte La Côte et part pour l’Italie
16-27 février: Berlioz voyage par mer de Marseille à Livourne
1-5 mars: Berlioz à Florence; il voit I Capuleti e I Montecchi de Bellini mais sort après le premier acte de La Vestale de Pacini
Vers le 10 mars: Berlioz arrive à Rome
De mars au début avril: Berlioz loge à la Villa Medici, où il rencontre Mendelssohn
1er avril: Berlioz quitte Rome pour Florence, où il reste jusque vers le 15 avril. Il lit Le Roi Lear et forme le projet d’un oratorio, Le Dernier Jour du Monde
Vers le 15 avril: il apprend de la mère de Camille Moke que sa fille s’est fiancée à Camille Pleyel, et décide de retourner à Paris pour les tuer tous les trois
Vers le 17-18 avril: Berlioz se jette à la mer à Gênes mais est repêché
Vers le 18-19 avril: avant d’atteindre San Remo Berlioz renonce à son voyage à Paris
Vers le 19-20 avril: Berlioz s’arrête à Nice, où il passe 3 semaines; il écrit l’ouverture Le Roi Lear, commence un autre ouverture, Rob Roy, ainsi que le Mélologue (plus tard nommé Lélio)
21 mai: Berlioz quitte Nice
21-23 mai: séjour de Berlioz à Gênes, où il voit Agnese de Fitzhenry de Päer
26-28 mai: séjour de Berlioz à Florence
28 mai-2 juin: Berlioz voyage de Florence à Rome, et termine le trajet à pied tout en écrivant le texte du Mélologue
Juin: à Rome Berlioz remanie le Mélologue
18 juin: première visite à Tivoli
3 juillet: Berlioz va passer 6 jours à Tivoli
9 juillet: Berlioz se rend à Subiaco et passe deux semaines à errer dans les Apennins
Vers le 25 juillet: retour de Berlioz à Rome
Août: Berlioz compose la Méditation religieuse sur un poème de Thomas Moore
1er octobre: Berlioz se met en route pour Naples avec quelques amis. A Naples il assiste à Zaira de Mercadante et à Le convenienze ed inconvenienze teatrali de Donizetti
4-5 octobre: Berlioz fait l’ascension du Vésuve
7 octobre: Berlioz explore la baie de Baia; souvenirs virgiliens
Entre le 8-12 octobre: Berlioz rend visite à Pompeii et à Castellamare di Stabia; il renonce au projet de se rendre en Sicile
14 octobre: Berlioz quitte Naples pour retourner à pied à Rome
21 octobre: Berlioz arrive à Subiaco où il reste 3 jours; il est de retour à Rome dans la dernière semaine d’octobre
vers le 20 novembre: excursion à Tivoli et Subiaco
28 novembre: on demande à Berlioz un article pour Le Correspondant sur l’état de la musique en Italie
2ème moitié de décembre: Berlioz écrit l’article pour Le Correspondant, qu’il envoie vers la mi-janvier; l’article est publié dans la Revue européenne en mars 1832, et aussi dans la Revue musicale en mars-avril. De larges emprunts de cet article seront faits plus tard par Berlioz dans ses Mémoires

1832

Janvier-avril: Berlioz rencontre le compositeur russe Glinka; il compose le Quartetto e coro dei maggi et forme le projet d’une œuvre inspirée par le Roméo et Juliette de Shakespeare
Entre le 1-15 février: pendant une excursion dans les montagnes Berlioz écrit La Captive sur un poème de Victor Hugo
Vers le 15 février: autre excursion dans les montagnes
Mars: excursions dans la campagne autour de Rome
Avril: excursions à Tivoli, Subiaco, Palestrina et Albano
Fin avril: achèvement du portrait de Berlioz par Signol
2 mai: Berlioz quitte Rome et prend la route du retour pour Paris (qu’il n’atteindra qu’en novembre)
12-14 mai: arrêt à Florence
25 mai: de passage à Turin Berlioz conçoit le projet d’une symphonie pour harmonie militaire inspirée par les souvenirs de la campagne d’Italie de Napoléon
1er juin: Berlioz quitte définitivement l’Italie

1844

Septembre: deuxième séjour de Berlioz à Nice

1868

Début mars: dernier séjour de Berlioz à Nice (qui fait partie de la France depuis 1860)

Principaux lieux visités par Berlioz

Rome:

    La Villa Medici  Largement augmenté

    La basilique Saint-Pierre  Largement augmenté

    La chapelle Sixtine  Nouveau

    Le Café Greco  Nouveau

    La Place d’Espagne et l’escalier de la Trinità dei Monti  Nouveau

    La Piazza del Popolo  Nouveau

    La Place Navone  (Piazza Navona)  Nouveau

    Le Colisée  Nouveau

    Les thermes de Caracalla  Nouveau

    Transtévère  Nouveau

    Benvenuto Cellini à Rome  Nouveau


Tivoli:

    Le temple de Vesta  Largement augmenté

    La Villa Gregoriana  Nouveau

    La Villa d’Este  Nouveau

    La Villa Adriana  Nouveau


Subiaco

Les Abruzzes et les pifferari

Nice

Naples

La grotte du Pausilippe et "le tombeau de Virgile"

Florence 

Gênes

Nisida

Voyez aussi sur ce site: 

Biographie de Berlioz

Mémoires de Berlioz

Index des lettres de Berlioz citées

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Les pages Berlioz en Italie créées le 7 décembre 2003; remaniées le 1er octobre 2004 et le 11 décembre 2007;  nombreux ajouts le 12 février 2005 et le 11 décembre 2007

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