Partitions de Berlioz
Symphonie Funèbre et Triomphale (H 80)
I:
Marche Funèbre
II:
Oraison Funèbre
III: Apothéose
(première et deuxième versions)
Composée en 1840 sur une commande du Ministère de l’Intérieur pour la cérémonie du transfert des victimes de la révolution de 1830, et exécutée pour la première fois la même année (mais pour une autre cérémonie), la Symphonie Funèbre et Triomphale représente la réalisation partielle d’un projet qui hantait Berlioz depuis plusieurs années: celui d’une grande Fête musicale funèbre à la mémoire des hommes illustres de la France. L’œuvre trahit aussi l’influence de Beethoven, notamment pour le premier mouvement la marche funèbre de la Symphonie héroïque et pour le troisième mouvement le final de la neuvième symphonie. La première version de l’œuvre était pour grande harmonie militaire. En 1842 Berlioz remania la symphonie en ajoutant des parties ad libitum pour cordes graves (premier mouvement), pour cordes et un chœur sur des paroles de son ami Antoni Deschamps (troisième mouvement). Berlioz donne un récit des circonstances de la composition et de la première exécution de cette œuvre dans ses Mémoires (chapitre 50: texte intégral dans Textes et documents).
Le premier mouvement, l’une des conceptions
symphoniques les plus grandioses du compositeur, est une vaste marche funèbre,
classique dans sa forme (forme sonate) et remarquable notamment par l’ampleur de son souffle
mélodique.
La partition comporte des parties non obligées pour
contre-basson, trombone basse, violoncelles et contrebasses. Seules les parties
pour contre-basson et trombone basse ont été retenues ici.
Il est surprenant qu’avec une exception la partition ne comporte pas
d’indications de
métronome, et il y a
de fortes divergences de tempo entre différentes interprétations modernes. Dans cette
version le tempo du premier mouvement a été fixé à noire = 80. Ce choix
répond à deux considérations: d’une part il faut un tempo unique pour le
mouvement dans son ensemble, d’autre part ce tempo bien que lent doit être capable de
propulser ce long mouvement d’un bout à l’autre sans traîner.
Le second mouvement prend la forme d’un récitatif et air sans paroles où
un trombone solo dialogue avec le reste de l’orchestre. Ce morceau utilise de la
musique tirée de l’opéra de jeunesse de Berlioz, Les Francs Juges (H
23).
La partition ne comporte pour ce mouvement qu’une seule
indication de métronome, pour l’Andantino poco lento e sostenuto
(noire = 72). Dans cette version l’Adagio non tanto et l’Andantino
ont été fixés respectivement à noire = 58 et noire = 63.
Le troisième mouvement suit sans
interruption le mouvement précédent. Par la commodité de l’auditeur on a présenté
ici ces deux mouvements dans deux versions (1) en un seul fichier comme un seul
mouvement continu (2) comme deux mouvements séparés en deux fichiers. Dans ce
dernier cas l’auditeur devra se
rappeler que dans l’original le dernier accord du deuxième mouvement (en sol
majeur) est aussi
le premier du troisième mouvement, où la tonalité s’oriente tout de suite
vers si bémol; cette dernière version du troisième mouvement est donc
écourtée d’une mesure. Ce mouvement, de caractère triomphal, fut fréquemment
exécuté avec succès par Berlioz dans ses concerts en France et à l’étranger
dans les années 40.
En outre deux versions de ce mouvement sont présentées ici:
1. Dans la première version on n’a pas retenu les parties pour cordes et
chœur: on peut ainsi se faire
une idée de la première version de 1840 avant que Berlioz y ajouta en 1842 des parties
(non obligées) de cordes et le chœur.
2. Dans la deuxième version les cordes et le chœur on été
ajoutés. Cette version est présentée ici sous toute réserve. Le système
Midi ne peut bien entendu reproduire les paroles, et le chœur est de toute
façon peu audible ici au-dessus de la masse instrumentale, ce qui trahit l’effet réél de son entrée au concert.
D’autre part le
grand nombre de parties nécessite l’utilisation d’une police de petit format
qui rend la mise en page assez surchargée et peu lisible sauf sur un écran de
grande taille. Pour cette raison on a transcrit ci-dessous le texte des paroles
chantées par le chœur.
Ici encore Berlioz ne donne aucune indication de métronome pour ce
mouvement; dans ces deux versions le tempo a été fixé à noire = 112,
nettement plus lent que la Marche troyenne qui pourrait paraître
comparable, mais qui est en fait d’un caractère beaucoup plus pressant (le
tempo de la Marche troyenne est donné par Berlioz comme noire = 138).
Le "pavillon chinois" que Berlioz utilise dans ce
mouvement est un instrument à percussion d’origine turque, muni de nombreux
clochetons et fort usité dans les orchestres militaires de l’époque (Berlioz
l’évoque brièvement dans son Traité
d’instrumentation). Il
n’existe bien entendu pas d’équivalent Midi exact; on a substitué ici le
triangle.
Paroles d’Antoni Deschamps:
Gloire! Gloire et triomphe à ces Héros!
Gloire et triomphe!
Venez, élus de l’autre vie!
Changez, nobles guerriers,
Tous vos lauriers
Pour des palmes immortelles!
Suivez les Séraphins,
Soldats divins
Dans les plaines éternelles!
A leurs chœurs infinis
Soyez unis!
Anges radieux,
Harmonieux,
Brûlants comme eux,
Entrez, sublimes
Victimes!
Gloire et triomphe à ces Héros!
Ils sont tombés aux champs de la Patrie!
Gloire et respect à leurs tombeaux!
I: Marche Funèbre (durée 14'7")
(fichier créé le
27.06.2000; révision le 3.11.2001)
II
et III: Oraison Funèbre suivie de l’Apothéose
(durée 15'45")
(fichier créé le 11.11.2001)
II: Oraison Funèbre (durée 6'49")
(fichier créé le
30.03.2000; révision le 11.11.2001)
III:
Apothéose
Première
version, sans cordes ou chœur (durée 8'56")
(fichier créé le
8.10.2000; révision le 11.11.2001)
Seconde
version, avec cordes et choeur (durée 8'56")
(fichier créé le 12.10.2000; révision le
23.12.2001)
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