St PÉtersbourg

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    Berlioz a fait deux séjours à Saint-Pétersbourg, en 1847 et en 1867-8; les deux séjours diffèrent sous plusieurs rapports, et nous avons par conséquent organisé cette page en deux parties:

Premier voyage: 1847

Deuxième voyage: 1867/68

Note: les dates sont données ci-dessous selon le calendrier grégorien, qui était en avance de 12 jours par rapport au calendrier julien toujours en usage en Russie; pour l’équivalent julien consultez la chronologie.

Premier voyage: 1847

    Avant de partir pour la Russie Berlioz s’entretient de son voyage avec plusieurs amis et connaissances, entre autres Balzac qui avait lui même fait le voyage de Russie et promettait à Berlioz monts et merveilles (ce qui laissa Berlioz un peu sceptique). Peu avant son départ de Paris le 14 février Berlioz écrit à Balzac pour accepter l’offre d’emprunter son manteau (Correspondance générale no. 1096, ci-après abrégée CG):

Vous avez eu l’obligeance de m’offrir votre pelisse, soyez assez bon pour me l’envoyer demain rue Provence 41, j’en aurai soin et je vous la rapporterai fidèlement dans quatre mois. Celle sur laquelle je comptais me paraît beaucoup trop courte et je crains surtout le froid aux jambes. 

    Il arrive à St Pétersbourg deux semaines plus tard, le 28 février. Presque tout le voyage entre la Prusse et St Pétersbourg se fait à travers des plaines enneigées, et la dernière étape du voyage est particulièrement éprouvante. À la ville frontière de Taurogen il lui faut changer de véhicule et passer d’une chaise de poste à un traîneau couvert. Le voyage lui donne l’occasion d’évoquer des souvenirs napoléoniens que lui avait raconté autrefois son oncle Marmion (Mémoires, chapitre 55):

Quand le brillant soleil de certains jours me permettait d’embrasser d’un coup d’œil ce morne et éblouissant désert, je ne pouvais m’empêcher de songer à la trop fameuse retraite de notre pauvre armée disloquée et saignante; je croyais voir nos malheureux soldats sans habits, sans chaussures, sans pain, sans eau-de-vie, sans forces morales ni physiques, blessés pour la plupart, se traînant le jour comme des spectres, étendus la nuit sans abri, comme des cadavres, sur cette neige atroce, par un froid plus terrible encore que celui qui m’épouvantait. Et je me demandais comment un seul d’entre eux a pu résister à de telles souffrances et sortir vivant de cet enfer glacé... Il faut que l’homme soit prodigieusement dur à mourir.

    À son arrivée l’attend une chambre bien chauffée dans une maison privée sur la Perspective Newski où ses organisateurs allaient le loger.

    Berlioz donne deux concerts, le 15 et 25 mars, dans la Salle de la Noblesse: programme identique comprenant la Fête chez Capulet de Roméo et Juliette, les deux premières parties de La Damnation de Faust, l’Apothéose de la Symphonie funèbre et triomphale et l’ouverture du Carnaval romain.

    Quelques jours après le premier concert il écrit à son père pour raconter l’accueil chaleureux accordé à sa musique en Russie (CG no. 1100):

J’ai eu le bonheur de réussir dans mes entreprises musicales au delà de toutes les prévisions. Ma musique a fait fureur dans toutes les classes de la societé russe... 

J’ai eu un orchestre excellent, composé d’artistes allemands qui m’ont interprété avec une fidélité et une verve extraordinaires, on a mis à mes ordres pour les chœurs, les choristes des théâtre, ceux de la chapelle impériale et ceux de plusieurs régiments de la garde qui ont marché parfaitement. L’effet produit par mon dernier ouvrage surtout a été magnifique, on a fait répéter une foule de morceaux, l’Impératrice m’a fait appeler après la première partie du concert et m’a chaleureusement complimenté, ainsi que ses fils. [...] 

Toute l’aristocratie Russe me comble de politesses de toute espèce. On me prédit un très beau résultat de ma course à Moscou.

    Succès comparable au deuxième concert. L’impératrice lui envoie un anneau de diamant de la valeur de 400 roubles (1,600 francs) et la Duchesse de Leuchtenberg une épignole de la valeur de 200 roubles (800 francs). "Toute la presse Russe et allemande de Pétersbourg est en ma faveur sous le double rapport de la composition et de la direction de l’orchestre qu’on ne croyait pas capable des prouesses qu’il a faites", écrit Berlioz à son ami Auguste Morel juste avant son départ pour Moscou, où il ne donne qu’un seul concert (CG no. 1101).

    Avant de partir pour Moscou Berlioz dirige à la demande du Grand Duc Alexandre l’Apothéose de sa Symphonie funèbre et triomphale à un festival le 27 mars pour le bénéfice des pauvres.

    A son retour de St Pétersbourg il donne deux concerts au Théâtre Impérial le 5 et le 12 mai. Le programme des deux concerts consiste en une intégrale de Roméo et Juliette et des deux premiers mouvements d’Harold en Italie. Grand succès auprès du public, mais Berlioz est bouleversé par l’exécution de Roméo et Juliette sous sa direction, comme il l’écrit à Liszt (CG no. 1108):

Je suis triste à cette heure, mais triste à en mourir. Je suis pris d’un de mes accès d’isolement; c’est l’exécution de Roméo au Grand Théâtre qui l’a fait naître. Au milieu de l’adagio j’ai senti mon cœur se serrer; c’est fini, me voilà pris pour Dieu sait combien de temps. Déplorables organisations!... 

    Pendant son premier séjour à St Pétersbourg, après l’exécution de Roméo et Juliette, Berlioz rend visite à la chapelle impériale à l’invitation personnelle de la Grande Duchesse de Leuchtenberg pour pouvoir entendre le célèbre chœur dans son contexte liturgique exécutant une messe sans accompagnement de Bortniansky. Berlioz écrit à sa sœur Adèle à propos de cette visite dans une lettre datée du 7 mai 1847 (CG no. 1106):

Hier la grande Duchesse m’a fait la galanterie d’ordonner pour moi seul une messe à sa chapelle dans le but de me faire voir et entendre en fonctions religieuses ses merveilleux  chantres de la Cour qui laissent si loin derrière eux les malheureux de la Chapelle Sixtine de Rome. Je suis encore tout nerveux et tremblant de l’inexprimable émotion que j’en ai ressentie. Ce sont de véritables chœurs célestes, et l’infini s’ouvre devant l’auditeur de leurs étranges et sublimes harmonies. Je ne conseillerais pas à quiconque est doué d’une certaine sensibilité et aurait un chagrin profond, de s’exposer à une impression pareille, il y aurait de quoi briser le cœur et lui arracher l’âme. 

    Dans un concert d’adieu donné vers le 20 mai à la cour pour la basse Versing, qui avait chanté les rôles du Père Laurence et de Méphistophélès dans ses concerts, Berlioz dirige sa Symphonie Fantastique et fait ses propres adieux. On disait que le Tsar allait bientôt lui offrir un poste élevé.

    Berlioz quitte définitivement St Pétersbourg le 22 mai, s’arrêtant au retour à Riga, qui faisait alors partie de la Russie, puis à Berlin pour y donner des concerts, avant de revenir finalement à Paris vers la fin juin.

 

L’angle ouest de la Perspective Newski/Malaya Morskaya
(Bâtiment Wawelburg)

(Image plein écran)

L’angle est de la Perspective Newski/Malaya Morskaya

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    Pendant son séjour de 1847 à St Pétersbourg Berlioz loge dans une maison privée sur la Perspective Newski. Selon une lettre qu’il envoie à son père le Dr Berlioz son adresse est "Maison Kosikowski, perspective Newski au coin de la petite Morskoïa (Pétersbourg)" (CG no. 1100).

    On ignore si la Maison Kosikowski était le bâtiment à l’angle est ou ouest de la Perspective Newski et de la rue Malaya Morskaya. Le bâtiment à l’angle est semble dater du milieu du 19ème siècle et pourrait donc être celui où Berlioz a logé. Celui à l’angle ouest est le bâtiment Wawelburg, construit peut-être comme une banque vers 1900; architecte: Peretyatkovich.

La Perspective Newski au début du XXème siècle

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Cette vieille carte postale vient de notre collection.

La Filarmonia (ancienne Salle de la Noblesse)

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    Berlioz donne deux concerts en 1847 et six en 1867-68 dans la Salle de la Noblesse, qui existe encore. Elle fut construite de 1834 à 1839 par P. Jaquau, et servit de temps en temps comme salle de concert avant de devenir en 1921 le siège de la Société Philharmonique. Depuis cette date l’Orchestre Philharmonique de St Pétersbourg y donne ses concerts; la salle est connue sous le nom de Bolshoi zal (grande salle) de la Filarmonia imeni Shostakovicha (Philharmonie Shostakovich). L’étage supérieur a été ajouté à une date ultérieure. L’intérieur semble aussi dater d’une période plus tardive.

 

Le Conservatoire (sur l’emplacement de l’ancien Théâtre Impérial)

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    Berlioz donne deux de ses concerts en 1847 dans le Théâtre Impérial, qu’il appelle Grand Théâtre dans sa correspondance. Le théâtre était situé sur l’emplacement de l’actuel Conservatoire Rimsky Korsakov. Il fut d’abord bâti en 1775-83 par A. Rinaldi et reconstruit en 1802 et 1835 par les architectes Z.-F. Toma de Tomon (1802) et A. K. Kavos (1835).

Le Théâtre Impérial en 1809

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Le Théâtre Impérial en 1849

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Glinka Capella (ancienne Chapelle Impériale)

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    Berlioz assiste ici à l’exécution d’une messe de Bortniansky pendant son premier séjour à St Pétersbourg.

    Les origines de la Glinka Capella remontent à la fin du 15ème siècle à un ensemble d’exécutants qui chantaient de manière traditionnelle la liturgie orthodoxe en solo et ensemble, sans accompagnement instrumental. Ils étaient connus sous divers noms: Les Chantres Ecclésiastiques du Tsar, les Chanteurs de la Cour, la Chapelle de la Cour Impériale, et la Capella Glinka d’Etat. Pendant une brève période au 19ème siècle Glinka dirige les chœurs de la Chapelle Impériale. Il est nommé à ce poste peu après la première triomphale de son opéra La Vie pour le Czar à St Pétersbourg en décembre 1836. Mais trois ans plus tard, à la suite d’une crise conjugale en 1839 Glinka se sépare de sa femme et donne aussi sa démission de la Chapelle Impériale.

    La Capella Glinka dans sa forme actuelle est un bâtiment datant de 1887-9 conçu par Leonti Benois, mais situé sur le même emplacement que le bâtiment où Berlioz entendit la messe de Bortniansky.

Deuxième voyage: 1867/68

    Le second et dernier voyage de Berlioz à St Pétersbourg a lieu en 1867-1868 à l’invitation personnelle de la Grande Duchesse Hélène de Russie pour y donner six concerts. A l’époque la santé de Berlioz empire et il est en proie à une névralgie intestinale qui mine ses forces. Il quitte Paris le 12 novembre, s’arrête en route à Berlin le 14 et le 15 (CG nos. 3299, 3304), et arrive à St Pétersbourg le 17 novembre un jour de neige. Son hôtesse la Grande Duchesse l’avait fait rencontrer à la gare et amener au Palais Michel où on lui avait préparé un magnifique appartement, avec des domestiques parlant français. Dans sa lettre du 18 novembre à l’une de ses nièces, Nanci (fille d’Adèle), il écrit (CG no. 3305):

Ce soir, je m’attends à voir plein de monde mon immense salon. Il tombe des flots de neige; il y en a déjà un pied sur la place Michel devant mes croisées. Bien entendu que je me garde de sortir. J’ai des domestiques qui parlent français, je puis ne m’inquiéter de rien. Seulement je viens d’apprendre que les répétitions du Conservatoire seront à 9 heures du matin, et voilà un malheur pour moi qui ai tant de peine à me lever.

Mon Dieu quelle neige! Je vois des nuées de moineaux et de pigeons qui, sans crainte de voir leurs pattes gelées cherchent dans la neige les grains d’avoine que les chevaux ont laissé tomber. Les gens passent en traîneau avec la tête couverte d’un épais capuchon. Et cette place immense, ce silence glacial. Dans quelques jours toutes ces impressions vont disparaître, je serai plongé dans la musique et ne songerai à rien autre. Il fallait donc quitter Paris pour retrouver ma vie! [...]

QUELLE NEIGE!!! 

    Le jour suivant Berlioz entame les préparations pour son premier concert qui a lieu le 28 novembre. Au programme: la Symphonie Pastorale de Beethoven, le Chœur des Prêtres de la Flûte Enchantée de Mozart, l’ouverture de son premier opéra Benvenuto Cellini, l’air de Susanna des Noces de Figaro de Mozart et l’ouverture d’Obéron de Weber.

    A part sa musique – et on presse Berlioz d’en inclure plus qu’il ne l’avait prévu – presque toute la musique des concerts de son deuxième voyage consistera en œuvres de ses "dieux": Beethoven et Gluck, et aussi Weber.

    Le lendemain du deuxième concert, qui a lieu le 7 décembre, il raconte à son oncle Marmion ses premiers succès (CG no. 3310):

Je suis ici dans un tourbillon musical dont je vous donnerais difficilement une idée. Le public, les artistes, la presse, la Grande Duchesse, le Prince Constantin, tout cela me flatte, me loue, me soutient d’une façon charmante, hier le second concert avait lieu dans la grande salle des Nobles (où je donnai mon 1er concert il y a 20 ans [15 Mars 1847]). Mon entrée a été accueillie comme celle du concert par d’interminables applaudissements; je ne savais quelle contenance faire, quand j’avais salué à droite, à gauche, en avant, en arrière, et l’orchestre et le chœur, il me fallait rester immobile et attendre la fin de cette tempête d’enthousiasme. On m’a obligé à modifier mon second programme et à y introduire malgré ses immenses difficultés ma Symphonie fantastique. Cet énorme ouvrage a obtenu un succès éblouissant, tous les morceaux on été couverts d’applaudissement et la Marche au supplice a été bissée. Disons ausi que l’orchestre a été superbe; j’avais demandé trois répétitions; l’exécution a donc été irréprochable. Il fallait voir ce public après la symphonie! On m’a rappelé plus de six fois; quelques amateurs fantatiques m’embrassaient avec fureur, d’autres me baisaient la main, l’orchestre faisait un bruit terrible en frappant avec les archets sur les violons et les basses et moi qui n’avais pas entendu cette symphonie depuis plus de dix ans [le 22 février 1855 à Weimar], je faisais des efforts pour me contenir et ne pas céder à l’envie de pleurer que m’avait donnée la Scène aux champs

    En plus de la Symphonie fantastique, le deuxième concert comprenait la deuxième ouverture de Léonore de Beethoven et des extraits de l’Iphigénie en Tauride de Gluck.

    L’anniversaire de Berlioz le 11 décembre est dignement célébré par ses admirateurs russes. "Son Altesse Impériale me comble de gracieusetés", écrit-il à Mme Estelle Fornier deux jours plus tard;  "avant-hier elle m’a envoyé un album recouvert de malachite; je n’en voyais pas la cause; c’était mon jour de naissance, elle l’avait su je ne sais comment. Le soir, les artistes m’ont donné un souper de 150 couverts. Je vous laisse à penser tous les toasts; il y avait beaucoup de gens de lettres. Tous ces messieurs parlent français." 

    Son troisième concert a lieu le 14 décembre où il dirige son ouverture du Carnaval romain et la Rêverie et caprice, la Cinquième symphonie de Beethoven, le second acte de l’Orphée de Gluck ainsi que le second concerto pour violon de Wieniawski qui est soliste.

    Berlioz donne son quatrième concert le 28 décembre, avec au programme la Symphonie héroïque de Beethoven, l’ouverture des Francs-Juges et l’Offertoire du Requiem, ainsi que des extraits du Ier acte de l’Alceste de Gluck. Puis il se rend à Moscou pour y donner deux concerts et revient à St Pétersbourg pour ses cinquièmes et sixièmes concerts le 25 janvier et le 8 février.

    Le cinquième concert comprend l’ouverture du Freischütz de Weber et l’air d’Agathe du même opéra, le premier concerto pour violon de Paganini, la Quatrième symphonie et le Cinquième concerto pour piano de Beethoven, et un air de la Création de Haydn. Son sixième et dernier concert est entièrement consacré à sa propre musique: Harold en Italie, et des extraits de Roméo et Juliette et de la Damnation de Faust.

    A la mi-janvier Berlioz est usé par ses concerts, le temps froid, le voyage d’aller et retour à Moscou et sa maladie: il est impatient de rentrer chez lui – pour jouir d’un climat plus clément, et non pour la réception qu’il attend de la presse s’il allait s’aventurer à donner un concert, comme il le dit à son amie Madame Massart dans une lettre du 18 janvier (CG no. 3330):

Mon programme du concert de samedi prochain [25 janvier] est fixé. Je n’y suis pour rien, heureusement; car, au suivant et dernier, je serai pour tout. Oh! quelle joie quand je pourrai me dire: "Je pars pour Paris dans trois jours, c’est-à-dire au commencement de février." Je ne puis résister à ce climat. J’ai moins souffert à Moscou. Et quels enthousiasmes! [...]

Que me parlez-vous de vous donner un concert à Paris? Si je donnais un concert à mes amis, en dépensant purement trois mille francs, je n’en serais que plus injurié par la presse.

Après vous avoir vus à Paris, j’irai à Saint-Symphorien [où Madame Fornier habitait alors avec un de ses fils et sa famille] et de là à Monaco me baigner dans les violettes et dormir au soleil. Je souffre tant, chère madame, mes maux sont si constants, que je ne sais que devenir. Je voudrais ne pas mourir maintenant, j’ai de quoi vivre. 

    Berlioz quitte St Pétersbourg par le train le 13 février et arrive à Paris quatre jours plus tard, beaucoup plus qu’en 1847: les transports sont maintenant plus rapides, et cette fois il ne s’arrête plus en route.

Le Palais Michel

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    Berlioz séjourne ici pendant son deuxième voyage à St Pétersbourg en 1867-68. Le palais fut construit entre 1819 et 1825 par Carlo Rossi, et abrite maintenant le Musée Russe. L’appartement de Berlioz donnait sur la place et la Salle de la Noblesse en face.

 

Le Théâtre Mariinsky à notre époque

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Le Théâtre Mariinsky au 19ème siècle

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Le Théâtre Mariinsky au 18ème siècle

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    Le Théâtre Mariinsky, connu à l’époque soviétique sous le nom de Théâtre de l’Opéra et Ballet Kirov, retrouve son nom d’origine en 1992. Le bâtiment actuel, qui date de 1857, abritait à l’origine un autre théâtre (l’"Opéra russe") mais fut remanié et repris en main par la compagnie Mariinsky. Avant la révolution le théâtre était soutenu par le régime impérial et plusieurs des plus célèbres artistes russes s’y sont produits.

    Le 5 février 1868 Berlioz assiste ici à une représentation du premier opéra de Glinka, La Vie pour le Czar. Il est assis dans la loge de Kologrivov avec Balakirev et Stasov. Plus de vingt ans plus tôt il avait vu le même opéra au Théâtre Bolshoi à Moscou pendant son premier voyage en Russie.

    Selon Rimsky-Korsakov, Berlioz se retira avant la fin du deuxième acte. Stasov écrit: "nous n’avons eu droit à aucune de ces remarques vivantes et profondes que nous attendions de la part d’un homme qui, vingt-deux ans plus tôt, s’était montré si enthousiaste pour cet opéra. C’était désormais une trop grande fatigue pour Berlioz que de rester assis tout un soir dans un théâtre (il avait coutume de se retirer à neuf heures)." (Citation en note de la CG no. 3335, tome 7, p. 670.)

Voir aussi sur ce site:

Berlioz à Moscou

The Russia that Berlioz visited, par Dr Linda Edmondson et

Hector Berlioz as reflected in the Russian press of his time, par Dr Elena Dolenko

© 2003-2008 (sauf indication contraire) Michel Austin et Monir Tayeb pour toutes photos, gravures et informations sur les pages Berlioz en Russie.

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