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Partitions de Berlioz

Ouverture: Benvenuto Cellini (H 76B)

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     Voyez aussi Textes et Documents; Livrets de Berlioz; Christian Wasselin, "Benvenuto Cellini"; Berlioz et sa musique: auto-emprunts

    L’échec de Benvenuto Cellini à l’Opéra en septembre 1838 fut dans la carrière de Berlioz un revers lourd de conséquences: désormais les portes de l’Opéra lui seront pratiquement fermées, et l’une de ses partitions les plus originales ne sera jamais rejouée à Paris de son vivant. Par la suite son ami et défenseur Liszt fit monter l’ouvrage avec succès à Weimar en 1852 et encore en 1856, mais dans une version modifiée. Les changements faits par Berlioz à l’occasion de ces exécutions comprenaient certes quelques améliorations mais avaient aussi pour résultat de sacrifier de fort belles pages de la version originale et de bouleverser l’ordre des scènes dans le IIème Acte (qui devint maintenant le IIIème, pendant que le Ier Acte fut divisé en deux).

    L’ouverture, publiée séparément dès 1839, est dédiée à Ernest Legouvé, qui comme Berlioz le rappelle dans ses Mémoires, avait à un moment décisif fournit à Berlioz une aide financière qui lui permit de terminer son opéra. Elle devint rapidement un morceau de concert à succès que Berlioz dirigea souvent à Paris et dans ses tournées de concert à l’étranger: elle figure encore au programme d’un concert à St Pétersbourg en novembre 1867 lors de son ultime voyage en Russie. La plus brillante ouverture de concert qu’il avait écrite jusqu’alors, elle se distingue par la variété et le brio de son instrumentation, par sa verve rythmique, et par son abondante inspiration mélodique. Telle qu’on la connaît maintenant elle est l’aboutissement d’un travail d’épuration dont une copie d’un état antérieur conservé aux archives de l’Opéra de Paris donne quelque idée. Cette dernière ressemble par bien des points à la version finale, mais avec de nombreuses différences dans le détail et dans l’instrumentation, et elle est plus longue d’une cinquantaine de mesures. Comme souvent Berlioz améliore ses premières inspirations en élaguant le superflu.

    L’ouverture est développée à partir de thèmes soit originaux, soit tirés de l’opéra (suivant la manière de Weber). Le thème principal et ses développements (mesures 1-16, 91-134 etc.), qui représentent visiblement Cellini lui-même, ne se trouvent pas dans l’opéra. Les deux thèmes du Larghetto sont tirés l’un de l’air du Pape au IIème/IIIème Acte (À tous péchés pleine indulgence; mesures 23-36, 64-78 et encore dans l’allegro, mesures 355-88), l’autre de l’ariette d’Arlequin au cor anglais dans la scène du carnaval au Ier/IIème Acte (mesures 34-54, 78-88) – thème qui rappelle le début de la Damnation de Faust et que Berlioz avait déjà utilisé dans une mélodie publiée en 1834 (Je crois en vous; H 70). Le second sujet de l’allegro (mesures 159-99, 228-66) découle d’un duo entre Cellini et Teresa au Ier Acte, mais de manière très caractéristique Berlioz l’adapte d’une mesure à trois à une mesure à deux temps et lui donne dans l’ouverture un développement beaucoup plus étendu que dans l’opéra.

    Pour obtenir leur durée correcte on a dû noter tous les triolets et sextolets intégralement et non sous forme abrégée.

    Ouverture: Benvenuto Cellini (durée 9'52")
    — Partition en grand format
    (fichier créé le 6.6.2001)

© Michel Austin pour toutes partitions et texte sur cette page.

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