Berlioz à Paris

Berlioz à Montmartre

[10 et 12, rue Saint-Denis]

    Rien ne permet mieux de mesurer l’immense essor urbain de Paris depuis le XIXème siècle que les changements intervenus à Montmartre: de nos jours on a peine à concevoir qu’à l’époque de Berlioz Montmartre était un village qui ne faisait pas partie de Paris. Aller à Montmartre, c’était quitter Paris pour se rendre à la campagne. Du versant nord de Montmartre, où Berlioz et Harriet Smithson habitèrent pendant presque toute la période 1834-1836, on découvrait un vaste panorama ouvert s’étendant jusqu’à la plaine Saint Denis (maintenant recouverte de constructions). Le coût de la vie à Montmartre était aussi plus bas: il n’y avait pas de droits d’entrée comme à Paris.

    Bien que son séjour y fut relativement court, Montmartre était chargé pour Berlioz de souvenirs personnels, heureux et tristes, et les lettres datant de cette période donnent assez de détails sur sa vie sur la butte. C’est à Montmartre que les jeunes mariés s’installent avec bonheur et peuvent jouir d’un temps particulièrement idyllique au printemps et au début de l’été 1834. Leur fils Louis naît le 14 août 1834, à la grande joie des deux parents et surtout de Harriet. L’éloignement de Montmartre les abrite aussi des visites importunes tout en rendant possible des réunions qui rassemblent l’élite parisienne – par exemple une lettre du 12 mai 1834 à sa sœur Adèle raconte une réunion chez les Berlioz où assistaient Alfred de Vigny, Antoni Deschamps (l’auteur du texte pour le dernier mouvement de la Symphonie Funèbre et Triomphale), Liszt, le pianiste et compositeur Ferdinand Hiller, et Chopin (Correspondance Générale no. 397). Mais Montmartre avait aussi ses inconvénients: Berlioz devait se rendre fréquemment à Paris, et le trajet était onéreux et pénible; en hiver on était isolé, et par temps froid le chauffage de la maison des Berlioz était insuffisant; il y avait aussi des ennuis avec les domestiques (voyez par exemple une lettre de Berlioz à sa mère du 4 janvier 1836). C’est aussi à Montmartre que les Berlioz durent faire face à de tristes réalités: embarras financiers, l’obligation de Berlioz d’écrire des feuilletons au lieu de pouvoir composer, et l’impossibilité pour Harriet de poursuivre sa carrière d’actrice qui l’avait pourtant rendue célèbre à Paris. Il était donc inévitable que le couple retourne finalement à Paris. Berlioz ne revint jamais habiter à Montmartre, mais Harriet y retourna en 1848 après sa séparation de fait avec Berlioz; elle y resta jusqu’à sa mort le 3 mars 1854. Elle fut enterrée au petit Cimetière Saint-Vincent, sur le versant nord de Montmartre, pas loin de leur ancienne maison, mais ses restes furent par la suite transférés au cimetière de Montmartre, plus grand (3 février 1864; voyez la Postface des Mémoires et une lettre à son fils Louis du 17 mars 1864).

    Les Berlioz habitèrent quelques mois en 1834 au no. 10, rue Saint-Denis, puis en 1835-6 au no. 12; les deux adresses disparurent en 1926 avec la construction d’un grand immeuble, et le nom de la rue Saint-Denis fut changé en rue du Mont-Cenis. L’emplacement de la maison des Berlioz à l’actuel no. 22 au coin de la rue du Mont-Cenis et de la rue Saint-Vincent est indiqué par une plaque commémorative. La correspondance de Berlioz pour cette période donne quelques détails sur les deux adresses. Par exemple il dit du no. 10 "nous avons un petit appartement de 4 pièces, un jardin et la vue de la plaine St-Denis" (lettre à sa sœur Adèle le 20 mars 1834, peu avant leur emménagement). Le no. 12 est "un local délicieux et fort peu dispendieux. Le jardin est immense, la vue sur la plaine St-Denis magnifique" (lettre à son père du 6 mars 1835). Mais le rapport exact entre ces deux adresses contigues n’est pas clair, et les lettres de Berlioz ne nous renseignent pas à ce sujet. Plusieurs médaillons au 2ème étage de l’immeuble au coin de la rue du Mont-Cenis et de la rue Saint Vincent représentent une petite maison de campagne et semblent inspirés par une peinture du XIXème siècle qui représente la maison habitée par Berlioz. (Voyez aussi A la Maison de Berlioz, paru dans Le Petit Journal, 13 décembre 1910.)

Sauf indication contraire, toutes les photos modernes reproduites sur cette page ont été prises par Michel Austin; toutes les autres images ont été reproduites d’après des peintures, reproductions et cartes postales dans notre collection. © Monir Tayeb et Michel Austin. Tous droits de reproduction reservés.

La plaque au 22, rue du Mont-Cenis

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L’information n’est pas tout à fait exacte: la composition d’Harold en Italie fut commencée en janvier 1834 avant l’installation à Montmartre, et Benvenuto Cellini ne fut achevé qu’en 1838, longtemps après le départ de Montmartre.

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Un des médaillons au 2ème étage de l’immeuble actuel

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Ce médaillon est adapté d’une peinture de Sahut représentant la maison telle qu’elle existait en 1825. (Voyez ci-dessous)

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La rue Saint Vincent

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La vue de la rue du Mont-Cenis vers Saint Denis

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La maison au 10/12, rue Saint-Denis en 1825

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Cette peinture de Sahut représente la maison où Berlioz habitait dans les années 1830 telle qu’elle existait 10 ans plus tôt. L’original se trouve maintenant au Musée Hector Berlioz à La Côte Saint-André. 

Nous remercions vivement l’Association nationale Hector Berlioz de nous avoir accordé la permission de reproduire cette image tirée du livre de Jean-Pierre Maassakker, Berlioz à Paris, publié par l’Association nationale Hector Berlioz en 1992.

La maison au 10/12, rue Saint-Denis vers 1920, avant sa destruction 

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La Maison de Berlioz par Maurice Utrillo – 1910

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Ceci est une reproduction d’une peintures d’Utrillo.

La Maison de Berlioz par Maurice Utrillo – 1923

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Nous remercions vivement notre amie Fumie Sakurai de nous avoir envoyé une reproduction de cette peinture.

La Maison de Berlioz avant sa destruction

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Nous remercions vivement Monsieur Philippe Gautrot de nous avoir envoyé une image électronique de cette carte postale.

La Maison de Berlioz et le Pavillon de Chasse Henri IV

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Ceci est une reproduction d’une peintures d’Utrillo. La maison de Berlioz se trouve dans le coin gauche du bas du tableau.

Maison de Berlioz en 1919 – côté du jardin

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Maison de Berlioz en 1919 – le jardin

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Berlioz reçut dans ce jardin l’élite artistique et littéraire de Paris, entre autres Chopin, Liszt, Hiller, de Vigny, Janin, Dumas et Deschamps.

Maison de Berlioz en 1924 – le jardin

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La maison au 10/12, rue Saint-Denis vers 1920, avant sa destruction 

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Une copie de cette photo se trouve au Musée Hector Berlioz à La Côte Saint-André.

Une peinture plus ancienne de la vue ci-dessus 
avant 1920

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Ceci est une reproduction d’une peintures d’Utrillo. Utrillo a représenté la rue avec le mur à gauche encore existant.

Une autre peinture de la vue ci-dessus

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L’original de cette peinture (gouache sur papier fort et crème), non signée, est dans notre collection. Il s’agit sans doute d’une imitation du tableau d’Utrillo.

Plaque commémorative de 1908, maintenant remplacée

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Nous remercions M John Winterbottom de nous avoir envoyé cette photo. À remarquer que la date de 1837 est inexacte; la plaque de 1984 donne la date correcte, 1836.

© 2000-2008 (sauf indication contraire) Michel Austin et Monir Tayeb pour toutes les images et informations sur cette pages.

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