Médaille 1903

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Berlioz: Pionniers et Partisans

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Médaille 1869-1969

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Présentation  
Du vivant de Berlioz  
Après la mort de Berlioz  
    France  
    Allemagne  
    Grande-Bretagne  
Biographes et critiques
Éditeurs  
Chefs d’orchestre

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Présentation

Je crois qu’en fait de vengeance, il faut laisser faire le temps. C’est le grand vengeur (Berlioz, Mémoires Post-Scriptum)

    ‘D’autres grands hommes furent méconnus pendant leur vie; il en est peu pour lesquels la réparation posthume ait été plus brusque et plus unanime’. Ainsi s’exprime Adolphe Jullien en 1882 sur le compte de Berlioz: son optimisme pouvait sembler justifié à l’époque, compte tenu du remarquable renouveau dont le compositeur, à peine mort, jouit en France dans les années 1870 et 1880, mais optimisme tout de même prématuré. En fait le chemin qui restait à accomplir était bien long, et Berlioz de son côté était plus réaliste. Au chapitre 59 des Mémoires, écrit en 1854, il fait cette remarque: ‘Les choses et les hommes changent cependant, il est vrai, mais si lentement que ce n’est pas dans le court espace de temps embrassé par une existence humaine que ce changement peut être perceptible. Il me faudrait vivre deux cents ans pour en ressentir le bienfait’. Dix ans plus tard, vers la fin de la Postface, il est plus optimiste, et cette fois l’avenir va confirmer son pronostic. Mis au courant d’exécutions récentes de sa musique en Amérique, en Russie et en Allemagne, il avoue: ‘ma carrière musicale finirait par devenir charmante, si je vivais seulement cent quarante ans’. En l’occurrence il faudra plus d’un siècle et trois centenaires, celui de sa naissance en 1903, celui de sa mort en 1869, et le bicentenaire de sa naissance en 2003, pour que Berlioz arrive finalement à bon port. Il est à cette date largement reconnu dans le monde musical comme un grand compositeur, on exécute souvent ses œuvres dans bien des pays, au cours des cérémonies du bicentenaire en 2003 et dans les années qui suivent, et le grand public est beaucoup mieux informé à son égard. Presque toute sa musique est maintenant disponible dans des enregistrements modernes sur support durable, une nouvelle édition critique de ses œuvres musicales est en voie d’achèvement, de même que pour sa correspondance, et une édition complète de ses travaux critiques est en bon train.

    Cette page est consacrée aux pionniers et partisans de Berlioz, ceux dont les travaux conjugués au cours de plusieurs générations ont rendu ce résultat possible. On ne trouvera ici qu’un choix des noms les plus importants; d’autres pourront être ajoutés par la suite, mais il ne peut être question ici de faire un bilan de tout ce qui a été dit, écrit, ou fait pour Berlioz depuis sa mort. On n’a retenu ici que les noms de ceux qui ont non seulement compris et apprécié Berlioz, mais se sont employés à établir et défendre la vérité des faits, et ont travaillé à faire connaître et comprendre son œuvre, par des travaux critiques, des éditions de ses œuvres ou des exécutions de sa musique. Selon ces critères certains, tels Edmond Hippeau ou George Bernard Shaw, par exemple, ne figureront pas pour leur propre compte même s’ils méritent d’être cités par ailleurs, alors que d’autres, tels Julien Tiersot ou Tom Wotton, comptent à ne pas en douter parmi les authentiques partisans de Berlioz en France et en Grande-Bretagne. Mais d’après ces mêmes critères on pourra s’interroger sur certains noms retenus, comme celui d’Adolphe Boschot, bien que son importance dans l’histoire de la critique sur Berlioz suggère qu’on ne saurait le tenir à l’écart. Par la même occasion on cherchera ici et là à faire sortir de l’ombre quelques héros secrets de la cause berliozienne, dont les noms ne s’étalent sans doute pas au grand jour mais qui ont joué un rôle important derrière la scène.

    La période embrassée va de la mort du compositeur aux années 1960, mais pas au delà. C’est au cours des deux premières décennies de l’après-guerre qui le mouvement décisif qui va enfin porter Berlioz au but s’accélère, et les dates du centenaire de 1969 et du bicentenaire de 2003 lui servent de point de mire. Le cercle des admirateurs de Berlioz de par le monde s’élargit, la réhabilitation du compositeur approche de son terme, et l’époque des pionniers tire maintenant à sa fin. Beaucoup d’autres vont continuer par la suite à œuvrer pour Berlioz de manière efficace; si leurs noms ne sont pas retenus ici à titre individuel ils seront parfois évoqués par la suite, et leur absence des listes ci-dessous ne doit en rien réduire l’importance de leur travail.

Du vivant de Berlioz

    Tout lecteur des Mémoires sait que Berlioz a eu des ennemis presque dès le début de sa carrière, mais il a eu aussi des amis dévoués, et dans les Mémoires l’hostilité qu’il rencontre chez certains a pour contrepartie l’appui fidèle qu’il reçoit d’autres. À la fin du chapitre 54, à propos de l’échec de la Damnation de Faust à ses premières exécutions à Paris en 1846, il évoque l’appui financier qu’il reçut alors de plusieurs amis et qui lui permit d’entreprendre son voyage en Russie, et il ajoute: ‘Je crois avoir déjà fait cette remarque, mais je ne crains pas de la reproduire, que si j’ai rencontré bien des gredins et bien des drôles dans ma vie, j’ai été singulièrement favorisé en sens contraire, et que peu d’artistes ont trouvé autant que moi de bons cœurs et de généreux dévouements.’

    Les rangs des partisans de Berlioz commencent à grossir tôt dans sa carrière, et nombre d’entre eux ont déjà été évoqués ailleurs sur ce site. C’est en décembre 1830, peu avant la première exécution de la Symphonie fantastique à Paris, que Berlioz est présenté à Franz Liszt, qui va devenir l’un de ses plus chauds partisans: c’est par exemple sa transcription pour le piano de la Symphonie fantastique qui aidera à faire connaître l’œuvre en Allemagne dans les années 1830, bien avant la publication de la grande partition, et plus tard dans sa carrière c’est Liszt qui fait revivre à Weimar en 1852 l’opéra Benvenuto Cellini qui était tombé lors des premières exécutions à l’Opéra en 1838. En 1832, peu après son séjour en Italie, Berlioz fait la connaissance du jeune écrivain Ernest Legouvé qui devient un ami pour la vie; il avance de l’argent à Berlioz à un moment critique et lui permet ainsi de poursuivre la composition de Benvenuto Cellini. Pendant les années 1830 Berlioz acquiert de nombreux alliés influents à Paris, entre autres la famille Bertin, qui parmi d’autres services lui fournit une tribune comme critique musical au prestigieux Journal des Débats, poste qu’il tiendra de 1834 à 1863. Berlioz compte nombre de partisans parmi les écrivains: on citera Jules Janin, collaborateur lui-même aux Débats qui signe beaucoup d’articles à sa défense, et auteur d’un hommage personnel à Harriet Smithson peu après sa mort en 1854 qui touche Berlioz tellement qu’il le cite longuement dans ses Mémoires (chapitre 59); Joseph d’Ortigue, collaborateur lui aussi aux Débats, et d’un égal soutien; et Théophile Gautier, dont il met la poésie en musique dans les Nuits d’été. On trouvera sur ce site un choix de tous leurs écrits. Parmi les musiciens Berlioz obtient le suffrage du grand virtuose Paganini: son don de 20,000 francs en 1838 permet à Berlioz de composer Roméo et Juliette. Moins en vue que Paganini, mais à la longue un de ses soutiens les plus fidèles, est Auguste Morel, dont il fait la connaissance vers 1837. Un autre musicien qu’il rencontre plus tard, vers 1854, est Ernest Reyer, destiné à devenir après la mort du compositeur l’un de ses partisans les plus convaincus. On citera aussi à cette occasion le jeune Camille Saint-Saëns. À l’exception de Gautier, Reyer et Saint-Saëns, presque tous sont nommés dans les Mémoires et Berlioz rend hommage à ce qu’il leur doit.

    Au fur et à mesure que Berlioz voyage à l’étranger à partir de la fin 1842 le cercle de ses amis et partisans s’élargit; on ne citera ici que les principaux noms. En Allemagne les adhérents de première heure comptent Johann Christian Lobe à Weimar – partisan de Berlioz avant même sa venue – et Robert Griepenkerl à Brunswick dès la première visite de 1843. Lors d’un séjour ultérieur à Weimar en novembre 1852 Berlioz fait la connaissance entre autres du jeune Hans von Bülow, protégé de Liszt, qui restera un partisan actif pendant des années à venir, et de Peter Cornelius qui traduira plusieurs de ses ouvrages. À Vienne le chef d’orchestre Johann von Herbeck inscrit à ses programmes la musique de Berlioz au début des années 1860 et le fait inviter pour y diriger la Damnation de Faust en décembre 1866. Au cours de son premier voyage en Russie en 1847 Berlioz rencontre le jeune écrivain Vladimir Stasov qui par la suite œuvrera pour la cause de Berlioz en Russie et aura une influence décisive sur une nouvelle génération de compositeurs russes. Une série de visites à Londres à partir de la fin de 1847 amène à Berlioz de nombreux nouveaux amis, dont le plus actif est l’éditeur et imprésario Frederick Beale, qui invite Berlioz à Londres en 1852 pour une série de concerts qui aura grand retentissement. Un autre imprésario dont le nom tient une place importante dans la carrière ultérieure de Berlioz est Édouard Bénazet, le directeur du casino de Bade, qui invite Berlioz à diriger en 1853, puis chaque année entre 1856 et 1863, et lui commande un opéra; la commande sera finalement exécutée indirectement avec la composition de Béatrice et Bénédict. On ajoutera à tous ces partisans dans différents pays plusieurs familles royales ou princières, notamment à Hanovre, Berlin et Weimar, et on retiendra deux noms en particulier, ceux de la princesse Carolyne Sayn-Wittgenstein qui décide Berlioz à entreprendre la composition des Troyens, et de la Grande-Duchesse de Russie qui l’invite à Saint-Pétersbourg pour la dernière tournée de concerts de sa carrière.

Après la mort de Berlioz

    Parmi ceux qui ont soutenu Berlioz de son vivant quelques-uns resteront actifs après sa mort; en France Ernest Reyer en particulier œuvre pour lui sans tarder, suivi quelques années plus tard par Auguste Morel. En Allemagne Hans von Bülow se remet à diriger la musique de Berlioz dans les années 1870, alors qu’en Angleterre Wilhelm Ganz (à partir de 1879) et surtout Charles Hallé (à partir de 1880) contribuent à faire connaître sa musique au public anglais. À Paris le renouveau est déjà bien en train: le chef d’orchestre Jules Pasdeloup, qui a fait jouer quelques extraits de Berlioz à ses Concerts populaires dans les années 1860, continue à faire entendre sa musique après sa mort; il est bientôt suivi, puis dépassé par Édouard Colonne. De plus en plus c’est une nouvelle génération de musiciens et de critiques qui va assumer la tâche. On donnera ici un survol rapide par pays, auquel les pages consacrées aux noms qui figurent ci-dessous ajouteront des précisions, et dans ces pages on trouvera aussi quelques compléments d’information sur des noms qui ne font pas l’objet de pages séparées. On renverra aussi le lecteur au coup d’œil rétrospectif que donne David Cairns à partir du bicentenaire de 2003, texte qui est reproduit sur ce site.

France

    L’évènement le plus frappant ici est la réhabilitation de Berlioz qui a lieu en France – ou plus exactement à Paris, mais la France suit dans la foulée de la capitale – peu d’années après la mort du compositeur. Plusieurs pages sur ce site sont consacrées à ce phénomène, et donnent une liste d’exécutions d’œuvres de Berlioz à Paris dans les années 1869 à 1884 ainsi qu’un choix de comptes-rendus de ces concerts dans la presse parisienne (la date de 1884 obéit à des critères purement pratiques et n’implique aucun ralentissement dans la popularité de Berlioz après cette date). Ce renouveau, il faut le souligner, a lieu uniquement au concert et concerne en premier lieu l’œuvre pour orchestre du compositeur: les théâtres lyriques continuent à être fermés à Berlioz comme de son vivant, et la réhabilitation de Berlioz en France restera donc inachevée. De ce point de vue l’Allemagne est bien en avance sur la France. Le mérite du renouveau à Paris revient principalement à deux chefs d’orchestre et à leurs sociétés de concerts, d’abord Jules Pasdeloup puis Édouard Colonne, qui finira par éclipser son rival plus âgé et dirigera au cours de sa carrière plus d’exécutions de Berlioz au concert que sans doute n’importe quel autre chef de l’époque ou à venir avant Colin Davis. Dans la première moitié du 20ème siècle d’autres chefs français continuent à faire entendre Berlioz, notamment Pierre Monteux, Jean Fournet et Charles Munch.

    Le regain d’intérêt pour Berlioz et la familiarité grandissante du public parisien avec sa musique donnent lieu à une série d’études et publications en France, entre autres les premières biographies à faire autorité; on citera ici particulièrement les travaux d’Adolphe Jullien et après lui ceux de Julien Tiersot. Outre la parution posthume des Mémoires en 1870 cette époque voit les débuts de la publication de la correspondance du compositeur, d’abord un tome de lettres couvrant une bonne partie de sa vie (1879), suivi quelques années plus tard par un recueil comprenant nombre des lettres adressées par Berlioz à Humbert Ferrand, son ami de toujours (1882). En outre de nombreuses lettres sont publiées petit à petit dans des journaux et périodiques. Sauf pour les lettres de Berlioz à la princesse Carolyne Sayn-Wittgenstein, publiées en Allemagne (1903), et un recueil de nouvelles lettres publiées en anglais et en français aux États-Unis par Jacques Barzun (1954), c’est en France que la publication de la correspondance complète de Berlioz aura lieu. Vient d’abord le travail entrepris par Julien Tiersot et publié en 3 volumes à Paris (1904, 1919 et 1930), mais resté inachevé, puis ensuite l’édition de la correspondance en 8 volumes, parue à Paris entre 1972 et 2003, l’œuvre d’une équipe de savants placés sous la direction de Pierre Citron. Il faut souligner ici que l’âme de toute l’entreprise était Thérèse Husson (1928-2005), secrétaire générale de l’Association nationale Hector Berlioz de sa foundation en 1962 jusqu’à peu avant sa mort: son nom n’apparaît sur aucune page de titre, mais sans jamais chercher à se mettre en avant elle a énormément fait pour faire avancer la cause de Berlioz en France, notamment par la publication de l’œuvre littéraire. Outre la correspondance et de nouvelles éditions des livres de Berlioz, la publication de tous ses articles de critique est mise en train; au départ projet collaboratif des deux côtés de l’Atlantique il établit bientôt son centre à Paris; sept volumes sur dix ont paru à ce jour (1996- ).

    Sur un point essentiel la France est en reste: c’est en Allemagne que la publication intégrale des œuvres musicales de Berlioz sera d’abord entreprise pour le centenaire en 1903, et le bicentenaire en 2003 suscitera une nouvelle édition, cette fois complète, qui sera de nouveau confiée à un éditeur allemand. Ceci dit, la contribution faite au fil des ans par des musiciens et musicologues français pour défendre celui qui est sans doute le plus grand de tous les compositeurs français n’a pas toujours été reconnue suivant ses mérites. Par exemple, l’introduction à l’ouvrage de Jacques Barzun, Berlioz and the Romantic Century (tome I, p. 3-22), date le tournant décisif dans le mouvement en faveur de Berlioz pas plus tôt que les années 1920, ce qui laisse de côté ce qui avait été accompli avant cette date en France et en Allemagne, et on cherche en vain dans ce chapitre les noms d’Ernest Reyer, Adolphe Jullien et Julien Tiersot (leur rôle n’est mentionné que plus tard dans l’ouvrage). Le survol donné par Barzun de la réputation posthume de Berlioz en France (tome II, p. 301-6) donne une impression incomplète du travail accompli, comme une comparaison avec le bilan détaillé des années 1869-1884 le suggère. L’idée assez tenace que Berlioz n’a pas été apprécié dans son propre pays doit sans doute son origine dans le fait qu’à côté de partisans sincères de Berlioz en France il y a eu aussi depuis la fin du 19ème siècle un courant d’opinion influent qui d’instinct tend à dénigrer le compositeur. Un article de Pierre-René Serna sur ce site traite de cette question par rapport à la France (voir aussi un article de 1893 par Adolphe Jullien). On retrouve des traces de cette même hostilité de principe dans d’autres pays, mais sans doute pas au même degré, et elle ne disparaîtra sans doute jamais. L’ignorance et le parti-pris ont à ce qu’il paraît la vie dure. L’originalité même de Berlioz et son esprit d’indépendance semblent susciter des réflexes hostiles chez certains qui prennent volontiers refuge dans un conformisme de convention. C’est un problème dont Berlioz était trop conscient: dans un passage des Mémoires (chapitre 59), à propos de critiques hostiles en Allemagne, il s’en prend aux ‘hommes à idées fixes qui, à l’aspect seul de mon nom sur une affiche ou sur un journal, entrent en fureur, comme les taureaux quand on leur présente un drapeau rouge’.

Allemagne

    Vale, Germania, alma parens! C’est avec ces mots que Berlioz conclut la série de lettres ouvertes qu’il publie en 1843 et 1844 concernant son premier voyage en Allemagne. Même avant son arrivée il commence déjà à se faire un cercle grandissant d’admirateurs: d’emblée, l’Allemagne tient une place de choix dans ses prédilections de musicien. Quel qu’ait été le choc de la guerre de 1870-1871 entre la France et la Prusse, guerre dont Berlioz a eu le bonheur de ne pas être témoin, il n’y aura pas de rupture permanente entre les deux pays en ce qui concerne la musique. Les partisans déclarés de Berlioz en France à cette époque – Ernest Reyer, Adolphe Jullien – sont en même temps admirateurs de Wagner, et il en est de même en Allemagne. Hans von Bülow, Felix Mottl, Felix Weingartner et d’autres chefs allemands admirent également les deux maîtres et n’y voient pas contradiction. Pour eux Berlioz est comme un ‘allemand honoraire’. On continue à exécuter sa musique dans les années 1870 et au delà: pour ne citer que quelques exemples plus importants, on exécute le Requiem à Leipzig en 1872 et 1874, Hans Richter dirige Harold en Italie à Vienne pendant la saison d’hiver 1875-6, Béatrice et Bénédict est monté de nouveau à la cour de Weimar en janvier 1876, et la Symphonie fantastique est jouée à Hanovre en mai 1877. À la fin de 1877, à propos d’une exécution de Roméo et Juliette annoncée à Berlin un critique fait cette observation: ‘Ce n’est pas seulement en France que les partitions de Berlioz sont aujourd’hui fort en honneur. En Allemagne, où, du reste, la musique du maître français a toujours eu plus de retentissement que chez nous, il ne se donne guère de concerts importants sans que le nom de Berlioz ne figure sur le programme’ (Le Ménestrel 9/12/1877 p. 13). Ferdinand Hiller, un vieil ami de Berlioz, donne la première exécution complète de l’Enfance du Christ à Cologne en décembre 1878, et publie l’année suivante un long article de souvenirs sur Berlioz, qu’il inclut dans un recueil d’articles peu après (Künstlerleben, 1880). Quelques années plus tard Richard Pohl, un autre ancien ami de Berlioz, publie un volume d’articles et de souvenirs du compositeur (Hector Berlioz: Studien und Erinnerungen, 1884).

     Sur un point particulièrement important l’Allemagne est en avance sur la France: en France le renouveau de Berlioz a lieu uniquement au concert et est l’œuvre de chefs d’orchestre, tandis qu’en Allemagne en plus des concerts on joue les opéras de Berlioz sur la scène. C’est en Allemagne que Benvenuto Cellini renaît en 1852 sous l’impulsion de Liszt à Weimar, et que Béatrice et Bénédict est exécuté pour la première fois à Bade en 1862 et 1863, et aussi à Weimar en 1863, toujours sous la direction de Berlioz. Cette tradition persiste après la mort du compositeur. Par exemple Benvenuto Cellini est monté de nouveau sept fois à Hanovre entre janvier et mai 1879 sous la direction de Hans von Bülow, et est exécuté plusieurs fois à Leipzig en 1883 sous la baguette du jeune Arthur Nikisch. L’étape suivante est la première exécution intégrale sur la scène des Troyens, qui aura lieu au palais ducal de Carlsruhe en 1890, mais divisé en deux soirées, le 6 et 7 décembre. L’honneur de cette entreprise revient au jeune chef Felix Mottl, un partisan de Wagner qui est non moins convaincu dans sa défense de Berlioz: il a déjà monté à Carlsruhe Béatrice et Bénédict. Réussite qui, selon Adolphe Jullien, n’est pas à l’honneur des directeurs de théâtres-lyriques en France. L’exemple de Mottl avec les Troyens est bientôt suivi dans d’autres villes allemandes, et les autres opéras de Berlioz continuent à être montés ailleurs en Allemagne (Benvenuto Cellini sera représenté dans presque toutes les grandes villes musicales du pays). L’enthousiasme des musiciens allemands pour Berlioz aura une suite naturelle: c’est à Leipzig qu’aura lieu la première tentative d’une édition complète des œuvres musicales, publiée entre 1900 et 1907 pour coincider avec le centenaire de la naissance du compositeur. Un des éditeurs est le chef d’orchestre Felix Weingartner, partisan de Berlioz en Allemagne et à l’étranger. L’édition restera inachevée (il manque en particulier Benvenuto Cellini et les Troyens) et elle repose sur des bases critiques défectueuses; elle n’en représente pas moins un pas important dans la diffusion de la musique de Berlioz, puisqu’elle inclut plusieurs ouvrages jusqu’alors inédits, dont le plus important est la grande partition de l’opéra Béatrice et Bénédict.

    L’Allemagne se montre donc accueillante envers le compositeur français. Les premiers compositeurs et chefs d’orchestre allemands de la fin du siècle respectent Berlioz et dirigent ses œuvres. L’influence de Berlioz sur Gustav Mahler ou Richard Strauss, par exemple, est manifeste et est librement reconnue par eux. Strauss dirige des œuvres de Berlioz aux manifestations du centenaire à Londres, Paris et Dresde en 1903, et en 1905 il publie une nouvelle édition du traité d’instrumentation dans une version mise à jour, dans laquelle le texte d’origine est reproduit sans changement et ses propres ajouts sont clairement signalés comme tels (mais Berlioz n’aurait sans doute pas apprécié d’être présenté comme un précurseur de Wagner, ni de voir Wagner prendre le pas sur Gluck dans le choix des exemples musicaux).

    L’accueil de Berlioz par l’Allemagne aurait pu se poursuivre indéfiniment, sauf pour une césure historique causée semble-t-il par le IIIème Reich, comme le suggère Pierre-René Serna (Serna, Berlioz de B à Z [2006], p. 34-5). Le soutien donné par le régime aux compositeurs allemands, et Wagner avant tout, au dépens de compositeurs étrangers semble avoir eu un important résultat négatif en ce qui concerne Berlioz. Jusqu’à la deuxième guerre mondiale il est normal en Allemagne pour les chefs d’orchestre d’inscrire Berlioz à leur répertoire, mais maintenant cette tradition semble décliner fortement. Il est frappant que la plupart des grands chefs d’orchestre allemands de l’après-guerre ne semblent plus avoir de lien particulier avec la musique de Berlioz. Parmi les chefs d’orchestre les premiers partisans de Berlioz à cette époque viennent maintenant de la France (Pierre Monteux, Charles Munch, Jean Fournet), et de plus en plus de la Grande-Bretagne (Thomas Beecham, puis Colin Davis).

Grande-Bretagne

    La renommée posthume de Berlioz en Grande-Bretagne suit un parcours différent de celui de la France et de l’Allemagne. De son vivant Berlioz avait reçu le meilleur accueil au cours de ses visites à Londres entre 1847 et 1855, et quelques critiques perspicaces avait saisi d’emblée sa signification. Après son premier concert à Londres le 7 février 1848, le critique Edward Holmes conclut un compte-rendu intitulé ‘Une première impression du génie d’Hector Berlioz’ avec ces mots: ‘Nous sommes convaincus que des écoutes répétées de ses œuvres confirmeront l’opinion que voici un artiste capable de remplir les hautes responsabilités de sa mission, qui va élargir la sphère de la musique et révéler sa puissance sous un éclairage nouveau. C’est un résultat que l’on doit souhaiter avec ardeur.’ Et cependant, comme il a été suggéré dans la page sur Berlioz à Londres, la promesse du départ ne sera pas réalisée du vivant du compositeur. À l’époque de sa mort Berlioz est pratiquement oublié en Angleterre et on exécute peu sa musique. Ce n’est qu’à la fin des années 1870 qu’on commence à le jouer de nouveau, et il semble que Londres subit ici le contre-coup du renouveau qui se manifeste à Paris depuis déjà plusieurs années. De toute façon le premier rôle dans les exécutions de Berlioz en Grande-Bretagne à cette époque appartient au départ à des musiciens allemands, soit déjà installés dans le pays (Hallé, Ganz), soit visiteurs venus d’Europe (Hans Richter, August Manns).

    Sur l’évolution de l’intérêt que suscite Berlioz en Grande-Bretagne et aux États-Unis de la fin du 19ème siècle au milieu du 20ème on renverra le lecteur à l’étude de Michael Wright sur ce site (en anglais). Après sa mort, il faudra à Berlioz plus longtemps pour être connu et apprécié en Grande-Bretagne qu’en France ou en Allemagne. 1903, l’année du centenaire de la naissance du compositeur, ne donne lieu qu’à des cérémonies sans grand éclat, et c’est d’ailleurs à des chefs allemands — Hans Richter, Richard Strauss et Felix Weingartner — qu’il reviendra de donner des concerts commémoratifs. Ce n’est que dans les années 1920 qu’un mouvement en faveur de Berlioz se fait sentir, mais une fois lancé il ne cessera de s’amplifier au fil des ans, pour atteindre finalement le point dans la période après-guerre où c’est en Grande-Bretagne avant tout que le tournant décisif dans la fortune de Berlioz sera accompli. Signalons ici quelques noms particulièrement importants. Parmi les chefs d’orchestre deux font figure de proue, Hamilton Harty et Thomas Beecham: ils créent et entretiennent un nouvel intérêt pour Berlioz et amorcent une tradition parmi les chefs d’orchestre britanniques qui s’épanouit dans l’après-guerre et ne faillira plus par la suite. Parmi les critiques et écrivains on peut relever le nom de Tom S. Wotton, le premier véritable partisan de Berlioz en Grande-Bretagne, dont les vues reposent sur une étude approfondie de la vie et des œuvres du compositeur, comme son livre de 1935 en témoigne. Wotton à son tour exerce une influence importante sur Jacques Barzun, français de naissance mais installé aux États-Unis et écrivant en anglais, et auteur du travail le plus complet à être consacré à Berlioz jusqu’à cette date (2 tomes, 1950; 3ème édition revue, 1969). L’ouvrage de Barzun servira de point de départ pour la génération suivante de critiques et musicologues dans le monde anglophone. Le mouvement en faveur de Berlioz ne cesse de se développer et prend désormais une dimension internationale. Beaucoup en font partie, mais trois noms, tous trois britanniques, méritent d’être mis en lumière parmi les partisans de Berlioz de l’après-guerre: le chef d’orchestre Colin Davis, l’écrivain et critique David Cairns et le musicologue Hugh Macdonald. Leurs différentes sphères d’activité se complètent et se renforcent, et donnent à la cause de Berlioz une impulsion nouvelle. Le cap décisif est enfin franchi, et le centenaire de la mort du compositeur en 1969 suivi du bicentenaire de sa naissance en 2003 servent de cible pour tout le mouvement.

    Par souci de commodité on a réparti les partisans de Berlioz en trois catégories: Biographes et critiques, Éditeurs des œuvres musicales, et Chefs d’orchestre. Ces trois catégories se recoupent parfois, et certains noms sont bien entendus actifs dans plus d’une sphère. Quelques-uns ont déjà été traités dans d’autres contextes et des liens sont fournis pour ceux-ci. Tous les noms inventoriés ci-dessous seront traités en temps voulu.

Biographes et critiques

    Berlioz a beaucoup écrit; on a aussi beaucoup écrit sur son compte presque dès le début de sa carrière, et sur tous les tons, que ce soit l’hostilité et l’incompréhension d’un Pierre Scudo, le trop célèbre ‘maniaque de la Revue des Deux Mondes’, ou l’admiration perspicace d’un Edward Holmes ou d’Ernest Reyer. On trouvera sur ce site un choix d’articles des contemporains de Berlioz.

    À partir du début des années 1830 Berlioz se met à publier des articles de caractère autobiographique, et la matière de son premier livre, le Voyage musical en Allemagne et en Italie de 1844, qui traite en ordre inverse de son séjour en Italie de 1831-2 et de son voyage en Allemagne de 1842-3, sera en grande partie réutilisée dans ses Mémoires. Des biographies de Berlioz commencent à être publiées de son vivant, tel le petit ouvrage publié par Charles Jacquot (1812-1880) sous le pseudonyme d’Eugène de Mirecourt, avec le simple titre de Berlioz (Gustave Havard, Paris, 1856). L’intention était bonne et l’auteur généralement bien disposé envers Berlioz, mais l’ouvrage fourmillait d’erreurs bien que Berlioz ait fourni à l’auteur des indications biographiques (CG nos. 2134, 2186; cf. le Post-Scriptum des Mémoires qui est adressé à Mirecourt, même s’il n’est pas nommé). C’est précisément l’existence de biographies de ce genre, peu dignes de foi, qui aurait incité Berlioz à rédiger sa propre autobiographie, ainsi qu’il le dit dans la Préface de ses Mémoires. Ce n’est qu’après sa mort que des biographies dignes de foi, qui s’appuient sur des recherches sérieuses, commencent à être publiées et c’est en France que les premiers pas sont accomplis. La liste ci-dessous ne comporte que les noms les plus importants (la bibliographie sur Berlioz est vaste), mais d’autres seront mentionnés à l’occasion.

Auguste Morel (1809-1881) (voyez aussi: Auguste Morel et Berlioz (1869-1881) ; Auguste Morel: documents sur sa carrière ; 3 articles sur Benvenuto Cellini) 
Ernest Reyer (1823-1909) (voyez aussi: Ernest Reyer et Berlioz ; 26 articles par Ernest Reyer)
Adolphe Jullien (1840-1932)
Georges de Massougnes (1842-1919)
Julien Tiersot (1857-1936)
Tom S. Wotton (1862-1939)
Adolphe Boschot (1871-1955) 
Jacques Barzun (1907-2012) 
David Cairns (1926- )

Éditeurs — œuvres musicales

    Avec l’exception majeure des grandes partitions de ses trois opéra Benvenuto Cellini¸ les Troyens et Béatrice et Bénédict (dans le cas des deux premiers l’éditeur Choudens refusa tout simplement de respecter son contrat avec Berlioz), la plupart des œuvres musicales de Berlioz furent publiées de son vivant, et Berlioz lui-même se chargea d’en surveiller la publication. De nombreuses lettres du compositeur ont survécu adressées à ses divers éditeur. Il se trouve que la toute première lettre connue de sa correspondance soit adressée aux éditeurs de musique Janet et Cotelle à Paris pour leur offrir de publier divers ouvrages: non seulement Berlioz compose dès sa jeunesse, il se propose très sérieusement de faire publier ces essais juvéniles sans retard…

    La publication de la plupart des œuvres musicales de Berlioz a lieu chez deux firmes établies à Paris, celle de Schlesinger, acquise en 1846 par Brandus, et celle de Richault. Outre la publication à Paris nombre d’œuvres paraissent simultanément dans des éditions en Allemagne et en Angleterre: le droit de reproduction ne s’appliquait alors que dans le pays où la publication avait lieu (cf. CG no. 1690). Par exemple la grande partition de la Damnation de Faust est publiée en 1854 par Richault à Paris, et en même temps par Cramer & Beale à Londres et Hofmeister à Leipzig (pour le détail de la publication des partitions de Berlioz on consultera les catalogues de Hopkinson et Holoman, qui figurent tous deux dans la bibliographie sur ce site).

    En 1854 et 1855, à une époque où il se rend fréquemment en Allemagne pour y donner des concerts, Berlioz conçoit l’idée d’une édition complète de toutes ses œuvres musicales, qui serait publiée en Allemagne à Leipzig, où plusieurs maisons d’édition s’étaient établies. Le projet est mentionné pour la première fois dans une lettre du 26 juin 1854 à son ami Auguste Morel: ‘Je rêve une édition allemande soignée chez Kistner de Leipzig, de l’ensemble de mes ouvrages. Cela coûterait 20 000 fr.’ (CG no. 1771). Une lettre à son beau-frère Marc Suat en février de l’année suivante donne d’autres précisions: pour Berlioz il s’agit en partie d’un investissement, malgré une grosse mise de fonds nécessaire au départ, et en partie de préserver ses œuvres pour la postérité dans des éditions correctes; Liszt offre ses bons services pour le projet (CG no. 1901; cf. 1907, 1908). Le projet est évoqué dans d’autres lettres à Liszt en 1855 (CG nos. 1918, 1927, 1965); Berlioz n’envisage pas un éditeur unique, et outre Kistner il évoque les noms de Hofmeister et de [Breitkopf et] Härtel, tous établis à Leipzig. En l’occurrence le plan n’aura pas de suite, et ce n’est que longtemps après la mort du compositeur que le projet sera repris pour coincider avec le centenaire de sa naissance.

Charles Malherbe (1853-1911) et Felix Weingartner (1863-1942) 
Hugh Macdonald (1940- )

Chefs d’orchestre  

    ‘Il m’est … excessivement douloureux d’entendre la plupart de mes compositions exécutées sous une direction autre que la mienne’, écrit Berlioz dans ses Mémoires (Post-Scriptum), et il poursuit: ‘Je faillis avoir un coup de sang en écoutant, à Prague, mon ouverture du Roi Lear dirigée par un maître de chapelle dont le talent est pourtant incontestable. C’était à peu près juste... mais ici l’à-peu-près est tout à fait faux.’ Il explique quels obstacles doivent être surmontés pour parvenir à une interprétation fidèle de ses œuvres: ‘ce sont précisément leur ardeur interne, leur expression et leur originalité rhythmique qui leur ont fait le plus de tort, à cause des qualités d’exécution qu’elles exigent. Pour les bien rendre, les exécutants, et leur directeur surtout, doivent sentir comme moi. Il faut une précision extrême unie à une verve irrésistible, une fougue réglée, une sensibilité rêveuse, une mélancolie pour ainsi dire maladive, sans lesquelles les principaux traits de mes figures sont altérés ou complétement effacés’. Il donne aux compositeurs ce conseil: ‘Le plus dangereux de vos interprètes, c’est le chef d’orchestre, ne l’oubliez pas’ (Mémoires, chapitre 48), idée qu’il développe dans son traité sur l’art du chef d’orchestre. C’est l’incompétence de Girard en dirigeant Harold en Italie en 1834 qui détermine Berlioz à devenir chef d’orchestre lui-même (Mémoires, chapitre 45). D’où aussi l’hésitation de Berlioz à publier ses partitions avant de les avoir mises à l’épreuve d’exécutions répétées et d’avoir pu démontrer dans ses tournées à l’étranger comment il fallait les jouer. Sa correspondance témoigne de sa répugnance à laisser à d’autres le soin de diriger sa musique (par exemple CG nos. 1543, 1631). Il avait visiblement des réserves sur la manière dont Liszt dirigeait son opéra dans les années 1850, mais à Weimar Liszt ne peut se résoudre à laisser Berlioz diriger même une seule exécution de Benvenuto Cellini (cf. CG no. 2104).

    Liszt redoutait sans doute une comparaison qui n’aurait pas été à son avantage. Berlioz était en effet un chef hors pair, comme ses contemporains l’attestent. Citons par exemple Charles Hallé: ‘Quel tableau que celui de Berlioz à la tête de son orchestre, avec son visage d’aigle, sa touffe de cheveux, son air d’autorité, rayonnant d’enthousiasme! Il était le chef d’orchestre le plus parfait que j’aie jamais vu, il exerçait une autorité absolue sur ses hommes, et jouait sur eux comme un pianiste sur un clavier.’ Mais la contrepartie de tant de prouesses c’est la jalousie: ‘J’ai, depuis quelques années, de nouveaux ennemis dus à la supériorité qu’on veut bien m’accorder dans l’art de diriger les orchestres’ écrit Berlioz en 1856 (Mémoires, Post-Scriptum; un exemple à Dresde en 1854: CG no. 1726).

     Un des rares chefs d’orchestre à être approuvé par Berlioz comme interprète de sa musique est Johann von Herbeck, qui l’invite à diriger la Damnation de Faust en décembre 1866. Après le succès de l’exécution Berlioz écrit: ‘Enfin, voilà une de mes partitions de sauvée. Ils la joueront maintenant à Vienne sous la direction de Herbeck, qui la sait par cœur’ (CG no. 3200). Mais d’un autre côté Berlioz ne peut faire confiance à Jules Pasdeloup; Pasdeloup passe outre et devient un des premiers partisans de Berlioz après sa mort. Voilà qui donne à réfléchir. On ne saura jamais comment la musique de Berlioz sonnait sous sa direction, et on ne sait ce que Berlioz aurait pensé des nombreux interprètes qui, par leur travail et leur dévouement pendant bien des décennies, ont contribué à faire connaître et rendre célèbre sa musique.

Le Conservatoire et Berlioz: 1869-1914
Les opéras de Berlioz en France, 1869-1914

Jules Pasdeloup (1819-1887)
Charles Hallé (1819-1895)
Hans von Bülow (1830-1894)
Wilhelm Ganz (1833-1914)
Charles Lamoureux (1834-1899)
Édouard Colonne (1838-1910) (voyez aussi: Édouard Colonne: textes et documents (1) ; Édouard Colonne: textes et documents (2))
Felix Mottl (1856-1911) (voyez aussi: Felix Mottl: textes et documents)
Felix Weingartner (1863-1942) (voyez sur ce site: Un document autographe de Felix Weingartner)
Pierre Monteux (1875-1964) 
Hamilton Harty (1879-1941) 
Thomas Beecham (1879-1961) 
Charles Munch (1891-1968) 
Jean Fournet (1913-2008) 
Rafael Kubelik (1914-1996) 
Colin Davis (1927-2013)

Site Hector Berlioz crée par Monir Tayeb et Michel Austin le 18 juillet 1997;
Page Berlioz: Pionniers et Partisans créée le 15 mars 2012; de nombreux ajouts faits depuis.

Avertissement: Sauf indication contraire toutes les images sur ces pages ont été reproduites d’après des photos originales, gravures, cartes postales, programmes de concerts, journaux du 19e et du début du 20e siècles et autres documents de notre collection. ©  Michel Austin et Monir Tayeb. Tous droits de reproduction réservés.

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