Partitions de Berlioz

La Damnation de Faust: 3 pièces pour orchestre (H 111)

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        I. Marche Hongroise
        II. Ballet des Sylphes
        III. Menuet des Follets

    Voyez aussi Textes et documents; Livrets de Berlioz; Berlioz et sa musique: auto-emprunts

    I. Marche Hongroise. Ce morceau célèbre, qui conclut la première partie de La Damnation de Faust, se passe de tout commentaire. Berlioz raconte dans ses Mémoires (Deuxième voyage en Allemagne, 3ème lettre à Humbert Ferrand; voyez Textes et documents) les circonstances de la composition de cette marche sur un thème national hongrois (Rákóczy-indulo). L’enthousiasme indescriptible déchaîné lors de sa première exécution à Budapest en 1846 décida Berlioz à l’inclure dans La Damnation de Faust, alors en cours de composition (Mémoires, chapitre 54, également dans Textes et documents). Remarquons au passage qu’il n’y a aucune justification pour l’accelerando assez gratuit qu’on entend trop souvent au concert dans la péroraison de la marche.

    Pour obtenir l’effet voulu, les triolets et sextolets des violons et altos (mesures 99-118) et des altos (mesures 135-143) on dû être notés intégralement en non sous forme abrégée comme dans la partition de Berlioz.

    II. Ballet des Sylphes. Ce morceau est tiré de la IIème partie de l’ouvrage, vers la fin de la scène VII (Au bord de l’Elbe). Il suit le long chœur de Gnomes et de Sylphes, où Faust, plongé dans un profond sommeil, voit en songe une vision de Marguerite. Le Ballet, pour orchestre seul, utilise en le modifiant le thème principal du chœur précédent. Toute la scène, y compris le Ballet, fut écrite à Vienne, où Berlioz donna une série de concerts entre novembre 1845 et février 1846 qui lui valurent un éclatant succès. La Société Philharmonique de Vienne le nomma Membre Honoraire en juin 1846. Mais Vienne devra attendre jusqu’à décembre 1866 pour entendre une exécution intégrale de l’œuvre: Berlioz, répondant à l’invitation du chef d’orchestre Johann von Herbeck, vient diriger une exécution à grande échelle dans la vaste salle des Redoutes, ‘la plus grande joie musicale de ma vie’, dira-t-il au lendemain de ce qui fut un triomphe.

    III. Menuet des Follets.  Ce morceau, tiré de la 3ème partie de La Damnation, fait suite à l’invocation de Méphistophélès aux follets de venir ensorceler Marguerite avant sa rencontre avec Faust. Chef d’œuvre d’ironie musicale et tour de force d’instrumentation, ce menuet est sans doute l’un des plus originaux jamais écrits. Berlioz fait appel à une danse de l’Ancien Régime, désuète de son temps, et la tourne en parodie diabolique. Après un début d’apparence normale, la musique s’égare dans des directions inattendues, s’arrête et puis repart, explose subitement et se calme aussitôt comme si de rien n’était. Des dièses imprévus défigurent le thème original. Puis juste quand la musique semble sur le point de s’endormir, les petites flûtes, flûte et hautbois se lancent à une vitesse vertigineuse dans une anticipation de la sérénade de Méphistophélès. Le menuet essaie de se faire entendre à nouveau mais est écarté sans façon, et la musique s’évapore dans un trille énigmatique des violons.

    Marche Hongroise (durée 5')
    — Partition en grand format
    (fichier créé le 7.03.2000; révision le 12.10.2001)

    Ballet des Sylphes (durée 2'2")
    — Partition en grand format
    (fichier créé le 2.01.2000; révision le 31.08.2001)

    Menuet des Follets (durée 5'32")
    — Partition en grand format
   
(fichier créé le 11.09.2000; révision le 23.12.2001)

 

© Michel Austin pour toutes partitions et texte sur cette page.

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