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Ouverture: Les Francs Juges (H 23D)

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    Voyez aussi Livrets de Berlioz; Berlioz et sa musique: auto-emprunts

    Composée à l’automne de 1826, l’ouverture aux Francs Juges, opéra de jeunesse sur un livret de son ami Humbert Ferrand, est la première manifestation incontestable du génie instrumental de Berlioz. On peut y reconnaître l’influence du Freischütz de Weber, mais elle dépasse en puissance expressive et la hardiesse de son instrumentation ce que Berlioz avait pu apprendre du maître allemand. Fait remarquable, elle fut conçue et écrite bien avant que Berlioz découvre l’œuvre symphonique de Beethoven en 1828. Le long second sujet de l’allegro, dont Berlioz tire un si grand parti (mesures 119-173, 343-390, 530-570) dérive, comme nous l’apprend Berlioz, d’un des quintettes écrits par Berlioz en 1818-1819 à La Côte-Saint-André avant même sa venue à Paris en 1821 (Mémoires chapitre 4; voyez aussi le chapitre 13 sur le thème des trombones dans l’introduction).

    Par la suite Berlioz abandonnera l’opéra, qui ne subsiste maintenant qu’à l’état de fragments (H 23), mais plusieurs morceaux seront adaptés dans d’autres ouvrages – notamment la Marche au Supplice de la Symphonie Fantastique et le 2ème mouvement (Oraison Funèbre) de la Symphonie Funèbre et Triomphale. Mais l’ouverture eut grand succès comme morceau de concert. Berlioz était à bon droit fier de ce précoce chef d’œuvre, qu’il exécuta fréquemment dans ses concerts en France et à l’étranger (à l’encontre de l’ouverture de Waverley, écrite peu de temps après). Elle fut exécutée pour la première fois dans un concert au Conservatoire le 26 mai 1828 avec l’ouverture de Waverley et d’autres œuvres de Berlioz. Ce fut le premier concert symphonique donné par Berlioz, et – nouveauté à l’époque – concert consacré entièrement à ses propres œuvres (voyez le récit des Mémoires chapitres 18 et 19). L’ouverture fut aussi publiée assez tôt par Berlioz, en 1836, avec en outre une réduction pour piano à quatre mains. Cette publication fait d’ailleurs date dans la carrière de Berlioz – c’est en effet la première œuvre de Berlioz pour grand orchestre à être ainsi rendue disponible à l’exécution n’importe où. L’œuvre devint rapidement populaire en Allemagne et contribua à répandre la renommée du compositeur plusieurs années avant le début de ses voyages en Allemagne fin 1842.

    Deux remarques d’ordre technique. (1) Par suite d’un bogue dans le logiciel il n’a pas été possible de transcrire de manière satisfaisante les notes d’agrément dans les parties de flûtes et de clarinettes aux mesures 256 et 272, et il a fallu y substituer des doubles croches. (2) Le tempo indiqué par Berlioz pour l’allegro assai (ronde = 80) est extrèmement rapide et semble peu praticable à l’exécution (voyez Hugh Macdonald dans Berlioz Studies, ed. Peter Bloom [Cambridge University Press 1992], p. 24). Dans la version présente l’allegro a été fixé à ronde = 69, avec une accélération dans la conclusion à partir de la mesure 580 pour atteindre ronde = 80 à la mesure 604.

   Ouverture: Les Francs Juges (durée 11'46")
    — Partition en grand format
    (fichier créé le 24.1.2001; révision le 11.12.2001)

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