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Partitions de Berlioz

Ouverture: Waverley (H 26)

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    Note: on trouvera une étude détaillée de cette ouverture, dûe à la plume de Diana Bickley, ailleurs sur ce site (en anglais seulement).

    L’ouverture de Waverley fut écrite sans doute en 1827, après l’ouverture de l’opéra Les Francs Juges. Elle fut exécutée pour la première fois dans un concert au Conservatoire le 26 mai 1828 avec l’ouverture des Francs Juges et d’autres œuvres de Berlioz. Ce fut le premier concert symphonique donné (mais non dirigé) par Berlioz, et – nouveauté à l’époque – concert consacré entièrement à ses propres œuvres (voyez le récit des Mémoires chapitres 18 et 19). Par la suite Berlioz fit entendre fréquemment l’ouverture des Francs Juges (et d’autres ouvertures postérieures) à Paris comme à l’étranger, mais il n’attachait évidemment pas la même importance à celle de Waverley. Publiée par lui en 1839 il ne la dirigea semble-t-il jamais lui-même en France ni dans ses nombreux concerts à l’étranger, et les exécutions connues de son vivant sont assez rares. Une lettre écrite pendant le premier séjour de Berlioz à Londres en 1848 concerne l’inscription à un concert d’une ouverture qui est probablement celle de Waverley (Correspondance Générale no. 1196, 7 mai); Berlioz ne cache pas son dédain:

[…] Il y a plus de 15 ans que je ne l’avais entendue [20 ans en fait, sans doute en 1838] et je ne la crois pas digne de figurer dans votre programme. Elle ne ferait pas d’effet et cela pourrait me nuire beaucoup, dans ce moment surtout où je commence à peine à me faire connaître à Londres. Veuillez donc la remplacer au prochain concert par quelque morceau déjà connu de l’orchestre […]

    Bien des années plus tard Berlioz est informé d’une exécution de l’œuvre à Montpellier: ‘cela devait être bouffon!’ écrit-il (Correspondance Générale no. 2970, 20 janvier 1865).

    Grand amateur des romans de Walter Scott, Berlioz n’a cependant pas cherché à raconter dans son ouverture l’histoire de Waverley. La citation en tête de la partition fait tout simplement allusion au contraste musical entre le larghetto initial avec son ample mélodie pour les violoncelles et le brillant allegro vivace qui lui fait suite (Dreams of love and Lady’s charms / Give place to honour and to arms [Rêves d’amour et charmes féminins / s’effacent devant l’honneur et les armes]).

    Œuvre de jeunesse, l’ouverture donne l’impression d’un certain mélange de styles. On y trouve de nombreux traits caractéristiques du style évolué de Berlioz, tant dans le rythme que dans l’harmonie et l’instrumentation. Mais on rencontre aussi des passages d’un italianisme un peu surprenant, notamment dans le second sujet de l’allegro (mesure 197 et suivantes; mesure 293 et suivantes), et dans la conclusion (mesure 401 et suivantes), dont les toutes dernières mesures surprennent par leur banalité, rare chez Berlioz. Cependant l’ouverture ne sent pas l’imitation pure et simple, mais affiche une belle assurance, surtout dans la verve irrésistible de l’allegro.

    Berlioz ne donne pas d’indication de métronome pour l’allegro vivace. Dans cette version le tempo a été fixé à blanche = 126.

    Waverley (durée 10'6")
    — Partition en grand format
    (fichier créé le 11.12.2000; révision le 23.12.2001)

© Michel Austin pour toutes partitions et texte sur cette page

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