(Fragments)

Paroles de Humbert Ferrand

Note:

    Les fragments reproduits ci-dessous ont été établis à partir d’une transcription d’un enregistrement privé d’une émission de la BBC datant de 1970 dans notre collection, et d’un texte, comprenant le Final, no.14, qui nous a été envoyé par notre ami russe Alexei Zubkov; nous lui exprimons notre vive gratitude. D’autres fragments étendus de la partition et du livret ne sont pas inclus ici; on les trouvera dans le tome 4 de la New Berlioz Edition.

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    The fragments reproduced below are based on the transcript of a privately-recorded broadcast on the BBC in 1970 in our own collection, and a text, which included the Final, no.14, kindly sent to us by our Russian friend, Alexei Zubkov, to whom we are most grateful. Not included here are other extensive fragments of the score and the corresponding libretto; they  can be found in volume 4 of the New Berlioz Edition.

Acte I

No.1  Chœur de soldats
auquel se joint ensuite celui du peuple

Arnold, entends nos fers, que leur bruit te réveille!
Brise, brise le joug d’une honteuse loi!
Fuis, fuis, l’indigne esclavage où ta valeur sommeille;
Il est temps, lève-toi!

Chef

Guerrier, ton noble cœur tressaille au cri de guerre,
À la patrie aussi tu promets un vengeur!
Que le coutre oubliant de féconder la terre
Soit un glaive, soit un glaive vengeur!

Ensemble

Arnold, entends nos fers, que leur bruit te réveille!
Brise, brise le joug d’une honteuse loi!
Fuis, fuis, l’indigne esclavage où ta valeur sommeille;
Il est temps, lève-toi!

Chœur

Ah! voici le tyran… son œil cherche sa proie,
Qu’il promet au poignard de ses juges affreux.
Malheureux, la terreur nous condamne à la joie,
qu’il vive de longs jours, qu’il règne aimé des cieux.

No. 2 Duo 

(Christiern, Olmerick)

Christiern

Conrad s’arma pour nous d’une sainte fureur.
Il brava les Césars, et sa jeune vaillance
Promenant dans nos camps sa superbe espérance,
Nous voua son épée et sa crédule ardeur.

Olmerick

Conrad est altéré de périls et de gloire.
Il peut au champ d’honneur presser ses pas ardents;
Mais son bras indigné d’une lâche victoire
Servira mal ma haine et ses serments.

Christiern

Ma voix saura, si sa vertu chancelle,
Rallumer en son cœur la vengeance fidèle.

Olmerick

Garde que la pitié puisse nous le ravir!
Que les cieux évoqués consacrent la victime;
Qu’ils parlent par ta voix, qu’une clarté sublime
Montre à Conrad celui qu’il doit punir.

Christiern

Si la pitié protégeant la victime
Dans son cœur venait à gémir,
Le ciel armé d’une clarté sublime
Saura parler et l’éblouir.

Ensemble

Le ciel complice armé d’une clarté sublime
Saura à ma voix/ à ta voix parler et l’éblouir.
Que les cieux évoqués consacrent la victime;
Que son bras soit prompt à punir.
Si sa pitié m’ose trahir,
Que son sang satisfasse au courroux qui m’anime.


Acte II

No. 6  Chœur de bergers

L’ombre descend dans la vallée,
Rassemblez-vous, jeunes pasteurs,
Venez, venez sous la fraîche feuillée
Venez cueillir des plaisirs et des fleurs.

Le bruit expire;
Voyez-vous luire
Le doux sourire
Des cieux charmés?

L’écho soupire
Et le zéphire
Semble nous dire:
Dansez! Aimez!

Rassemblez-vous, jeunes pasteurs.
Cueillez, cueillez des plaisirs et des fleurs.
Le bonheur du bois solitaire
Ce soir enchante le mystère;
Il verse doux rêves d’amour.
Mais il fuit au réveil du jour.

Voici le son des musettes,
Et sous les ombres discrètes
Ce mois prépare aux fillettes
Des baisers des violettes.

Ah! puissent leurs rêves d’amour
Ne pas fuir au réveil du jour.
Rassemblez-vous, jeunes pasteurs.
Cueillez, cueillez des plaisirs et des fleurs.


No. 7  Trio pastoral, avec chœur 

(Nise, Méry, Obald, chœur)

Nise

Le ciel et les voluptés
Sourient à nos bords tranquilles;
Jamais plus douces clartés
N’ont enchanté ces frais asiles.
Toi seul, ami, mêles de pleurs
Les dons qui parent ta jeunesse.
Ton front caché sous les fleurs
Nous voile en vain ta tristesse.

Nise, Méry

Vois-tu le soleil s’enfuir
De nos montagnes,
Ainsi le plaisir
Fuira nos chaînes éphémères.
Pourquoi mêler de pleurs
Les jours/beaux jours que le temps nous laisse?
Qu’Obald paré de nos fleurs
Sourie à notre allégresse.

Nise, Méry, Obald ensemble

Nise

Craignons, craignons le réveil du jour,
Chantons, ô mes jeunes compagnes;
Pour nous la nuit, la nuit et l’amour
Parfument nos campagnes.
Pourquoi, pourquoi mêler de pleurs
Les beaux jours que le temps nous laisse?

Méry

Craignons le réveil du jour,
Ô mes jeunes compagnes;
Pour nous la nuit et l’amour
Parfument nos campagnes.
Pourqoui, pourquoi mêler de pleurs
Les beaux jours que le temps nous laisse?

Obald

Craignez le réveil du jour,
Dansez, chantez, ô mes jeunes compagnes;
Pour vous la nuit et l’amour
Parfument nos belles campagnes.
Mais hélas! mes sombres douleurs
Profaneraient votre allégresse.

Nise, Méry, Obald, chœur ensemble

Nise

Qu’Obald paré de nos fleurs
Sourie à notre allégresse. Chantons!

Méry

Qu’Obald paré de nos fleurs
Sourie à notre allégresse. Chantons!

Obald

Parez mon front de vos fleurs
Mais pour voiler ma tristesse.
Pourquoi mêler de pleurs
Les beaux jours que le temps vous laisse?
Chantez, chantez, chantez, chantez, chantez,
Chantez!

Chœur

La la la la
Qu’Obald paré de nos fleurs
Sourie à notre allégresse.
Chantez, dansez, ô mes jeunes compagnes;
Chantez,
Pour vous et la nuit et l’amour parfument, parfument nos belles campagnes;
Pourquoi, pourquoi mêler de pleurs
Les beaux jours, les beaux jours que le temps nous laisse?
Chantons!


Acte III

No.12  Hymne des Francs-Juges

Chœur

Des célestes décrets, invisibles vengeurs,
Vous dont le bras fatal est redoutable au crime.
Frappez, frappez votre victime;
À la pitié fermez vos cœurs.
De la terre et du sang étouffons les clameurs!
Nos yeux sont éclairés par un flambeau sublime;
Sans pâlir, frappons la victime!
Que l’on dévoue à nos fureurs.


No. 13  Hymne des Francs-Juges. Reprise.

Chœur

Des célestes décrets, invisibles vengeurs,
Nous dont le bras fatal est redoutable au crime.
Frappons, frappons votre victime;
À la pitié fermons nos cœurs.
De la terre et du sang étouffons les clameurs!
Nos yeux sont éclairés par un flambeau sublime;
Sans pâlir, frappons la victime!
Que l’on dévoue à nos fureurs. Frappons!


No. 14  Final

Le Sénéchal, soldats

Fier Germain, reprends ces vallons
Qu’ont souillé tes injustes maîtres.
Rends l’abondance à tes sillons
Indignés de nourrir des traîtres.

Chœur de peuple

Le bonheur aujourd’hui sourit avec l’aurore.
Douce paix, hâte-toi d’éclore!
Oui, la valeur et la beauté
Ont fléchi le ciel irrité.

Chœur général

Fier Germain, reprends ces vallons
Qu’ont souillé tes injustes maîtres.
Rends l’abondance à tes sillons
Indignés de nourrir des traîtres.

© 2003-2014 Monir Tayeb et Michel Austin. Tous droits de reproduction réservés.

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