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Colonne de Juillet

Présentation 
Colonne de Juillet et Place de la Bastille en images

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Présentation

    Le 27, 28 et 29 juillet 1830, Paris se soulève et renverse la monarchie de Charles X: Berlioz est témoin de ces événements et y participe juste après avoir achevé sa cantate Sardanapale, écrite pour le Prix de Rome de 1830 (Mémoires, chapitre 29). Plus tard la même année le gouvernement décide la construction Place de la Bastille d’une colonne commémorative de bronze en l’honneur des victimes des Trois Glorieuses. Les travaux commencent en 1833 et sont terminés en 1840. L’inauguration de la colonne est accompagnée du transfert solennel des corps des victimes, et Berlioz est chargé par le Ministre de l’Intérieur, Charles de Rémusat, d’écrire la musique pour cet évènement: c’est la Symphonie funèbre et triomphale.

    Berlioz raconte l’histoire de la commande et de la première exécution de l’ouvrage dans ses Mémoires (chapitre 50; une première version de ce chapitre paraît dans Le Monde Illustré en juillet 1859). La commande remonte au mois d’avril 1840; Berlioz n’en reçoit la confirmation officielle que le 11 juillet (CG no. 717, cf. 718), mais la musique est prête. Conscient des désavantages de la musique en plein air, Berlioz donne une première audition publique de l’ouvrage le 26 juillet, deux jours avant la cérémonie, à la Salle Vivienne (qui n’existe plus); le succès de cette exécution de concert incite Berlioz à redonner l’ouvrage deux fois dans cette même salle, le 7 et 14 août. Pour l’exécution officielle du 28 juillet Berlioz, à la tête de ses musiciens, les conduit en procession à travers les rues de Paris, du Louvre jusqu’à la Place de la Bastille. Une lettre à son père datée du 30 juillet, deux jours plus tard, décrit l’événement en détail (CG no. 721; on comparera le récit des Mémoires):

Je me reproche de ne vous avoir pas encore annoncé le nouveau succès que je viens d’obtenir. Mais le service que j’ai fait avec cette armée musicale a été si rude que j’en suis encore éreinté, et qu’hier j’avais peine à pouvoir former des lettres, tant le mouvement de mon bras et la pression de mon bâton m’avaient fatigué les muscles de la main.
Tout a marché à merveille; le grand succès a été celui de la répétition générale devant le public le plus intelligent de Paris. Il n’y a pas eu que les femmes qui ont pleuré. Après cette épreuve, décisive quant à l’ouvrage lui-même, restait celle de l’exécution en scène. Notre scène était Paris, ses quais, ses boulevards. Et les vieux malins de la musique militaire soutenaient que je ne parviendrais jamais à faire exécuter la marche funèbre en marchant, et que mes deux cent dix musiciens n’iraient pas ensemble pendant vingt mesures. L’expérience a démenti ces prévisions routinières. J’ai placé les trompettes et tambours sur le devant de manière à pouvoir leur donner le mouvement, en marchant moi-même à reculons et (comme j’avais prévu le cas en composant), ces premières mesures étant à découvert, se faisaient entendre au loin du reste de la bande. De sorte que non seulement la marche funèbre, mais l’apothéose ont été dites six fois, chemin faisant, avec un ensemble et un effet vraiment extraordinaires. Le ministre m’a envoyé un de ses chefs de division pour me complimenter de la manière la plus chaude, après la seconde audition de la marche triomphale qui avait fortement impressionné tout le peuple répandu autour et au-dessus de nous. Hier soir il m’a fait adresser par Cavé le directeur de la division des beaux-arts, une lettre remplie des plus pompeux éloges [CG no. 720, cf. 722].
Cette fois, j’ai écrit si gros, que les miopes [sic] ont pu me lire. Aussi, par extraordinaire, il n’y a pas eu un seul contradicteur. Mainzer lui-même, mon ennemi intime du National, s’est laissé aller hier à louer ma composition dans son feuilleton.
Ce qui du reste, ne prouve en aucune façon sa supériorité sur les précédentes.
Mais c’est une enseigne, une inscription colossale, et tout le monde l’a vue. Les artistes sont tous dans un enthousiasme qui prend à mon égard les allures du respect. (Je vous dis cela, mon père, avec l’espérance que vous ne montrerez pas ma lettre à d’autres que mes sœurs). Je reçois des félicitations en vers et en prose. […]

Colonne de Juillet et la Place de la Bastille en images

Toutes les photos modernes reproduites sur cette page ont été prises par Michel Austin en 2000; toutes les autres images ont été reproduites d’après des gravures, cartes postales et livres dans notre collection. © Michel Austin et Monir Tayeb. Tous droits de reproduction réservés.

Sur la colonne sont inscrits les noms de ceux qui tombèrent pendant la révolution. La statue dorée au haut de la colonne représente la Liberté personnifiée.

1. Colonne de Juillet et la Place de la Bastille autrefois

La Place de la Bastille en 1841

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Lithographie de 1880 par F. Hoffbauer d’après une image datée de 1841.

La Place de la Bastille en 1848

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La Place de la Bastille vers 1898

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La photo ci-dessus fut publiée dans John L. Stoddards Lectures, Volume V – Paris La Belle France and Spain, par John L. Stoddard (Balch Brothers, 1898), de notre collection.

La Place de la Bastille au XIXème siècle

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La lithographie ci-dessus fut publiée dans Charles Simond, Paris de 1800 à 1900 D’après les estampes et les mémoires du temps (Paris, 1900-1901), tome 2, p. 188, de notre collection.

La Place de la Bastille au début du XXème siècle

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Cette image est reproduite d’après une carte postale datant de 1912.

2. Colonne de Juillet et la Place de la Bastille de nos jours

Colonne de Juillet – Place de la Bastille

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Base de la colonne

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“À la gloire des citoyens français qui s’armèrent et combattirent pour la défense des libertés publiques dans les mémorables journées des 27, 28, 29 juillet 1830”.

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“Loi du 13 décembre 1830, art. 15: Un monument sera consacré à la mémoire des évènements de Juillet. Loi du 9 mars 1833, art. 2: Ce monument sera érigé sur la Place de la Bastille”.

© Michel Austin et Monir Tayeb pour toutes les images et informations sur cette page.

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