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Le voyage de 1845
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Présentation

    ‘Je suis presque Lyonnais’ écrit Berlioz au chef d’orchestre George Hainl alors qu’il prépare le terrain pour son premier concert à Lyon en juillet 1845: les Lyonnais sont ses ‘compatriotes’ et il s’attend à ce qu’ils s’intéressent à ses projets musicaux (CG no. 972). En 1848 il donne à ces mêmes propos un tour ironique: ‘Il faut vous dire d’abord que je suis né dans le voisinage de cette grande ville, et qu’en ma qualité de compatriote des Lyonnais, j’avais le droit de compter sur toute leur indifférence’. La Côte-Saint-André, la ville natale de Berlioz, est à environ 75 kms de Lyon, un peu plus loin que Grenoble, et géographiquement fait partie de la même région. Il ne semble pas exister de preuves directes que Berlioz ait visité Lyon dans sa jeunesse, à part un bref passage en février 1831 en route pour Marseille (CG nos. 208, 209) et un arrêt en novembre 1832 sur le chemin du retour d’Italie à Paris (CG no. 289), mais visiblement il connaît bien la ville dès avant sa visite de 1845, comme la même lettre l’atteste; il sait par exemple à quel hôtel se loger et son emplacement dans la ville. Entre La Côte et Lyon les relations ont toujours été étroites: Imbert, le premier maître de musique de Berlioz, est originaire de Lyon où il est second violon au Théâtre des Célestins, et c’est à Lyon qu’il retourne après avoir enseigné à La Côte (Mémoires, chapitre 4). Il se trouve que le deuxième maître de musique de Berlioz, Dorant, originaire lui de Colmar, habite à Vienne près de Lyon à l’époque de la visite de Berlioz en juillet 1845 et pourra prendre part à ses concerts. Le peintre Isidore Flacheron, que Berlioz a rencontré à la Villa Medici à Rome pendant son séjour italien de 1831-2, est également domicilié à Lyon à ce moment (CG no. 987; cf. Mémoires chapitres 37, 38, 41). Lyon fait donc tôt partie de l’horizon musical de Berlioz: en octobre 1833, peu après son retour d’Italie et son mariage avec Harriet Smithson, il envisage déjà la possibilité d’une visite à Lyon pour y donner un concert, projet cependant qui n’aura pas de suite (CG nos. 347, 360). Un feuilleton de 1834 montre que Berlioz est au courant de mouvements récents sur la scène musicale de Lyon (Critique Musicale I p. 271-2).

    En 1840 George Hainl (1807-1873), violoncelliste de formation (il remporte un premier prix au Conservatoire de Paris), est nommé chef d’orchestre au Grand Théâtre de Lyon, poste qu’il occupera jusqu’à 1863. Berlioz a très probablement rencontré Hainl pendant son séjour à Paris, même si leur correspondance connue ne commence qu’en 1845 et est au départ polie dans la forme. Mais il semble que Hainl songe bientôt à inviter Berlioz à Lyon: pendant qu’il est en voyage en Allemagne en février 1843 Berlioz apprend de son ami Auguste Morel à Paris que Hainl s’intéresse à une éventuelle participation de Berlioz à un festival à Lyon, mais Berlioz à ce moment est peu enthousiaste et le projet tourne court (CG no. 815). L’année suivante (1844) nouvel appel de Lyon, sans doute avec la participation de Hainl, mais Berlioz est trop occupé alors pour pouvoir y répondre (CG no. 902). On s’intéresse aussi à Berlioz à Châlons-sur-Saône: à partir d’octobre de cette année Berlioz est en rapport avec un mélomane enthousiaste, Buy-Fournier, au sujet d’un projet de festival dans cette ville. En l’occurrence, après une correspondance de plusieurs mois qui se poursuit jusqu’en 1846, le projet échoue (CG nos. 922, 939, 956, 1043), mais Buy-Fournier sera quand même en mesure de fournir un appui à Berlioz pour ses concerts à Lyon en juillet 1845 (CG no. 976).

Le voyage de 1845

    Berlioz peut donc s’attendre à être bien reçu s’il décide de se rendre à Lyon. Mais quand en juin 1845 il part pour Marseille, en compagnie de Marie Recio, il semble qu’à ce moment-là il n’envisage pas encore de donner un concert à Lyon, soit en route pour Marseille soit au retour, ce qui surprend; écrivant à ses sœurs le 6 juin de Paris, peu avant son départ, il ne fait aucune mention du voyage à Marseille déjà décidé ni d’un éventuel arrêt à Lyon au passage (CG nos. 968, 969). Il a dû passer par Lyon sur le chemin de Marseille, comme il l’avait fait en 1831 (CG no. 210), mais on ne sait s’il s’y est arrêté à ce moment pour tâter le terrain, et il semble que c’est seulement pendant son séjour à Marseille qu’il commence ses préparatifs pour un concert à Lyon pour faire suite aux deux concerts qu’il donne à Marseille en juin 1845.

    À l’encontre du voyage à Marseille, la visite à Lyon le mois suivant est bien documentée: on dispose de plusieurs lettres de Berlioz, au chef d’orchestre George Hainl, à ses deux sœurs, et à quelques autres correspondants qui participent d’une manière ou d’une autre à la préparation des deux concerts qu’il donnera finalement au Grand Théâtre de Lyon le 20 et 24 juillet. Il existe aussi à la Bibliothèque nationale de France une lettre de sa sœur Adèle à son autre sœur Nanci (ou Nancy), datant du 10 juillet et concernant l’arrivée de leur frère à Lyon pour y donner un concert; le texte de cette lettre est reproduit ailleurs sur ce site. Il y a aussi une annonce contemporaine parue dans le Journal des Débats (9 juillet 1845, p. 2; voir ci-dessous). Trois ans plus tard, en 1848, Berlioz fera le récit de sa visite à Lyon, récit comparable par le ton et le style à celui de la visite à Marseille, et qui paraîtra sous forme de lettre dans la Revue et gazette musicale le 15 octobre 1848 [CM VI p. 415-24]. La partie concernant Lyon porte la date du 8 octobre de cette année, mais la partie précédente est datée de juillet 1848, c’est-à-dire peu après le retour de Berlioz de Londres. La lettre sera reproduite par Berlioz en 1859 dans les Grotesques de la musique, avec quelques coupures et additions. Ce récit ajoute quelques détails qui ne se trouvent pas dans la correspondance du compositeur, mais par contre la correspondance donne quelques précisions qui font défaut dans les récits de 1848/1859 (les renvois ci-dessous sont à la version des Grotesques).

    C’est pendant son séjour à Marseille que Berlioz se met en rapport avec George Hainl au sujet d’un projet de concert à Lyon; la version des Grotesques le dit expressément, et c’est ce qu’on peut déduire de la première lettre connue à George Hainl, qui porte la date du 2 juillet, après le départ de Berlioz de Marseille, alors qu’il est à Avignon en route pour Lyon par voie fluviale (CG no. 972). Dans sa lettre à Hainl, conscient de ses expériences à Marseille, Berlioz insiste sur les aspects pratiques: la nécessité d’une publicité suffisante, les ressources instrumentales requises (il faudra faire venir des instrumentistes supplémentaires des villes avoisinantes), les répétitions nécessaires, et le risque d’une concurrence éventuelle avec le passage d’une actrice célèbre à Lyon: les coûts et les bénéfices escomptés de l’entreprise pèsent dans son esprit. La réponse qu’il reçoit de Hainl à son arrivée à Lyon le 4 ou le 5 juillet est visiblement satisfaisante et les préparatifs commencent. Outre la publicité locale dont la première lettre a Hainl fait état, le premier concert est annoncé à l’avance à Paris dans une notice du Journal des Débats du 9 juillet 1845 (p. 2), insérée sans doute à la demande de Berlioz qui en est probablement l’auteur. Après avoir évoqué les deux concerts que Berlioz vient de donner à Marseille, la notice poursuit:

M. Berlioz, à son passage à Lyon, a été engagé par la Société des Artistes de cette ville à diriger un grand festival qui aura lieu le dimanche 20, et auquel concourront les chanteurs et instrumentistes les plus distingués de Lyon, de Dijon, de Châlons et de Grenoble. Les répétitions sont déjà commencées.

    Peu après son arrivée à Lyon Berlioz s’est mis en rapport avec sa sœur Adèle qui depuis mai habite Vienne; c’est ce qui ressort de la lettre d’Adèle à sa sœur du 10 juillet. Les Suat reçoivent cette lettre le lundi 7 et se rendent le jour même à Lyon, où ils rencontrent Berlioz le lendemain; ils déjeunent ensemble, puis rentrent chez eux le soir (8 juillet). Pendant cette rencontre Berlioz a dû les informer d’une deuxième lettre qu’il venait d’écrire à Adèle la veille, et qu’ils recevront à leur retour à Vienne (CG no. 974). Cette lettre et une semblable à Nanci à Grenoble écrite le même jour (CG no. 975) fait part de son intention de rendre visite à son père à La Côte le surlendemain. Le 9 juillet, seul et sans Marie Recio, il se rend en diligence de Lyon à La Frette, village près de La Côte, et fait à pied le reste du trajet à La Côte (environ 9 kms); après un jour passé avec son père il revient à Lyon pendant la nuit. Ni l’une ni l’autre de ses sœurs ne pourra assister à cette réunion à La Côte; Adèle n’a pas le temps, et Nanci, qui est alors à Voreppe et non à Grenoble, n’a sans doute pas reçu la lettre de son frère à temps. Mais elles viendront, accompagnées de Mathilde la fille de Nanci, assister au concert du 20 juillet et Berlioz leur réserve deux chambres à un hôtel à Lyon (CG no. 977). Par contre le père de Berlioz ne veut pas se déplacer, pas plus que son oncle Marmion.

   La lettre à Nanci donne de nombreux détails sur les préparatifs pour le concert et l’important programme, assez semblable à ceux de Marseille, qui comprend de la musique de Berlioz et celle d’autres compositeurs: l’ouverture du Carnaval romain, les 2ème, 3ème et 4ème mouvements de la Symphonie fantastique, le 2ème mouvement d’Harold en Italie, le dernier mouvement de la Symphonie funèbre et triomphale, l’Hymne à la France, Le Cinq mai, l’Invitation à la valse dans l’instrumentation de Berlioz, et des extraits d’opéras de Gluck, Grétry et Weber. Une lettre du 14 juillet à Buy-Fournier, son correspondant à Châlons-sur-Saône, qui fournira quelques musiciens supplémentaires pour le concert, donne quelques compléments d’information (CG no. 976). George Hainl est d’un secours sans faille, et Berlioz tiendra à lui rendre un vibrant hommage dans le récit du voyage qu’il publie en 1848:

Quant à Georges Hainl, le chef de cet orchestre, voici son portrait en quelques mots : à une supériorité d’exécution incontestable sur le violoncelle, supériorité reconnue qui lui a valu un beau nom parmi les virtuoses, il joint toutes les qualités du chef d’orchestre conducteur-instructeur-organisateur ; c’est-à-dire qu’il dirige d’une façon claire, précise, chaleureuse, expressive ; qu’il sait, en montant les nouveaux ouvrages, faire la critique des défauts de l’exécution et y porter remède autant que les forces musicales dont il dispose le lui permettent, et enfin qu’il sait mettre en ordre et en action productive tous les moyens qui sont à sa portée, administrer son domaine musical et vaincre promptement les difficultés matérielles dont chacun des mouvements de la musique, en province surtout, est ordinairement entravé. D’où il résulte implicitement qu’il joint à beaucoup d’ardeur un esprit pénétrant et une persévérance infatigable. Il a plus fait en quelques années pour les progrès de la musique à Lyon, que ne firent en un demi-siècle ses prédécesseurs.

    Berlioz raconte ensuite comment Hainl, non content de diriger le chœur, prend place aussi dans l’orchestre où il joue des parties de violoncelle, de percussion, de timbales et même de harpe, bien qu’il ne soit pas harpiste lui-même.

    Berlioz avait d’abord prévu de ne donner qu’un seul concert à Lyon; le succès est suffisant pour l’inciter à le redonner le 24 juillet, mais à ce deuxième concert l’auditoire, et par conséquent la recette, seront beaucoup moindres (la même chose s’est passée à Marseille le mois d’avant). Berlioz l’admet dans une lettre à Nanci (CG no. 981), dans laquelle il fait allusion aussi à des questions personnelles délicates qu’il n’avait pu dérober à ses sœurs: le délabrement de son mariage avec Harriet Smithson, et la présence de Marie Recio à ses côtés à Lyon. Mais il ne leur présente pas Marie Recio au cours de leur séjour à Lyon, d’où des spéculations embarrassantes de la part de Nanci sur son identité, et des commentaires sur ses circonstances matrimoniales qui lui semblent importuns.

    Après avoir été fêté à Lyon, Berlioz se propose de repartir au soir du 26 juillet, comme il ressort de la lettre à Nanci (voir aussi CG no. 979). On connaît plusieurs lettres de Berlioz adressées à ceux, chanteurs ou instrumentistes, qui ont aidé à la réalisation des deux concerts (CG nos. 979, 980, 982, 983); trois de ces lettres seront reproduites dans la presse local peu après. Les deux dernières montrent que Berlioz est toujours à Lyon le 27 juillet. Il a dû repartir ce jour-là ou le lendemain, sans doute par bateau pour remonter la Saône jusqu’à Châlons et de là continuer vers Paris, où il est de retour le 1er août (CG no. 985); à son arrivée il s’empresse d’écrire une lettre de remerciement à Hainl (CG no. 987).

    Au cours de leur visite en 1845 Berlioz et Marie Recio logent à l’Hôtel du Parc près de la Place des Terreaux. 

Suite

    À peine de retour à Paris Berlioz se prépare déjà à repartir pour Bonn pour assister aux fêtes en l’honneur de Beethoven qui vont y avoir lieu (CG no. 987). Il y retrouve George Hainl qui n’assiste cependant qu’à une partie des célébrations; Hainl est mentionné dans le rapport sur les fêtes publié par Berlioz peu après dans le Journal des Débats (22 août et 3 septembre) et reproduit en 1852 dans les Soirées de l’orchestre (le récit de la visite à Lyon, par contre, ne sera écrit et publié qu’en 1848). À son retour de Bonn Berlioz est de nouveau en rapport avec Hainl, et exprime son désir de contribuer à l’avenir au festival qui a lieu tous les ans à Lyon (CG no. 996). Au cours des années à venir Berlioz aura l’occasion de passer plusieurs fois par Lyon, soit pour rendre visite à sa sœur Adèle à Vienne soit pour aller à Grenoble: Lyon est le point de transit obligé dans ces deux directions. Mais ce sont des raison personnelles et non musicales qui donnent lieu à ces voyages, et de fait Berlioz ne prendra plus part à aucun concert à Lyon après 1845.

    La bonne volonté de Hainl n’est pas en question et il aurait certainement accueilli volontiers Berlioz et sa musique. Berlioz de son côté pense en général du bien de Hainl comme musicien et chef d’orchestre; il lui suggère par exemple en 1846 to se mettre sur les rangs pour le poste de chef d’orchestre à l’Opéra à la place d’un Habeneck vieillissant, poste dont Berlioz s’exclue à ce moment (CG no. 1049; rien ne se passera). Mais la visite à Lyon en 1845, comme celle à Marseille, renforce Berlioz dans sa vieille conviction que, musicalement parlant, les villes de province en France ne sont pas vraiment à la hauteur. Parlant en 1843 de ses expériences en Italie comme lauréat du prix de Rome, Berlioz affirme que ‘Lyon, Châlons, Auxerre, offrent les mêmes ressources sous ce rapport que la capitale du monde chrétien’, remarque aussi peu flatteuse pour ces villes françaises que pour Rome. L’attitude de Berlioz envers Hainl semble aussi tant soit peu équivoque. Quand Hainl s’adresse à Berlioz de nouveau en 1850 au sujet du festival annuel de Lyon la réponse de Berlioz est très reservée (CG no. 1366). L’année suivante, en réponse à une question de l’éditeur Catelin concernant une exécution éventuelle de la Symphonie funèbre au festival de Lyon, Berlioz s’exprime en termes assez décourageants (CG no. 1373); l’ouvrage ne sera pas exécuté. Quelques années plus tard, au début de mars 1855, visiblement encouragé par le succès à Paris de l’Enfance du Christ en décembre dernier, Hainl prend l’initiative d’exécuter à Lyon la petite ouverture de La Fuite en Égypte mais sans consulter Berlioz. Berlioz est furieux et le cache pas à ses proches (CG nos. 1910, 1913); s’il s’exprime en termes plus mesurés avec Hainl un mois plus tard son mécontentement n’en est pas moins évident (CG no. 1938). Deux ans plus tard nouvelle escarmouche: Hainl lui demande d’arranger une marche de l’Olympie de Spontini pour le festival de Lyon, mais Berlioz s’y oppose catégoriquement (CG no. 2199ter [tome VIII]); il maintient son opposition une semaine plus tard et fait tout pour dissuader Hainl d’exécuter sa version pour orchestre de l’Invitation à la valse de Weber (CG no. 2201). Il écrit sans tarder à la veuve de Spontini pour lui raconter l’histoire en termes assez vifs, même si sa lettre montre que Hainl a changé d’avis et promis d’éxécuter la marche telle quelle: ‘Celui-là au moins sait conduire un orchestre’ (CG no. 2202).

    On remarquera que Berlioz ne semble jamais s’être intéressé à la musique de Hainl (on y opposera le constant soutien qu’il apporte aux œuvres d’Auguste Morel), mais il reste toujours courtois avec lui et ne le soupçonne jamais de malveillance. En 1857 il loue son talent de violoncelliste (Journal des Débats, 7 mai 1857). En 1863 le poste de chef d’orchestre à l’Opéra devient vacant, et Berlioz en privé dit s’y intéresser (CG no. 2688), mais le poste échoue finalement à Hainl. Berlioz ne lui en tient pas rancune et dans l’avant-dernier feuilleton qu’il signe il fait l’éloge de la direction de Hainl à l’Opéra, avec seulement quelques réserves (Journal des Débats, 3 septembre 1863). En décembre 1863 Berlioz pose maintenant ouvertement sa candidature au poste de chef d’orchestre au Conservatoire (CG no. 2812), mais de nouveau c’est Hainl qui est élu. Dans la Postface de ses Mémoires, écrite en 1864, Berlioz salue cette nomination: ‘La Société du Conservatoire, dirigée maintenant par un de mes amis, M. George Hainl, ne m’est plus hostile. Elle se propose d’exécuter de temps en temps des fragments de mes partitions’. La correspondance de Berlioz pour 1864 donne quelques échos de ces tentatives, qui pour finir n’auront pas le résultat souhaité. Berlioz se voit obligé d’ajourner une exécution prévue de fragments de Roméo et Juliette: le temps prévu pour les répétitions ne lui semble pas suffisant (CG no. 2843). Il espère faire exécuter le septuor et le duo des Troyens (acte 4) à un concert en décembre 1864, mais le projet tourne court (CG nos. 2932, 2933, 2937). Les dernières mentions de Hainl dans la correspondance ne sont pas l’avantage de ce dernier: de façon générale Berlioz pense et dit que Hainl est un chef d’orchestre compétent, mais quand on en vient aux répétitions pour l’Alceste de Gluck à l’Opéra à l’automne de 1866 il estime que Hainl n’est tout simplement pas à la hauteur (CG nos. 3162, 3166).

 

    On ne saurait traiter des rapports de Berlioz avec Lyon sans mentionner un épisode auquel Berlioz donne une importance toute spéciale dans le dernier chapitre de ses Mémoires. Il raconte comment en septembre 1864 il se rend à Vienne (en passant par Lyon) pour aller voir la famille de sa sœur qui n’est plus, et fait ensuite un autre pèlerinage à Grenoble et puis à Meylan, après quoi il va à Lyon pour y voir Estelle Fornier, son idole d’enfance, dont son beau-frère lui a trouvé l’adresse à Lyon (56 avenue de Noaille). Il lui écrit une lettre, dont le texte est cité dans les Mémoires et qui porte la date du 23 septembre 1864 (CG no. 2897), et raconte longuement les évènements de cette journée: sa rencontre avec Mme Fornier, la première depuis leur brève entrevue en 1832 (Mémoires chapitre 3), et son dîner ce soir-là avec la jeune cantatrice Adelina Patti, la veille du jour où elle doit se produire dans le Barbier de Séville de Rossini. Adelina Patti l’accompagne ensuite à la gare de chemin de fer pour le voyage de nuit à Paris (la liaison ferroviaire avec Paris est en place depuis 1856). À son arrivée à Paris le lendemain Berlioz écrit tout de suite à la princesse Sayn-Wittgenstein pour lui faire part de son voyage en Dauphiné, mais sans pour l’instant expliquer les circonstances (CG no. 2898). Sans aucun doute cette visite à Lyon le 23 septembre 1864 aura toujours pour Berlioz infiniment plus de sens que la visite de juin 1845.

Choix de lettres

    On trouvera ci-dessous une liste chronologique année par année de toutes les lettres connues de Berlioz à George Hainl. 

1833

À sa sœur Adèle (CG no. 347; 6 octobre, de Vincennes):

[…] Je vais monter un petit concert qui ne coûtera rien et dont le produit sera par conséquent tout bénéfice; dans un mois ou deux, j’irai peut-être à Lyon en donner un énorme, Henriette m’y accompagnera et cet hiver nous irons l’un et l’autre en Prusse où ma pension m’oblige d’aller et où on vient de proposer à ma femme un engagement assez avantageux pour y jouer la tragédie anglaise. […]

À sa sœur Adèle (CG no. 360; 3 novembre, de Paris):

[…] Nous irons peut-être à Lyon dans quelque temps, avant notre départ pour l’Allemagne; si la chose offre quelque avantage j’irais y donner des concerts. […]

1843

À Auguste Morel (CG no. 815; 18 février, de Dresde):

[…] Ecrivez à George Hainl que si le festival a lieu au mois de mai j’y serai, s’il me fait des propositions acceptables, car je vous avoue que je n’ai pas envie d’aller dépenser mon argent pour aller à Lyon. Je voudrais faire entendre autre chose que la Symphonie funèbre et diriger ma musique, et savoir comment l’orchestre sera composé. […]

1844

À sa sœur Nanci (CG no. 902; 19 mai, de Paris):

[…] On m’écrit aussi de Lyon; et avec tout cela il faut finir mon livre sur l’Italie, corriger les épreuves de mes symphonies, et organiser une entreprise immense etc. […]

1845

À George Hainl (CG no. 972; 2 juillet, d’Avignon):

Je suis obligé de remonter le Rhône et ne puis, en conséquence, arriver à Lyon que vendredi [4 juillet]; ma lettre me devancera donc.
Je ne voudrais donner un concert à Lyon que dans le cas où nous pourrions faire quelque chose d’important; il faudrait en élevant le prix des places, en envoyant des affiches dans les villes voisines, telles que Chalon, Mâcon, Vienne, Bourgoin, Nantua, Belley, etc, en en faisant placer sur tous les bateaux à vapeur du Rhône et de la Saône, arriver à une recette de neuf à dix mille francs; si c’est une chimère, n’y pensons plus; ce n’est pas la peine d’aller mettre en rumeur tout votre monde musical lyonnais pour obtenir un résultat ordinaire. D’ailleurs je suis si las des répétitions, ce métier de sergeant instructeur m’a tellement abîmé à Marseille que vraiment il me faudra faire un grand effort pour m’y remettre.
J’aurai besoin pour le programme que je voudrais monter de: […] (Berlioz donne un inventaire des effectifs requis — un orchestre de 64 instruments à cordes, 10 instruments à vent, 12 instruments de cuivre, 6 joueurs de percussion, total 92, plus un second orchestre de 13 instruments à vent, 7 instruments de cuivre et 4 joueurs de percussion, avec en plus un chœur d’une centaine plus deux chanteurs solos) […]
[…] Il faudrait pour chaque artiste du grand orchestre une répétition partielle et 2 répétitions générales, pour l’Harmonie militaire une suffirait, au plus il en faudrait deux. Les chœurs auraient à travailler selon qu’ils seraient composés de lecteurs plus ou moins habiles.
Je ne puis songer à venir à Lyon au mois d’août; il faut donc aller avant ou pendant Rachel [actrice célèbre], et annoncer que cette Fête musicale sera la seule que je donnerai.
J’accepte volontiers les conditions du partage de la recette après prélèvement de cinq cents francs pour les frais, mais il faut alors que dans ces frais soient compris non seulement ceux du théâtre éclairé et paré, de l’orchestre et des chœurs du théâtre, mais aussi ceux de l’Estrade à 4 gradins élevés sur la scène avec un plancher couvrant l’orchestre ordinaire des musiciens et les frais d’affiches (doubles) qui devront être renouvelées 4 fois et tirées à 60 exemplaires au moins par affichage, 50 autres exemplaires étant réservés et envoyés de part et d’autre comme je l’ai dit plus haut. On ne m’a compté que trois cents francs de frais à Marseille et nous avons à Lyon bien plus de chances pour une grande recette.
Voyez mon cher Monsieur Hainl si cela se peut et en même temps si les pauvres consentiront à ne prélever que le dixième comme ils ont fait à Marseille et comme ils font toujours pour mes concerts de Paris.
La curiosité sera sans doute assez vive chez mes compatriotes (car je suis presque Lyonnais) pour qu’une certaine affluence puisse raisonnablement être mise en compte. Il faut en profiter le mieux possible et donner le concert promptement, car j’ai peu de temps disponible.
J’irai loger à l’Hôtel du Parc à côté de la place des Terreaux où j’espère trouver un mot de vous en arrivant. […]
P. S. Les frais pour l’orchestre d’Harmonie supplémentaire seraient partagés entre la direction du théâtre et moi. Mais il faut tâcher d’avoir gratis un supplément de choristes et d’instruments à cordes, et convoquer les amateurs forts.

À sa sœur Adèle (CG no. 974; sans doute le 7 juillet, de Lyon):

Je vais dîner à la Côte mercredi prochain (après-demain) à midi [le 9 juillet]; je serai forcé d’en repartir à 10 h. du soir, viens donc que nous passions ensemble une journée avec notre père. […]
P.S. Le Festival de Lyon aura lieu le 20, et je n’ai pas un jour sans répétitions.

À sa sœur Nanci (CG no. 975; 7 juillet, de Lyon):

Je profite d’un jour où je n’ai pas de répétitions qui réclament absolument ma présence pour aller embrasser notre père. Viens donc à la Côte ce jour-là. J’ai prévenu Adèle. Le Courrier me déposera à la Frète après-demain mercredi à 11 h. du matin et me reprendra à 1h. après minuit.
Le Festival aura lieu ici le 20 et j’en suis déjà exténué grâce à la douce température sénégalesque dont nous jouissons. […]
Si Camille pouvait m’envoyer un véhicule quelconque pour me porter de la Frète à la Côte ce serait bien aimable à lui, sans quoi je m’acheminerai à pied malgré le soleil.

À Buy-Fournier (CG no. 976; 14 juillet, de Lyon):

Mille et mille remerciements pour votre aimable empressement à nous venir en aide. Malheureusement le théâtre est trop circonscrit par une décoration déjà trop étroite pour contenir notre nombre d’exécutants et nous ne pourrions placer les artistes supplémentaires que vous voulez bien nous proposer. Nous avons compté pour Chalon sur 4 violons (je leur ai réservé deux pupitres de premiers violons), un alto et un violoncelle. L’orchestre est maintenant bien exercé, et ira tout seul à la prochaine répétition; il est donc important que les instrumentistes que vous avez la bonté de nous envoyer puissent se trouver au théâtre à 11 heures du matin samedi prochain pour prendre connaissance de la musique avant la répétition générale que aura lieu le soir. Georges Hainl ou moi nous les ferons répéter de façon à ce qu’il n’y ait pas d’accroc.
Je ne connais pas le correspondant de Dijon à qui Georges s’est adressé et n’ai point de nouvelles de la députation de cette ville; pour ne pas retarder ma réponse je n’attends pas d’avoir à ce sujet les renseignements que vous me demandez. Au reste il sera trop tard maintenant pour les Dijonnais, et s’ils viennent plus de 4 nous ne pourrons pas les employer. […]

À sa sœur Nanci (CG no. 977; 16 juillet, de Lyon):

Je n’ai jamais supposé que tu ne ferais pas le voyage de Lyon; mais je t’avais écrit pour que nous fussions tous les trois réunis auprès de notre père le jour où je pouvais aller à la Côte. Au reste Adèle que j’ai vue et que tu auras vue à l’arrivée de ma lettre t’aura mise au courant.
Tout est plein à l’hôtel du Parc, j’ai donc retenu pour Adèle et pour toi deux chambres à deux lits à l’hôtel du Nord à côté du théatre pour samedi soir.
Je ne cesse de répéter pour les uns ou pour les autres, tantôt au Cercle tantôt au théâtre, puis à la caserne d’un régiment de ligne. Cela marchera, pourvu que les étrangers de Dijon ou de Châlons ne nous fassent pas des bêtises. Tout le monde y met beaucoup de zèle et chaleur; je m’attends pourtant à quelques accidents que le public n’apercevra pas. Adèle avait envie de venir à la dernière répétition, mais je tiens à ce que vous ne me voyez pas tripoter ma cuisine musicale, et je vous prie en conséquence de ne m’entendre que quand tout sera prêt.
Le programme est je crois bien choisi pour la circonstance pour l’auditoire et les artistes que j’aurai. Jusqu’à présent ce qui a le plus frappé mon monde c’est la Scène aux champs de la Symphonie Fantastique, l’ouverture du Carnaval et le Cinq mai. Malheureusement je n’ai plus Alizard pour chanter ce dernier morceau, le chanteur d’ici a des inégalités dans la voix et n’est pas musicien; chacune de ses entrées me fait peur. Je vais le faire encore travailler tout à l’heure pour me rassurer. Samedi prochain je serai toute la journée pris par les machinistes qui doivent disposer le théâtre et par les musiciens mais je trouverai entre deux corvées le temps d’aller t’embrasser si tu arrives de bonne heure. En tout cas envoie-moi chercher au théâtre dès que vous serez installés. La loge était déjà retenue pour vous depuis longtemps, ainsi ce reproche n’était pas mieux fondé que l’autre. Camille n’a donc pas pu se libérer. Mon père n’a pas eu un instant l’idée de faire le voyage. Quant à mon oncle je doute qu’il vienne: mais puisque je vous ai je me tiens trop content.
Rachel a commencé hier ses représentations devant une demi-salle; elle doit être d’une humeur atroce. Le lyonnais est diablement rétif à l’endroit des prix augmentés; pourtant nous aurons grand monde je l’espère. […]

À George Hainl (CG no. 980; 26 juillet, de Lyon):

Mon cher George
J’ai été bien heureux et bien fier de la bienveillance que j’ai trouvée chez tous les artistes du grand théâtre, à l’occasion des concerts que je viens de donner à Lyon. L’orchestre, les chœurs, mesdames et messieurs les artistes du chant, tous ont rivalisé de zèle et d’attention pour mener à bien notre entreprise musicale et donner à mes ouvrages tout le relief possible. Veuillez, je vous prie, leur transmettre mes compliments sincères et l’expression de ma vive reconnaissance. […]

À sa sœur Nanci (CG no. 981; 26 juillet, de Lyon):

[…] Le second concert avait attiré beaucoup moins de monde que le premier ainsi que nous l’avons prévu en apprenant que Rachel jouait la veille Adromaque et Virginie le lendemain. Heureusement la chaleur du public beaucoup plus expansive que le premier jour a payé en applaudissements le déficit de la recette…
Je pars ce soir pour Paris. Ta lettre est écrite avec autant de cœur que de réserve et de bons sens; il serait trop long et inutile d’y répondre; c’est toute une histoire dont je ne puis changer les événements… L’impossibilité de mon intérieur et la monomanie ou maladie de Henriette a amené tout cela; rien ne saurait braver un malheur semblable, pas même la vive affection que je conserve toujours pour elle. Quant à la personne dont tu me parles, elle ne porte pas le nom que j’ai cité devant toi. Cette Dame est liée avec Méry et non pas avec moi.
Adieu, ne me parle plus de tout cela, c’est inutile, je désire avant tout que mon père n’en éprouve pas de chagrin et j’espère qu’on ne sera pas assez stupide dans notre sot pays pour aller lui en parler. […]

À George Hainl (CG no. 987; 2 août, de Paris):

Vous devez recevoir ces jours-ci deux exemplaires de mon Voyage musical en Allemagne et en Italie, l’un est pour vous et l’autre pour Isidore Flacheron, à qui je vous serais obligé de le faire parvenir. J’espérais hier recevoir de vos nouvelles au sujet de la petite broche-camée que Marie a oubliée à l’hôtel et que je vous avais prié de réclamer, mais sans doute on ne l’aura pas retrouvée. J’ai lu l’article de la Clochette dont je crois bien devoir vous remercier. L’affaire de Lyon produit ici un excellent effet. Je me dispose à partir incessamment pour Bonn où tout le monde va. […]
Adieu. Mille amitiés à M. Maniquet, qui est bien le plus excellent homme qu’on puisse trouver, malgré sa froideur apparente.
Marie et moi, nous saluons Mme George et nous embrassons vos deux charmantes petites filles.
Quant à vous… je n’ai rien à dire. Je vous ai apprécié de toutes manières, et ce que je pense et ce que je sens est facile à deviner. […]

À George Hainl (CG no. 996; 26 septembre, de Paris):

Votre brusque départ [de Bonn] nous avait surpris et même inquiétés, à tel point que je me demandais si vous pouviez avoir quelque motif de fâcherie… Enfin puisqu’il n’en est rien tout est bien. Je me suis mis en quête au Conservatoire pour votre harpe, mais on ne peut rien offrir à l’artiste qui consentira à aller à Lyon puisque vous ne me dites pas à quelles conditions il sera engagé. Réparez donc cette omission le plus tôt possible.
Je vais partir pour Vienne vers le 10 du mois prochain, ainsi ne perdez pas de temps. J’ai deux ouvrages en train en ce moment-ci qu’il nous faudra exécuter quelque jour à Lyon. En attendant nous en avons assez d’autres, et vous savez que je ne désire rien tant que de contribuer autant que je le pourrai à l’éclat de votre concert annuel. Seulement, à cause des difficultés de l’exécution, je crois qu’il ne faut pas tenir absolument aux grands fragments de Benvenuto dont vous m’aviez parlé. Ici du moins ce serait assez difficile à bien monter dans un concert.
Marie vous dit mille choses et fait ses amitiés à Mme George et aux deux charmantes sœurs. […]

    Voir aussi CG no. 982 (à George Hainl)

1846

À George Hainl (CG no. 1049; 21 ou 23 juillet, de Paris):

Habeneck tient bon et ne démord pas de son pupitre. Je suis brouillé à fond avec l’administration Pillet et Stoltz, je ne fais aucune démarche. On ne veut pas (en tout cas) un chef d’orchestre, mais une espèce de premier domestique exécutant les volontés de la Directrice et trouvant admirable tout ce qu’elle fera ou fera faire. Voyez si la chance vous tente et surtout ne vous gênez pas à cause de moi. […]
Rappelez-moi au souvenir de Mme George et [des] deux jolies demoiselles.

1850

À George Hainl (CG no. 1366; 14 décembre, de Paris):

[…] L’histoire des chœurs à vous conseiller est fort simple, elle est la même partout en France, vous voudriez des chœurs comme on n’en voit guère et même comme on n’en voit pas, des chœurs qui puissent être bien chantés en produisant un grand effet, par un petit nombre de choristes, non musiciens, non chanteurs, et sans BEAUCOUP de répétitions.
Je ne vous répondrais donc pas: prenez mon ours, mais ne prenez pas mon ours. Chantez un chœur de Verdi, à l’unisson, sur deux ou trois notes. Ceux qui aiment ces notes là seront très satisfaits. Et si quelque amateur difficile vous en fait des reproches, répondez-lui: Il le fallait!!!
Si vous avez cent choristes exercés, armés de bonnes voix; en ce cas prenez le premier chœur de l’Athalie de Mendelssohn (Tout l’univers est plein de sa magnificence!) et faites-le précéder de l’ouverture du même ouvrage. Mais il vous faudra au moins 4 Harpes que vous n’avez pas et qu’on remplacerait je crois difficilement par des guitares ou des MANDOLINES. C’est dommage, car cette ouverture est magnifique! […]
Adieu rappelez-moi au souvenir de Mme Hainl et ne m’oubliez pas auprès des amis de l’orchestre du grand théâtre. […]

1851

À Adolphe Catelin (CG no. 1373; 10 janvier, de Paris):

Pour exécuter au grand théâtre de Lyon le final de ma Symphonie funèbre et triomphale il faut: […] (suit la liste des instrumentistes et chanteurs nécessaires) […]
Je prie instamment Georges Hainl de ne pas faire exécuter la marche funèbre ni l’oraison funèbre, mais de commencer à l’Apothéose en supprimant seulement l’accord de sol majeur qui se trouve au commencement de ce morceau et qui se trouve être le dernier accord du morceau précédent.
Envoyez lui cette lettre.
S’il ne fait pas répéter les Tambours 1ers et 2èmes séparément ils ne feront pas une note de leur partie. Ils devront être placés assez près du chef et très loin de la Grosse Caisse et des Cymbales. Les parties de chœurs sont très difficiles. […]

1853

    Voir CG no. 1586bis [tome VIII] (à George Hainl)

1855

À son beau-frère Marc Suat (CG no. 1910; 5 mars, de Paris):

[…] Quelle idée d’aller à Lyon entendre ereinter ce petit fragment de mon ouvrage!… […]

À sa sœur Adèle (CG no. 1913; 10 mars, de Paris):

[…] On m’a abîmé à Lyon le fragment de La Fuite en Egypte; ton mari ne me dit pas, mais un inconnu m’écrit une très jolie lettre où il se plaint de mon absence et de l’indiscrétion de Hainl de faire entendre à Lyon un pareil morceau; avec force railleries sur le public Lyonnais et l’exécution.
D’un autre côté je rencontre l’autre jour dans la rue un jeune homme (inconnu également) qui m’arrête pour me dire que cela n’avait pas mal marché et que le public l’avait bien accueilli. De sorte que je ne crois rien du tout; et cela d’ailleurs ne vaut pas la peine d’y penser. […]

À George Hainl (CG no. 1938; 14 avril, de Paris):

Voulez-vous être assez bon pour faire insérer où vous pourrez (dans les journaux de Lyon) la réclame ci-joint? [pour l’exécution du Te Deum à St Eustache] Vous m’obligerez beaucoup. C’est une grosse affaire et il faut la tambouriner aux oreilles des Exposants; ou je sera fort exposé. Cela coûte sept mille francs. Je n’ai de gratuit parmi les exécutants que les cinq cents enfants qui chantent le Choral. Faites ce que vous pourrez.
Eh bien, vous avec donc canulé les canuts avec ma Fuite en Egypte!… un inconnu m’a écrit de Lyon une très aimable lettre dans laquelle il m’apprend que le public a eu l’air de se demander ce que diable cela voulait dire… […]

1857

À George Hainl (CG no. 2199ter [tome VIII]; 9 janvier, de Paris):

Je suis très contrarié de ne pouvoir faire ce que vous me demandez, mais rien ne le permet. Je travaille sans relâche à une partition qui me prend tout mon temps; en outre, il est tout à fait contre mes idées de mettre la main à de semblables dérangements. La marche d’Olympie n’a pas de besoin de grossières musiques militaires, elle est assez richement instrumentée. Je vous plains de tout mon cœur d’être obligé de subir de telles exigences de la part de votre public. D’ailleurs vous n’aurez pas de harpes pour l’hymne qui est au milieu de la marche et sans harpes cela sera tout décoloré. […]

À George Hainl (CG no. 2201; 16 janvier, de Paris):

J’ai reçu le paquet et demain on le reportera aux messageries. Vous aurez de la peine à trouver le nombre de trompettes nécessaires à l’exécution de la marche d’Olympie, vous ne trouverez pour les mal remplacer que des cornets poussifs incapables de donner le sol haut et pour lesquels il faudra transposer les parties en fa pour des cornets en la. Ce sera pitoyable et toutes les notes hautes seront ratées ou transposées à l’octave basse et cela n’aura pas le sens commun. A moins qu’il se soit fait une révolution en province depuis que j’y suis allé, vous savez que nous avions eu une peine extrême à trouver deux pauvres trompettes.
Ma musique de l’Invitation à la valse de Weber est reliée avec cinq ouvertures qui sont en ce moment à Weimar. Sans quoi je vous l’eusse envoyée bien volontiers. Au reste c’est une si petite dépense pour acheter cela chez Brandus que cela ne vaut pas les frais de port et de rapport que cela aurait coûté. Mais une seule harpe ce sera misérable! Nous avons toujours joué cela à Londres et ici avec 16 harpes au moins. Ce sera mesquin. Il vaudrait mieux ne pas jouer ce morceau et vous en trouverez vingt qui produiront plus d’effet sur vos bourgeois. […]

À Madame Spontini (CG no. 2202; 17 janvier, de Paris):

[…] Mais voici une autre chose qui a failli se passer à Lyon. George Hainl, chef d’orchestre du Grand théâtre, donne tous les ans un grandissime concert. Cette solennité (car c’en est une) va avoir lieu dans quelques semaines. Or croiriez-vous qu’il vient de me proposer d’introduire un charivari de musique d’infanterie, doublé en cuivre par une autre musique de cavalerie, dans la marche triomphale d’Olympie?… Je lui ai répondu comme je devais le faire, en lui faisant sentir l’irrévérence et l’imbécillité d’un tel projet. Le bonheur a voulu qu’il a compris ma lettre, et je viens d’en recevoir une autre de lui, où il fait amende honorable en m’assurant que la marche sera exécutée telle que l’auteur l’écrivit. Seulement on ne pourra avoir qu’une harpe. Je lui ai donné encore quelques avis relativement aux trompettes qu’ils ont maintenant en province l’habitude de remplacer par des cornets à pistons. Enfin je crois qu’il fera de son mieux.
Et celui-là au moins sait conduire un orchestre. […]
P.S. Si je reçois plus tard des nouvelles de Lyon, je m’empresserai de vous les transmettre. […]

1864

À Toussaint Bennet (CG no. 2843; 15 mars, de Paris):

[…] Je suis allé prier George Hainl de remettre l’exécution des fragments de Roméo et Juliette à l’année prochaine; je voyais qu’on n’aurait pas le temps de répéter cela avec assez de soin en ce moment et je ne tiens pas à être exécuté à demi. […]

À la princesse Carolyne Sayn-Wittgenstein (CG no. 2898; 24 septembre, de Paris):

J’ai passé la nuit en chemin de fer, j’arrive d’un voyage en Dauphiné, je trouve un paquet de lettres, je lis la vôtre, et je retrouve plus grands le cœur, l’âme, l’esprit que je connaissais. […] Mon cœur est sinon déchiré, au moins meurtri, écrasé des coups dont le souvenir l’a frappé pendant ce voyage. Je vous raconterai ailleurs et tout au long, les tristes péripéties de ce pèlerinage. Aujourd’hui en parler est une ineffable douleur; pardonnez-moi, laissez-moi compter sur vous. L’action de cette nature sublime des Alpes et des monts qui les précèdent, le silence de cet immense verger, où serpente l’Isère, la solitude de ces chemins rocailleux, m’ont fait boire des flots d’une douleur dont rien ne peut donner l’idée à qui ne connaît pas ma vie entière. Un triste et solennel épisode de mon passage à Lyon… pardonnez-moi, chère princesse, je suis stupide, mais je vous en prie, restez toujours indulgente et bonne et clairvoyante comme vous l’êtes. […]

    Voir aussi CG nos. 2847, 2932, 2933 (toutes à George Hainl)

1866

À Asger Hamerik (CG no. 3162; 20 septembre, à Paris):

[…] J’ai parlé au chef d’orchestre [George Hainl] pour vous admettre à la première répétition d’orchestre d’Alceste, mardi prochain. Il ne veut pas; parce que probablement il ne veut pas qu’on le voie tâtonner dans un ouvrage qu’il ne connaît pas encore. Mais vous viendrez à la répétition générale. […]

À sa nièce Joséphine Suat (CG no. 3166; 5 octobre, de Paris):

[…] Sans rire, ma pauvre Joséphine, je suis plein de chagrin. Figure-toi que la représentation d’Alceste est une troisième fois reculée, quoique tout le monde chantant et dansant sache parfaitement son rôle, parce que le chef d’orchestre [George Hainl] ne sait pas le sien… Il démolit tout aux répétitions générales. Il ne sait rien, ne sent rien, et ne comprend rien. Un si bel orchestre!… Le directeur m’a proposé de conduire; je n’ai pas voulu faire ce scandaleux affront au pauvre Georges; mais c’est dur, je l’avoue, de voir un tel chef-d’œuvre en pareilles mains. […]

1867

    Voir CG nos. 3247, 3280 (toutes deux à George Hainl)

Lyon et Châlons-sur-Saône en images

    Sauf indication contraire, toutes les photos sur cette page ont été prises par Michel Austin en septembre 2011; les autres images ont été reproduites d’après des gravures, cartes postales et autres publications de notre collection. © Monir Tayeb et Michel Austin. Tous droits de reproduction réservés.

    Nous remercions vivement M. Thierry Nugier de nous avoir fourni des précisions utiles concernant l’histoire et la structure du pont de l’Archevêque et du pont Tilsitt sur la Saône.

1. Lyon autrefois

1.1 Vues générales

Lyon au 18ème siècle
Lyon 1750

(Image plus grande)

La gravure ci-dessus du 19ème siècle montre le pont de l’Archevêque, un pont de bois qui a existé de 1634 à 1781 (voir aussi l’image suivante).

Lyon en 1844
Lyon 1844

(Image plus grande)

La gravure ci-dessus montre le pont Tilsitt, construit en 1807 en pierre, en amont et plus bas que le pont de l’Archevêque. Ce pont a existé jusqu’en 1863.

Lyon vers 1890
Lyon 1890

(Image plus grande

Lyon en 1842 – Pont Tilsitt
Lyon 1842

(Image plus grande)

L’original de ce daguérotype se trouve dans la Bibliothèque municipale de Lyon. Nous remercions vivement M. Thierry Nugier de nous avoir envoyé une image électronique de cette photo. 

1.2 La montagne de Fourvière

    Après les concerts qu’il donne à Lyon Berlioz est invité à dîner par une société savante qui répond au nom modeste de Société des Intelligences; la réception a lieu à un pavillon au haut de la montagne de Fourvière qui surplombe la ville de Lyon. Le récit qu’il donne de cet épisode se trouve uniquement dans les Grotesques de la musique et ne fait pas partie de la lettre sur son voyage à Lyon publiée en 1848. En voici un extrait:

A ce titre d’homme ordinaire et non orateur, je fus engagé à tenter l’escalade de la montagne de Fourvières, pour y dîner à trois cent soixante pieds, que dis-je ? à huit cent cinquante-trois pieds au-dessus du niveau de la Saône, dans un pavillon assez semblable à celui où le diable emporta un jour notre Seigneur Jésus-Christ pour lui faire voir tous les royaumes de la terre. Ce diable-là n’était pas fort, en géologie du moins, aussi notre Seigneur n’eut-il pas grand-peine à lui démontrer son ânerie et à le renvoyer tout penaud. Pour en revenir à ce pavillon de Fourvières, d’où l’on voit également tous les royaumes de la terre, jusqu’à la Guillotière inclusivement, j’y trouvai réunis, au nombre de vingt-quatre, les intelligences de Lyon.

    Suit un récit fort divertissant de la réunion.

La montagne de Fourvière au 19e siècle
Fourvière

(Image plus grande)

Lyon – vue de Fourvière des rives de la Saône vers 1890
Fourvière 1890

(Image plus grande)

Le pont à gauche est le deuxième pont Tilsitt; construit également en pierre en 1863 il fut détruit par l’armée allemande en 1944.

1.3 La Cathédrale de Lyon

La Cathédrale de Lyon en 1840 (vue de l’arrière)
Cathédrale de Lyon

(Image plus grande)

La Cathédrale de Lyon en 1844 (vue de devant)
Cathédrale de Lyon

(Image plus grande)

1.4 Le Pont Morand sur le Rhône

  Le jour où Berlioz revoit Mme Fornier à Lyon pour la première fois depuis bien des années (le 23 septembre 1864), il lui rend visite à deux reprises, une première fois le matin puis à nouveau un peu plus tard dans la journée. Il raconte dans ses Mémoires comment il a passé le temps entre les deux visites:

J’errais aux environs de sa demeure, tantôt me heurtant contre les arbres des Brotteaux, tantôt m’arrêtant à contempler, du haut du pont Morand, le cours tumultueux du Rhône, puis reprenant ma marche fiévreuse, sans savoir pourquoi j’allais d’un côté plutôt que de l’autre, quand je rencontrai M. Strakosch, le beau-frère de la célèbre cantatrice Adelina Patti.

    Les origines du pont remontent à 1776 quand la construction d’un pont de bois sur le Rhône est achevé, œuvre de l’architecte Jean-Antoine Morand de Jouffrey. Le pont a eu différents noms au cours de sa longue histoire: le pont Saint-Clair, le pont Affranchi, et le pont des Victoires, entre autres, et prend finalement le nom de l’architecte Morand en 1810. Il s’écroule en 1825 pour être remplacé par un nouveau pont, qui est à son tour remplacé en 1890 par un pont métallique posé sur des piles de maçonnerie. Ce pont, gravement endommagé par les Allemands en 1944 est reconstruit en 1948, et démoli par la suite en 1974. Le pont actuel, en béton précontraint, est inauguré en 1976.

Le Pont Saint-Clair dans les années 1780
Pont Saint-Clair

(Image plus grande)

L’aquarelle ci-dessus vient de la Bibliothèque nationale de France.

Le Pont Morand – vue prise des Brotteaux
Pont Morand

(Image plus grande)

Le tableau ci-dessus est l’œuvre de Victor Fonville (1805-1856), dont une lithographie fut publiée dans Promenade à Lyon, lithographie de H. Brunet à Lyon, 1830-1834. L’image ci-dessus vient de Bibliothèque Municipale de Lyon.

Le Pont Morand vers 1898
Pont Morand

(Image plus grande)

Cette carte postale montre une vue du pont en direction du quartier où se trouvait l’appartement de Madame Fornier. La carte postale ci-dessus fut postée de Lyon le 14 août 1898.

Le Pont Morand avant de sa destruction au 20ème siècle
Pont Morand

(Image plus grande)

La vue du pont dans cette carte postale est en direction de Fourvière; le bâtiment en haut de la colline est la Basilique de Fourvière.

1.5 La Place des Terreaux

En 1845 Berlioz et Marie Recio logent à l’Hôtel du Parc près de la Place des Terreaux. 

Place des Terreaux au 17e siècle
Place des Terreaux

(Image plus grande)

L’original de cette gravure se trouve aux Archives Municipales de Lyon; l’image ci-dessus vient de André Pelletier, Histoire de Lyon (Éditions Lyonnaises d’Art et d’Histoire).

Place des Terreaux en 1880
l’Hôtel de Ville
Place des Terreaux

(Image plus grande)

L’image ci-dessus fut dessinée par A. Deroy et gravée par Huyot; elle fut publiée dans Le Tour de France: Puys et la Cité de Limes par Alexandre Dumas.

Place des Terreaux vers 1850
Place des Terreaux

(Image plus grande)

L’original de ce daguérotype se trouve dans la Bibliothèque municipale de Lyon. Nous remercions vivement M. Thierry Nugier de nous avoir envoyé une image électronique de cette photo. L’Hôtel du Parc est au fond à droite de la photo (voyez ci-dessous).

Place des Terreaux vers 1850 (détail)
L’Hôtel du Parc
Place des Terreaux

(Image plus grande)

La Place des Terreaux après 1890
Place des Terreaux

(Image plus grande)

Commandée d’abord par la ville de Bordeaux, la fontaine Bartholdi fut construite dans les années 1880 par Frédéric Bartholdi (1834-1904) et terminée en 1888. Mais Bordeaux ne put subvenir aux frais du monument qui fut installé en 1891 au centre de la Place des Terreaux; il y demeura jusqu’en 1992 quand il fut déplacé à son site actuel sur le côté de la place (voir les photos de 2011 ci-dessous). En 1995 la fontaine fut classée Monument Historique.

La Place des Terreaux vers la fin du XIXe siècle
Place des Terreaux

(Image plus grande)

La Place des Terreaux vers 1930
Place des Terreaux

(Image plus grande)

Cette carte postale fut postée le 14 février 1930.

2. Châlons-sur-Saône autrefois

Châlons-sur-Saône en 1835
Châlons-sur-Saône

(Image plus grande)

L’arrivée à Lyon en venant de Châlons-sur-Saône dans les années 1780
Arrivée à Lyon

(Image plus grande)

L’arrivée à Châlons-sur-Saône en venant de Lyon dans les années 1780
Châlons-sur-Saône

(Image plus grande)

Les deux aquarelles ci-dessus de Jean-Baptiste Lallemand proviennent de la Bibliothèque nationale de France.

3. Le Grand Théâtre de Lyon (maintenant l’Opéra Nouvel)

Le Grand Théâtre fut inauguré en 1831 avec l’opéra de Boiëldieu La Dame Blanche. Outre Berlioz on comptera parmi les musiciens qui s’y sont produits Liszt, Thalberg et Félicien David.
De 1985 à 1993 l’architecte Jean Nouvel refait et reconstruit l’opéra de Lyon à partir de l’original du 19e siècle, en en préservant uniquement le foyer et la façade extérieure (voir ci-dessous). L’Opéra Nouvel abrite maintenant l’Opéra National de Lyon.

Le Grand Théâtre en 1831
Grand Théâtre

(Image plus grande)

La gravure ci-dessus est reproduite d’après The New Grove Dictionary of Music & Musicians, 1980, tome 11.

Le Grand Théâtre vers 1898
Grand Théâtre

(Image plus grande)

Le Grand Théâtre au début du 20e siècle
Grand Théâtre

(Image plus grande)

Le Grand Théâtre au milieu du 20e siècle
Grand Théâtre

(Image plus grande)

4. Le Théâtre des Célestins

Bâti sur la Place des Célestins, le théâtre d’origine fut inauguré en 1792 sous le nom de Théâtre des Variétés, qui avait été construit sur l’emplacement du Couvent des Célestins. Le Théâtre des Variétés est le bâtiment que Berlioz a connu et qu’il nomme, sans doute à cause de son emplacement, le Théâtre des Célestins. Détruit par un incendie en 1871 ce théâtre fait place à un nouveau bâtiment construit sur le même site; inauguré en 1877 il est lui-même détruit par un incendie trois ans plus tard en 1880. Le théâtre actuel date de 1881.

Le Théâtre des Célestins au début du 19e siècle
Théâtre des Célestins

L’image ci-dessus vient de la Bibliothèque nationale de France.

Le Théâtre des Célestins vers 1830
Théâtre des Célestins

L’image ci-dessus vient du site L’Echo de la Fabrique.

Le Théâtre des Célestins vers 1898
Théâtre des Célestins

(Image plus grande)

Le Théâtre des Célestins vers 1900
Théâtre des Célestins

(Image plus grande)

II. Lyon de nos jours

1.1 Lyon en 2011

Vue de Fourvière du bas de la colline
Fourvière

(Image plus grande)

Vue de Fourvière en montant la colline
Fourvière

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Le théâtre antique de Fourvière (le Grand Théâtre)
Théâtre de Fourvière

(Image plus grande)

Le théâtre antique de Fourvière (l’Odéon)
Théâtre de Fourvière

(Image plus grande)

Vue de Fourvière
Vue de Fourvière

(Image plus grande)

Vue de Fourvière
Vue de Fourvière

(Image plus grande)

On aperçoit au loin le dome de l’Opéra Nouvel.

Vue de Fourvière
Vue de Fourvière

(Image plus grande)

1.2 Le Pont Morand

Pont Morand

(Image plus grande)

Le quartier où se trouvait la maison de Madame Fornier est situé à droite de la photo.

Pont Morand

(Image plus grande)

La vue ici est en direction du quartier où se trouvait la maison de Madame Fornier (voir aussi la photo suivante).

Pont Morand

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Vue du Pont Morand

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Ceci est l’autre côté du pont en direction du quartier de la Croix-Rousse; Fourvière est à gauche en dehors de la photo (voir l’image suivante).

Pont Morand

(Image plus grande)

La photo montre l’arrière de l’Opéra Nouvel (auparavant le Grand Théâtre); par derrière au loin on aperçoit Fourvière.

1.3 La Place des Terreaux

Place des Terreaux

(Image plus grande)

Place des Terreaux

(Image plus grande)

Ce bâtiment, le Palais Saint-Pierre, abrite le Musée des Beaux-Arts de Lyon.

Place des Terreaux

(Image plus grande)

Place des Terreaux

(Image plus grande)

La Fontaine de Bartholdi
Fontaine de Bartholdi

(Image plus grande)

Hôtel de Ville

(Image plus grande)

Le bâtiment de ce côté de la place est l’Hôtel de Ville.

Hôtel de Ville

(Image plus grande)

Cette photo montre l’arrière de l’Hôtel de Ville, qui forme un côté de la Place de la comédie, et fait face à l’Opéra Nouvel de l’autre côté.

1.3 L’Opéra Nouvel (auparavant le Grand Théâtre)

Opéra Nouvel

(Image plus grande)

Opéra Nouvel

(Image plus grande)

Opéra Nouvel

(Image plus grande)

Opéra Nouvel

(Image plus grande)

1.4 Le Théâtre des Célestins

Théâtre des Célestins

(Image plus grande)

1.5 La demeure d’Estelle Fornier à Lyon

Estelle Fornier habitait au no. 56 de l’Avenue de Noaille à l’époque de la visite de Berlioz, le 23 septembre 1864. Les deux photos ci-dessous montrent le no. 56 de ce qui était l’Avenue de Noaille. Nous ignorons si les bâtiments dans cette avenue ont été renumérotés depuis 1864.

No. 56 Avenue du Maréchal Foch
(auparavant Avenue de Noaille)
Demeure d'Estelle Fornier

(Image plus grande)

Demeure d'Estelle Fornier

(Image plus grande)

Demeure d'Estelle Fornier

(Image plus grande)

Demeure d'Estelle Fornier

(Image plus grande)

Demeure d'Estelle Fornier

(Image plus grande)

Site Hector Berlioz créé par Michel Austin et Monir Tayeb le 18 juillet 1997;
Page Berlioz et Lyon créée le 11 décembre 2010, augmentée le 15 novembre 2011, le 21 août 2014, et le 1er avril 2015.

© Michel Austin et Monir Tayeb pour toutes les images et informations sur cette page.

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