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Berlioz et la France
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Plus je vois l’étranger, moins j’aime ma patrie
(Berlioz, lettre à son oncle)

Berlioz: le troisième siècle

Contenu de cette page:

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Chronologie
Villes visitées par Berlioz
Voyez aussi  

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Présentation

    La citation en tête de cette page vient d’une lettre de Berlioz à son oncle Victor Berlioz datée du 26 novembre 1848 – l’année des révolutions qui balayent l’Europe, et pour Berlioz une année traumatisante sur le plan personnel avec la mort de son père le 28 juillet (Correspondance Générale no. 1238, ci-après CG tout court; pour l’expression voir aussi les nos. 282, 1131). Berlioz poursuit:

[…] Ces pérégrinations au travers de l’Europe ont […] développé chez moi le goût des voyages que j’ai toujours eu; et je me plais en France surtout quand j’y arrive la veille du jour où j’en dois partir.

    La vie de Berlioz est ponctuée de voyages liés à sa carrière de compositeur et musicien – son voyage en Italie en 1831-1832 aux termes du concours du Prix de Rome qu’il remporte en 1830; ses grands voyages en Allemagne et en Europe centrale en 1842-3 et 1845-6; ses voyages en Russie en 1847 et 1867-8; ses cinq voyages à Londres entre 1847 et 1855; et une série de visites d’une durée variable à différentes villes d’Allemagne entre 1852 et 1867. En comparaison le bilan des voyages musicaux de Berlioz en France résumé dans la chronologie ci-dessous semble remarquablement maigre.

    Une raison majeure en est l’écrasante domination artistique de Paris par rapport au reste de la France à cette époque, en comparaison avec le monde de langue allemande. À l’époque de Berlioz le morcellement politique de l’Allemagne a pour effet de favoriser un remarquable foisonnement de centres artistiques, certains d’une grande vitalité, suivant l’initiative des gouvernements ou princes locaux. Un coup d’œil sur la longue liste de villes allemandes visitées par Berlioz pendant sa carrière suffit à le montrer. Mais en France Paris rejette le reste du pays dans l’ombre (tout comme Londres et la Grande-Bretagne: Berlioz ne s’est jamais rendu dans une autre ville que Londres). Paris tient en outre une position d’exception dans le monde européen de l’époque. Les sentiments de Berlioz envers Paris étaient, on le sait, particulièrement ambivalents, mais il n’a jamais pu briser ses liens avec elle. ‘C’est là que notre art tantôt sommeille platement et tantôt bouillonne; c’est là qu’il est à la fois sublime et médiocre, fier et rampant, mendiant et roi; c’est là qu’on l’exalte et qu’on le méprise, qu’on l’adore et qu’on l’insulte; c’est à Paris qu’il y a des sectateur fidèles, enthousiastes, intelligents et dévoués, c’est à Paris qu’il parle trop souvent à des sourds, à des idiots, à des sauvages’ (Mémoires, Premier Voyage en Allemagne, Lettre 10). Mais tout de même ‘Paris [c’est] le centrum gravitatis du monde musical et de tous les mondes possibles’ écrit-il à son oncle Marmion vers la fin de son premier voyage en Allemagne (CG no. 823ter [tome VIII], 30 mars 1843). On sait comment Berlioz a hésité à accepter des propositions de s’établir à l’étranger de manière permanente: il refuse une offre certaine à Vienne en 1846, et attend pour se décider à Dresde en 1854 (mais cette dernière possibilité finira par disparaître).

    Les excursions musicales de Berlioz ailleurs en France resteront donc isolées et peu fréquentes. Berlioz songe certes dès 1833 à aller donner des concerts en dehors de Paris, mais en pratique il faudra attendre jusqu’à 1845, après le premier grand voyage en Allemagne, pour qu’il l’entreprenne. Au cours de cette année Berlioz a sans doute formé le projet d’une série de voyages musicaux aux principales villes de France: une visite à Marseille en juin est suivie d’une à Lyon en juillet. En même temps Berlioz s’intéresse à la possibilité de voyages à Bordeaux et à Lille. Mais d’autres destinations autrement importantes interviennent: une visite à Bonn en août et un deuxième grand voyage en Allemagne et en Europe centrale en octobre. Le voyage à Lille n’aura lieu que l’année suivante, après le retour d’Europe centrale, et le voyage à Bordeaux ne prendra place qu’en 1859. Il n’y aura donc jamais de grand ‘Voyage musical en France’ pour faire pendant à ceux en Allemagne, en Europe centrale, ou en Russie. Les villes de la province n’avaient pas les ressources nécessaires et à ses yeux ne faisaient pas le poids. Citons à ce propos les Mémoires (fin du chapitre 53):

L’occasion s’offrit [en juin 1845] d’aller me restaurer de nouveau dans les bienfaisantes eaux de la Méditerranée, grâce à deux concerts qu’on m’engageait à venir donner à Marseille et à Lyon, et dont le produit ne pouvait manquer de couvrir au moins les frais du voyage. Je fus ainsi amené pour la première fois à faire entendre mes compositions dans quelques provinces de France.

Les lettres que j’adressai en 1848, dans la Gazette musicale, à mon collaborateur, Édouard Monnais, contiennent, malgré le ton peu sérieux de leur rédaction, le récit exact de ce qui m’arriva dans cette excursion méridionale, et dans une autre que je fis à Lille bientôt après. Elles se trouvent sous le titre de Correspondance académique, dans mon volume des Grotesques de la musique.

    Le lecteur est prévenu: la présentation littéraire est voulue et significative. Berlioz réduit la signification de ses voyages musicaux en France; à ses yeux ils n’ont pas l’importance de ses voyages ailleurs, particulièrement ceux en Allemagne et en Europe centrale, et ne méritent pas le même traitement. Ils sont donc écartés des Mémoires et relégués aux Grotesques de la musique, ouvrage de moindre envergure qui est placé sous le signe de l’ironie.

Chronologie

1833

(Octobre) Projet de visite à Lyon pour y donner un concert en novembre ou décembre

1837

(Janvier-février) L’ouverture des Francs-Juges est exécutée avec succès à Dijon, Douai, et Lille, but l’ouvrage est trop difficile pour l’orchestre de Marseille (CG nos. 486, 493)

1838

(25 juin) Exécution du Lacrymosa du Requiem sous la direction de Habeneck à Lille (Mémoires ch. 47)

1839

(Janvier-février) Berlioz ne peut accepter la suggestion de Paganini de participer à deux concerts à Marseille
(28 mars) La Revue Musicale annonce une exécution de l’ouverture des Francs-Juges à Montpellier

1840

(Novembre) On demande à Berlioz de diriger un festival à Lille en décembre (CG no. 736)

1842

(Février) On demande à Berlioz d’organiser un grand festival à Bordeaux en septembre

1843

(Février) Berlioz envisage de participer à un festival à Lyon en mai; le projet n’aura pas de suite
(Octobre) Berlioz envisage de se rendre à Rouen pour y donner un concert (CG no. 856)
(Novembre) Projet d’une exécution à Marseille du Chant sacré que Berlioz vient d’orchestrer

1844

(Mai) Berlioz est semble-t-il invité à Lyon pour y donner un concert 
(Octobre) Projets de concert à Châlons-sur-Saône (CG no. 922)

1845

(Février-avril) Projets pour un festival à Châlons-sur-Saône avec la participation de Berlioz (CG nos. 939, 956; cf. 976)
(Juin) Berlioz se rend à Marseille où il y donne deux concerts (19 et 25 juin)
(Juillet) Berlioz se rend de Marseille à Lyon où il y donne deux concerts (20 et 24 juillet)
(Août) Projets de voyage à Bordeaux pour y donner un ou plusieurs concerts après le festival Beethoven à Bonn
(Octobre) Projets de festival à Lille (CG no. 985)

1846

(14 juin) Berlioz donne un concert à Lille qui comprend la première exécution de la cantate Chant des chemins de fer écrite spécialement pour l’occasion

1848

(29 octobre) Berlioz dirige un concert dans la salle de l’opéra du château de Versailles

1851

(30 juin) Exécution du Lacrymosa du Requiem sous la direction de Girard à Lille

1852

(Février) Projet de concerts à Bordeaux qui n’aura pas de suite

1855

(3 mars) Exécution à Lyon sous la direction de George Hainl d’un fragment de La Fuite en Égypte; Berlioz est mécontent

1858

(Mars) Berlioz est invité à organiser et diriger un festival à Toulouse en août, mais le projet tourne rapidement court (CG nos. 2283, 2286)

1859

(8 juin) Berlioz dirige un concert à Bordeaux

1863

(15-23 juin) Berlioz se rend à Strasbourg pour y diriger une exécution de L’Enfance du Christ (22 juin)

1864

(Avril-mai) Berlioz refuse une demande de présider à des concours d’orphéon à Bayonne (CG nos. 2849, 2858, 2867)

1867

(26 août) Berlioz préside à un concours de chœurs à Épernay (CG nos. 3156, 3157)

1868

(14-16 août) Berlioz se rend à Grenoble pour être président honoraire d’un concours pour une société orphéonique, et pour assiter à l’inauguration de la statue de Napoléon Ier

Villes visitées par Berlioz

Bordeaux
Grenoble
Lille
Lyon
Marseille
Voir aussi Berlioz et Marseille: amis et connaissances
Nice
(Au cours de son histoire Nice a changé de mains à plusieurs reprises; pendant la majeure partie de la vie de Berlioz elle faisait partie de l’Italie. Le traité du 24 mars 1860, ratifié par le peuple français, rendit Nice à la France, cette fois définitivement.)
Plombières
Strasbourg
Versailles  

Voyez aussi:

Berlioz à Paris
La Côte Saint-André
Meylan
Index des lettres de Berlioz citées

Site Hector Berlioz créé par Michel Austin et Monir Tayeb le 18 juillet 1997;
Page Berlioz et la France créée le 1er novembre 2006.

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