La ville natale de Berlioz – La Côte Saint-André

Le cimetière – Vienne

    Adèle était la sœur préférée de Berlioz, et ne cessa jamais de le soutenir et de l’accepter tel qu’il était. Plus qu’une sœur cadette, Adèle était une amie intime. Seule de sa famille elle ne fit jamais objection à la volonté de son frère d’épouser une actrice, Harriet Smithson. Après leur mariage elle continua à correspondre tant avec Harriet qu’avec son frère. Lors de la naissance de Louis, fils unique de Berlioz en août 1834, c’est à Adèle, qui par la suite devint marraine de Louis, qu’il fit part de la nouvelle:

"D’abord, sois tranquille, notre garçon est baptisé. Il ne s’appelle pas Hercule, Jean-Baptiste, César, Alexandre, Magloire, mais Louis tout simplement. [...]

Il est charmant, très fort, des yeux bleus superbes, une petite fossette imperceptible au menton, des cheveux d’un blond un peu ardent comme je les avais dans mon enfance, un petit cartilage pointu aux oreilles comme ceux que j’ai, et le bas du visage un peu court. Voilà tous ses points de ressemblance avec son père; malheureusement, il n’a absolument rien de sa mère. Henriette en est plus folle que folle."

(Correspondance générale, no. 409; 23 septembre 1834)

    Berlioz a toujours préféré Nanci et Joséphine, les filles d’Adèle, et se sentait plus proche d’elles que de Mathilde, fille de son autre sœur Nanci. Il avait aussi beaucoup plus de sympathie pour Marc Suat le mari d’Adèle, que pour Camille Pal, mari de Nanci. La mort d’Adèle en 1860 d’une maladie cardiaque à l’âge de 45 ans fut un choc terrible pour Berlioz, comme il l’écrit à son ami Auguste Morel:

"Je reçois une bonne nouvelle aujourd’hui, j’en recevais une terrible il y a trois jours. Votre ouvrage vient d’obtenir un brillant succès et … ma sœur est morte.

Nous nous aimions comme deux jumeaux. C’était une amie intime. J’avais fait la semaine dernière le voyage de Vienne pour la voir encore une fois, et j’étais reparti sur l’assurance donnée par un célèbre médecin de Lyon que la convalescence allait commencer.

Vous dire le déchirement de cœur que me cause cette perte est impossible. […] Louis est à Vienne auprès de ses cousines et de son oncle. Il a supporté seul le poids de toutes ces atroces douleurs."

(Correspondance générale, no. 2487; 9 mars 1860)

    Adèle Suat habitait avec son mari et ses deux filles à Vienne, pas loin de La Côte Saint-André; elle y est enterrée au cimetière avec son mari.

Nous remercions vivement notre ami Pepijn van Doesburg de nous avoir envoyé les photos prises par lui de la tombe d’Adèle et de son mari.

[Image plein écran]

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On lit sur la pierre tombale: ici reposent une sœur un BEAU frere de H. Berlioz 

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