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MÉMOIRES

de

HECTOR BERLIOZ

IV

Premières leçons de musique, données par mon père. Mes essais en composition. 
Études ostéologiques. 
Mon aversion pour la médecine. Départ pour Paris.

    Quand j’ai dit plus haut que la musique m’avait été révélée en même temps que l’amour, à l’âge de douze ans, c’est la composition que j’aurais dû dire ; car je savais déjà, avant ce temps, chanter à première vue et jouer de deux instruments. Mon père encore m’avait donné ce commencement d’instruction musicale.

    Le hasard m’ayant fait trouver un flageolet au fond d’un tiroir où je furetais, je voulus aussitôt m’en servir, cherchant inutilement à reproduire l’air populaire de Marlborough.

    Mon père, que ces sifflements incommodaient fort, vint me prier de le laisser en repos, jusqu’à l’heure où il aurait le loisir de m’enseigner le doigté du mélodieux instrument, et l’exécution du chant héroïque dont j’avais fait choix. Il parvint en effet à me les apprendre sans trop de peine ; et, au bout de deux jours, je fus maître de régaler de mon air de Marlborough toute la famille.

    On voit déjà, n’est-ce pas, mon aptitude pour les grands effets d’instruments à vent ?... (Un biographe pur sang ne manquerait pas de tirer cette ingénieuse induction...) Ceci inspira à mon père l’envie de m’apprendre à lire la musique ; il m’expliqua les premiers principes de cet art, en me donnant une idée nette de la raison des signes musicaux et de l’office qu’ils remplissent. Bientôt après, il me mit entre les mains une flûte, avec la méthode de Devienne, et prit, comme pour le flageolet, la peine de m’en montrer le mécanisme. Je travaillai avec tant d’ardeur, qu’au bout de sept à huit mois j’avais acquis sur la flûte un talent plus que passable. Alors, désireux de développer les dispositions que je montrais, il persuada à quelques familles aisées de la Côte de se réunir à lui pour faire venir de Lyon un maître de musique. Ce plan réussit. Un second violon du Théâtre des Célestins, qui jouait en outre de la clarinette, consentit à venir se fixer dans notre petite ville barbare, et à tenter d’en musicaliser les habitants, moyennant un certain nombre d’élèves assuré, et des appointements fixes pour diriger la bande militaire de la garde nationale. Il se nommait Imbert. Il me donna deux leçons par jour ; j’avais une jolie voix de soprano ; bientôt je fus un lecteur intrépide, un assez agréable chanteur, et je jouai sur la flûte les concertos de Drouet les plus compliqués. Le fils de mon maître, un peu plus âgé que moi, et déjà habile corniste, m’avait pris en amitié. Un matin il vint me voir, j’allais partir pour Meylan : « Comment, me dit-il, vous partiez sans me dire adieu ! Embrassons-nous, peut-être ne vous reverrai-je plus... » Je restai surpris de l’air étrange de mon jeune camarade et de la façon solennelle avec laquelle il m’avait quitté. Mais l’incommensurable joie de revoir Meylan et la radieuse Stella montis me l’eurent bientôt fait oublier. Quelle triste nouvelle au retour ! Le jour même de mon départ, le jeune Imbert, profitant de l’absence momentanée de ses parents, s’était pendu dans sa maison. On n’a jamais pénétré le motif de ce suicide.

    J’avais découvert, parmi de vieux livres, le traité d’harmonie de Rameau, commenté et simplifié par d’Alembert. J’eus beau passer des nuits à lire ces théories obscures, je ne pus parvenir à leur trouver un sens. Il faut en effet être déjà maître de la science des accords, et avoir beaucoup étudié les questions de physique expérimentale sur lesquelles repose le système tout entier, pour comprendre ce que l’auteur a voulu dire. C’est donc un traité d’harmonie à l’usage seulement de ceux qui la savent. Et pourtant je voulais composer. Je faisais des arrangements de duos en trios et en quatuors, sans pouvoir parvenir à trouver des accords ni une basse qui eussent le sens commun. Mais à force d’écouter des quatuors de Pleyel exécutés le dimanche par nos amateurs, et grâce au traité d’harmonie de Catel, que j’étais parvenu à me procurer, je pénétrai enfin, et en quelque sorte subitement, le mystère de la formation et de l’enchaînement des accords. J’écrivis aussitôt une espèce de pot-pourri à six parties, sur des thèmes italiens dont je possédais un recueil. L’harmonie en parut supportable. Enhardi par ce premier pas, j’osai entreprendre de composer un quintette pour flûte, deux violons, alto et basse, que nous exécutâmes, trois amateurs, mon maître et moi.

    Ce fut un triomphe. Mon père seul ne parut pas de l’avis des applaudisseurs. Deux mois après, nouveau quintette. Mon père voulut en entendre la partie de flûte, avant de me laisser tenter la grande exécution, selon l’usage des amateurs de province, qui s’imaginent pouvoir juger un quatuor d’après le premier violon. Je la lui jouai, et à une certaine phrase : « A la bonne heure, me dit-il, ceci est de la musique. » Mais ce quintette, beaucoup plus ambitieux que le premier, était aussi bien plus difficile ; nos amateurs ne purent parvenir à l’exécuter passablement. L’alto et le violoncelle surtout pataugeaient à qui mieux mieux.

    J’avais à cette époque douze ans et demi. Les biographes qui ont écrit, dernièrement encore, qu’à vingt ans, je ne connaissais pas les notes, se sont, on le voit, étrangement trompés.

    J’ai brûlé les deux quintettes, quelques années après les avoir faits, mais il est singulier qu’en écrivant, beaucoup plus tard, à Paris, ma première composition d’orchestre, la phrase approuvée par mon père dans le second de ces essais, me soit revenue en tête, et se soit fait adopter. C’est le chant en la bémol exposé par les premiers violons, un peu après le début de l’allegro de l’ouverture des Francs-Juges.

    Après la triste et inexplicable fin de son fils, le pauvre Imbert était retourné à Lyon, où je crois qu’il est mort. Il eut presque immédiatement à la Côte un successeur, beaucoup plus habile que lui, nommé Dorant. Celui-ci, Alsacien de Colmar, jouait à peu près de tous les instruments, et excellait sur la clarinette, la basse, le violon et la guitare. Il donna des leçons de guitare à ma sœur aînée qui avait de la voix, mais que la nature a entièrement privée de tout instinct musical. Elle aime la musique pourtant, sans avoir jamais pu parvenir à la lire et à déchiffrer seulement une romance. J’assistais à ses leçons ; je voulus en prendre aussi moi-même ; jusqu’à ce que Dorant, en artiste honnête et original, vint dire brusquement à mon père : « Monsieur, il m’est impossible de continuer mes leçons de guitare à votre fils ! — Pourquoi donc ? vous aurait-il manqué de quelque manière, ou se montre-t-il paresseux au point de vous faire désespérer de lui ? — Rien de tout cela, mais ce serait ridicule, il est aussi fort que moi. »

    Me voilà donc passé maître sur ces trois majestueux et incomparables instruments, le flageolet, la flûte et la guitare ! Qui oserait méconnaître, dans ce choix judicieux, l’impulsion de la nature me poussant vers les plus immenses effets d’orchestre et la musique à la Michel-Ange !!... La flûte, la guitare et le flageolet !!!... Je n’ai jamais possédé d’autres talents d’exécution ; mais ceux-ci me paraissent déjà fort respectables. Encore, non, je me fais tort, je jouais aussi du tambour.

    Mon père n’avait pas voulu me laisser entreprendre l’étude du piano. Sans cela il est probable que je fusse devenu un pianiste redoutable, comme quarante mille autres. Fort éloigné de vouloir faire de moi un artiste, il craignait sans doute que le piano ne vînt à me passionner trop violemment et à m’entraîner dans la musique plus loin qu’il ne le voulait. La pratique de cet instrument m’a manqué souvent ; elle me serait utile en maintes circonstances ; mais, si je considère l’effrayante quantité de platitudes dont il facilite journellement l’émission, platitudes honteuses et que la plupart de leurs auteurs ne pourraient pourtant pas écrire si, privés de leur kaléidoscope musical, ils n’avaient pour cela que leur plume et leur papier, je ne puis m’empêcher de rendre grâces au hasard qui m’a mis dans la nécessité de parvenir à composer silencieusement et librement, en me garantissant ainsi de la tyrannie des habitudes des doigts, si dangereuses pour la pensée, et de la séduction qu’exerce toujours plus ou moins sur le compositeur la sonorité des choses vulgaires. Il est vrai que les innombrables amateurs de ces choses-là expriment à mon sujet le regret contraire ; mais j’en suis peu touché.

    Les essais de composition de mon adolescence portaient l’empreinte d’une mélancolie profonde. Presque toutes mes mélodies étaient dans le mode mineur. Je sentais le défaut sans pouvoir l’éviter. Un crêpe noir couvrait mes pensées ; mon romanesque amour de Meylan les y avait enfermées. Dans cet état de mon âme, lisant sans cesse l’Estelle de Florian, il était probable que je finirais par mettre en musique quelques-unes des nombreuses romances contenues dans cette pastorale, dont la fadeur alors me paraissait douce. Je n’y manquai pas.

    J’en écrivis une, entre autres, extrêmement triste sur des paroles qui exprimaient mon désespoir de quitter les bois et les lieux honorés par les pas, éclairés par les yeux et les petits brodequins roses de ma beauté cruelle. Cette pâle poésie me revient aujourd’hui, avec un soleil printanier, à Londres, où je suis en proie à de graves préoccupations, à une inquiétude mortelle, à une colère concentrée de trouver encore là comme ailleurs tant d’obstacles ridicules... En voici la première strophe :

« Je vais donc quitter pour jamais
» Mon doux pays, ma douce amie,
» Loin d’eux je vais traîner ma vie
» Dans les pleurs et dans les regrets !
» Fleuve dont j’ai vu l’eau limpide,
» Pour réfléchir ses doux attraits,
» Suspendre sa course rapide,
» Je vais vous quitter pour jamais. »

    Quant à la mélodie de cette romance, brûlée comme le sextuor, comme les quintettes, avant mon départ pour Paris, elle se présenta humblement à ma pensée, lorsque j’entrepris en 1829 d’écrire ma Symphonie fantastique. Elle me sembla convenir à l’expression de cette tristesse accablante d’un jeune cœur qu’un amour sans espoir commence à torturer, et je l’accueillis. C’est la mélodie que chantent les premiers violons au début du largo de la première partie de cet ouvrage, intitulé : RÊVERIES, PASSIONS ; je n’y ai rien changé.

    Mais pendant ces diverses tentatives musicales, au milieu de mes lectures, de mes études géographiques, de mes aspirations religieuses et des alternatives de calme et de tempête dans mon premier amour, le moment approchait où je devais me préparer à suivre une carrière. Mon père me destinait à la sienne, n’en concevant pas de plus belle, et m’avait dès longtemps laissé entrevoir son dessein.

    Mes sentiments à cet égard n’étaient rien moins que favorables à ses vues, et je les avais aussi dans l’occasion manifestés avec énergie. Sans me rendre compte précisément de ce que j’éprouvais, je pressentais une existence passée bien loin du chevet des malades, des hospices et des amphithéâtres. N’osant m’avouer celle que je rêvais, ma résolution me paraissait pourtant bien prise de résister à tout ce qu’on pourrait faire pour m’amener à la médecine. La vie de Gluck et celle de Haydn que je lus à cette époque, dans la Biographie universelle, me jetèrent dans la plus grande agitation. Quelle belle gloire ! me disais-je, en pensant à celle de ces deux hommes illustres ; quel bel art ! quel bonheur de le cultiver en grand ! En outre, un incident fort insignifiant en apparence vint m’impressionner encore dans le même sens et illuminer mon esprit d’une clarté soudaine qui me fit entrevoir au loin mille horizons musicaux étranges et grandioses.

    Je n’avais jamais vu de grande partition. Les seuls morceaux de musique à moi connus consistaient en solféges accompagnés d’une basse chiffrée, en solos de flûte, ou en fragments d’opéras avec accompagnement de piano. Or, un jour, une feuille de papier réglée à vingt-quatre portées me tomba sous la main. En apercevant cette grande quantité de lignes, je compris aussitôt à quelle multitude de combinaisons instrumentales et vocales leur emploi ingénieux pouvait donner lieu, et je m’écriai : « Quel orchestre on doit pouvoir écrire là-dessus ! » A partir de ce moment la fermentation musicale de ma tête ne fit que croître, et mon aversion pour la médecine redoubla. J’avais de mes parents une trop grande crainte, toutefois, pour rien oser avouer de mes audacieuses pensées, quand mon père, à la faveur même de la musique, en vint à un coup d’État pour détruire ce qu’il appelait mes puériles antipathies, et me faire commencer les études médicales.

    Afin de me familiariser instantanément avec les objets que je devais bientôt avoir constamment vous les yeux, il avait étalé dans son cabinet l’énorme Traité d’ostéologie de Munro, ouvert, et contenant des gravures de grandeur naturelle, où les diverses parties de la charpente humaine sont reproduites très-fidèlement. « Voilà un ouvrage, me dit-il, que tu vas avoir à étudier. Je ne pense pas que tu persistes dans tes idées hostiles à la médecine ; elles ne sont ni raisonnables ni fondées sur quoi que ce soit. Et si, au contraire, tu veux me promettre d’entreprendre sérieusement ton cours d’ostéologie, je ferai venir de Lyon, pour toi, une flûte magnifique garnie de toutes les nouvelles clefs. » Cet instrument était depuis longtemps l’objet de mon ambition. Que répondre ?... La solennité de la proposition, le respect mêlé de crainte que m’inspirait mon père, malgré toute sa bonté, et la force de la tentation, me troublèrent au dernier point. Je laissai échapper un oui bien faible et rentrai dans ma chambre, où je me jetai sur mon lit accablé de chagrin.

    Être médecin ! étudier l’anatomie ! disséquer ! assister à d’horribles opérations ! au lieu de me livrer corps et âme à la musique, cet art sublime dont je concevais déjà la grandeur ! Quitter l’empirée pour les plus tristes séjours de la terre ! les anges immortels de la poésie et de l’amour et leurs chants inspirés, pour de sales infirmiers, d’affreux garçons d’amphithéâtre, des cadavres hideux, les cris des patients, les plaintes et le râle précurseurs de la mort !...

    Oh ! non, tout cela me semblait le renversement absolu de l’ordre naturel de ma vie, et monstrueux et impossible. Cela fut pourtant.

    Les études d’ostéologie furent commencées en compagnie d’un de mes cousins (A. Robert, aujourd’hui l’un des médecins distingués de Paris), que mon père avait pris pour élève en même temps que moi. Malheureusement Robert jouait fort bien du violon (il était de mes exécutants pour les quintettes) et nous nous occupions ensemble un peu plus de musique que d’anatomie pendant les heures de nos études. Ce qui ne l’empêchait pas, grâce au travail obstiné auquel il se livrait chez lui en particulier, de savoir toujours beaucoup mieux que moi ses démonstrations. De là, bien de sévères remontrances et même de terribles colères paternelles.

    Néanmoins, moitié de gré, moitié de force, je finis par apprendre tant bien que mal de l’anatomie tout ce que mon père pouvait m’en enseigner, avec le secours des préparations sèches (des squelettes) seulement ; et j’avais dix-neuf ans quand, encouragé par mon condisciple, je dus me décider à aborder les grandes études médicales et à partir avec lui, dans cette intention, pour Paris.

    Ici, je m’arrête un instant avant d’entreprendre le récit de ma vie parisienne et des luttes acharnées que j’y engageai presque en arrivant et que je n’ai jamais cessé d’y soutenir contre les idées, les hommes et les choses. Le lecteur me permettra de prendre haleine.

    D’ailleurs, c’est aujourd’hui (10 avril) que la manifestation des deux cent mille chartistes anglais doit avoir lieu. Dans quelques heures peut-être, l’Angleterre sera bouleversée comme le reste de l’Europe, et cet asile même ne me restera plus. Je vais voir se décider la question.

    (8 heures du soir). Allons, les chartistes sont de bonnes pâtes de révolutionnaires. Tout s’est bien passé. Les canons, ces puissants orateurs, ces grands logiciens dont les arguments irrésistibles pénètrent si profondément dans les masses, étaient à la tribune. Ils n’ont pas même été obligés de prendre la parole, leur aspect a suffi pour porter dans toutes les âmes la conviction de l’inopportunité d’une révolution, et les chartistes se sont dispersés dans le plus grand ordre. 

     Braves gens ! vous vous entendez à faire des émeutes comme les Italiens à écrire des symphonies. Il en est de même des Irlandais très-probablement, et O’Connel avait bien raison de leur dire toujours : Agitez ! agitez ! mais ne bougez pas !

     (12 juillet). Il m’a été impossible pendant les trois mois qui viennent de s’écouler de poursuivre le travail de ces mémoires. Je repars maintenant pour le malheureux pays qu’on appelle encore la France, et qui est le mien après tout. Je vais voir de quelle façon un artiste peut y vivre, ou combien de temps il lui faut pour y mourir, au milieu des ruines sous lesquelles la fleur de l’art est écrasée et ensevelie. Farewell England !....

     (France, 16 juillet 1848). Me voilà de retour ! Paris achève d’enterrer ses morts. Les pavés des barricades ont repris leur place, d’où ils ressortiront peut-être demain. A peine arrivé, je cours au faubourg Saint-Antoine : quel spectacle ! quels hideux débris ! Le Génie de la Liberté, qui plane au sommet de la colonne de la Bastille, a lui-même le corps traversé d’une balle. Les arbres abattus, mutilés, les maisons prêtes à crouler, les places, les rues, les quais semblent encore vibrants du fracas homicide !... Pensons donc à l’art par ce temps de folies furieuses et de sanglantes orgies !... Tous nos théâtres sont fermés, tous les artistes ruinés, tous les professeurs oisifs, tous les élèves en fuite ; de pauvres pianistes jouent des sonates sur les places publiques, des peintres d’histoire balayent les rues, des architectes gâchent du mortier dans les ateliers nationaux................. L’Assemblée vient de voter d’assez fortes sommes pour rendre possible la réouverture des théâtres et accorder en outre de légers secours aux artistes les plus malheureux. Secours insuffisants pour les musiciens surtout ! Il y a des premiers violons à l’Opéra dont les appointements n’allaient pas à neuf cents francs par an. Ils avaient vécu à grand-peine jusqu’à ce jour, en donnant des leçons. On ne doit pas supposer qu’ils aient pu faire de brillantes économies. Leurs élèves partis, que vont-ils devenir, ces malheureux ? On ne les déportera pas, quoique beaucoup d’entre eux n’aient plus de chances de gagner leur vie qu’en Amérique, aux Indes ou à Sidney ; la déportation coûte trop cher au gouvernement ; pour l’obtenir, il faut l’avoir méritée, et tous nos artistes ont combattu les insurgés et sont montés à l’assaut des barricades...........

     Au milieu de cette effroyable confusion du juste et de l’injuste, du bien et du mal, du vrai et du faux, en entendant parler cette langue dont la plupart des mots sont détournés de leur acception, n’y a-t-il pas de quoi devenir complétement fou !!!.............

     Continuons mon auto-biographie. Je n’ai rien de mieux à faire. L’examen du passé servira, d’ailleurs, à détourner mon attention du présent.

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1. La Fontaine, Les deux pigeons.

 

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