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Subiaco
Berlioz aimait beaucoup Subiaco où il fit de nombreuses visites et séjourna plusieurs fois (voyez la chronologie). Il décrit le bourg en ces termes dans ses Mémoires (chapitre 38):
Subiaco est un petit bourg de quatre mille habitants, bizarrement bâti autour d’une montagne en pain de sucre. L’Anio, qui, plus bas, va former les cascades de Tivoli, en fait toute la richesse en alimentant quelques usines asses mal entretenues.
Cette rivière coule, en certains endroits, dans une vallée resserrée; Néron la fit barrer par une énorme muraille dont on voit encore quelques débris, et qui, en retenant les eaux, formait au-dessus du village un lac d’une grande profondeur. De là, le nom de Sub-Lacu.
Et dans une lettre datée du 17 septembre 1831 à son ami Ferdinand Hiller, il explique ce qu’il trouve de si attachant à Subiaco (Correspondance générale no. 241):
Etes-vous toujours dans votre hermitage du Bois de Boulogne? Je vais retourner dans le mien à Subiaco; rien ne me plaît tant que cette vie vagabonde dans les bois et les rochers, avec ces paysans pleins de bonhomie, dormant le jour au bord du torrent, et le soir, dansant la saltarelle avec les hommes et les femmes habitués de notre cabaret. Je fais leur bonheur par ma guitare; ils ne dansaient avant moi qu’au son du tambour de basque, ils sont ravis de ce mélodieux instrument. J’y retourne pour échapper à l’ennui qui me tue ici.
Pendant une de ses nombreuses visites à Subiaco et ses environs, Berlioz construit une petite pyramide de pierres sur une haute colline surplombant l’Anio. Citons sa description dans les Mémoires (chapitre 37):
En face, sur l’autre rive de l’Anio, grande montagne à dos de baleine, où l’on voit encore à cette heure une petite pyramide de pierres que j’eus la constance de bâtir, un jour de spleen, et que les peintres français, amants fidèles de ces solitudes, ont eu la courtoisie de baptiser de mon nom.
Quelques années plus tard, dans une lettre datée du 27 septembre 1836 et adressée à Liszt qui avait l’intention de se rendre en Italie, Berlioz lui demande de rendre visite à la pyramide pour son compte (Correspondance générale no. 478):
Si tu vas en Italie, tu iras à Subiaco. Si tu vas à Subiaco informe-toi de la pyramide que j’ai bâtie sur le grand rocher du côté gauche de l’Anio, et va la voir de ma part, j’ai su que les pâtres ne l’avaient pas entièrement démolie.
C’est au cours d’une de ses visites à Subiaco que Berlioz écrit La Captive. Selon le récit des Mémoires (chapitre 39):
Il me souvient, en effet, qu’un jour, en regardant travailler mon ami Lefebvre, l’architecte, dans l’auberge de Subiaco où nous logions, un mouvement de son coude ayant fait tomber un livre placé sur la table où il dessinait, je le relevai; c’était le volume des Orientales de V. Hugo; il se trouva ouvert à la page de La Captive. Je lus cette délicieuse poésie, et me retournant vers Lefebvre:
— Si j’avais là du papier réglé, lui dis-je, j’écrirais la musique de ce morceau, car je l’entends.
— Qu’à cela ne tienne, je vais vous en donner.
Et Lefebvre, prenant une règle et un tire-ligne, eut bientôt tracé quelques portées, sur lesquelles je jetai le chant et la basse de ce petit air; puis, je mis le manuscrit dans mon portefeuille et n’y songeai plus. Quinze jours après, de retour à Rome, on chantait chez notre directeur, quand La Captive me revint en tête.
Mademoiselle Vernet, fille du directeur, chanta La Captive, accompagnée au piano. Succès immédiat de la mélodie: tout le monde à la Villa Medici se met à la chanter, même les domestiques! Plus tard, et de retour à Paris, Berlioz développe la version originale et instrumente l’accompagnement pour orchestre – mais ce n’est qu’en 1848 que l’instrumentation de la mélodie atteint sa forme définitive.
C’est aussi à Subiaco que Berlioz termine la composition de Rob Roy qu’il avait esquissé à Nice en mai 1831.
Vue panoramique de Subiaco
Cette ancienne carte postale vient de notre collection.
Le village d’Olevano, près de Subiaco

Autre tableau de Corot (1827), intitulé Vue d’Olevano.
Olevano est un des villages perchés en haut de colline que Berlioz visite
pendant ses randonnées dans la campagne romaine et les pieds des Abruzzes.
Vue panoramique de Subiaco en 2004

Nous remercions bien vivement notre ami Pepijn van Doesburg de
nous avoir envoyé cette photo.
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