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Naples
Berlioz fit plusieurs visites à Naples, entre autres une (fin septembre – début octobre 1831) avec quatre compagnons de route, dont deux étaient lauréats du Prix de Rome de la même promotion que lui (l’architecte Constant Dufeu et Dantan l’aîné, auteur d’un médaillon de Berlioz fait à Rome en 1831):
[...] Je dormais un jour dans le bois de lauriers de l’Académie, roulé dans un tas de feuilles mortes, comme un hérisson, quand je me sentis poussé du pied par deux de nos camarades: c’étaient Constant Dufeu, l’architecte, et Dantan aîné, le statuaire, qui venaient me réveiller.
— Ohé! père la joie! veux-tu venir à Naples? nous y allons.
— Allez au diable! vous savez bien que je n’ai plus d’argent.
— Mais, jobard que tu es, nous en avons et nous t’en prêterons!
Allons, aide-moi donc, Dantan, et levons-le de là, sans quoi nous n’en tirerons rien. Bon! te voilà sur pied!... Secoue-toi un peu maintenant; va demander à M. Vernet un congé d’un mois, et dès que ta valise sera faite, nous partirons; c’est convenu.
Nous partîmes en effet. (Mémoires, chapitre 40)
Berlioz est vivement impressionné par la ville, les montagnes aux alentours et les ruines de Pompéi:
Naples!!! ciel limpide et pur! soleil de fêtes! riche terre!
Tout le monde a décrit, et beaucoup mieux que je ne pourrais le faire, ce merveilleux jardin. Quel voyageur, en effet, n’a été frappé de la splendeur de son aspect! Qui n’a admiré, à midi, la mer faisant la sieste, et les plis moelleux de sa robe azurée et le bruit flatteur avec lequel elle l’agite doucement! Perdu, à minuit, dans le cratère du Vésuve, qui n’a senti un vague sentiment d’effroi aux sourds roulements de son tonnerre intérieur, aux cris de fureur qui s’échappent de sa bouche, à ces explosions, à ces myriades de roches fondantes, dirigées contre le ciel comme de brûlants blasphèmes, qui retombent ensuite, roulent sur le col de la montagne, et s’arrêtent pour former un ardent collier sur la vaste poitrine du volcan! Qui n’a parcouru tristement le squelette de cette désolée Pompéi, et, spectateur unique, n’a attendu, sur les gradins de l’amphithéâtre, la tragédie d’Euripide ou de Sophocle pour laquelle la scène semble encore préparée! Qui n’a accordé un peu d’indulgence aux mœurs des lazzaroni, ce charmant peuple d’enfants, si gai, si voleur, si spirituellement facétieux, et si naïvement bon quelquefois? (Mémoires, chapitre 41)
Dans une lettre à sa famille, Berlioz leur raconte ses impressions pendant la visite des ruines de Pompéi (Correspondance générale no. 246):
Depuis ma dernière lettre, j’ai visité les illustres débris de Pompéï; je ne veux pas vous assommer d’une description de ce squelette de ville, mais à coup sûr, c’est au niveau de ce qu’on peut d’avance s’en figurer. Mes quatre compagnons de voyage et le cicerone gâtaient beaucoup, toutefois, mon petit monde antique; ce n’est pas là l’effet de Pompéï. Je pestais en moi-même contre les circonstances qui m’empêchaient d’être seul, errant, la nuit, au travers des colonnes et des ombres de colonnes, vu de la lune seulement, et libre de me livrer à tous les caprices de mon impressionnabilité (pour ne pas toujours dire imagination). Il doit être beau de pouvoir rêver ainsi au milieu du silence, marchant sur ces grandes dalles polies, dans ces longues rues retentissantes, à travers les temples et les palais; d’aller s’asseoir dans le grand Théâtre tragique, penser aux Sophocles, aux Euripides; de voir en frémissant s’agiter derrière le nuage du passé, au milieu de l’immense Amphithéâtre, les Gladiateurs, les Lions, les Tigres, et, plus effrayant encore, ce peuple altéré de sang, poursuivant de regards avides le cœur de la victime déchirée par l’ongle ou par le fer d’un animal désespéré, et applaudissant à ses dernières pulsations. J’aurais bien voulu dormir dans un de ces jolis appartements pavés de mosaïques qu’on se figure peuplés de belles, drapées à la grecque, au regard fier, impérieux, qu’environnaient de ravissantes esclaves jouant de la lyre et chantant la volupté. Mais tout cela est impossible. Il y a des gardiens partout, qui vous suivent d’un œil attentif; je n’ai pas seulement pu voler pour mon père un pauvre petit débris de fresque ou de mosaïque.
De Naples Berlioz se rend aux Abruzzes et à Subiaco, et ensuite à Tivoli, en compagnie de deux officiers suédois de sa connaissance qu’il avait rencontré, Bennet et Klinksporn.
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Une éruption du Vésuve en 1843
Cet évènement fut rapporté dans l’Illustrated London News du 11
décembre 1843.
La baie de Naples au 19ème siècle
Cette gravure sur acier, intitulée "Tôt le matin", est l’œuvre
de R. Wallis; elle date des années 1870 et est inspirée d’un dessin
antérieur de l’artiste britannique William Callow (1812-1908).
La baie de Naples vers 1900
Naples – le Vésuve
Naples – Pallonetto St. Lucia
Ruines de Pompéi
Ruines de Pompéi
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