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Rome
Le Café Greco
Ouvert par un Grec en 1760 (d’où son nom), le Café Greco est un rendez-vous de prédilection pour les artistes étrangers à Rome tout au long the 18ème et 19ème siècles. Il compte parmi ses visiteurs des écrivains et poètes tels que Keats, Byron et Goethe, et des compositeurs comme Berlioz, Mendelssohn, Liszt, Wagner et Bizet. De nos jours les murs du café affichent des facsimilés laminés de lettres, des vieilles coupures de journaux et des photographies de quelques-uns de ses illustres visiteurs.
Sis au no. 86 de la Via Condotti près de la Place d’Espagne, le Café Greco, non loin de la Villa Medici, était à l’époque de Berlioz le lieu de rencontre habituel des pensionnaires du Prix de Rome. Le jour même de son arrivée Berlioz s’y rend, comme il le raconte dans ses Mémoires (chapitre 33):
Le soir même, après avoir salué M. Vernet, je suivis mes camarades au lieu habituel de leurs réunions, le fameux café Greco. C’est bien la plus détestable taverne qu’on puisse trouver : sale, obscure et humide, rien ne peut justifier la préférence que lui accordent les artistes de toutes les nations fixés à Rome. Mais son voisinage de la place d’Espagne et du restaurant Lepri qui est en face, lui amène un nombre considérable de chalands. On y tue le temps à fumer d’exécrables cigares, en buvant du café qui n’est guère meilleur, qu’on vous sert, non point sur des tables de marbre comme partout ailleurs, mais sur de petits guéridons de bois, larges comme la calotte d’un chapeau, et noirs et gluants comme les murs de cet aimable lieu. Le Cafe Greco, cependant, est tellement fréquenté par les artistes étrangers, que la plupart s’y font adresser leurs lettres, et que les nouveaux débarqués n’ont rien de mieux à faire que de s’y rendre pour trouver des compatriotes.
La visite au Café Greco fait effectivement partie des mondanités de Rome, comme Berlioz le raconte plus loin dans ses Mémoires (chapitre 36):
Le soir, c’était la visite obligée au café Greco, où les artistes français non attachés à l’Académie, que nous appelions les hommes d’en bas, fumaient avec nous le cigare de l’amitié, en buvant le punch du patriotisme. Après quoi, tous se dispersaient…
Et Berlioz d’évoquer ensuite ‘ceux qui rentraient vertueusement à la caserne académique’ après la visite au café, pour passer la soirée avec des concerts improvisés. Il laisse à l’imagination du lecteur de déterminer la destination des autres.
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Toutes les photos reproduites sur cette page ont été prises par Michel Austinen mai 2007. © Monir Tayeb et Michel Austin. Tous droits de reproduction réservés.
L’établissement est visiblement mieux entretenu de nos jours qu’à l’époque de Berlioz.
Le Café Greco

Le Café Greco

L’intérieur du Café Greco

L’intérieur du Café Greco

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