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Berlioz et Halévy
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La carrière de Halévy
Partitions de Halévy disponibles Notes sur les partitions disponibles
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Le succès dont jouit Fromenthal Halévy en France de son vivant fait ressortir en comparaison les difficultés et obstacles auxquels Berlioz dut toujours faire face à Paris. Né dans la capitale en 1799 de parents juifs, Halévy fait tôt preuve de ses talents en musique. Admis au Conservatoire à l’âge de neuf ans, il devient dès 1811 élève de Cherubini, à la mémoire duquel il restera toujours fidèle, et l’appui de Cherubini lui facilitera sa carrière par la suite. Second Prix de Rome en 1816 et à nouveau en 1817, il remporte le Premier Prix en 1819 avec une cantate sur le sujet d’Herminie. Nommé professeur au Conservatoire en 1827 pour l’harmonie et l’accompagnement, il devient professeur de contrepoint et de fugue en 1833, puis professeur de composition en 1840. Il est chef du chant au Théâtre Italien de 1826 à 1829, puis à l’Opéra de 1829 à 1845. Élu membre de l’Institut en 1836, il en devient premier secrétaire en 1854 et le restera jusqu’à sa mort en 1862. À chaque étape de sa carrière on ne peut manquer d’être frappé du contraste avec les longs retards et insuccès dont Berlioz eut toujours à souffrir.
La production abondante d’Halévy réside essentiellement dans le domaine de l’opéra, dans lequel il remporte un double succès en 1835, à l’Opéra avec La Juive, son œuvre la plus connue, et à l’Opéra comique avec L’Éclair. Mais sa popularité restera en deça de celle de Meyerbeer dans le grand opéra et d’Auber dans l’opéra comique. Pendant les deux décennies suivantes Halévy maintient une production soutenue; nombre de ses œuvres feront l’objet de compte-rendus par Berlioz, d’abord dans le Rénovateur (1835) et la Revue et gazette musicale (1838), et par la suite dans le Journal des débats (de 1839 à 1858). Disponibles dans les tomes de Critique Musicale publiés sont les compte-rendus de La Juive (1835 – tome II pages 73-8), Guido e Ginevra (1838 – tome III pages 411-20), Le Shérif (1839 – tome IV pages 139-45), Le Drapier (1840 – tome IV pages 219-27), et La Reine de Chypre (1841 – tome IV pages 609-20).
Le succès de Halévy à l’Opéra dut être vivement ressenti par Berlioz en regard de ses propres difficultés. En 1836 et 1837, alors qu’il essaie de faire monter Benvenuto Cellini, Berlioz se voit obligé de laisser passer Guido e Ginevra de Halévy avant Benvenuto Cellini, bien que sa composition en soit bien moins avancée. Dans le monde restreint du Paris musical de l’époque, les deux hommes eurent sans doute bien des occasions de se rencontrer. Par exemple, en temps que chef du chant Halévy participe aux répétitions pour l’exécution du Requiem en 1837 et de Benvenuto Cellini en 1838. Berlioz et lui feront tous deux partie du jury chargé par le gouvernement français d’adjuger les instruments de musique à la grande exposition à Londres en 1851. Halévy soutient la candidature de Berlioz à l’Institut en 1856, et à partir de ce moment ils auront de nouvelles occasions de s’y rencontrer. Mais le tempérament sociable de Halévy ne suffira pas à créér une réelle amitié entre les deux hommes. Les références à Halévy dans la correspondance de Berlioz sont peu fréquentes et d’ordinaire brèves, et il n’existe que deux lettres publiées de Halévy à Berlioz datant des dernières années de leurs relations (Correspondance générale nos. 2440 and 2574, ci-après abrégée CG). Les différents rapports qu’ils avaient entretenus avec Cherubini pouvaient aussi prêter à des froissements – Berlioz raconte dans ses Mémoires (chapitre 46) une intervention de Halévy auprès de M. Bertin pour le compte de Cherubini en 1837, à l’époque des intrigues concernant la commande de Requiem.
Les opinions émises par Berlioz sur la musique de Halévy, dans sa correspondance et ses compte-rendus, sont partagées. Berlioz la critique parfois sans ménagement; une lettre à Humbert Ferrand du 15 avril 1835 parle de ‘cette misérable Juive’ (CG no. 429 – remarquons au passage qu’il n’y a jamais la moindre trace d’antisémitisme dans les rapports entre Berlioz et Halévy, de même que pour ses rapports avec Mendelssohn et Meyerbeer). Dans le compte-rendu qu’il publie de l’opéra, s’il trouve plusieurs morceaux à louer, il critique sans ménagement le luxe extravagant de la mise en scène qui a pour effet d’anéantir pratiquement la musique. Mais Berlioz était toujours prêt à reconnaître ce qui méritait éloge, et on ne pouvait nier à Halévy le fini et la compétence de son écriture. Berlioz appelle Le Shérif ‘un charmant opéra comique’ (lettre du 23 septembre 1839 à Lecourt; CG no. 666 et voyez le compte-rendu détaillé mentionné ci-dessus), et à propos du Val d’Andorre il écrit: ‘Halévy vient d’obtenir un succès monstre avec son Val d’Andorre à l’op. comique. C’est vraiment bien. Il y a des choses dans sa partition d’un sentiment très élevé et très juste, et des mélodies charmantes. J’ai dit ce que je pensais dans mon feuilleton’ (lettre du 28 novembre 1848 au Comte Michel Wielhorski; CG no. 1240). Il loue l’instrumentation de Halévy, domaine dans lequel Halévy, quoique non exempt des conventions de l’époque dans l’utilisation des instruments à percussion, avait quand même fait preuve de talent (Critique Musicale IV pages 143-4 sur Le Shérif; IV pages 614-16 sur La Reine de Chypre; compte-rendu de Nabab dans le Journal des débats, 4 septembre 1853). Mais somme toute l’influence de Halévy sur Berlioz reste minime et ne peut en aucune façon se comparer à celle de Meyerbeer.
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Partitions
de Halévy disponibles
Un *astérisque indique que la partition est citée par Berlioz dans son Traité d’instrumentation
La Juive, Introduction au Ier Acte (durée 5'49")
(fichier créé le 13.9. 2004) [nécessite Scorch 3]*La Juive, Acte IV, ritournelle de l’air d’Eléazar (durée 1'8")
(fichier créé le 11.12.2002)La Juive, Marche extraite du Vème Acte (durée 3'56")
(fichier créé le 13.9. 2004) [nécessite Scorch 3]
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Notes
sur les
partitions disponibles
La Juive, extraits
Introduction au Ier Acte
La partition ne comporte pas d’indications de métronome; le mouvement a été fixé à noire = 72.
Ritournelle (Acte IV)
Dans son Traité d’instrumentation, au chapitre sur le cor anglais, Berlioz cite la ritournelle d’orchestre de l’air d’Eléazar’s au IVème Acte de La Juive, "Rachel, quand du Seigneur la grâce tutélaire" (l’air fait partie d’un recueil d’Airs français chanté par Ben Heppner, paru en 2002; Deutsche Grammophon 471 372-2).
Le mouvement de cet extrait a été fixé à noire = 60.
Marche extraite du Vème Acte
On remarquera dans l’Introduction et la Marche que la partie de timbales est parfois dissonante par rapport au reste de l’orchestre, notamment aux mesures 71-8 de la Marche où le la naturel des timbales jure avec la tonalité de fa dièse majeur. Il ne s’agit sans doute pas d’une faute de gravure (bien que la partition publiée par Schlesinger comporte de nombreuses erreurs), mais reflète la pratique de l’époque de considérer les timbales à l’occasion comme instruments à percussion sans tonalité fixe, du fait de la difficulté de les accorder rapidement. C’est une pratique que Berlioz évite d’habitude (il y a cependant un passage dans l’ouverture de Benvenuto Cellini – mesures 335-7 – où les trois timbales donnent un accord de sol majeur contre l’accord de mi bémol majeur dans le reste de l’orchestre).
Le mouvement a été fixé à noire = 88.
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The Meyerbeer Fan Club - A Biography of Halévy (en anglais seulement)
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Site Hector Berlioz créé par Michel Austin et Monir Tayeb le 18 juillet 1997.
Page Berlioz et Halévy créée le 11 décembre 2002.
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