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Berlioz en Allemagne
et en Europe Centrale

PRAGUE

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Présentation
1846
Après 1846 
Prague ancienne et moderne
Salles de concert

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Présentation

C’est de notoriété publique que les Bohêmes sont, en général, les meilleurs musiciens de l’Europe et que l’amour sincère et le vif sentiment de la musique sont répandus chez eux dans toutes les classes de la société.

Berlioz, Mémoires, Deuxième Voyage en Allemagne, Sixième Lettre

    Bien des années avant le commencement de ses voyages en Europe c’est avant tout à l’Allemagne que Berlioz songe et il ne semble pas que l’idée de rendre visite à Prague lui soit venue à l’esprit. Prague ne figure pas dans la liste de villes sur son itinéraire au début de son premier voyage en Allemagne en décembre 1842 (Correspondance Générale no. 791; ci-après CG tout court), et n’entre pas non plus dans ses plans au départ du deuxième voyage de 1845-6. En fait, selon les Mémoires (Deuxième voyage en Allemagne, 4ème lettre), pendant son séjour à Vienne en novembre et décembre 1845 on le met en garde contre toute vélléité de voyage à Prague:

J’avais déjà parcouru l’Allemagne dans tous les sens avant que l’idée de visiter la Bohême me fût venue. Quand elle me vint enfin, à Vienne, je dus prudemment la repousser d’après les conseils de plusieurs personnes en apparence bien informées. « N’allez pas à Prague, me disait-on, c’est une ville de pédants, où l’on n’estime que les œuvres des morts; les Bohêmes sont excellents musiciens, il est vrai, mais musiciens à la manière des professeurs et des maîtres d’école; pour eux, tout ce qui est nouveau est détestable, et il est à croire que vous n’auriez point à vous louer d’eux. »

J’avais donc pris mon parti de m’abstenir et de renoncer à ce voyage, quand on m’apporta une Gazette musicale de Prague contenant trois grands articles sur mon ouverture du Roi Lear. Je me les fis traduire, et bien loin d’y trouver l’humeur malveillante et la pédantisme qu’on attribuait aux Bohêmes, je reconnus avec joie que cette critique avait au plus haut degré les qualités contraires. L’auteur, M. le docteur Ambros, me parut unir un véritable savoir à un jugement sain et à une brillante imagination. Je lui écrivis pour le remercier et lui soumettre mes doutes sur les dispositions de ses compatriotes à mon égard. Sa réponse les détruisit complètement, et m’inspira autant d’envie de visiter Prague que j’avais auparavant de crainte de m’y montrer. On ne m’épargna pas les plaisanteries à Vienne, quand on sut que j’étais décidé à partir. « Les Pragois prétendent avoir découvert Mozart, ils ne jurent que par lui, ils ne veulent entendre que ses symphonies, ils vont bien vous arranger, etc. » […]

    Les articles sur l’ouverture du Roi Lear résultaient d’une exécution de cette œuvre donnée en 1845 au Conservatoire de Prague sous la direction de J.-F. Kittl (1808-1868), directeur du Conservatoire, qui, avec le Dr August Ambros (1816-1876), va bientôt devenir un des principaux défenseurs de Berlioz à Prague. Les écrits de Berlioz ne révèlent pas tout l’arrière-plan de sa visite, mais on dispose d’utiles témoignages contemporains sur l’ambiance musicale de Prague grâce aux souvenirs du critique Eduard Hanslick (1825-1904) qui y travaille à l’époque (on en trouvera des extraits en anglais dans Michael Rose, Berlioz Remembered [2001], cité ci-dessous par son titre seul). Hanslick est connu plutôt pour son opposition ultérieure à Wagner – et d’ailleurs à Berlioz lui-même – mais jeune homme alors il s’enthousiasme avec d’autres musiciens de Prague pour Berlioz et la musique progressive. D’après Hanslick une étape décisive dans leur campagne est la nomination de Kittl à la direction du Conservatoire en 1843; la réputation grandissante de Berlioz en Allemagne et ses concerts à Vienne leur donnent l’ambition de faire venir le célèbre compositeur français à Prague pour y diriger sa musique (Berlioz Remembered, p. 151). Prague est acquise à Berlioz avant même son arrivée.

    Les lettres de Berlioz qui subsistent pour les derniers mois de 1845 ne nous renseignent pas sur ses préparatifs – par exemple, la lettre à Ambros citée par Berlioz est perdue, mais Berlioz a dû certainement se renseigner sur la situation à Prague et préparer le terrain. En tout état de cause les projets de Berlioz sont de notoriété publique à Vienne au début de 1846. Le 6 janvier le journal Der Wanderer annonce ses déplacements dans les semaines à venir: ‘Hector Berlioz va bientôt se rendre la semaine prochaine à Prague, où des préparatifs sont en cours pour l’exécution de ses compositions. De là il se rendra à Pesth, d’où il reviendra à Vienne pour organiser un grand concert instrumental’. Une semaine plus tard, le 12 janvier, l’Allgemeine Theater Zeitung annonce son départ pour Prague le lendemain. La première lettre de Berlioz à nous renseigner sur sa visite est datée de Vienne le 9 janvier; elle est adressée au Comte Albert Nostitz, mécène influent et un des défenseurs de Berlioz à Prague (CG VIII no. 1013ter): ‘Je me propose de partir incessamment pour Prague dans le but d’y faire entendre quelques-unes de mes composition. Je prends la liberté de me recommander à votre bienveillance pour obtenir l’assistance de l’orchestre du conservatoire dont tout le monde m’a vanté la supériorité’.

1846

Chronologie

Premier séjour:
13 janvier: Berlioz se rend de Vienne à Prague
19 janvier: premier de trois concerts, dans la Sophiensaal [2ème mouvement de Harold en Italie (? alto solo); 4 premiers mouvements de la Symphonie fantastique; Le Jeune Pâtre breton (Katerina Podhorska, contralto), Le Chasseur danois (Strackaty, basse), Zaïde (Katerina Podhorska, contralto); ouverture du Carnaval romain]
25 janvier: deuxième concert, dans la Sophiensaal [2ème mouvement de Harold en Italie (? alto solo); les 3 mouvements médians de la Symphonie fantastique; Scherzo de la Reine Mab et Scène d’amour de Roméo et Juliette; ouverture du Carnaval romain]
28 janvier: troisième concert, au théâtre [Zaïde (Katerina Podhorska, contralto); les mouvements 2-4 de Roméo et Juliette]
29 janvier: Berlioz repart pour Vienne

Jusqu’au 5 février: Vienne
6-27 février: Pesth
1-24 mars: Breslau

Deuxième séjour:
25 mars: Berlioz arrive  à Prague en provenance de Breslau
31 mars: quatrième concert, au théâtre [ouverture du Carnaval romain; intégrale de la Symphonie fantastique; La Belle voyageuse (Katerina Podhorska, contralto); Rêverie et caprice pour violon et orchestre (Mildner, violon solo)]
7 avril: cinquième concert [ouverture du Roi Lear; Weber Invitation à la valse, orch. Berlioz; Rêverie et caprice (Mildner, violon solo); 2ème mouvement de Harold en Italie (Mildner, alto solo); les 3 mouvements médians de la Symphonie fantastique]
17 avril: sixième concert, dans la Sophiensaal [intégrale de Roméo et Juliette; solistes Rzepka (contralto), ? (ténor), Strackaty (Père Laurence)]
18 ou 19 avril: Berlioz quitte Prague pour Brunswick

    Sur les deux séjours de Berlioz à Prague en 1846 on dispose en premier lieu du témoignage des écrits du compositeur: les lettres qui ont survécu, et les rapports rédigés avec un certain retard dans les premiers mois de 1848. Ils seront finalement publiés à l’été de 1848, non dans le Journal des Débats comme d’abord prévu, mais dans la Revue et Gazette Musicale (le 6, 20 et 27 août), sous forme de trois Lettres portant le titre général de ‘Voyage musical en Bohême’. Dans celles-ci Berlioz brosse un tableau des institutions musicales de Prague comparées à celles de Paris; il en profite pour faire des recommendations sur l’enseignement de la musique au Conservatoire de Paris, mais ne dit que peu sur ses propres concerts et ceci seulement vers la fin de la troisième Lettre. Dans leur première publication les lettres sont adressées à Ferdinand Friedland, mélomane qui a rendu service à Berlioz en 1846 lors de ses visites à Breslau et à Prague, où Friedland s’était installé (il était propriétaire de l’usine à gaz de la ville). Friedland est parmi les amis de Berlioz qui lui apportent un secours financier après l’échec de la Damnation de Faust à Paris en décembre 1846: secours qui, plutôt que d’éventuels services rendus à Berlioz à Prague, pourrait sans doute expliquer la dédicace d’origine. Par la suite Berlioz reprendra les lettres pour les insérer dans ses Mémoires (Deuxième voyage en Allemagne, Lettres 4-6), mais la dédicace à Friedland est maintenant supprimée de manière un peu surprenante pour être remplacée par une à Humbert Ferrand, son ami d’enfance, auquel les trois premières lettres (Vienne, Pesth) étaient adressées dès l’origine.

    Autre changement dans les Mémoires: deux lettres publiées également en 1848 dans la Revue et Gazette Musicale (le 23 et 29 juillet), dans le cadre du même ‘Voyage musical en Bohême’ et sous le titre ‘Le Harpiste ambulant’, ne seront pas reprises. La nouvelle en question évoque un incident lors du voyage de Vienne à Prague: un viaduct a été emporté par des inondations, ce qui force les voyageurs à quitter le chemin de fer pour se rendre par la route vers la station la plus proche afin de reprendre le voyage en train. Pendant l’attente du train de Prague Berlioz rencontre un harpiste ambulant qui l’a entendu diriger Roméo et Juliette à Vienne quelques jours plus tôt; les deux hommes se plongent dans une longue et romanesque conversation. La nouvelle sera reprise par Berlioz en 1852 dans ses Soirées de l’orchestre où elle fournit la matière de la deuxième soirée.

    Autre omission des Mémoires: il n’y est soufflé mot de la présence de Marie Recio, qui cependant accompagne Berlioz dans ses deux voyages en Allemagne et se rend à Prague avec lui. On trouve peu d’allusions à elle dans les lettres qui ont survécu, et seulement après coup: de retour à Paris pendant l’été Berlioz s’enquiert plusieurs fois d’un manchon de fourrure de luxe oublié par mégarde dans leur hôtel de Prague et qui semble-t-il ne sera jamais récupéré (CG nos. 1044, 1044bis [tome VIII], 1057). Dans une lettre ultérieure à Kittl Berlioz exprime son désir de retourner à Prague mais il ajoute cette précision: ‘J’irai seul cette fois et tout mon temps sera à votre disposition si vous en avez un peu à la mienne’ (CG no. 1174, 12 février 1848, de Londres). La présence de Marie Recio a visiblement été remarquée, mais sans d’ailleurs faire tort au succès musical de la visite.

    Les souvenirs de Hanslick apportent ici des compléments d’information d’une source de première main: Hanslick est en contact presque quotidien avec Berlioz pendant son premier séjour et lui sert d’interprète et de guide (Berlioz Remembered, pages 141, 152-3). Il évoque la présence parfois dominatrice de Marie Recio; lors de leur arrivée à Prague, elle est même prise pour Harriet Smithson par le Dr Ambros, à la confusion de Berlioz... Ils logent à l’Hôtel de l’Étoile Bleue (Hotel Zum Blauen Stern) dans la vieille ville, hôtel qui plaît à Berlioz: pour son deuxième séjour en mars-avril il demande de loger si possible dans le même appartement du même hôtel (CG no. 1026, 10 mars, de Breslau). Hanslick présente aussi Berlioz à son maître, le vénérable compositeur Tomaschek (1776-1850), que Berlioz mentionne dans sa troisième Lettre de Prague ainsi que dans sa correspondance (CG no. 1016, ci-dessous). La correspondance de 1846 fait assez fréquemment allusion à Hanslick (CG nos. 1019, 1025bis, 1026, 1030, 1041, 1044), mais par contre les Mémoires n’en parlent pas. Dans une lettre à Liszt du 26 mars Berlioz appelle Hanslick ‘un charmant jeune homme plein d’enthousiasme pour les grandes choses musicales et qui a écrit sur l’art comme on écrit quand on a de l’âme, du cœur et de l’intelligence’ (CG no. 1030). Hanslick écrit des articles enthousiastes sur Berlioz dans la presse locale: deux articles dans la revue Ost und West du 22 et 24 janvier ont pour titre Ritter Berlioz in Prag (‘Le chevalier Berlioz à Prague’), titre qui fait délibérément écho à l’opuscule publié par Robert Griepenkerl à Brunswick en 1843. Hanslick se tournera bientôt contre Berlioz; mais il ne niera jamais la probité artistique de Berlioz ni la profonde impression qu’il fit sur Prague en 1846 (Berlioz Remembered, pages 269-70; cf. David Cairns, Hector Berlioz II [2002], pages 364-70, 376-9).

    Les six concerts de Berlioz à Prague, donnés soit au théâtre – plutôt étroit – soit dans la Salle de Sophie, font sensation. Le premier récit de ses expériences musicales vient d’une lettre à Johann Vesque von Puttlingen à Vienne datée du 21 janvier, deux jours après le premier concert (CG no. 1016):

[…] Rien n’est plus aisé que de dire à des amis éloignés: « J’obtiens ici un succès fabuleux, incroyable, mirobolant » on est bien sûr que les correspondants ne pourront pas, de quelque temps au moins, vous donner un démenti […] … Sérieusement, le succès de mon premier concert a été d’une spontanéité et d’une ardeur rares. Tous les Praguois que je connais m’assurent que jamais leur ville ne s’est montrée dans un tel état d’exaspération musicale. Ils ont bissé trois morceaux; le Docteur Ambros et Kittl prétendent que cela ne se fait jamais ici pour la musique instrumentale. La Scène aux champs et la Marche au Supplice surtout, ont produit une impression extraordinaire. L’exécution m’a paru remarquable, l’orchestre composé de la réunion des artistes du Théâtre et des premiers élèves du Conservatoire, m’a étonné par la promptitude de sa conception et l’habileté de la plupart des instrumentistes. C’est peut-être la reconnaissance qui me fait parler ainsi, car la plupart des musiciens me traitent en Fétiche, en Manitou, en Grand Lama. Kittl assiste à toutes les répétitions à la tête des classes du Conservatoire qu’il amène pour étudier la manière de défricher des Landes et l’art de se faire un chemin dans les broussailles. Quant au docteur Ambros, son bonheur est si complet, qu’il est communicatif ou contagieux, et je suis vraiment heureux d’être à Prague ne fusse que pour voir sa joie. Tomaschek s’est prononcé: 1/3 pour 2/3 contre. Il dit que je ne suis pas tout à fait fou mais que peu s’en faut. On m’annonçait aussi à mon arrivée l’opposition d’un Journalier musical qui ignore la musique, nommé Got ou God [Gut], lequel s’étant lancé, tête baissée, contre l’ouverture du Roi Lear qu’il entendit il y a un an, met son amour propre à prouver qu’on ne peut rien comprendre à ce que je fais. Je ne sais pourtant pas le résultat du concert sur son opinion… et je dors néanmoins. Presque toute la Noblesse de Prague assistait à la séance. Ces dames n’ont pas épargné leurs mains aristocratiques. Enfin tout va; il y a seulement un insecte dont je voudrais inutilement me débarasser et qui me ronge tant qu’il peut, c’est le directeur du théâtre [Hoffman]. Son privilège l’autorise à prendre 12 pour 100 sur les recettes des concerts, et quand la somme perçue est respectable, comme celle de lundi dernier, cette dîme devient écrasante. Que faire….. comme à l’ordinaire, rendre à César ce qui n’est pas à César, Sic nos non nobis etc.

Dimanche prochain l’ultima accademia, et le lendemain partiremo per Vienna. […]

    Le 27 janvier, le lendemain du deuxième concert, il écrit à Joseph d’Ortigue (CG no. 1017):

[…] Je veux te parler seulement de mon excursion à Prague. J’y arrivais avec l’idée de tomber au milieu d’un population de pédants antiquaires ne voulant rien admettre que Mozart, et prêts à conspuer tout compositeur moderne. Au lieu de cela j’ai trouvé des artistes dévoués, attentifs, d’une intelligence rare, faisant sans se plaindre des répétitions de quatre heures, et au bout de la seconde répétition se passionnant pour ma musique plus que je n’eusse jamais osé l’espérer. Quant au public il s’est enflammé comme un baril de poudre; on me traite maintenant en Fétiche, en Lama, en Manitou. Au concert d’hier on a redemandé CINQ morceaux, et j’ai cru qu’ils devenaient tous enragés à la fin du Scherzo de la Fée Mab, exécuté, il faut le dire, avec une verve et dans un mouvement extraordinaires. J’ai fait à ce morceau une importante correction qui en augmente beaucoup l’effet en diminuant sa durée qui était excessive. Cependant le morceau qui a réuni les suffrages les plus précieux et dont l’effet a été le plus profond, c’est la Scène d’amour (l’Adagio) de Roméo et Juliette.

Je vais retourner à Vienne après mon troisième concert qui a lieu demain au théâtre; je suis affiché pour un sixième à Vienne et j’arriverai juste pour la répétition, si les wagons du chemin de fer ne sautent pas.

A Vienne il y a discussion dans un petit coin hostile, ici rien de pareil, il y a adoration (ce mot est risible mais vrai). Et elle se manifeste de la façon la plus originale et dans des termes que je ne voudrais pour rien au monde voir mis sous les yeux de nos blagueurs Parisiens. Si tu vois Pixis dis-lui que je suis plus que content de ses compatriotes; j’ai entendu avant hier son neveu au Conservatoire, c’est un jeune violoniste de 14 ans d’un très grand talent déjà et qui fera honneur à son nom. […]

Vois s’il y a moyen d’infliger quelques mots à quelque grand journal sur ce succès de Prague. Tu peux écrire une réclame de six ou sept lignes où tu parleras aussi de Vienne. Mais s’il te faut marcher plus de cent pas pour cela, n’y songe plus. […]

2e P.S. (28 janvier) Je viens d’envoyer à Schlesinger l’extrait français de la lettre d’un Anglais de ma connaissance sur les concerts de Prague; si ce fragment paraît dans la Gazette Musicale veux-tu être assez bon pour aller de ma part prier Antoine Galignani de le reproduire aussi dans son Journal. Bowes aura la complaisance de le remettre en anglais et cela produira un effet national à Londres. Pardon de te cauchemarder ainsi.

On vient de m’avertir que nous aurions un monde fou au théâtre ce soir. […]

    Après son troisième concert Berlioz est bientôt de retour à Vienne, d’où il écrit à Kittl le 3 février exprimant son désir de revenir à Prague après les excursions qu’il envisage pour Pesth et Breslau, et prodiguant ses conseils sur les préparatifs nécessaires (CG no. 1019; voir aussi les nos. 1021, 1022, 1025bis [tome VIII]):

[…] Puisque vous et tous les Pragois, artistes et amateurs, m’avez témoigné tant de bienveillance et une si flatteuse sympathie, mon plus vif désir est de pouvoir encore passer quelques jours dans votre capitale et y faire entendre quelques ouvrages qui y sont inconnus. Je vous écris donc d’avance, mon cher Monsieur Kittl, comme au représentant naturel de la musique à Prague et à l’ami de mes amis: MM. Ambros, Hanslick, Gordigiani [professeur au Conservatoire], Scraup [chef des chœurs au théâtre ], Hoffmann et Strackaty, doivent considérer cette lettre comme les concernant aussi.

Soyez mon interprète auprès d’eux et veuillez leur exprimer avec la chaleur de cœur qui vous caractérise, la reconnaissance que je ressens pour leurs bons offices et l’orgueil que m’inspire leur amitié. Vous devinez jusqu’à quel point je réponds à la vôtre. […]

    Pendant son séjour à Breslau Berlioz s’impatiente déjà de retourner à Prague. Le 10 mars il écrit à Ambros (CG no. 1026):

[…] Après l’unique concert que je donnerai ici et qui aura lieu le 15 ou le 16 je partirai pour Prague où je me trouverai beaucoup mieux que dans cette froide et peu musicale ville silésienne […]

    Le même jour à Robert Griepenkerl à Brunswick (CG no. 1027):

[…] J’ai à donner un seul concert ici, ensuite je partirai pour Prague où l’on monte Roméo et Juliette pour la fin du mois. Après les 3 concerts que j’ai donnés le mois passé dans cette ville, j’ai dû repartir brusquement pour Vienne et Pesth, mais en promettant formellement de revenir avant de quitter l’Allemagne; ces excellents Bohèmes m’ont fait un tel accueil que je serais bien ingrat si je ne tenais pas ma parole. […]

    Le jour de son départ de Breslau (24 mars) il commence une lettre à sa sœur Nanci qu’il termine le lendemain en arrivant à Prague (CG no. 1029):

[…] J’arrive aujourd’hui (à Prague) et je reprends ma lettre où je l’avais laissée. Le concert (unique) de Breslau a été superbe […] Pourtant je me trouve heureux d’être rentré dans cette belle ville de Prague où j’avais promis de revenir après les 3 concerts que j’y avais déjà donnés, et où l’on m’adore ni plus ni moins que les Indiens adorent Brahma ou Vichnou. Pendant que j’étais en Silésie on préparait ici Roméo et Juliette et je vais commencer bientôt les grandes répétitions. Je compte donner seulement deux concerts pour faire aux Bohèmes mes adieux définitifs, (pour cette année s’entend) puis je cours en chemin de fer jusqu’à Brunswick où je retrouverai mes autres Indiens de 1843 qui m’ont écrit pour m’engager à aller les revoir, et de là je rentrerai enfin à Paris. Je t’assure que cette vie nomade toute pénible qu’elle soit parfois, est d’un grand intérêt, non seulement sous le rapport de l’art, cela se devine, mais par les observations qu’elle me permet de faire sur les différents milieux sociaux où je me trouve introduit. […]

Je suis si prolixe aujourd’hui que je continue ma lettre sur ce beau papier enjolivé. La vignette représente la salle de Redoute de L’île de Sophie, dans laquelle j’ai donné ici deux concerts et où je vais monter Roméo et Juliette (le théâtre est trop petit pour cette Symphonie). L’île de Sophie est au milieu de la Moldau, tout près de la ville, et doit être ravissante au printemps quand les feuilles et les fleurs sont épanouies. Les environs de Prague sont magnifiques, des vues accidentées splendides, un fleuve majestueux et puis les habitants me montrent tant de plaisir à me revoir et le désir de me réentendre que je trouve tout charmant même la langue Bohème dont je ne sais pas un seul mot. […]

    Le 1er avril, le lendemain de son quatrième concert, Berlioz écrit de nouveau à Robert Griepenkerl (CG no. 1031):

[…] Nous avons produit cette symphonie [la Fantastique] hier soir au théâtre, avec tout le succès imaginable et une exécution qui eût été parfaite si j’avais eu de bons Timbaliers; mais ici personne ne sait jouer des Timbales et les 4 de la Scène aux Champs ont été d’une faiblesse extrême qui a gâté un effet saisissant. J’avais deux bonnes Harpes. Le public a fait répéter la scène du Bal et de la Marche au Supplice. On avait déjà redemandé l’ouverture du Carnaval, mais je me suis dispensé d’accéder à cette demande pour ne pas éreinter l’orchestre qui avait besoin de toutes ses forces pour la symphonie. […]

Je vous remercie de tous les efforts que vous faites pour la propagation de nos idées en musique, le temps est le plus grand des maîtres, soyez sûr qu’elles triompheront peut-être plus tôt que nous ne pensions sur tout le nord de l’Allemagne; quant au sud l’affaire sera bientôt faite. A Vienne on dispute encore, il y a une minorité hargneuse dans les journaux que je n’ai point voulu ni flatter ni solliciter d’aucune façon (et la presse de Vienne aime beaucoup à trouver son intérêt à dire le pour et le contre). Ici à Prague, à Breslau d’où j’arrive, et à Pesth, il n’y a eu qu’une voix, le public s’est laissé faire et tout a marché à souhait. Ici surtout c’est un vrai fanatisme. […]

    Le 16 avril, la veille de son dernier concert, il écrit longuement à Joseph d’Ortigue (CG no. 1034):

[…] J’ai donné un excellent concert à Breslau et je me suis hâté de revenir ici où j’étais attendu et où j’ai retrouvé les chœurs de Roméo et Juliette parfaitement sus par l’Académie de chant. J’ai respiré en m’entendant pour la première fois exécuté par des choristes amateurs si différents des braillards des théâtres. Nous avons fait hier la dernière répétition générale où beaucoup de monde s’était introduit, et que Liszt m’a aidé à faire marcher en me servant d’interprète.

J’ai eu le plaisir de le voir souvent étonné et touché par cette composition, qui lui était demeurée jusqu’à présent absolument inconnue. Je crois que tu serais content des grands changements que j’y ai faits. Il n’y a plus qu’un prologue (le Ier) et beaucoup modifié et raccourci, il y a des corrections très importantes dans le Scherzo, dans le grand Final, et dans le récitatif mesuré du père Laurence. Enfin cela marche maintenant tout à fait bien, et je supprime entièrement la scène du Tombeau qui ne te plaisait guère et qui fera toujours la même impression qu’à toi à beaucoup de gens. Mais l’Adagio, de l’avis de tous, ici comme à Vienne, reste le meilleur morceau que j’aie encore écrit. Hier à la répétition, celui-là et la Fête chez Capulet ont été furieusement applaudis, contre l’usage du pays où l’on ne dit jamais le mot aux répétitions.

J’ai un très bon Père Laurence (Strackaty), un Bohême, dont la voix est belle et le sentiment musical très juste. Après la répétition tous ces messieurs m’ont fait une surprise en m’invitant à un grand souper où l’on m’a offert une coupe de Vermeil de la part des principaux artistes de Prague, avec force vivats, couronnes, applaudissements, discours; (Liszt en a fait un vraiment superbe de chaleur et d’enthousiasme dont les termes sont trop beaux pour que je te les répète ici.) Puis le Prince de Rohan notre compatriote, Dreyschok, le Directeur du Conservatoire, les deux maîtres de chapelle du théâtre et de la Cathédrale, les premiers critiques musicaux de la ville, etc. J’ai (parmi mes toasts) porté la santé de ces derniers que je n’avais pas encore vus, n’ayant pas fait une seule visite à la presse, en les remerciant de leur bienveillance que je méritais peu puisqu’ils devaient me trouver au moins impoli à leur égard, mais je pensais leur faire honneur par ma grossièreté. Cette phrase les a fait tous prodigieusement rire et les a flatté beaucoup, quand ils l’ont comprise. Ceux de Vienne aiment mieux autre chose. Ils ont cependant dû s’en passer aussi, mais il y a parmi eux deux Charles Maurice qui m’en garderont toujours rancune.

Ils m’ont fait hier promettre de revenir monter ici la Damnation de Faust, dès que cette partition aura été donnée à Paris; j’ai encore quatre grands morceaux à faire pour la terminer. […]

Adieu encore; je suis un peu fatigué de tous ces cris, de toutes ces embrassades, de toutes ces rasades d’hier. Mais je me promets de l’exécution de Roméo un plaisir immense et que j’avoue sans pudeur comme ferait certain académicien. – Ils chantent maintenant ici les thèmes de la Fantastique (l’Idée fixe et le Bal) jusque dans les rues. Ils ont fait des phrases de cettte symphonie une sorte d’argot musical. Quant on rencontre une femme

idée fixe 1

veut dire qu’elle est charmante.

idée fixe 2

signifie qu’elle a l’air commun et hardi;

hautbois

veut dire qu’on est triste et inquiet, etc, etc.

Mon troisième et dernier concert à Prague aura lieu demain; cela fait le sixième en tout que j’y aurai donné cet hiver en deux visites. […]

    En pleine tournée de concerts en 1846 Berlioz est en train de composer la Damnation de Faust, comme cette lettre le laisse entendre. Selon les Mémoires (chapitre 54) c’est à Prague que la mélodie du dernier chœur lui vient à l’esprit: il se lève au milieu de la nuit tremblant de l’oublier pour la mettre par écrit.

    Après son dernier concert à Prague Berlioz est bientôt en route pour Brunswick et ensuite Paris, d’où il écrit à Kittl le 6 mai (CG no. 1041):

[…] Mon dernier concert en Allemagne, celui de Brunswick, a été très brillant et très productif, l’exécution admirable d’ensemble et de nuances n’a rien laissé non plus à désirer. Mais comme j’aime le public de Prague! combien il me paraît au-dessus des autres publics. Ah je voudrais bien pouvoir le retrouver l’année prochaine et il ne dépendra pas de moi que je ne vous fasse une seconde visite. Votre aimable réception, toutes les flatteuses marques d’intérêt que j’ai reçues des artistes et des amateurs de Prague ont fait ici un effet immense; on m’accable de questions sur vous personnellement, sur le Conservatoire, sur les principaux artistes etc, etc, et vous devinez comment j’y réponds……. tous mes amis vous savent un gré infini de ce que vous avez fait pour moi. […]

Adieu, mon cher Kittl, mille choses affectueuses à tous nos amis de Prague et en particulier à Gordigiani, à M. Hanslick, Dreyschock, à Ambros et à Hoffmann. J’ai écrit deux fois à Ambros, une fois de Dresde, une autre de Brunswick, et je n’ai pas reçu un mot de réponse.

Tout à vous de cœur et d’âme et ne nous oubliez pas. […]

Après 1846

    Le succès de Berlioz à Prague lui est d’autant plus agréable qu’il était inattendu, et Berlioz gardera longtemps une prédilection pour cette ville. Dans une lettre de 1852 il nomme Prague ‘la ville qui s’est le plus passionnée pour ma musique’ (CG no. 1489). Après la série de concerts de 1846 il pose en principe qu’il retournera à Prague, avec le but notamment d’y faire entendre la Damnation de Faust, écrite en partie pendant ses voyages de 1846. Pendant les deux années à venir il ne cesse de faire part à ses correspondants à Prague et à Vienne de son envie de revenir. À Ambros, à propos d’une exécution du Requiem à Saint-Eustache à Paris le 20 août 1846, il confie (CG no. 1057, 21 août; cf. plus tôt no. 1044, 8 juin):

[…] J’aurais bien voulu vous voir là, mon cher Ambros, vous et nos amis de Prague. Quand donc pourrai-je aller vous faire entendre cette partition dans la Salle Espagnole du Palais de l’Archiduc et avec l’aide de notre excellent Kittl?… […]

    À Kittl, la veille de son départ pour la Russie en 1847 (CG no. 1093; 22 janvier):

[…] Si je ne vais pas en Angletterre à mon retour de Russie, certainement j’irai visiter de nouveau cette belle et noble ville de Prague dont j’ai conservé de si chers souvenirs. […]

J’aurais bien voulu, avant de partir, trouver le temps d’écrire mes lettres sur mon dernier voyage en Allemagne; impossible… il faut y renoncer jusqu’à l’Eté peut-être. J’aurais tant à dire de vous en particulier et de votre conservatoire, que j’eusse été, je crois, lu avec intérêt. Enfin ce n’est qu’ajourné… […]

    Un feuilleton du Journal des Débats du 5 février 1847 (p. 2; Critique musicale VI p. 280-1) fait un passant un éloge flatteur de Prague et de Kittl lui-même:

[…] cette radieuse ville de Prague où l’enthousiasme vit encore, où le culte de l’art s’est conservé, où on ose nommer de jeunes hommes pleins de feu, d’intelligence et de zèle aux postes les plus importants, à tel point que M. Kittl, compositeur d’un grand mérite, ami de son art, esprit vif, entreprenant, dirige le Conservatoire, et n’a que trente-deux-ans. […]

    À Vesque von Puttlingen à Vienne (CG no. 1144; 23 novembre 1847):

[…] Vous me parlez de Faust; il nous serait bien difficile pour ne pas dire impossible de le monter à Vienne faut d’un Ténor. […] Nous allons monter cet ouvrage ici. Peut-être irai-je à Prague après la saison de Londres. Je pourrais y donner Faust sans difficulté, le théâtre possédant tout ce qu’il me faut (à peu près) pour les rôles. Il y aurait seulement le chœur à renforcer. En ce cas nous nous verrions, je l’espère. […]

    À Kittl de nouveau, cette fois de Londres (CG no. 1174; 12 février 1848):

[…] Notre théâtre de Drury-Lane va fermer dans quinze jours, sa saison est finie. Après cela je voudrais bien aller vous faire entendre mon dernier ouvrage. Voyez si la chose est possible. Proposez à M. Hoffmann de monter (comme concert) Faust à son théâtre. […]

Répondez-moi le plus tôt possible. Je serai si heureux de vous revoir tous et nous passerons ensemble de bonnes heures. J’irai seul cette fois et tout mon temps sera à votre disposition si vous en avez un peu à la mienne. Je viens d’écrire deux longes lettres sur Prague que le Journal des Débats insérera un de ces jours, mais il en manque une troisième dont je m’occupe en ce moment et qui finira mon voyage en Bohême. Je suis sûr que vous rirez comme un fou en lisant les 2 premières [l’histoire du Harpiste Ambulant].

Adieu mon cher Kittl donnez-moi de vos nouvelles et une réponse du directeur le plus tôt possible. Rappelez-moi au souvenir de nos amis de Prague. […]

    Finalement rien ne se passera, et quelle qu’en soit la raison l’ardeur des partisans de Berlioz à Prague semble rapidement se refroidir. La correspondance avec Ambros ne dure pas au delà de 1846, et la dernière lettre à Kittl connue date de 1848 (ci-dessus). En 1854 Berlioz suppose même que Kittl ne lui est pas bien disposé (CG no. 1735bis [tome VIII]).

    Dans les années 1850, alors qu’il reprend ses tournées en Allemagne et est reçu avec empressement dans de nombreuses villes, Berlioz envisage à plusieurs reprises la possibilité d’un retour à Prague, en 1853 (CG nos. 1629, 1631; septembre-octobre), 1854 (CG no. 1735bis [tome VIII]; 14 avril), et 1855 (CG nos. 1995-6; toutes deux du 21 juillet). En 1856 Ferdinand Friedland lui écrit pour réclamer la partition de l’ouverture de Benvenuto Cellini, dont il a suggéré l’exécution à Prague (CG no. 2092; 3 février). La réponse de Berlioz n’est pas connue.

    Prague n’a cependant pas complètement tourné le dos à Berlioz. La lettre de Friedland laisse entendre qu’on y jouait assez régulièrement sa musique: d’après le chef d’orchestre consulté par Friedland, seule parmi ses œuvres pour orchestre l’ouverture de Benvenuto Cellini n’était pas encore connue. En 1858 le Conservatoire de Prague décerne au compositeur un honneur (dont la nature n’est pas connue) et l’invite par l’entremise du Comte Erwin Nostiz à assister à un festival à Prague; mais Berlioz, préoccupé par la composition et les problèmes d’exécution des Troyens, décline l’invitation (CG nos. 2288-9, toutes deux du 28 avril). C’est semble-t-il le dernier contact connu de Berlioz avec Prague, mais il gardera toujours un souvenir ému de son accueil dans la ville: ‘si vous avez des amis de Prague qui se souviennent encore de moi, dites leur que moi aussi je me souviens de Prague et avec reconnaissance et avec amour’ écrit-il à Peter Cornelius en 1860 (CG no. 2522; 27 novembre). La même année il reçevra encore la visite à Paris d’Eduard Hanslick qui trouve Berlioz bien changé depuis 1846 (Berlioz Remembered, p. 230-1). Mais quand Berlioz retourne à Vienne en décembre 1866 pour y diriger la Damnation de Faust les deux hommes ne se rencontrent pas, et Hanslick émet un jugement très critique sur l’ouvrage (CG nos. 3196, 3198; cf. Berlioz Remembered p. 269-70).

Prague ancienne et moderne

    Berlioz est enchanté par Prague, comme tout visiteur à cette ville ne peut manquer de l’être, et son séjour de plusieurs semaines lui donne suffisamment de temps pour admirer ses beautés (cf. CG no. 1014 [texte dans le tome VIII]). Son enthousiasme s’exprime dans les Mémoires:

Quelles merveilles que cette succession continue de temples, de palais, de créneaux, de clochers, de tourelles, de colonnades, de vastes cours et d’arceaux! Quelle vue du haut de cette montagne brodée de marbre! D’un côté, une forêt descend jusqu’à une assez vaste plaine; de l’autre, un torrent de maisons va se jeter à gros bouillons fumeux dans la Moldau qui traverse majestueusement la ville, au bruit des moulins et des ateliers divers qu’elle met en action, franchit une barre que l’industrie bohême lui a imposée pour modifier sur ce point la direction de ses eaux, laisse derrière elle deux petites îles, et va se perdre au loin, à travers les sinuosités de collines d’un ton rouge et chaud qui semblent la conduire avec sollicitude jusqu’à l’horizon.

    Les quatre gravures ci-dessous font partie d’une série de six faite entre 1792 et 1794 par K. Ruth d’après des dessins de Filip et František Heger, et viennent de notre collection; les photographies de la ville moderne ont été prises par Michel Austin en 1988.

Prague dans les années 1790 Le Pont de Pierre
(rebaptisé Pont Charles [Karluv Most] en 1870)

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Prague dans les années 1790 La Place Malostranské inférieure

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Prague dans les années 1790 La Place Malostranské supérieure

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Prague dans les années 1790 La première cour du Château de Prague

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Prague en 1988 Le Pont Charles

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Prague en 1988 la Moldau

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Prague en 1988 Le Pont Charles, la Cathédrale de St Vitus et le Château

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Prague en 1988 Rue du Pont (Mostecká Ulice) et l’Église St Nicolas

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Salles de concert

    Les six concerts de Berlioz à Prague ont lieu sont au théâtre soit à la Salle de Sophie.

Sophiensaal (la Salle de Concert Žofin) au Palais Žofin

    Situé au cœur de Prague sur l’Île Slovanský – l’Île de Sophie de Berlioz – cette demeure fut bâtie en 1835-1837 en honneur de l’Archiduchesse Sophie, mère de l’empereur François-Joseph Ier. La salle, idéale pour les concerts et les bals, devient  un centre important pour les activités culturelles et sociales, surtout dans la deuxième moitié du 19ème siècle. Outre Berlioz, Liszt, Wagner, Smetana et Dvorák sont parmi les compositeurs qui s’y produisent. Le palais est reconstruit dans sa forme actuelle en 1885-7 par l’architecte Jindřich Fialka; il sert maintenant à des fonctions commerciales.

Le Théâtre des États (Stavovské Divaldo)

    Construit par František Antonín, Comte Nostitz Rieneck, le théâtre ouvre officiellement le 21 avril 1783 avec la première exécution d’Emilia Galotti par Lessing. Appelé le Théâtre du Comte Nostitz dans les premières années de son existence, il a changé de nom plusieurs fois au fil des ans: le Théâtre Royal des États, le Théâtre Royal Allemand des Provinces, de nouveau le Théâtre des États, puis le Théâtre Tyl; finalement, après huit ans de reconstruction il retrouve son nom historique de Théâtre des États en 1990.

    Le bâtiment est situé à proximité de la Place Wenceslas dans la Vieille Ville. C’est ici qu’a eu lieu la première représentation du Don Giovanni de Mozart le 29 octobre 1787, ainsi que de La Clemenza di Tito en 1791. Outre Berlioz, Weber, Paganini et Mahler entre autres se sont produits dans ce théâtre.

Le Théâtre des États vers 1830

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L’image ci-dessus, dûe à Vincenz Marstadt, vient du New Grove Dictionary, tome 15 (1980), p. 196.

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