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Berlioz à Londres
27 Queen Anne Street (actuellement le no. 58)
Berlioz habita dans cette maison pendant son séjour à Londres en tant que membre du jury international chargé d’examiner les instruments de musique exposés à la célèbre Grande Exposition de 1851 à Londres (voyez aussi la page sur Le Palais de Cristal, Exposition de 1851).
Tous les jours Berlioz se rendait à pied de cette maison à Hyde Park où se trouvait le Palais de Cristal (Crystal Palace). Dans ses Soirées de l’orchestre (21ème soirée) il décrit l’une de ses promenades quotidiennes qui commençaient très tôt le matin:
Londres dormait encore. Aucune des Sara, des Mary, des Kate, qui lavent chaque matin le seuil des maisons, n’apparaissait son éponge à la main. Une vieille Irelandaise aginée fumait sa pipe, accroupie seule dans un coin de Manchester Square. Les vaches nonchalantes ruminaient, couchées sur l’épais gazon de Hyde Park. Le petit trois-mâts, ce jouet du peuple navigateur, se balançait sommeillant sur la rivière Serpentine. Déjà quelques gerbes lumineuses se détachaient des vitraux élevés du palais ouvert à all people that on earth do dwell.
La maison, avec son escalier et son beau salon double, décoré dans le style d’Adam (selon la description de Ganz, Berlioz in London, p. 93), existe encore; une firme de notaires l’occupe actuellement en partie. A l’époque du séjour de Berlioz elle comportait aussi la Beethoven Room, où avaient lieu les séances de la Beethoven Quartet Society. Berlioz en traite dans ses Soirées de l’orchestre (21ème soirée):
Ce salon, capable de contenir deux cent cinquante personnes tout au plus, est en consequence fréquemment loué pour les concerts destinés à un auditoire peu nombreux; il y en a beaucoup de cette espèce. Or, la porte de mon appartement donnant sur l’escalier qui y conduit, il m’était facile en l’ouvrant d’entendre tout ce qui s’y exécutait. Un soir, j’entends retentir le trio en ut mineur de Beethoven [opus 1 no.3] ... j’ouvre toute grande ma porte... Entre, entre, sois la bienvenue, fière mélodie!... Dieu! qu’elle est noble et belle! Où donc Beethoven a-t-il trouvé ces milliers de phrases, toutes plus poétiquement caractérisées les unes que les autres, et toutes différentes, et toutes originales, et sans avoir même entre elles cet air de famille qu’on reconnaît dans celles des grands maîtres renommés pour leur fécondité? Et quels développements ingénieux! Quels mouvements imprévus!... Comme il vole à tire d’ailes, cet aigle infatigable! comme il plane et se balance dans son ciel harmonieux!... Il s’y plonge, il s’y perd, il monte, il redescend, il disparaît... puis il revient à son point départ, l’œil plus brillant, l’aile plus forte, impatient du repos, frémissant, altéré de l’infini... Très-bien exécuté! Qui donc a pu jouer ainsi la partie de piano?... Mon domestique m’apprend que c’est une Anglaise. Un vrai talent, ma foi!... Aïe! qu’est-ce que c’est? un grand air de prima donna?... John shut the door! fermez la porte, vite, vite, vite. Ah! la malheureuse! je l’entends encore. Fermez la seconde porte, la troisième; y en a-t-il une quatrième?... Enfin... je respire.....
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27 Queen Anne Street (actuellement le no. 58)



Vue générale de Queen Anne Street

Le no. 27 (actuellement le no. 58) est la troisième maison du côté gauche de la rue.
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