Par

Christian Wasselin

© 2007 Christian Wasselin

    L’une des bonnes surprises de l’année 2003 fut la parution d’un grand nombre d’ouvrages consacrés à Berlioz. Ouvrages collectifs ou sortis d’une plume solitaire, ouvrages pleins de rigueur ou de fantaisie, ouvrages passionnants ou ridicules, burlesques ou savants, il y en eut pour tous les goûts. Après une pause de trois ans, l’édition se penche de nouveau sur le grand homme et c’est à Pierre-René Serna (par ailleurs co-directeur du Cahier de l’Herne paru en 2003) qu’on doit le plus récent des livres consacrés au compositeur : Berlioz de B à Z.

    Pierre-René Serna a commencé à s’intéresser au cas Berlioz il y a bien des lustres. Il a beaucoup écouté, il a parcouru le monde en quête de représentations des opéras de Berlioz, il a su faire son miel des apports de la recherche musicologique et musicographique : partitions, correspondance, etc. Il s’est fait un point d’honneur, par ailleurs, en croisant toutes ces sources, à rectifier de nombreuses erreurs colportées par routine ou par paresse depuis bien des ans. Résultat : son livre, aboutissement de trente ans de passion raisonnée, est aujourd’hui l’un des moins inexacts qui soient, et ce n’est pas la moindre de ses vertus.

    Mais à quoi diable ressemble cet ouvrage ? A un voyage en Berliozie, qui se présente sous la forme d’un bécédaire. (Albeniz, sur le même schéma, aurait eu les honneurs, lui, d’un abécédaire.) Des trois B (Bach, Beethoven, Berlioz, tels qu’ils furent réunis par Peter Cornelius) à Zaïde, on embrasse là l’univers du compositeur, c’est-à-dire essentiellement son œuvre, partition par partition (l’auteur s’intéresse davantage à ce que nous a laissé Berlioz qu’aux anecdotes qui ont émaillé sa vie), chacune étant présentée avec rigueur et analysée avec concision, sans que jamais le propos sombre dans le jargon. Au contraire : Pierre-René Serna s’engage et ferraille volontiers contre les esprits mesquins (entrée Calomnie), et nous offre de beaux moments proches de la déclaration d’amour (entrée Béatrice et Bénédict, p. 8-16). Cette foi véhémente sert aussi les entrées consacrées aux sources d’inspiration de Berlioz (Dieu, Nature, Voyages...) ou à des notions plus abstraites (Beau absolu, Élégance...). Qui dit parti-pris dit bien sûr choix et opinions contestables, mais l’objectivité, d’ailleurs impossible, eût été en l’occurrence proprement haïssable. Et si cet ouvrage est désormais indispensable à qui veut posséder les clefs du monde de Berlioz, c’est parce que d’un socle d’informations considérables et incontestables, se dégage un parfum d’enthousiasme, une fougue réglée pour tout dire, qui nous laissera longtemps le désir de lire et de relire tout ou partie de ce guide amoureux et distingué.

Christian Wasselin

Pierre-René Serna, Berlioz de B à Z, éd. Van de Velde, 2006, 263 p., 20 euros.

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* Cet article est paru dans le numéro de janvier 2007 du Bulletin de l’Association nationale Hector Berlioz.

Nous remercions vivement notre ami Christian Wasselin de nous avoir envoyé cet article.

Voyez aussi sur ce site:

Extraits de Berlioz de B à Z par Pierre-René Serna

Lettre à Dominique Catteau – Pour la Petite Histoire... (par Pierre-René Serna)

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