Le Monde Illustré  No 125. 3 septembre 1859 [p. 154-155]

 

Mémoires d’un musicien 1.

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(Suite du chapitre LV.)

     Ce n’était rien de l’avoir écrit, il fallait le faire entendre, et ce fut alors que commencèrent mes déboires et mes malheurs. La copie des parties d’orchestre et de chant me coûta d’abord une somme énorme ; ensuite, les nombreuses répétitions que je fis faire aux exécutants et le prix exorbitant de seize cents francs que je dus payer pour la location du théâtre de l’Opéra-Comique, l’unique salle qui fût alors à ma disposition, m’engagèrent dans une entreprise qui ne pouvait manquer de me ruiner. Mais j’allais toujours, soutenu par un raisonnement spécieux que tout le monde eût fait à ma place. « Quand j’ai fait exécuter, pour la première fois, Roméo et Juliette au Conservatoire, me disais-je, l’empressement du public à venir l’entendre fut tel qu’on dut faire des billets de corridors pour placer l’excédant de la foule, lorsque la salle fut remplie ; et malgré l’énormité des frais de l’exécution, il me resta un petit bénéfice. Depuis cette époque, mon nom a grandi dans l’opinion publique, le retentissement de mes succès à l’étranger lui donne, en outre, en France, une autorité qu’il n’avait pas auparavant ; le sujet de Faust est célèbre tout autant que celui de Roméo et Juliette ; on croit généralement qu’il m’est sympathique et que je dois l’avoir bien traité. Tout fait donc espérer que la curiosité sera grande pour entendre cette nouvelle œuvre, plus vaste, plus variée de tons que ses devancières, et que les dépenses qu’elle me cause seront au moins couvertes » Illusion ! Depuis la première exécution de Roméo et Juliette, des années s’étaient écoulées, pendant lesquelles l’indifférence du public parisien, pour tout ce qui concerne les arts et la littérature, avait fait des progrès incroyables. Déjà, à cette époque, il ne s’intéressait plus assez, à une œuvre musicale surtout, pour aller s’enfermer en plein jour (je ne pouvais donner mes concerts le soir) dans le théâtre de l’Opéra-Comique, que le monde fashionable, d’ailleurs, ne fréquente pas. C’était à la fin de novembre (1846), il tombait de la neige, il faisait un temps affreux ; je n’avais pas de cantatrice à la mode pour chanter Marguerite ; quant à Roger, qui chanta si bien Faust, et à Herman-Léon, chargé du rôle de Méphistophélès, on les entendait tous les jours dans ce même théâtre. Il en résulta que je donnai Faust deux fois avec une demi-salle. Le beau public de Paris, celui qui va au concert, celui qui est censé s’occuper de musique, resta tranquillement chez lui, aussi peu soucieux de ma nouvelle partition que si j’eusse été le plus obscur élève du Conservatoire ; et il n’y eut pas plus de monde à l’Opéra-Comique à ces deux exécutions que si l’on y eût représenté le plus mesquin des opéras du répertoire.

     Rien dans ma carrière d’artiste ne m’a plus profondément blessé que cette indifférence inattendue. La découverte fut cruelle, mais utile au moins, en ce sens que j’en profitai, et que, depuis lors, il ne m’est pas arrivé d’aventurer vingt francs sur la foi de l’amour du public parisien pour ma musique. J’espère bien que cela ne m’arrivera pas non plus à l’avenir, dussé-je vivre encore cent ans2. J’étais ruiné ; je devais une somme considérable que je n’avais pas. Après deux jours d’inexprimables souffrances morales, j’entrevis le moyen de sortir d’embarras par un voyage en Russie. Mais pour l’entreprendre, encore fallait-il de l’argent ; il m’en fallait d’autant plus que je ne voulais pas, en quittant Paris, y laisser la moindre dette. Alors de cette difficile circonstance surgirent pour moi de bien douces consolations, que la cordialité de mes amis vint m’apporter. Dès qu’on sut que j’étais obligé d’aller à Saint-Pétersbourg pour tâcher de réparer les pertes que mon dernier ouvrage m’avait fait éprouver à Paris, de toutes parts je reçus des offres de service. M. Bertin me fit avancer mille francs par la caisse du Journal des Débats ; parmi mes amis, les uns me prêtèrent cinq cents francs, d’autres six ou sept cents ; un jeune Allemand, M. Friedland, que j’avais connu à Prague, à mon dernier voyage en Bohême, m’avança douze cents francs ; Sax, malgré ses propres embarras, en fit autant ; enfin, le libraire Hetzel, qui, depuis, a joué un rôle très-honorable dans le gouvernement républicain, et qui n’était alors pour moi qu’une simple connaissance, me rencontrant par hasard dans un café, me dit : « Vous allez en Russie ? — Oui. — C’est un voyage fort dispendieux, surtout en hiver ; si vous avez besoin d’un billet de mille francs, permettez-moi de vous l’offrir ! » J’acceptai aussi franchement que l’excellent Hetzel m’offrait, et, grâce à cette somme, je pus ainsi faire face à tout et fixer le jour de mon départ.

     Je crois avoir déjà fait cette remarque, mais je ne crains pas de la reproduire, que si j’ai rencontré bien des gredins et bien des drôles dans ma vie, j’ai été singulièrement favorisé en sens contraire, et que peu d’artistes ont trouvé autant que moi de bons cœurs et de généreux dévouements. Chers et excellents hommes, qui, sans doute, avez dès longtemps oublié votre noble conduite à mon égard, laissez-moi vous la rappeler ici, vous en remercier avec effusion, vous serrer la main et vous dire avec quel bonheur intime je pense aux obligations que je vous ai !!!

     Je ne puis constater ici le succès de mon voyage en Russie, dont le récit a paru dans une revue. Mes concerts à Saint Pétersbourg et à Moscou furent brillants et productifs. En quelques semaines, je devins presque riche et je repris le chemin de la France, pénétré de reconnaissance pour ce beau public russe, si intelligent, si chaleureux, si enthousiaste même, pour les artistes qui m’avaient si bien secondé, et pour l’impératrice et la famille impériale dont le gracieux patronage avait aplani toutes les difficultés de mon entreprise.

     Je n’entrerai pas non plus dans de grands détails sur mon premier séjour en Angleterre. Je n’en finirais pas. D’ailleurs, c’est toujours le même refrain. J’étais engagé par Jullien, le célèbre directeur des concerts-promenades, pour diriger l’orchestre du grand-opéra anglais qu’il avait voulu fonder au théâtre de Drury-Lane. Il s’était procuré un admirable orchestre, un chœur du premier ordre, une assez convenable collection de chanteurs, en oubliant seulement de s’assurer d’un répertoire. Il possédait (en perspective), pour tout bien, un opéra (The maid of honor) commandé par lui à Balfe ; se proposant d’ouvrir sa saison par une traduction anglaise de la Lucia di Lammermoor, de Donizetti. Et il fallait, en attendant la mise en scène de l’opéra de Balfe, que cette nouveauté, la Lucia, produisît dix mille francs à chaque représentation pour couvrir les frais seulement.

     Le résultat était inévitable : les recettes de la Lucia n’atteignirent jamais le chiffre de dix mille francs ; l’opéra de Balfe obtint un demi-succès, et, au bout de très-peu de temps, l’opéra anglais devint impossible.  Cette apparition á Londres n’eut por moi, néanmoins, que des suites heureuses. Elle prépara les voies pour les nombreux voyages que j’y ai faits plus tard, et me fit établir des rapports avec mes confrères de la presse anglaise, qui, presque tous, m’ont traité en mainte criconstance avec une grande cordialité.

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     J’ai hâte d’en finir avec ces mémoires, leur rédaction m’ennuie et me fatigue presque autant que celle d’un feuilleton ; d’ailleurs, quand j’aurai écrit les quelques pages que je veux écrire encore, j’en aurai dit assez, je pense, pour donner une idée à peu près complète des principaux événements de ma vie et du cercle de sentiments, de travaux et de chagrins dans lequel je suis destiné à tourner jusqu’à ce que je ne tourne plus.

     La route qui me reste à parcourir, si longue qu’on la suppose, doit sûrement ressembler beaucoup à celle que j’ai parcourue ; j’y trouverai partout les mêmes profondes ornières, les mêmes cailloux raboteux, les mêmes terrains défoncés, traversés çà et là par quelque clair ruisseau, ombragés par quelque bosquet paisible, surmontés de quelque roche sublime, que je gravirai à grand’peine pour aller sécher au soleil couchant la froide pluie subie dans la plaine dès le matin.

     Les choses et les hommes changent cependant, il est vrai, mais si lentement que ce n’est pas dans le court espace de temps embrassé par une existence humaine que ce changement peut être perceptible. Il me faudrait vivre deux cents ans pour en ressentir le bienfait.

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     Maintenant, me voilà, sinon au terme de ma carrière, au moins sur la pente de plus en plus rapide qui y conduit, fatigué, brûlé, mais toujours brûlant, et rempli d’une énergie qui se réveille parfois avec une violence dont je suis presque épouvanté.

     Je commence à savoir la musique, je commence à savoir le français, à écrire passablement une page de partition et une page de prose ; je sais diriger et animer un orchestre, j’adore et je respecte l’art dans toutes ses formes Mais j’appartiens à une nation qui aujourd’hui ne s’intéresse presque plus à aucune des nobles manifestations de l’intelligence.

     Le peuple parisien lui-même devient barbare : sur dix maisons riches, c’est à peine s’il en est une où l’on trouve une bibliothèque. Je ne parle pas d’une bibliothèque musicale Non, on n’achète plus de livres ; on loue, pour deux sous le volume, de pitoyables romans dans les cabinets de lecture ; cet aliment suffit aux appétits littéraires de toutes les classes de la société. Comme on s’abonne chez les éditeurs de musique, pour quelques francs par mois, afin de pouvoir choisir dans le nombre infini des plates productions dont les magasins regorgent quelque chef-d’œuvre du genre si bien stigmatisé par Rabelais.

     L’industrialisme de l’art, suivi de tous les bas instincts qu’il flatte et caresse, marche à la tête de son ridicule cortége, promenant sur ses ennemis vaincus un regard niaisement superbe et rempli d’un stupide dédain

    Paris est donc une ville où je ne puis rien faire et où l’on me regarde comme trop heureux de remplir la seule tâche qui me soit confiée : celle du feuilletoniste, la seule, à en croire beaucoup de gens, pour laquelle je sois venu au monde.

     Je sens bien ce que je pourrais produire en musique dramatique, mais il est aussi inutile que dangereux de le tenter. D’ailleurs, je ne pourrais donner l’essor à ma pensée, dans ce genre de composition, qu’en me supposant maître absolu d’un grand théâtre, comme je suis maître de mon orchestre quand je dirige l’exécution d’une de mes symphonies. Je devrais disposer de la bonne volonté de tous, être obéi de tous, depuis la première chanteuse et le premier ténor, les choristes, les musiciens, les danseuses et les comparses, jusqu’au décorateur, aux machinistes et au metteur en scène. Un théâtre lyrique, comme je le conçois, est avant tout un vaste instrument de musique ; j’en sais jouer ; mais pour que j’en joue bien, il faut qu’on me le confie sans réserve. C’est ce qui n’arrivera jamais. Ensuite, les menées, les conspirations, les cabales de mes ennemis se donneraient là trop aisément carrière. Ils n’osent pas venir me siffler dans une salle de concerts, ils n’y manqueraient peut-être pas, même auhourd’hui, dans un vaste théâtre comme l’Opéra.

     J’aurais à subir en pareil cas, non seulement les coups des haines soulevées par mes critiques théoriques, mais ceux non moins furieux des colères excitées par les tendances de mon style musical, style qui, à lui seul, est la plus sanglante critique pratique de certaines œuvres jouissant d’une puissante popularité. J’en ai eu la preuve dernièrement encore à Londres, où une bande d’Italiens est venue rendre presque impossible la représentation de Benvenuto Cellini à Covent-Garden. Ils ont crié, chuté et sifflé du commencement à la fin ; ils ont voulu empêcher même l’exécution de mon ouverture du Carnaval romain, qui servait d’introduction au second acte et qu’on avait applaudie maintes fois à Londres en divers concerts, entre autres à celui de la Société philharmonique de Hanovre-Square, quinze jours auparavant.

     Les artistes de Londres, indignés de cette vilenie, ont voulu m’exprimer leur sympathie en souscrivant, au nombre de deux cent trente, pour un testimonial concert, qu’ils m’engageaient à donner, avec leur concours gratuit, dans la salle d’Exeter-Hall, mais qui, néanmoins, n’a pu avoir lieu. L’éditeur Beale (aujourd’hui l’un de mes meilleurs amis) m’a, en outre, apporté un présent de deux cents guinées qui m’était offert par une réunion d’amateurs, en tête desquels figuraient les célèbres facteurs de piano, MM. Broadwood. Je n’ai pas cru devoir accepter cet argent ; les souscripteurs se refusant à le reprendre, Beale la employé à lacquisition et à la publication, avec texte anglais, de ma légende de Faust, qui, massure-t-il dans ses dernières lettres, paraîtra prochainement.

     Ces preuves spontanées d’affection m’ont touché beaucoup plus que ne m’avaient blessé les insultes des cabaleurs.

     En Allemagne, sans doute, je n’aurais rien de pareil à redouter. Mais je ne sais pas l’allemand ; il faudrait composer sur un texte français qu’on traduirait ensuite ; c’est un grand désavantage. Il faudrait aussi, pour écrire un grand opéra, y consacrer au moins dix-huit mois sans m’occuper d’autre chose, sans rien gagner par conséquent et sans dédommagement possible sous ce rapport, puisqu’en Allemagne les compositeurs d’opéras ne touchent pas d’honoraires. Encore ai-je pu voir, lors de la première exécution de Faust en Prusse, ce qu’une inoffensive observation, imprimée dans le Journal des Débats, m’avait attiré d’inimitiés parmi les musiciens de l’orchestre de Berlin.

     A Leipzig aussi, bien qu’on entende aujourd’hui ma musique avec d’autres oreilles qu’au temps de Mendelssohn (à ce que j’ai pu voir et à ce que m’assure le savant concert-meister Ferdinand David), il y a encore quelques petits fanatiques élèves du Conservatoire qui, me regardant, sans savoir pourquoi, comme un destructeur, un Attila de l’art musical, m’honorent d’une haine forcenée, m’écrivent des injures et me font des grimaces dans les corridors du Gewant-Haus, quand j’ai le dos tourné. Puis, certains maîtres de chapelle, dont je trouble la quiétude, commettent par ci par là à mon égard d’assez plates perfidies ; mais cet inévitable antagonisme, joint même à l’opposition toute naturelle d’une petite partie de la presse allemande3, n’est rien en comparaison des fureurs qui se donneraient carrière à Paris contre moi, si je m’y exposais au théâtre.

     Depuis trois ans, je suis tourmenté par l’idée d’un vaste opéra dont je voudrais écrire les paroles et la musique, ainsi que je viens de le faire pour ma trilogie sacrée : l’Enfance du Christ. Je résiste à la tentation de réaliser ce projet et j’y résisterai, je l’espère, jusqu’à la fin4. Le sujet me paraît grandiose, magnifique et profondément émouvant ; mais je n’aurais pas deux femmes intelligentes et dévouées, capables d’interpréter les deux rôles principaux, rôles dont chacun exige de la beauté, une grande voix, un talent dramatique réel, une musicienne parfaite, une âme et un cœur de feu. J’aurais bien moins encore entre les mains le reste des ressources de toute espèce dont je devrais pouvoir disposer à mon gré, sans contrôle ni observations de qui que ce fût. L’idée seule d’éprouver pour l’exécution et la mise en scène d’une œuvre pareille les obstacles stupides que j’ai dû subir et que je vois journellement opposer aux autres compositeurs qui écrivent pour notre Grand-Opéra me fait entrer en rage. Le choc de ma volonté contre celle des malveillants et des imbéciles en pareil cas serait aujourd’hui excessivement dangereux Quant à grossir le nombre des œuvres agréables et utiles qu’on nomme opéras-comiques et qui se produisent journellement à Paris par fournées, comme on y produit des petits pâtés, je n’en éprouve pas la moindre envie.

1 La traduction et la reproduction sont réservées. 
2 Cette résolution n’a pas été plus ferme que tant d’autres ; après avoir écrit l’Enfance du Christ, je n’ai pas su résister á la tentation de faire entendre à Paris cet ouvrage dont le succès a été spontané, très grand et même calomnieux pour mes compositions antérieures ! J’ai ainsi donné, dans la salle de Hertz, plusieurs concerts qui, au lieu de me ruiner, comme firent les exécutions de Faust, m’ont rapporté quelques milliers de francs. (1858.)
3. Il y a dans cette presse, comme dans celle de Paris, des hommes à idées fixes qui, à l’aspect seul de mon nom sur une affiche ou sur un journal, entrent en fureur comme les taureaux quand on leur présente un drapeau rouge, m’attribuent un petit monde d’absurdités éclos dans leur petit cerveau, croient entendre dans mes ouvrages ce qui n’y est pas et n’entendent pas ce qui s’y trouve, combattent avec une noble ardeur des moulins à vent, et qui, si on leur demandait leur avis sur l’accord parfait de ré majeur, en les prévenant qu’il est écrit par moi, s’écrieraient avec indignation : « Cet accord est détestable ! » Ces pauvres diables sont des maniaques ; il y en a, il y en eut partout et en tout temps de pareils.
4 Hélas ! non, je n’ai pas résisté. Je viens d’achever le poëme et la musique des Troyens, opéra en cinq actes. Que deviendra cet immense ouvrage ?

HECTOR BERLIOZ.          

 

Site Hector Berlioz créé le 18 juillet 1997 par Michel Austin et Monir Tayeb; 
Page Hector Berlioz: Mémoires d’un musicienLe Monde Illustré 1858-1859 créée le 15 janvier 2010; cette page ajoutée le 1er décembre 2011.

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