Par

Charles Grandmougin (1850-1930)

Poésie dite par M. Mounet-Sully, de la Comédie Française,
le 6 janvier 1878, au Concert du Châtelet.

Voici que tout Paris célèbre ta mémoire,
O sublime rêveur trop longtemps méconnu
La lumière s’est faite et ton jour est venu
Et tu sors du dédain pour entrer dans la gloire !

A ton dernier soupir rien ne t’a consolé,
Mais, si ton cœur blessé rendit ta fin plus proche,
Pour tes vieux ennemis tu n’eus pas de reproche ;
Tu plaignis seulement ceux qui t’avaient sifflé !

Pourtant, ô Berlioz, quand on a ton génie,
C’est un amer destin de rester incompris
Et de voir près de soi, comme par ironie,
Triompher sans efforts tant de petits esprits !

Puisse le douloureux souvenir de ta vie,
Ô farouche lutteur, ô vieux maître indompté,
Animer au combat les artistes qu’on nie,
Et rendre plus sauvage encor leur volonté !

Ou plutôt, Berlioz, aux époques futures
Inspire le respect d’apôtres comme toi,
Et sauve pour toujours des pleurs et des tortures
Tous ceux qui défendront leur génie et leur foi !


Le texte de cette poésie, dite au Concert du Châtelet le 6 janvier 1878, est reproduit ici d’après un exemplaire dans notre collection d’ADAM International Review, Nos. 331-333, 1969, p. 92.

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Paris et Berlioz, 1869-1884 

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