Site Hector Berlioz

« WEEK-END BERLIOZ 1 » À LA PHILHARMONIE DE PARIS

par

Pierre-René Serna

- 11 janvier 2019 : ouvertures, extrait de Roméo et Juliette, Harold en Italie : Orchestre les Siècles, François-Xavier Roth (direction).

- 12 janvier 2019 : L’Enfance du Christ : solistes, Chœur de la Radio Flamande, Orchestre de chambre de Paris, Douglas Boyd (direction).

« Ce soir, j’ai été pendant un quart d’heure entièrement heureux : j’ai entendu le Carnaval romain de Berlioz ». Reviennent à l’esprit ces paroles de Nietzsche, que l’on ne peut que partager après l’écoute du Carnaval romain dans la grande salle de la Philharmonie de Paris sous la direction de François-Xavier Roth, transmis dans une relecture renouvelée avec instruments et stylistiques d’époque et au plus près des subtiles indications de la partition.

C’était l’une des pages de ce premier concert du « Week-end Berlioz 1 » à la Philharmonie de Paris, qui entend s’inscrire dans le cadre des commémorations de « Berlioz 2019 ». Le concert, donné par l’Orchestre les Siècles, regroupe des œuvres de notre compositeur inspirées par l’Italie. Se succèdent ainsi l’ouverture de Benvenuto Cellini, puis celle de Béatrice et Bénédict, celle du Carnaval romain et « Roméo seul. Tristesse. Bruits lointains de concert et de bal. Grande fête chez les Capulets » extrait de Roméo et Juliette. Avec éclat ou subtilité, malgré l’acoustique sèche du lieu. La seconde partie de concert revient à Harold en Italie, servi par l’alto évanescent de Tabea Zimmermann, artiste on ne peut plus sensible, et un orchestre emporté. Grand moment de ce « cycle Berlioz » que nous promet tout au long de l’année François-Xavier Roth.

Le lendemain, entre d’autres concerts et animations, la même grande salle de la Philharmonie se donne à l’Enfance du Christ. On pouvait craindre l’acoustique du lieu, peu propice au chant, mais l’ensemble dégage une délicatesse ardemment soutenue. Le concert bénéficie, il est vrai, d’un plateau de solistes vocaux de haute tenue, recrutés parmi le gratin du chant francophone : Jean Teitgen, Hérode incarné avec une prestance souveraine, Anna Stéphany, Marie toute en subtilités, Jean-Sébastien Bou, ferme Joseph, et Frédéric Antoun, Récitant bien lancé puis élégiaque (comme il convient à son arioso final). Passons sur de frustes Polydore et Centurion, à la charge de solistes issus du chœur. Mais de son côté, Jan Van der Grabben, également venu du chœur, plante un magnifique Père de famille, d’une autorité vocale assurée et d’une expression affirmée.

Le Chœur de la Radio Flamande s’affirme excellent comme toujours, vibrant quand il faut (dans ses répliques à Hérode) ou judicieusement aérien (ses pages finales), et avec une élocution toujours aussi parfaite. Même si les interventions du petit chœur en coulisses pâtissent d’un son un peu trop lointain. L’Orchestre de chambre de Paris accomplit sa mission, dans l’éclat (du seul passage de cuivres après l’air tumultueux d’Hérode) et un soutien général en sonorité déliée, sous la direction des plus investies de Douglas Boyd. Bon départ pour l’année Berlioz à Paris !

Pierre-René Serna

Site Hector Berlioz créé le 18 juillet 1997 par Michel Austin et Monir Tayeb; cette page créée le 17 janvier 2019.

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