Discours prononcé au nom de l’Association nationale Hector Berlioz (AnHB) par Christian Wasselin à l’Opéra de Strasbourg, 
le 25 octobre 2006, à l’occasion de l’achèvement de la publication intégrale de la New Berlioz Edition chez Bärenreiter

© 2006 Christian Wasselin

    «Mesdames, Messieurs,

    Je suis très heureux de vous dire quelques mots au nom de l’Association nationale Hector Berlioz, dont je suis le modeste délégué régional pour l’Ile-de-France.

    Je ne peux pas m’empêcher de penser, ce soir, au discours qu’a prononcé Berlioz le 20 juin 1863 près d’ici, à Kehl, à l’occasion de son second voyage à Strasbourg. Ce discours disait notamment : "Là où la musique finit, la barbarie commence." Une phrase à méditer à une époque, la nôtre, où les censures se déchaînent de nouveau et où naît une passion nouvelle : celle d’interdire.

    L’’élévation de la pensée et la liberté de créer, ce sont des valeurs que l’association que je représente se propose de cultiver à travers l’œuvre et la personnalité de Berlioz. L’Association nationale Hector Berlioz, je vous le rappelle, est née en 1962, après qu’une première Association des amis de Berlioz a vu le jour dans les années trente. Si je cite cette date, c’est parce qu’à cette époque certains esprits éclairés, partout dans le monde, ont su qu’il fallait mettre à profit le centenaire de la mort de Berlioz, en 1969, qui s’annonçait à l’horizon, pour faire mieux connaître le musicien. C’est à cette époque aussi qu’est née l’idée de publier intégralement, dans des conditions irréprochables, la musique de Berlioz : ce fut l’œuvre des éditions Bärenreiter, l’AnHB se chargeant, elle, de susciter la publication des écrits de Berlioz, lettres et feuilletons notamment, chez Flammarion pour la correspondance, chez Buchet-Chastel pour les articles.

    Ces entreprises ont duré plusieurs décennies : comme sur les chantiers des cathédrales, certains ont travaillé à la naissance des monuments, d’autres les ont terminés.

    Aujourd’hui, grâce à ces partitions et à ces écrits, l’image que nous avons de Berlioz, de son œuvre et de sa personnalité, est devenue plus précise, plus complexe, plus nuancée. Berlioz n’est plus seulement cet épileptique que certains livres décrivaient quand j’étais enfant. C’est un artiste plein de feu mais aussi habité par le rêve, la méditation et la conscience lumineuse de ce qu’il voulait.

    Il est désormais possible d’aborder sa musique à partir d’une édition irréprochable, il est possible de la jouer sans coupures, si bien sûr on en a la volonté.

    Quant aux écrits, je n’oublie pas que c’est ici, à Strasbourg, que furent prononcés par Louis le Germanique et Charles le Chauve les serments qui, en 842, virent la naissance de la langue allemande et de la langue française. Or l’amour que portait Berlioz à la langue française était à la hauteur de son apport au patrimoine littéraire : inestimable.

    L’AnHB a longtemps été animée par une personnalité aujourd’hui disparue, Thérèse Husson, et c’est en grande partie grâce à elle que nous disposons des écrits dont je vous parle. Aujourd’hui, une nouvelle équipe s’est mise en place : le nouveau président de l’association est le compositeur Gérard Condé qui, vous le savez, a écrit un opéra qui met en scène le jeune Berlioz, Les orages désirés. L’association a des projets nombreux, que vous m’autoriserez à ne pas dévoiler. Vous me permettrez simplement d’indiquer que notre prochaine assemblée générale aura lieu le 2 décembre, date anniversaire du sacre de Napoléon Ier mais aussi de la bataille d’Austerlitz. Preuve que le combat pour la cause de Berlioz est un combat toujours prochain, toujours recommencé.

    Merci pour votre attention.»

* Nous remercions vivement notre ami Christian Wasselin d’avoir mis ce discours à la disposition du site.

Site Hector Berlioz créé le 18 juillet 1997 par Michel Austin et Monir Tayeb; cette page créée le 1er novembre 2006.

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