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JOURNAL DES DÉBATS DU SAMEDI 12 JANVIER 1856 [p. 3].


EXPOSITION UNIVERSELLE.

Les Instrumens de musique à l’Exposition universelle.

(Deuxième article. — Voir le numéro du 9 janvier.)

MM. Boëhm, Cavaillé-Coll, A. Sax, Vuillaume, Alexandre.

    Les grandes médailles accordées aux facteurs d’instrumens de musique ont été, cette année, peu nombreuses. On en a donné quatre seulement ; cette distinction a acquis ainsi une valeur exceptionnelle.

    Les facteurs qui les ont obtenues sont :

    MM. Boëhm, de Munich ;
        Cavaillé Coll, de Paris ;
        Adolphe Sax, de Paris ;
        Vuillaume, de Paris.

    Cinq autres ont obtenu la médaille d’honneur :

    MM. Alexandre père et fils, de Paris ;
        Erard, de Paris ;
        Herz, de Paris ;
        Pleyel, de Paris ;
        Triebert, de Paris.

    On voit par cette nomenclature que presque toutes les hautes récompenses ont été accordées à des facteurs de Paris. C’est qu’en effet la fabrication française (M. Broadwood, de Londres, n’ayant pas exposé) s’est montrée immensément supérieure, non pas pour quelques spécialités, mais pour presque tous les instrumens de musique, à ce que produisent les facteurs du reste de l’Europe.

    L’éminente distinction accordée à M. Boëhm, le seul des facteurs étrangers qui en ait obtenu une semblable, lui était due pour avoir le premier appliqué un nouveau système de perce et un nouveau mécanisme pour le doigté aux instrumens à vent à trous, tels que les flûtes, les hautbois, les clarinettes et les bassons. Je ne puis que répéter ici à ce sujet ce que j’ai dit dans mon rapport à la commission française du jury international de l’Exposition universelle de Londres : « Le véritable inventeur du système se nomme Gordon ; mais l’application ingénieuse que M. Boëhm en a faite, pour les flûtes surtout, méritait sans doute qu’on attirât sur ses travaux l’attention des artistes et du public par la distinction qui lui a été accordée. M. Boëhm fait la plupart de ses flûtes en argent. Le son de ces instrumens est doux, cristallin, mais moins plein et moins fort que celui des flûtes en bois. Ce nouveau système a pour avantage de donner aux instrumens à vent à trous une justesse presque irréprochable, et de permettre aux exécutans de jouer sans difficulté, dans des tonalités presque impraticables sur les instrumens anciens.

    » Le doigté des instrumens de M. Boëhm diffère essentiellement de celui que l’on emploie sur les autres de la même espèce ; de là l’opposition que font beaucoup d’artistes à la généralisation du nouveau système. Il leur en coûte trop de recommencer l’étude de leur instrument, et l’on conçoit que, même parmi les jeunes virtuoses, l’exemple donné par MM. Dorus et Brunot, qui n’ont point hésité à recommencer leur éducation pour la flûte, trouve peu d’imitateurs. Nous ne doutons pas néanmoins qu’avant peu le système de Gordon-Boëhm ne triomphe, et il faut féliciter les jurys de l’Exposition universelle de l’avoir compris. »

    M. Cavaillé Coll est un savant artiste qui a donné une puissante impulsion au progrès de la fabrication des orgues, soit par les perfectionnemens qu’il y a lui-même apportés soit par l’application heureuse qu’il a faite des inventions de quelques autres facteurs. Son grand orgue de l’église de Saint-Vincent-de-Paul est un chef-d’œuvre.

    L’immense supériorité de M. Ad. Sax sur tous ses rivaux dans la fabrication des instrumens de cuivre, le mérite des perfectionnemens qu’il y a introduits, ses admirables inventions, les lacunes qu’il a comblées, les familles nouvelles qu’il a créées sont depuis longtemps de notoriété publique. Nous parlerons donc seulement ici de ceux de ses instrumens qui, à cause de leur récente introduction dans la pratique de l’art, sont le moins connus.

    Ce sont d’abord les saxophones, instrumens doux et non d’une sonorité violente, ainsi qu’on le croit communément, et qui se jouent avec un bec à anche simple, comme la clarinette. Ces nouvelles voix données à l’orchestre possèdent des qualités rares et précieuses. Douces et pénétrantes dans le haut, pleines et onctueuses dans le grave, leur médium a quelque chose de profondément expressif. C’est en somme un timbre sui generis, offrant de vagues analogies avec les sons du violoncelle, de la clarinette et du cor anglais, et revêtu d’une demi-teinte cuivrée qui lui donne un accent particulier. Le corps de l’instrument est un cône parabolique en cuivre, armé d’un système de clefs. Agiles, propres aux traits d’une certaine rapidité, presque autant qu’aux cantilènes gracieuses et aux effets d’harmonie religieux et rêveurs, les saxophones peuvent figurer avec un grand avantage dans tous les genres de musique, mais surtout dans les morceaux lents et doux.

    Le timbre des notes aiguës des saxophones graves a quelque chose de pénible et de douloureux ; celui de leurs notes basses est au contraire d’un grandiose calme pour ainsi dire pontifical. Tous, le baryton et la basse principalement, possèdent la faculté d’enfler et d’éteindre le son ; d’où résultent, dans l’extrémité inférieure de l’échelle, des effets inouïs jusqu’à ce jour, qui leur sont tout à fait propres et tiennent un peu de ceux de l’orgue expressif. Le timbre du saxophone aigu est beaucoup plus pénétrant que celui des clarinettes en si bémol et en ut, sans avoir l’éclat perçant et souvent aigre de la petite clarinette en mi bémol. On peut en dire autant du soprano. Les compositeurs habiles tireront plus tard un parti merveilleux des saxophones associés à la famille des clarinettes, ou introduits dans d’autres combinaisons qu’il serait téméraire de chercher à prévoir. Cet instrument se joue avec une grande facilité, le doigté procédant du doigté de la flùte et de celui du hautbois. Les clarinettistes déjà familiarisés avec l’embouchure se rendent maîtres de son mécanisme en très peu de temps.

    M. Sax a encore produit les familles des saxhorns, des saxo-trombas et des saxo-tubas, instrumens de cuivre à bocal (embouchure évasée) avec un mécanisme de trois, quatre ou cinq cylindres. Leur son est rond, pur, plein, égal, retentissant et d’une homogénéité parfaite dans toute l’étendue de leur échelle. Ils sont aujourd’hui en usage dans la plupart des musiques militaires de France. Les sax-horns suraigus et ceux dits contre-basses d’harmonie sont appelés à prendre place très prochainement dans tous les grands orchestres de symphonie.

    M. Sax a encore, et c’est un mérite réel que les compositeurs apprécieront, complété la gamme grave des trombones. Ces instrumens ont toujours possédé, bien que cela fût peu connu, quatre notes énormes à l’extrémité inférieure de leur échelle, notes dites pédales, sans doute à cause de leur ressemblance avec les pédales de certains jeux de l’orgue. Ces notes étaient isolées des autres par une lacune d’une quarte augmentée qui les séparait du dernier son grave de la gamme produite par l’emploi de la coulisse du trombone. Au moyen d’un seul piston adapté au corps de l’instrument, et que l’exécutant fait mouvoir avec le pouce de la main gauche en conservant toute la liberté de son bras droit pour agir sur la coulisse, M. Sax a comblé cette lacune, et, ajoutant ainsi au trombone les cinq demi-tons qui manquaient à sa première octave grave, lui a donné l’immense étendue de trois octaves et demie. Tous les orchestres devraient posséder au moins un de ces beaux instrumens.

    M. Vuillaume n’a rien inventé pour les violons, il est vrai ; il s’est borné à chercher le secret des luthiers de la grande époque de la lutherie italienne ; il a voulu savoir pourquoi les instrumens à archet des Stradivarius, des Amati, des Guarnerius, des Magini, avaient conservé sur les instrumens modernes une si évidente supériorité ; pourquoi les violons, altos et violoncelles de ces maîtres possédaient une si admirable qualité de son, un timbre si brillant, si doux, si plein, si moelleux et si pur. Il a cherché, il a fouillé, il a défait pour refaire, il a démoli pour reconstruire, il a disséqué, il a consulté les entrailles d’une foule d’instrumens victimes, sans tenir compte des dépenses considérables que ces études lui imposaient, et enfin il a trouvé. Il sait maintenant le vrai siége de l’âme du violon. Une fois maître du secret, il s’est appliqué, en employant les procédés des luthiers illustres, à reproduire fidèlement leurs ouvrages, et il y est parvenu. M. Vuillaume, qui n’est pourtant pas Belge, est le plus admirable des contrefacteurs. Il fait des Stradivarius, des Amati, des Guarnerius, qui déjoueraient la sagacité des virtuoses les plus habiles et des adorateurs les plus fanatiques de ces vieux instrumens, avec cette différence qu’un vrai Stradivarius coûte aujourd’hui au moins six mille francs et que le Stradivarius de M. Vuillaume ne coûte que six cents francs. Mais que de travaux, que de minutieuses précautions, que de voyages ! M. Vuillaume, pour se procurer des bois très vieux nécessaires à la construction de ces instrumens, est allé jusqu’à parcourir à pied un vieux pays, la Suisse, cherchant de vieux villages où devaient se rencontrer de très vieux chalets qu’il voulait acheter. Maître de son antiquaille il la faisait aussitôt démolir, choisissait parmi les vieilles poutres, les vieilles portes, les vieux bahuts, les fragmens de bois les plus sains, et les rapportait en France avec la joie d’un chercheur d’or qui a trouvé un placer. Il ferait le voyage d’Arménie, il gravirait le mont Ararat s’il entendait dire qu’on y a découvert des débris de l’arche de Noé. Il n’y eut qu’une voix dans le jury pour proclamer l’excellence de ses violons. M. Vuillaume a d’ailleurs enrichi la famille des instrumens à archet d’une belle et puissante individualité, l’octo-basse.

    Ce n’est point, ainsi que beaucoup de gens le croient, l’octave grave de la contre-basse, mais l’octave grave du violoncelle seulement. Cet instrument descend en conséquence plus bas d’une tierce que le mi de la contre-basse à quatre cordes. Il n’a que trois cordes accordées en quinte et quarte, utsolut.

    Les doigts de la main gauche de l’exécutant n’étant ni assez longs ni assez forts pour agir convenablement sur les cordes (car l’octo-basse est d’une dimension colossale), M. Vuillaume a imaginé un système de touches mobiles, qui, pressant énergiquement les cordes, les appliquent sur des sillets placés sur le manche pour produire les tons et les demi-tons. Ces touches sont mues par des leviers que la main gauche saisit et tire de haut en bas derrière le manche de l’instrument, et par sept autres touches-pédales sur lesquelles agit l’un des pieds de l’exécutant.

    C’est dire assez que l’octo-basse ne peut exécuter aucune succession rapide et qu’il faut lui donner une partie spéciale, différente sous beaucoup de rapports de la partie de contre-basse. Son étendue est d’une octave et d’une quinte seulement.

    Il a des sons d’une puissance et d’une beauté remarquables, pleins et forts sans rudesse. Il serait d’un admirable effet dans une grande masse, et tous les orchestres de festival, où le nombre des instrumentistes s’élève au-dessus de cent cinquante, devraient en avoir au moins trois.

    Nous ne combattrons point ici l’opinion qui tend à faire considérer les récentes inventions des facteurs d’instruments comme fatales à l’art musical. Ces inventions exercent, dans leur sphère, la même influence que toutes les autres conquêtes de la civilisation ; l’abus qu’on en peut faire, celui même qu’on en fait incontestablement ne prouve rien contre leur valeur.

    Le nom de M. Alexandre est célèbre depuis plusieurs années, et cette célébrité rapidement acquise par le succès de ses orgues-mélodium va s’accroître encore grâce à plusieurs créations nouvelles. L’orgue-mélodium dont nous allons nous occuper d’abord est un instrument à clavier comme l’orgue à tuyaux. Sa sonorité résulte de la vibration d’anches métalliques libres, sur lesquelles passe un courant d’air. Ce courant d’air est produit par un soufflet que font agir les pieds de l’exécutant ; et selon la façon dont les pieds agissent sur ce mécanisme de soufflerie, dans certaines conditions où l’on peut placer l’instrument, les sons acquièrent une plus ou moins grande intensité.

    L’orgue-mélodium possède donc le crescendo et le decrescendo, il est expressif. De là le nom de registre d’expression donné à un mécanisme spécial qu’il possède. Le doigté du clavier est le même que celui du clavier de l’orgue, son étendue embrasse cinq octaves.

    Cette étendue néanmoins ne se borne pas là pour les mélodiums à plus d’un jeu. Le nombre des jeux est très variable. Le mélodium le plus simple, celui à un seul jeu, contient deux timbres différens, le timbre du cor anglais pour la moitié gauche du clavier et celui de la flûte pour la moitié droite. Les autres, selon la volonté du fabricant, peuvent avoir, par diverses combinaisons, les jeux de basson, de clairon, de flûte, de clarinette, de fifre, de hautbois, ainsi nommés à cause de l’analogie qui existe alors entre le timbre du mélodium et celui de ces instrumens, et de plus le grand jeu, le forte et l’expression. Ces jeux donnent au mélodium une étendue de sept octaves, bien que son clavier n’en ait que cinq.

    Ils sont mis à la disposition de l’exécutant par le moyen d’un mécanisme semblable à celui de l’orgue, placé de chaque côté de la caisse de l’instrument et qu’on fait mouvoir en tirant à soi une tige de bois avec l’une et l’autre main. Quelques autres jeux sont obtenus par un mécanisme analogue placé au-dessous de la caisse et qui se meut sous la pression de gauche à droite et de droite à gauche exercée par les genoux de l’exécutant. Ces mécanismes constituent ce qu’on appelle les registres.

    Le mélodium ne possède pas les jeux de mutation de l’orgue, dont l’effet excite chez beaucoup de gens une admiration traditionnelle, mais qui en réalité ont une horrible tendance charivarique ; il a seulement des jeux d’octaves simples et doubles au moyen desquels chaque touche fait parler, avec sa note, l’octave et la double octave de cette note, ou la double octave sans la simple, ou même l’octave supérieure et l’octave inférieure de cette note en même temps. Beaucoup d’exécutans ignorans et amis du bruit font un déplorable usage de ce jeu d’octaves. Il en résulte encore une barbarie, moindre, il est vrai, que celle des jeux de mutation de l’orgue qui donnent à chaque note la résonnance simultanée des deux autres notes de l’accord parfait majeur, c’est-à-dire de sa tierce majeure et de sa quinte ; barbarie réelle cependant, puisque, sans parler de l’empâtement harmonique qu’elle produit, elle introduit nécessairement dans l’harmonie le plus affreux désordre par le renversement forcé des accords, puisque les neuvièmes produisent ainsi des secondes et des septièmes, les secondes des septièmes et des neuvièmes, les quintes des quartes, les quartes des quintes, etc., et que pour rester dans de véritables conditions musicales avec de pareils jeux, il faudrait s’en servir seulement dans des morceaux écrits en contre-point renversable à l’octave : ce qu’on ne fait pas. C’est à l’ignorance du moyen-âge cherchant à tâtons les lois de l’harmonie qu’il faut attribuer sans doute l’introduction dans les orgues de ces monstruosités que la routine nous a conservées et transmises, et qui disparaîtront peu à peu, il faut l’espérer.

    Les sons du mélodium étant d’une émission un peu lente, comme les sons de l’orgue à tuyaux, le rendent plus propre au style lié qu’à tout autre, et fort convenable au genre religieux, aux mélodies douces, tendres et d’un mouvement lent. Les morceaux d’une allure sautillante, d’un caractère ou violent ou pétulant, exécutés sur le mélodium, attesteront toujours, selon moi, le mauvais goût de l’exécutant, ou l’ignorance du compositeur, ou l’ignorance et le mauvais goût de l’un et de l’autre.

    Donner aux sons du mélodium un caractère rêveur et religieux, les rendre susceptibles de toutes les inflexions de la voix humaine et de la plupart des instrumens, tel est le but que M. Alexandre s’est proposé et qu’il a atteint.

    Le mélodium est à la fois un instrument d’église, de théâtre, de salon et de salle de concert. Il occupe peu de place ; il est portatif. C’est donc pour les compositeurs et pour les amateurs de musique un serviteur d’une utilité incontestable. Depuis que MM. Meyerbeer, Halévy, Verdi, dans leurs œuvres dramatiques, ont employé l’orgue, combien de théâtres des provinces de France et même d’Allemagne, qui n’ont pas d’orgues, se sont trouvés embarrassés pour les exécuter ! A combien de mutilations et d’arrangemens plus ou moins maladroits des partitions cette absence des orgues n’a-t-elle pas donné lieu ! Les directeurs de ces théâtres seraient inexcusables de tolérer aujourd’hui de semblables méfaits, puisque, pour une somme très modique, ils peuvent avoir, à défaut d’un orgue à tuyaux, un orgue mélodium à peu près suffisant pour le remplacer.

    Il en est de même des petites églises où la musique jusqu’à présent n’avait pu pénétrer. Un mélodium touché par un musicien de bon sens peut et doit y introduire la civilisation harmonique et faire avec le temps disparaître les hurlemens grotesques qui s’y mêlent encore au service religieux.

    M. Alexandre a en outre exposé cette année un colossal instrument appelé le piano Liszt, où le piano réuni à l’orgue, avec trois claviers superposés, jouit de la faculté tant cherchée de prolonger les sons. Le prolongement (c’est la dénomination assez peu exacte adoptée pour désigner ce mécanisme) est l’invention la plus importante qu’on ait appliquée récemment aux instrumens à clavier. Les orgues-mélodiums le possèdent comme le piano. Il donne à l’exécutant la possibilité de maintenir indéfiniment, par un simple mouvement du genou, une note, un accord ou un arpége dans toute l’étendue du clavier, après que les mains ont cessé de presser les touches. Et pendant cette tenue fixe d’un plus ou moins grand nombre de sons, l’exécutant, usant de la liberté de ses mains, peut non seulement attaquer et faire parler d’autres notes qui ne font pas partie de l’accord soutenu, mais encore celles qui se prolongent. On comprend à quelle multitude de combinaisons diverses et charmantes cette invention peut donner lieu sur l’orgue-mélodium et sur le piano. Ce sont de véritables effets d’orchestre et de la nature de ceux qui se produisent quand les instrumens à archet exécutent quatre ou cinq parties diversement dessinées au travers d’une harmonie soutenue par les instrumens à vent (flûtes, hautbois et clarinettes), ou mieux encore comme ceux qui résultent d’un morceau à plusieurs parties joué par les instrumens à vent pendant une tenue harmonique des violons divisés, ou quand l’harmonie et la mélodie se meuvent au-dessus ou au-dessous d’une pédale. Ajoutons que l’effet du prolongement peut avoir lieu avec différens degrés d’intensité sur le mélodium, selon qu’on ouvre ou qu’on ferme le registre forte qui lui est adjoint.

    Des instrumens à double clavier, imités sur de moindres proportions du grand instrument fait pour Liszt, sous le nom de pianos – orgues, sont maintenant fabriqués dans les ateliers de M. Alexandre. De plus, cet habile facteur, afin de populariser la musique, est parvenu à faire de petites orgues dont le son est excellent et dont le prix extrêmement modique (100 fr.) en permet l’introduction jusque dans les plus pauvres églises de village. Le succès de ces instrumens est déjà très grand ; on en achète non seulement pour les églises, pour les salons, pour les écoles, mais aussi pour les vaisseaux de guerre où se trouve un aumônier.

H. BERLIOZ.

Site Hector Berlioz créé le 18 juillet 1997 par Michel Austin et Monir Tayeb; page Hector Berlioz: Feuilletons créée le 1er mars 2009; cette page ajoutée le 1er avril 2010.

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