FEUILLETON DU JOURNAL DES DÉBATS

du 31 MARS 1870 [p. 1-2]


Revue Musicale.

THÉATRE DE L’OPÉRA : Festival en l’honneur d’Hector Berlioz.

    « Ce qui a manqué aux concerts de l’Opéra… c’est l’opéra. » J’écrivais cela il y a quelques mois à propos des concerts Litolff qui vécurent si peu : deux affiches, deux programmes, et ce fut tout. A Paris, il arrive souvent qu’au lendemain du jour où l’on a donné des souhaits de bienvenue et de bonne réussite à une tentative d’art, il faut en prononcer l’oraison funèbre.

    Si le Festival organisé en l’honneur d’Hector Berlioz a réussi matériellement, c’est-à-dire si les frais ont été couverts par la recette, c’est que les artistes de l’Opéra et le directeur de l’Opéra étaient avec nous et nous ont généreusement secondés. Et pour nous tous, membres du comité, amis de Berlioz et admirateurs du maître, la première pensée, le premier devoir a été d’adresser nos félicitations et nos remercîmens aux excellens artistes qui, avec un zèle et un désintéressement au-dessus de tout éloge, nous ont prêté l’appui de leur talent, l’éclat de leur renommée, au directeur dont l’expérience pratique, l’intelligent concours et la haute influence nous ont été si utiles. Sans eux, notre entreprise eût avorté ; n’est-il pas juste de leur attribuer la plus grande part dans le succès qu’elle a obtenu ?

    En dehors de l’Opéra nous avons trouvé aussi de puissans patronages et de précieux auxiliaires, et l’hommage que nous avons voulu rendre à l’un des plus grands compositeurs que la France ait produits a presque été considéré comme une manifestation nationale. L’Empereur a voulu s’y associer, et le ministre des beaux-arts, non content d’apporter son offrande personnelle au monument de Berlioz, a accepté la présidence de notre comité et ne nous a laissé désirer ni une marque d’encouragement ni une marque de sympathie. Sur sa demande, la salle du Conservatoire a été mise très gracieusement à notre disposition par M. Auber pour les deux répétitions qui ont précédé la répétition générale ; le comité de la Société des Concerts et M. Félicien David, bibliothécaire du Conservatoire, se sont empressés de nous envoyer la musique des fragmens de l’œuvre de Berlioz inscrits sur le programme du Festival ; les éditeurs Richault et Choudens, Brandus et Dufour nous ont fourni avec la même obligeance toutes les parties supplémentaires dont nous avions besoin ; Mme Charton-Demeur, la vaillante héroïne des Troyens, a quitté sa retraite de Ville-d’Avray, et Henri Vieuxtemps, le grand violoniste, a fait deux cents lieues la veille même du concert pour nous apporter le concours de leur talent, pour payer à la mémoire du maître leur tribut de respectueuse et sincère admiration.

    A peine le Festival était-il annoncé, je recevais de M. Charles Dancla, professeur au Conservatoire, quelques lignes que je prends la liberté de reproduire sans en demander l’autorisation à l’éminent artiste qui les a écrites : « Si vous avez besoin d’un archet ami pour la solennité que vous organisez, je suis entièrement à votre disposition. » Ma réponse ne s’est pas fait attendre : « S’il y avait à Paris beaucoup d’artistes comme vous, nous n’aurions pas eu tant de peine, etc., etc. » Et M. Charles Dancla est venu, en simple exécutant, prendre sa place au pupitre des premiers violons, à côté de M. Ernest Aliès, dont le zèle dévoué et l’amicale intervention auprès des membres de l’orchestre ont aplani des difficultés que seul je n’eusse peut-être pas été capable de vaincre.

    Vraiment ce n’est pas une petite affaire, en ce temps de concerts particuliers et de soirées officielles, que de réunir à jour fixe cent dix instrumentistes choisis parmi les plus renommés. Presque tous sont attachés à des théâtres et donnent des leçons ; ils sont forcés de se faire remplacer, de demander des congés et d’ajourner leurs élèves ; les choristes sont à peu près dans le même cas : ils chantent dans les églises. Le cachet qu’on leur offre les indemnise à peine du temps qu’on leur prend, et ce serait une illusion que de compter sur le concours gratuit de tous ces musiciens, chanteurs et instrumentistes, qui vivent de leur travail et qui en vivent difficilement. En Allemagne, ils sont mieux rétribués qu’à Paris et ont plus de loisirs ; ils ont aussi plus d’enthousiasme pour les tentatives de l’art sérieux ; ils sont nés musiciens et restent musiciens toute leur vie, se trouvant fort honorés de leurs titres de kapellmeister et de concertmeister, de kammervirtuose, et même de simples membres d’une chapelle impériale, royale, grand-ducale ou d’une Société philharmonique quelconque. Ils ont leurs dieux, leurs demi-dieux et c’est très religieusement qu’ils les servent ; une noble émulation les entraîne vers tout ce qui est beau ; le grand artiste qui arrive parmi eux peut être sûr de leur dévouement. Voilà pourquoi Berlioz disait en revenant d’Allemagne : « … Je suis comme au lendemain d’une fête que les étrangers m’auraient donnée. Les grands orchestres, les grands chœurs dévoués, ardens, chaleureux, que je dirigeais chaque jour avec tant de joie, me manquent… » Et cependant Berlioz a réuni bien souvent autour de lui, à Paris, des masses formidables d’exécutans, bien disciplinés, dévoués et pleins de zèle ; il avait beaucoup fait pour les musiciens d’orchestre ; tous l’aimaient, et eux aussi ont beaucoup fait pour lui ; mais il ne faut pas vouloir trouver les mêmes tempéramens, les mêmes organisations, les mêmes aptitudes sous des climats différens. Nos jeunes instrumentistes n’ont pas pris part à ces belles fêtes que Berlioz aimait à organiser et qui le faisaient vivre ; mais leurs aînés leur ont transmis les sympathies et l’admiration qu’ils éprouvaient pour l’illustre maître. Et si, à la première nouvelle d’un Festival dédié à la mémoire de Berlioz, les musiciens d’orchestre n’ont pas répondu avec un élan spontané à l’appel du comité, ils n’ont pas moins accompli leur tâche avec une ponctualité, un soin, une intelligence dont je ne saurais trop les remercier.

    On a critiqué la disposition de l’orchestre et des chœurs sur l’estrade de l’Opéra ; il valait mieux laisser l’orchestre à sa place accoutumée et grouper les chœurs et les solistes sur la scène. Je ne suis pas de cet avis, d’abord parce que deux cents exécutans échelonnés et rangés sur les gradins d’une vaste estrade présentent un coup d’œil imposant, et ensuite parce que l’enceinte réservée ordinairement aux musiciens de l’orchestre de l’Opéra eût été insuffisante pour en recevoir un nombre plus considérable. Seulement il aurait fallu pouvoir disposer les choristes comme l’étaient les musiciens, en amphithéâtre, de manière que le bâton du chef d’orchestre pût être vu simultanément par tous les exécutans, car, si compactes que l’on suppose des masses de chanteurs et d’instrumentistes, il ne faut qu’une volonté, qu’une main pour les diriger. Mais l’estrade de l’Opéra est ce qu’elle est, et ne pouvait être agrandie sans ajouter à notre budget une nouvelle dépense ; la sonorité de l’orchestre et des voix s’est ressentie aussi de la disposition qui avait été adoptée : le son s’en allait dans les frises et n’arrivait pas dans la salle avec toute l’intensité voulue ; mais sait-on ce que nous aurait coûté un plafond réflecteur placé au-dessus de l’immense scène de l’Opéra ? Si tous ces inconvéniens dont je n’ai pas été le dernier à m’apercevoir pouvaient au moins hâter l’édification d’une salle de concert, d’une salle ellipsoïde ou circulaire, voûtée ou plafonnée, longue ou carrée, pourvu que ce fût une salle de concert et non un manège, un cirque et non une écurie ! Mais qui donc apportera les fonds nécessaires à une pareille entreprise ? Qui donc osera courir les chances si incertaines d’une pareille spéculation ? Est-ce que M. Félicien David n’a pas cru un instant à la réalisation de ce projet ? est-ce que l’emplacement n’était pas déjà désigné ? est-ce que des listes de souscription n’avaient pas déjà circulé ? est-ce qu’on n’avait pas lancé des prospectus, rédigé des programmes et commandé des affiches ? n’avait-on pas engagé déjà des chanteurs et des musiciens, et les sympathies de tous ceux qui aiment la bonne musique ne s’étaient-elles pas unies déjà aux efforts de l’illustre compositeur, de l’auteur du Désert, de Christophe Colomb et de l’Eden ? Qui mieux que lui pouvait mener à bien une telle entreprise ? Eh bien ! il a dû y renoncer. Il y a des salles de concert à Londres, à Saint-Pétersbourg, à Moscou, à Vienne, à Berlin, à Cologne, à Dusseldorff, à Stuttgard et même dans de petites villes d’Allemagne. A Paris, il n’y en a pas. Le terrain est trop cher, dit-on. Evidemment, on ne peut pas bâtir une salle de concert dans la plaine d’Aubervilliers ; il faut qu’elle soit édifiée au centre même de Paris. L’emplacement qu’avait choisi M. Félicien David est situé rue Richer : c’est encore aujourd’hui un magasin du literie. J’en sais un autre bien mieux situé, plus vaste et plus convenable sous tous les rapports, rue de la Banque, à cinq minutes du boulevard : c’est une caserne.

    Le Festival-Berlioz a donc eu lieu à l’Opéra, parce qu’il ne pouvait pas avoir lieu ailleurs, et ailleurs nous n’eussions pas trouvé non plus ce que nous avons trouvé à l’Opéra : l’hospitalité courtoise du directeur, la coopération de tout un personnel habile et plein de bon vouloir, le concours des chanteurs les plus célèbres, des virtuoses les plus applaudis.

    C’est le concours de ces chanteurs, de ces virtuoses qui nous a guidés dans la composition du programme. Certainement nous eussions préféré donner une œuvre de Berlioz tout entière : Roméo et Juliette, ou la Damnation de Faust, la Symphonie fantastique, ou Harold en Italie ; mais cela eût-il eu pour le public le même attrait qu’une série de morceaux interprétés par Mme Carvalho et M. Faure, Mlle Nilsson et Mme Charton-Demeur, Mme Gueymard et M. David, M. Villaret et M. Bosquin ? Avant d’ouvrir les portes de l’Opéra, nous comptions sur 12,000 fr. de frais. Ce chiffre sera dépassé, et, avec le don de l’Empereur et celui du ministre des beaux-arts, nous n’avons eu que 13,300 fr. de recette. Mais aurions-nous atteint pareil résultat sans le concours des artistes de l’Opéra ? Et fallait-il espérer que l’intérêt et la curiosité du public seraient suffisamment excités par le nom seul de Berlioz et l’une ou l’autre de ses symphonies ? Trois répétitions nous ont suffi pour arriver à une exécution, sinon irréprochable, du moins très satisfaisante, de notre programme : il aurait fallu demander dix, vingt répétitions aux chœurs et aux solistes pour arriver à rendre avec toute la perfection voulue les détails dont les belles et savantes compositions de Berlioz fourmillent, les difficultés dont elles sont hérissées. Habituez donc des choristes, dans l’espace de quelques jours, à se fourrer dans la tête ces paroles démoniaques, cette langue de l’enfer dont s’est servi l’auteur de la Damnation de Faust pour le Pandemonium de sa fantastique légende :

Tradioun Marexil Trudinxé burrudixé
Fory my Din Korlitz…………….
Diff ! diff ! mérondor mit aysko !
Has ! has ! Belphégor, Méphisto (1).
…………………………………….

    Il y a un peu plus de trois ans, la Damnation de Faust fut exécutée à Vienne, et voici, à ce sujet, ce que m’écrivait un de mes amis [Berlioz lui-même (CG no. 3200), cf. Journal des Débats 15 décembre 1878]: « L’exécution de cette œuvre admirable a eu lieu hier dans la vaste salle de la Redoute, devant un auditoire immense avec un succès foudroyant. Vous dire tous les rappels, les bis, les pleurs, les fleurs, les applaudissemens de cette matinée, est chose impossible. Il y avait sur l’estrade TROIS CENTS CHORISTES et CENT CINQUANTE INSTRUMENTISTES ; les soli étaient chantés par une charmante Marguerite, la belle Mlle Bettleim, dont la voix de mezzo-soprano est splendide, un ténor-Faust, M. Walter, dont nous n’avons certainement pas l’égal à ….. (il y a ici un mot que je n’ai pas pu lire) et un énergique Méphistophélès, M. Meyeroffer, tous les trois du Grand-Opéra de Vienne. Le duo d’amour entre Faust et Marguerite, supérieurement chanté, a été interrompu trois fois par les bravos du public ; la scène de Marguerite abandonnée a ému encore davantage. Les Sylphes, les Follets, le chant de la Fête de Pâques, et l’Enfer et le Ciel ont littéralement révolutionné l’auditoire. Helmesberger, le directeur du Conservatoire (!) a joué d’une façon toute poétique le petit solo d’alto dans la ballade du roi de Thulé, si bien chantée par Mlle Bettleim. Ce soir, on donne à Berlioz une grande fête à laquelle assisteront deux ou trois cents personnes, artistes et amateurs, entre autres les cent quarante dames appartenant toutes à la meilleure société de Vienne, et qui ont prêté à cette grande solennité artistique un si gracieux concours. J’aurais voulu que vous entendissiez ces voix fraîches et justes ! Et comme tout cela avait été bien instruit par le directeur de la Société des amis de la musique, Herbeck, un chef d’orchestre de premier ordre, qui s’est mis en quatre, en seize, en trente-deux pour Berlioz, et qui a eu le premier l’idée de monter en entier sa magnifique symphonie. Il était venu des auditeurs de Munich et de Leipzig ; il en était venu de Prague et de Pesth, et de plus loin encore. Ah ! si la Société des concerts du Conservatoire de Paris n’était pas….. ancien répertoire dans lequel….. systématiquement…… à la portion intelligente de ses abonnés….. un des plus grands chefs-d’œuvre de la musique moderne ! (Il y a là beaucoup de mots effacés que je n’ai pu lire, mais dont il n’est pas absolument impossible de deviner le sens.) Je vous assure que M. Berlioz a éprouvé hier une des plus grandes joies musicales de sa vie. »

    Cent cinquante instrumentistes et trois cents choristes, parmi lesquels cent quarante femmes du meilleur monde et le directeur du Conservatoire de Vienne exécutant une partie d’alto de quelques mesures !

    O Allemagne
    Poétique !
Pays de Cocagne
De la musique !

    On a fondé à Paris la Société Schumann, pourquoi ne fonderait-on pas aussi la Société Berlioz ? L’an prochain, au commencement de l’hiver, avant que les salons officiels ne soient ouverts, avant que les artistes ne soient exténués, nous demanderons à M. Maurice Richard, ministre et ami des beaux-arts, la salle du Conservatoire pour y donner trois concerts consacrés à l’exécution des principales œuvres de Berlioz : Roméo et Juliette, la Damnation de Faust, la Symphonie fantastique, Harold en Italie et l’Enfance du Christ. Nous nous assurerons d’abord que les frais seront couverts par des souscriptions, et pour cela nous demanderons à des femmes du monde, non pas de chanter dans les chœurs, mais de patronner notre entreprise comme s’il s’agissait d’une œuvre de charité. N’est-il pas aussi méritoire, n’est-ce pas un but plus élevé de s’intéresser à la gloire posthume d’un grand artiste qu’au rachat de quelques petits Chinois ?

    Enfin le maître a eu son apothéose, juste un an après sa mort. Et jamais de son vivant eût-il pu former autour de lui une telle constellation de virtuoses et obtenir cette unanimité d’éloges que la presse lui a prodigués ? Il n’y a pas plus d’un an qu’il est mort, et nous voilà pourtant bien loin de ce temps où celui-là même qui aujourd’hui le compare à Beethoven et à Weber, disait en parlant de sa musique : « C’est un bruit qui me donne des émotions aussi agréables que lorsque j’entends des haricots bouillir dans une marmite ! »

    Avant ce bel esprit, longtemps avant, un autre juge tout aussi compétent, mais moins prosaïque en son langage, avait écrit ceci : « Le Chinois qui charme ses loisirs par le bruit du tam-tam, le sauvage que le frottement de deux pierres met en fureur, font de la musique dans le genre de celle que compose M. Hector Berlioz. » Et quelqu’un avait comparé aussi l’effet des sons harmoniques des violons dans le scherzo de la Fée Mab à un bruit de seringues mal graissées (2), ce qui fit beaucoup rire les sots. Ah ! on voit bien qu’il est mort et que l’heure de la réparation a enfin sonné pour lui ! Vous verrez qu’on finira par lui faire une petite place entre Monsigny et Dalayrac sur l’une des façades du nouvel Opéra. Mais ce n’est plus Berlioz l’extravagant, Berlioz l’antéchrist, le briseur d’idoles, l’ennemi de toute règle scolastique, l’inventeur des orchestres monstres, le musicien qui, selon Chérubini, mettait du canon dans sa musique (un autre que lui en a mis, on s’en souvient) ; c’est un poëte, le poëte des demi-teintes, des nuits vaporeuses et des clairs de lune, un rêveur à la façon de Shakspeare. N’a-t-il pas écrit le duo et le septuor des Troyens, le nocturne de Béatrice et Bénédict, le duo de l’Enfance du Christ, l’air de Méphistophélès, le chœur et la valse des sylphes de la Damnation de Faust, la scène d’amour de Roméo et Juliette, la tristesse de Roméo et la Captive ? La plupart de ces morceaux étaient sur le programme du Festival. On aurait voulu des oppositions plus vives ; mais ne fallait-il pas choisir dans l’œuvre du maître les pages qui convenaient le mieux aux qualités de voix et de talent des artistes dont nous avions obtenu le précieux concours ? Et d’ailleurs n’y avait-il pas, comme contraste à ces douces rêveries si délicieusement rendues, le Serment des Capulets et des Montaigus, serment de réconciliation et non pas serment de vengeance, et l’ouverture du Carnaval romain ? Le duo de Béatrice et Bénédict, le septuor des Troyens, les fragmens de la Damnation de Faust et la Marche des Pèlerins d’Harold ont eu le succès de la soirée. Dans ce dernier morceau, d’un travail si exquis, d’une forme si originale, l’alto solo joue un rôle extrêmement important. Plusieurs retards successifs apportés à la date du Festival nous avaient fait craindre un instant que Henri Vieuxtemps, appelé en province pour une série de concerts, ne pût prendre part à cette solennité, et Léonard avait bien voulu consentir à le remplacer. Le nom de Léonard a même été sur l’affiche un jour. Le lendemain, Vieuxtemps nous télégraphiait son arrivée, et Léonard, au lieu d’en témoigner la moindre contrariété, nous disait simplement : « Si par hasard Vieuxtemps ne venait pas, comptez toujours sur moi. » Les sentimens de confraternité et de bonne camaraderie n’existent réellement que chez les grands artistes.

    Et maintenant, quel que soit le résultat pécuniaire du concert du 22 mars, notre but est atteint, car nous avons voulu, suivant l’expression de Théophile Gautier, élever à Berlioz un monument musical qui réjouira certainement plus que le marbre ou le bronze l’âme du grand compositeur.

E. REYER.     

(1) Cette langue est celle que Swedenborg appelait la langue infernale, et qu’il croyait en usage parmi les démons et les damnés.

(2) Mémoires de Berlioz, page 219.

Site Hector Berlioz créé le 18 juillet 1997 par Michel Austin et Monir Tayeb; cette page créée le 15 octobre 2011.

© Michel Austin et Monir Tayeb. Tous droits de reproduction réservés.

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