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FEUILLETON DU JOURNAL DES DÉBATS

DU 23 JUILLET 1863 [p. 1-2].


THÉATRE DE L’OPÉRA.

Reprise des Vêpres siciliennes.

    Cette reprise a exigé trois mois d’études, tant on l’a faite avec soin.

    Les Vêpres siciliennes ne sont pas le plus populaire des ouvrages de Verdi. Cet opéra est cher néanmoins au public de Paris, qui l’a revu avec un très grand plaisir. Malgré la chaleur, la salle était presque pleine. L’exécution, en quelques endroits, a laissé peu à désirer. Obin a dit son rôle de basse avec une voix d’un beau timbre et l’excellente méthode qu’on lui connaît ; il a mis peut-être un peu trop de lenteur dans son premier récitatif. Bonnehée s’est livré, au premier acte, à de graves excès vocaux qu’il a su faire oublier aux actes suivans. Villaret a rendu avec charme plusieurs passages écrits dans les cordes élevées. Sa voix de ténor est belle, mais dans le haut surtout ; les notes inférieures et le médium manquent déjà de timbre et de sonorité. Le public, aujourd’hui, à l’endroit des ténors, se montre d’une exigence déraisonnable ; il ne leur trouve jamais assez de force, assez de poumons ; il les excite ainsi à pousser la voix qu’ils ont jusqu’à la dénaturer et à la détruire, à convertir le chant en cri, et enfin le cri en râle. Le public voudrait appliquer au chant le progrès qu’on lui signale dans la confection des pièces d’artillerie. On fait maintenant des canons de cent dix, il lui faut des ténors de quarante-huit et même de quatre-vingts.

    Mlle Sax semble en progrès ; elle a chanté avec âme et avec goût un duo et plusieurs autres parties de son rôle ; la fameuse polonaise du dernier acte qu’elle a dite avec brio, mais sans exagération, a obtenu les honneurs du bis. Mlle Sax modère maintenant bien plus habilement qu’elle ne le faisait l’an dernier les éclats de sa splendide voix. Je le répète, elle est en progrès.

    Le ballet des Saisons dans les Vêpres contient de charmans airs de danse, surtout pour les pas du Printemps et de l’Eté, qui donnent aux virtuoses de l’orchestre de l’Opéra l’occasion de montrer leur talent. On a remarqué les soli de M. Dorus, le premier flûtiste de notre temps, ceux de la clarinette et du hautbois, dits avec un beau style et un son exquis par MM. Rose et Cras, et le mélodieux solo des violoncelles à la tête desquels on remarque M. Desmarets. La danse en général a fait fureur. Les applaudissemens ont poursuivi Mlle Vernon dont la grâce semblait avoir enivré la salle, et la charmante danseuse les a reçus avec ce sourire qui lui est naturel, que tant d’autres femmes veulent imiter sans y parvenir, et qui ravage tous les cœurs. La reprise des Vêpres siciliennes sera fort utile à l’Opéra dont le répertoire, on le sait, avait grand besoin d’être varié.

THÉÂTRE DE L’OPÉRA-COMIQUE.

Première représentation des Bourguignonnes, opéra-comique en un acte, de M. Meilhac, musique de M. Deffès. — Première représentation de la Fausse Magie, opéra-comique en deux actes, de Marmontel, musique de Grétry. Débuts de Mlle Girard et de Carrier. — Les Médiums, les Mormons. — La prise de Mexico. L’opéra de Fernand Cortez. — La subvention du Théâtre- Lyrique.

    Depuis plus de deux mois nous n’avons raconté aucun opéra-comique ; Lucette et Lubin se reposaient, la grosse caisse se taisait et la critique respirait. Mais Dieu ne nous a pas fait de plus longs loisirs, et jeudi dernier il a fallu assister à une véritable fête, je ne dirai pas musicale, car les fêtes musicales sont fort ennuyeuses en général, dit-on à Paris, et celle-là était amusante, et charmante, et ragaillardissante ; on y chantait force couplets, on y dansait force bourrées, on y jouait trois opéras-comiques, dont deux en un acte et un en deux actes. Il y avait d’abord le Cabaret des amours, de M. P. Pascal, cabaret dans lequel Couderc débite tant de finesse, de verve et d’entrain. Il y avait ensuite les Bourguignonnes, opéra nouveau pour Paris, représenté il y a quelques années à Wiesbaden. Il y avait enfin la Fausse Magie, de Grétry, opéra nouveau pour beaucoup de gens, trop jeunes pour l’avoir jamais vu, trop peu studieux pour l’avoir jamais lu.

    Je vous ai dit naguère combien de jolies mélodies se boivent dans le gentil cabaret de M. Pascal ; aujourd’hui je dois vous narrer ce qui se passe dans une ferme bourguignonne. La fermière se nomme Thérèse ; elle est fort mignonne, cette Bourguignonne ; c’est Mlle Decroix. Sa cousine Manette, une autre Bourguignonne luronne, est venue la voir et passer quelques jours avec elle. Or voilà que le fermier, qui justement commençait à négliger tant soit peu sa jeune femme, se met à faire la roue autour de la cousine, à lui acheter des rubans et toutes sortes d’atours. Thérèse s’attriste, et tout en faisant les comptes de la ferme (car c’est la jeune femme qui est l’homme d’affaires de la maison), confie à Manette la cause de sa tristesse. Elle sait que Manette n’a aucun tort à son égard. « Ah ! c’est cela ? dit la Bourguignonne luronne, nous allons te ramener ton infidèle et te guérir de ta mélancolie. Il y a une fête par ici aujourd’hui ; il faut y aller nous deux, et obliger ton mari de rester à la ferme ; tu lui diras qu’un procès est entamé avec un débiteur qui ne paie pas, et qu’il doit absolument, lui le maître de la ferme, examiner sans perdre un instant le dossier de cette affaire. Mais avant tout il faut te donner un peu de cœur ; déjeunons et buvons. » On sert aussitôt un pâté, une volaille, des fruits et une bouteille de vieux vin de Mâcon. Ici j’ai senti mes yeux se mouiller ; cette scène me rappelait une chanson philosophique jadis populaire dans le Dauphiné, et que j’avais mille fois entendu chanter dans mon enfance.

Quand nous serons dans l’autre monde,
Adieu plaisirs, adieu repas ;
Sachez bien que nous n’aurons pas
D’aussi bon vin dans l’autre monde,
Pas de bouteil’ de vin d’ Mâcon
Pour passer la barque à Caron.

    Si bien que nos deux Bourguignonnes aspirent en un clin d’œil la bouteille de vin de Mâcon ; Thérèse se dégourdit tout à fait, la voilà devenue luronne comme sa cousine. Elles dansent la bourrée (car cet opéra est bourré de bourrées), quand survient le mari. « O ciel ! dit-il (comme dans l’opéra du Prisonnier), en croirai-je mes yeux ? » Eh bien ! oui, il en croit ses yeux ; et le voilà un peu furieux de trouver sa femme attifée avec des rubans et des bouquets qu’il avait achetés pour Manette, et dansant, et buvant, et se disposant à aller faire sa partie de bourrée à la fête qui se donne dans le voisinage. Sa mauvaise humeur ne l’empêche pas d’avoir faim ; il appelle ses garçons de ferme, la servante. Personne ne répond ; pas de servante, pas de garçons. Sont-ils donc tous à labourer ? — Oui, ils sont à la bourrée ; Mme Thérèse les y a tous envoyés. — C’est un peu fort ! Mais enfin, je veux déjeûner, moi ; il y avait un pâté, il y avait une volaille. — Plus de volaille, plus de pâté, plus de vin de Mâcon. Voilà un morceau de pain et une cruche d’eau, vois si cela te convient ; il faut te conserver les idées nettes pour examiner ce dossier de notre procès. Adieu, travaille, nous allons danser. »

    Le jeune époux se soumet à ce caprice inexpliqué de sa femme et grignote d’une dent courroucée son morceau de pain, tout en compulsant le dossier du maudit procès. Mais le bruit de la bourrée vient jusqu’à lui, et le voilà qui, ses paperasses à la main, lisant, grignotant et grondant, se met à danser aussi sans s’en apercevoir. Cette scène, bien jouée par Ponchard, a fait beaucoup rire. — Manette arrive sur ces entrechats. « Où est ma femme ? — Ma cousine ? oh ! elle se promène avec un jeune homme, son danseur, un joli garçon de vingt ans. Soyez tranquille, elle ne s’ennuie pas. — Ah ça, mais… qu’est-ce c’est ?… un garçon de vingt ans !… un joli garçon ?… — Eh bien, quoi ? puisque me voilà pour vous tenir compagnie !… Laissez-moi tranquille ; je n’entends pas ça. » Thérèse reparaît. Le mari furieux : « Osez-vous ? — Oui, j’ose. Vous aimez bien les filles de dix-huit ans ; pourquoi n’aimerais-je pas les garçons de vingt ans ? — Que voulez-vous, cousin, Thérèse n’a pas tort. Vous savez la chanson :

Elle aime à rire, elle aime à boire,
Elle aime à danser comme vous.

    A présent je m’en vais, je retourne à mon village où je dois me marier après-demain. — Comment ! vous partez ? C’est donc une leçon qu’à vous deux vous avez voulu me donner ? — Je le crains, dit Manette, adieu, profitez en. — Adieu, répondent les deux époux, porte-toi bien. ».

    Et voilà.

    La musique de M. Deffès a paru bien faite, pleine de vivacité et d’entrain. On a regretté d’y trouver quelques réminiscences d’un opéra de M. Auber et d’un autre d’Hérold ; peut-être aussi le compositeur a-t-il fait dans cet ouvrage un usage trop fréquent du style syllabique, les chanteurs y récitent plutôt qu’ils n’y chantent. Les couplets sur le vin de Bourgogne, fort bien dits par Mlle Girard, ont été redemandés. Mlle Girard a obtenu un succès de bon aloi. Mais est-il bien certain qu’elle trouve à l’Opéra-Comique une position supérieure, musicalement, à celle qu’elle occupait au Théâtre-Lyrique et qu’elle a abandonnée ?

    La Fausse Magie a paru ravir aussi le public. Le fameux duo des vieillards : « Quoi ! c’est vous qu’elle préfère ! » supérieurement dit par Gourdin et le débutant Carrier, a été redemandé avec de grands applaudissemens. On sait l’effet que Ponchard père et Levasseur produisaient toujours en chantant ce duo dans les concerts. Plusieurs morceaux pleins de grâce et d’une intention dramatique excellente ont fait grand plaisir. Beaucoup d’autres ont paru vieillis. Que dire de la scène du miroir, où la fausse magicienne fait voir au vieillard un jeune muguet contant fleurette à la fille que le vieillard veut épouser, le couple amoureux se trouvant en face du miroir magique et derrière le vieillard stupide qui ne s’aperçoit pas de la supercherie ?

    Dans ce temps d’ignorance il fallait des moyens innocens comme celui-là pour faire voir des personnages dans les miroirs magiques. Aujourd’hui, grâce aux étonnans progrès des sciences spiritistes, on voit dans ces miroirs des vivans et des morts, des gens d’esprit et des imbéciles, Adam et Eve, Charlemagne et Musard et Mozart. Cette science fait d’ailleurs journellement tant de découvertes sous d’autres rapports ! Figurez-vous que je fus invité il y a quelques mois, par un pianiste allemand, à venir dans une maison spiritiste voir un billard s’élever à huit pieds au-dessus du plancher de l’appartement où il se trouve, par le simple effet de la volonté d’un médium. Je refusai l’invitation, obligé que j’étais d’aller dans une maison de santé voir un ami dont l’esprit est aussi dans un assez triste état. J’ai appris depuis lors, on me l’a assuré, que l’expérience avait complétement réussi. Le billard s’est élevé, malgré son poids considérable, à huit pieds au-dessus du plancher. Mais, ce qu’il y a de plus extraordinaire, c’est que les esprits qui, sur l’ordre du médium, avaient accompli le prodige, se trouvant sans doute obligés de repartir subitement pour la planète éloignée d’où ils étaient venus, ont laissé en l’air le malheureux billard, qui maintenant ne peut plus descendre. Il flotte ainsi plus ou moins tranquillement dans l’atmosphère de l’appartement ; quelque fois, cela dépend du temps qu’il fait, on le voit se porter à droite ou à gauche, à l’est ou à l’ouest. Et c’est dans ces évolutions mystiques qu’il a déjà brisé deux glaces d’un grand prix. Craignant pour les autres, le maître de la maison a voulu employer la force pour ramener le billard sur le plancher ; vains efforts ! Dix chevaux tirant dans la rue, attelés à des cordes qui, passant par la fenêtre de la salle, étaient attachés aux pieds du billard aérostat, n’ont pas mieux réussi. On a dû renoncer à la tentative peut-être impie… (on ne sait pas) de mettre ce billard à la raison ; il est donc à cette heure toujours en l’air et se mouvant lentement, comme un fœtus dans un bocal d’esprit-de-vin. O mystère ! ô altitudo ! Hamlet avait raison, il y a plus de choses sur la terre et dans l’air que n’en a rêvé notre philosophie ! Shakspeare avait tout prévu.

    Voyez le livre de M. Oscar Comettant, intitulé les Civilisations inconnues, où l’auteur a consacré près de cent pages à l’étude du monde des esprits ; le savant philosophe vous en raconte bien d’autres. Mais je regrette que M. Comettant, dans ce curieux ouvrage, parle avec tant de légèreté des Mormons. Il se permet de navrantes plaisanteries en racontant les entretiens qu’il a eus, à différentes reprises, avec les saints des anciens jours. Un de ces saints lui répétant sa dernière conversation avec un ange vêtu d’une robe blanche sans coutures, M. Comettant lui répliqua vivement : « Mais êtes-vous bien sûr ?… — Oh ! Monsieur… — que l’habit de l’ange n’était pas cousu ? » Et le lecteur d’éclater de rire ; ce qui est fort mal. On ne doit pas rire de gens professant une doctrine aussi sérieuse, et qui prouve, en dépit de Molière, que la polygamie n’est point un cas pendable. Néanmoins le mormonisme est en progrès ; les nouveaux Etats du Lac-Salé sont en progrès, le spiritisme est en progrès ; je viens même d’apprendre que le billard dont je vous parlais tout à l’heure n’est plus suspendu en l’air ; le médium ayant eu le temps de rappeler ses esprits, les esprits ayant eu le temps de revenir de leur planète, le billard a été replacé sur le plancher où il repose maintenant immobile, et où les plus incrédules peuvent le voir, ainsi que les glaces cassées. Ce sont là des faits et des progrès.

    Je reviens à la Fausse Magie. Mlle Girard jouait encore là-dedans le rôle principal, qui ne lui a pas été moins favorable que celui de la Bourguignonne. On l’a fort applaudie dans son grand air à roulades, dont elle a vaincu sans peur les nombreuses difficultés, et dans son duo d’une intention si fine et si charmante :

Te souvient-il de cette fête
Où l’on voulut nous voir danser ?

    Ce duo contient malheureusement une de ces choses que les gens délicats goûtent médiocrement, mais qui étaient fort en vogue au temps de Grétry. Après les deux premiers vers, Lucette chante ceux-ci :

Pour faire de nous sa conquête
L’amour n’a qu’un trait à lancer.

    Et vite sur le mot trait le musicien fait exécuter une vocalise par son personnage ; l’amour lançant un trait, le compositeur pouvait-il n’en pas lancer un autre, un trait vocal ? Cela fait image, cela produit un calembourg. Malgré le style éveillé de ces trois opéras comiques, l’orchestre ce soir-là paraissait endormi… Les appointemens des musiciens n’auraient-ils pas encore été augmentés ? Cela se pourrait. Et puis il faisait si chaud…

    Nous voilà donc les maîtres du Mexique ; on n’y dévalisera plus autant les voyageurs ; des chemins de fer et des routes pavées y remplaceront les fondrières de boue ; par suite on verra disparaître la fièvre jaune. Les descendans des Astèques, la population de la grande Ténochtitlan, vulgairement dite Mexico, les Tlaxcallans et les Toltèques, qui ont souffert si longtemps d’être Espagnols, se trouvent à cette heure fort bien d’être Français. A l’entrée de ses libérateurs dans la ville de Montezuma, le peuple, dit-on, a chanté un hymne composé à son dernier voyage au Mexique par le pianiste allemand naturalisé Français, Henri Herz. On ajoute même (vous le savez, on ajoute toujours) que plusieurs officiers et sous-officiers français, apprenant, avec un étonnement facile à comprendre, que l’Opéra de Paris n’avait pas, à l’occasion de notre conquête du Mexique, remis en scène le Fernand Cortez de Spontini, ont organisé un concert pour faire entendre aux Astèques des fragmens de cet opéra qui est un chef-d’œuvre, et il est bien triste que ce chef d’œuvre ne soit pas au répertoire de notre premier théâtre lyrique comme il l’est à celui du grand Opéra de Berlin. Il y a là des combinaisons musicales d’une hardiesse et d’une nouveauté que bien des musiciens vivans, qui se croient fort en progrès, sont loin d’avoir rêvées. On y trouve des mélodies d’une noblesse admirable, des modulations d’une saisissante audace, une instrumentation d’une richesse et d’une variété qui étonnent d’autant plus, que l’on sait en quel état languissait cette branche de l’art en 1810. Les chœurs des prêtres mexicains et celui du peuple au premier acte, le trio des prisonniers, la marche « Quels sons nouveaux », la première qu’on ait faite à trois temps, le duo d’Amazili avec Telasco et celui d’Amazili avec Cortez, l’air de Telasco : « O patrie ! ô lieux plein de charmes ! » le chœur des Espagnols : « Quittons ces bords », et surtout l’immortelle scène de la révolte au second acte, sont des choses qui font bondir le cœur. Gluck lui-même n’a jamais écrit dé récitatif d’une hauteur d’accent comparable à la véhémence de celui de Cortez :

Déjà votre valeur se lasse !
L’Europe avait sur vous les yeux !
Un monde était votre conquête !
Encore un pas, vos noms victorieux
Du temple de la gloire auraient orné le faîte !

et de celui :

Tu dis que la mort m’environne,
Qu’à peine l’Océan m’ouvre encor des chemins,
Que cette flotte est mon dernier asile !
Telasco, vois s’il est facile
De m’arrêter par des obstacles vains,
Et si jamais Cortez renonce à ses desseins.
Regarde !

    Tout cela est coloré, comme la flore des tropiques, d’une inspiration irrésistible et d’un sublime brûlant. Tant pis pour les théâtres et pour les musiciens qui l’ignorent !

    Autre nouvelle, très bonne ! M. le comte Walewski, avant de quitter le ministère d’Etat, a voulu donner une dernière preuve de sa sollicitude éclairée pour la musique dramatique, en signant l’ordonnance qui assure au Théâtre-Lyrique une subvention de 100,000 fr. L’ardeur infatigable et le dévouement de M. Carvalho, qui dirige ce théâtre, méritaient bien cela. Mais jusqu’à M. Walewski on n’avait pas su voir qu’il le méritait. Allons, avec 100,000 fr. de subvention annuelle, de bonnes recettes, un personnel musical bien composé, un répertoire choisi, la sympathie générale, de l’intelligence, du goût, de l’activité, l’instinct entreprenant, un beau théâtre et un peu de bonheur, on vient à bout de bien des choses.

H. BERLIOZ.

Site Hector Berlioz créé le 18 juillet 1997 par Michel Austin et Monir Tayeb; page Hector Berlioz: Feuilletons créée le 1er mars 2009; cette page ajoutée le 1er mai 2009.

© Michel Austin et Monir Tayeb. Tous droits de reproduction réservés.

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