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FEUILLETON DU JOURNAL DES DÉBATS

DU 8 NOVEMBRE 1858 [p. 1-2].


THÉATRE DE L’OPÉRA-COMIQUE.

Première représentation de la Bacchante, opéra en deux actes, de MM. de Leuven et de Beauplan, musique de M. E. Gauthier.

    La scène est à Florence. Au lever de la toile, un élégant jeune homme entouré de musiciens chante une aubade sous un balcon. Bientôt accourent des marchands lui offrant à l’envi divers objets rares et brillans qu’il achète à tout prix et dont il veut faire présent à sa belle. On voit que notre cavalier est en train de se ruiner pour elle. Ricasti (c’est le nom de l’amoureux) fut un jour invité a une fête mystérieuse dans laquelle, par suite d’un complot organisé contre sa vie, il devait succomber. Mais au moment d’y entrer, un masque l’engagea à le suivre chez une dame qui, disait le masque, l’attendait avec anxiété. Ricasti, en arrivant chez l’inconnue, la trouva masquée, elle aussi, mais pas assez pour cacher tous les traits de sa rare beauté. Après avoir accepté quelques rafraîchissemens, l’aventureux jeune homme tomba dans une espèce de demi-sommeil irrésistible, pendant lequel il sentit fort bien un délicieux baiser déposé sur son front par l’inconnue. Ricasti, en se réveillant, ne vit personne près de lui. Les deux masques avaient disparu ; mais un billet à son adresse avait été laissé sur une table, avec un bouquet de scabieuses. Le billet contenait ce peu de mots : « Je vous sauve la vie ; si jamais on vous présente un bouquet semblable à celui qui est joint à cette lettre, j’aurai besoin de vous. Viendrez-vous ? »

    Ricasti, cela se conçoit, est très désireux de connaître sa mystérieuse amie ; pourtant son cœur est déjà pris : il aime éperdument une dame florentine qui porte le nom grec de Thaïs, et c’est devant ses fenêtres qu’il chantait tout à l’heure. D’un autre côté, on voudrait lui faire contracter un mariage de convenance avec une riche cousine qu’il a, mais qu’il n’aime point.

    Thaïs paraît bientôt, accompagnée d’un cavalier dont les empressemens auprès d’elle excitent la jalousie de Ricasti. Ce dernier s’oublie même jusqu’à provoquer son prétendu rival ; ils croisent le fer, et Thaïs a beaucoup de peine à les séparer. L’objet de la colère de l’amant n’est pourtant attaché à la belle que par la reconnaissance. C’est une espèce de factotum, une âme damnée qui exécute ses volontés, quelles qu’elles soient.

    Spavento (c’est son nom) fut un jour trouvé pendu à un chêne dans une forêt que traversait Thaïs. Celle-ci fit décrocher le pauvre diable ; il en était encore temps ; il survécut. Vous dire pourquoi et par qui le drôle fut pendu, je ne saurais, n’ayant pu le comprendre. Tout cela m’a semblé d’un romanesque assez étrange pour me faire douter d’avoir réellement bien suivi le fil de l’action. Je dis ce que j’ai cru comprendre. Or Thaïs, après avoir fait quelque temps la coquette, dans un tête-à-tête qu’elle s’est ménagé avec Ricasti en congédiant Spavento, en vient à vouloir séduire aussi un vieux ridicule Marforius, gouverneur, précepteur, professeur de philosophie de Ricasti. Marforius vient de tomber à l’improviste au milieu de l’entretien amoureux et s’est permis de reprocher crûment à Thaïs de déranger et de ruiner son élève, et, qui plus est, de le tromper. Voilà notre jeune homme au désespoir. Il croit tout ; il est furieux ; il veut armer une galère et aller se faire tuer. Mais pour cette équipée il faut de l’argent, et il ne lui reste plus guère que 500 ducats. Spavento l’engage à risquer au jeu ce débris de sa fortune. Il suit le conseil ; il joue avec un bonheur insolent et gagne des sommes folles. Pendant que le hasard favorise ainsi Ricasti, Thaïs, restée seule avec Marforius, le fait tomber à ses pieds, l’ensorcèle, lui fait avouer une foule de mauvaises actions qu’il a commises, lui fait perdre la tête tout à fait. Ricasti reparaît ; il est riche ; il va partir. En vain Thaïs essaie-t-elle de le retenir : « De mon amour pour vous je vais chercher l’oubli », répond le jeune homme. Il va sortir en effet, quand un page survient, et lui présentant un bouquet de scabieuses, l’engage du geste à le suivre. Il obéit. Final. Je fais de violens efforts pour découvrir la raison dramatique de tout cela, du déguisement de Thaïs, qui se montre un instant habillée en pèlerine, qui semble vouloir aller prononcer des vœux dans un couvent, qui reparaît presque aussitôt resplendissante de parure ; je voudrais découvrir pourquoi on entend tinter une clochette pendant cette scène….. Inutilement j’écoute, je regarde….. je n’y comprends rien. Mais ne croyez pas que ceci exprime le moindre blâme de la pièce ; il n’y a pas de la faute des auteurs, j’en suis persuadé ; je me suis trouvé pendant cette représentation un peu plus stupide qu’à l’ordinaire, voilà tout.

    Au deuxième acte, ma stupidité se dissipe par instans. En voyant Spavento distribuer de l’argent à trois bandits déguenillés, je devine qu’il leur fait exécuter quelque scélératesse. La scène suivante prouve que je n’ai pas manqué de sagacité. Ricasti, en effet, vient d’être attaqué sur la grande route ; il n’a dû son salut qu’à l’intervention de Spavento, et celui-ci l’a conduit dans un château voisin, un château appartenant à Thaïs. Voyez-vous que je ne suis pas aussi stupide que je le croyais. Thaïs, sans doute, aura inventé ce moyen d’empêcher son amoureux de partir pour la guerre. Elle aura stipendié le pendu Spavento, il aura payé les bandits qui ont fait peur à notre héros et l’ont obligé à chercher un refuge dans le château de sa perfide. Eh ! vive l’intelligence ! c’est cela même. Voici Thaïs plus belle que jamais. Elle essaie de reconquérir l’infidèle, et en dix-sept minutes elle y parvient. Le voilà redompté ; il n’armera plus de galère, il renonce à la gloire, il est tout à l’amour. Joyeuse et satisfaite, Thaïs, après avoir fait une quantité de trilles plus radieux les uns que les autres, laisse un instant le pauvre garçon pour aller, je crois, changer de costume. Alors Ricasti, épuisé par tant d’émotions, chante un air pendant lequel il dit :

Je veillerai sur elle,

et au bout duquel il s’endort.

    Pendant son sommeil, deuxième représentation de la scène du baiser. Une dame noire vient encore l’embrasser sur le front et lui laisser un billet. Seulement le second billet est autrement conçu que le premier. Il contient ceci : « Celle que tu aimes se rit de ton amour, ce soir un homme sera reçu par elle. » Spavento, survenant, dit au dormeur éveillé :

C’est vrai ; je veux vous servir, suivez-moi.

Où vont-ils ? Je ne sais. Mais le fond du théâtre s’ouvre et nous voyons le vieux ridicule Marforius habillé en mamamouchi et entouré de danseuses qui lui font faire de grotesques évolutions. Il boit du vin de Chypre, il danse, il dit quelque chose comme la chanson de M. Jourdain : « Ali bala, bala chou ! » Et Thaïs reparaît rubiconde, un thyrse à la main, bacchante charmante, étincelante. Nouvelle averse de trilles ; on s’amuse, on boit les cents coups ; Evohé, Evohé ! On danse une jolie petite bourrée sur laquelle la bacchante retrille avec ivresse, après quoi elle redisparaît. Ricasti, tombant comme la foudre au milieu de la fête, va tout massacrer, et reste pétrifié en reconnaissant dans cette espèce de faune-mamamouchisé, bondissant dans un tourbillon de ballerines, son professeur de philosophie, Marforius. Spavento, qui n’est pas manchot, a, pendant cette rapide reconnaissance, trouvé le temps de s’habiller en vieillard chargé d’ans. « Je suis un ancien serviteur de votre cousine, dit-il à Ricasti, elle a perdu toute sa fortune et n’a plus d’espoir qu’en vous. La voici. » La cousine Zaïde s’avance voilée. « J’accepte un devoir sacré, s’écrie le généreux Ricasti, je vous protégerai, je vous épouserai. » Le voile tombe ; la prétendue cousine n’est autre que Thaïs, lasse à la fin de tant de mauvaises plaisanteries. Elle n’a jamais douté du cœur de son amant, elle ne doutait que de sa raison. Il avait bien, lui, quelque droit de douter de la sienne !… Ah çà, sont-il mariés à la fin ? Oui, oui, oui, oui ! Dieu soit loué ! Tant d’émotions coup sur coup ! j’ai cru que j’en deviendrais fou.

    La musique de M. Gauthier est élégante, facile et bien écrite. Ce n’est pas toujours sa faute si le chant se trouve dans l’orchestre et si les voix n’exécutent que des espèces de récitatifs mesurés. Souvent les paroles sont disposées de manière à ce que le compositeur ne puisse les employer autrement. Il y a une foule de choses qui ne se prêtent pas au chant et qu’on doit de toute nécessité faire réciter par les voix, dessus ou dessous la mélodie qu’exécutent alors les instrumens.

    L’ouverture commence par un court allegro un peu dépourvu de distinction ; après un andantino, vient un second allegro, dont le thème proposé par les premiers violons est au contraire plein d’élégance. L’aubade avec chœur « C’est assez dormir » est gracieuse.

    Les couplets avec chœur de Thaïs m’ont semblé d’un tour original ; mais la dominante du ton dans lequel ils sont écrits, revenant à chaque instant dans la partie vocale, forme une sorte de carillon dont résulte pour l’ensemble du morceau une fatigante monotonie. C’est comme une demi-page de prose contenant en cinquante lignes soixante ou quatre-vingts fois le même mot.

    Le trio : « La perfidie est claire », est bien conduit ; il contient un peu trop de ces trilles de soprano qui vrillent le tympan de l’auditeur. Peut-être est-ce encore moi qui ai tort. Le trille vocal ainsi placé, et si souvent ramené, m’agace le système nerveux, me rend féroce. Cela me rappelle les cruautés que j’exerçais dans mon enfance sur les coqs. Le chant triomphal des coqs m’exaspérait alors presque autant que le trille victorieux des prime donne me fait souffrir aujourd’hui. Maintes fois aussi m’est-il arrivé de rester en embuscade sur un balcon, attendant le moment où l’oiseau sultan, battant des ailes, commencerait son cri ridicule qu’on ose appeler chant, pour l’interrompre brusquement et souvent pour l’étendre mort d’un coup de pierre.

    Plus tard, je me corrigeai de cette mauvaise habitude, je me bornai à couper le cri du coq d’un coup de fusil. Aujourd’hui l’explosion d’une pièce de quarante-huit suffirait à peine à exprimer l’horreur que me cause le trille féminin en mainte circonstance. Il viendra un temps, peu éloigné peut-être, où le trille vocal paraîtra aussi odieux et aussi sottement bouffon que les flattés, les martelés et les autres disgrâces dont Lulli et ses contemporains inondèrent le chant sans vergogne. Le trille vocal, quatre-vingt-dix fois sur cent, est absurde au point de vue de l’expression et de la convenance dramatique ; comme effet musical, il est presque toujours disgracieux et niais. L’air « Si j’aime la cruelle », dramatiquement chanté par Jourdan, contient plusieurs véritables élans de sensibilité et de passion.

    Le final n’est pas très clairement dessiné dans son ensemble, et le rôle de Thaïs y est trop constamment écrit dans le haut. C’est là, si je ne me trompe, que Mlle Cabel fait deux fois sur une note suraigüe un trille furieux, enragé, atroce, pour lequel un canon de cent dix ne suffirait pas. Mais c’est très difficile à exécuter, très hardi, et l’on applaudit d’autant plus que certains auditeurs souffrent davantage.

    Le trille des voix graves, au contraire, sur les notes basses surtout, est d’un comique irrésistible ; il en résulte une sorte de gargouillement assez semblable au bruit de l’eau sortant d’une gouttière mal faite ; mais les musiciens de style l’emploient peu. On commence à reconnaître la laideur de cet effet de voix humaine, auquel on ne tardera pas à renoncer tout il fait. Le trille vocal grave est déjà si ridicule, qu’un chanteur a l’air de commettre une action honteuse en l’exécutant. On en rougit pour lui.

    Il faut citer au second acte la chanson de Spavento :

Pour être heureux en cette vie ;

le duo :

Oublions ce temps-là, Madame,

où se trouve une délicieuse modulation. La partie du ténor m’y semble supérieure à celle du soprano de tous les trilles qu’elle ne contient pas.

    L’air « Sur le seuil adoré » a de la couleur, et l’orchestre y est supérieurement traité. Les couplets de Marforius :

Le vin de Chypre est nécessaire

ont été bissés, c’était justice : ils sont d’un bon comique et originaux.

    Les rôles de Thaïs, de Ricasti, de Marforius et de Spavento sont joués avec talent par Mme Cabel, par Jourdan, Sainte-Foy et Mocker. Mme Cabel porte avec une grâce ravissante ses divers costumes. On a proclamé le nom des auteurs au milieu des plus vifs applaudissemens.

Théâtre-Lyrique.

Reprise d’Obéron.

    Le public a revu ce bel ouvrage avec un plaisir d’autant plus vif que le rôle de Rezia était enfin dignement rempli. Mme Meillet s’y est montrée vraiment remarquable. Les parties les plus difficiles de l’œuvre n’ont été pour la cantatrice que des occasions de montrer la sûreté de ses intonations et le timbre sympathique de sa voix. L’air « Océan », morceau terrible d’une difficulté immense, a valu à Mme Meillet un triomphe de bon aloi et qui n’a rien coûté à l’administration du théâtre ; c’était le public qui applaudissait, et, ma foi, les claqueurs (assez bonnes gens au fond) ont fini par en faire autant.

    L’air de la Nymphe de la mer, qu’on a placé dans le rôle de Puck au Théâtre-Lyrique, a été abîmé ce soir-là non par la faute de la cantatrice, mais par suite d’une discordance rhythmique des plus fâcheuses. On sait que cette romantique mélodie est accompagnée à l’orchestre par un solo de cor dont le dessin occupe la première moitié de chaque mesure, et auquel la voix semble répondre sur l’autre moitié. Il résulte de ce dialogue mélodieux un doux balancement, dont le charme très vif ne peut exister qu’à la condition pour la cantatrice et pour l’instrumentiste d’observer exactement le même mouvement. Mais le cor ce soir-là avait pris un mouvement un peu moins lent que celui du contralto ; il n’a jamais voulu en démordre, et les strophes de Puck ont dû se traîner ainsi en boitant jusqu’à la fin, les moitiés de ses mesures restant ainsi constamment inégales. C’était fort douloureux à entendre. En outre, pourquoi la cantatrice a-t-elle jugé à propos de faire une longue tenue sur l’avant-dernière note de la dernière phrase ? pour appeler les applaudissemens, sans doute, selon l’usage banal, selon le procédé vulgaire parisien.

    Michot a eu de fort beaux momens dans le rôle d’Huon. Sa voix est belle ; il semble faire des progrès.

    L’orchestre a bien dit l’ouverture. Il manque de violons, d’altos et de basses ; cela donne à l’ensemble instrumental une sonorité aigre, maigre, mesquine et commune. Les violons coûtent de l’argent, je le sais ; mais on n’a pas un bel orchestre pour rien, lors même qu’on paie si peu les musiciens.

    Le chœur n’est pas fort non plus au Théâtre-Lyrique. Il a pourtant chanté avec beaucoup de suavité et de discrétion le morceau si poétique des Génies pendant le sommeil d’Obéron. Voilà un véritable piano vocal, nuance si rarement obtenue dans les théâtres de France. A ce sujet, quelqu’un placé près de moi ce soir-là a osé dire : « Grétry offrait un louis pour entendre une chanterelle dans l’opéra d’Uthal où l’auteur n’avait employé, au lieu de violons, que des altos ; je donnerais bien quarante francs dans certaines occasions pour entendre une nuance de piano comme celle-ci à l’Opéra. — Et moi cinquante, a répliqué un autre amateur. — Je suis des vôtres, Messieurs, si vous voulez ouvrir une souscription. Un piano choral à l’Opéra ? Cela ne s’est jamais entendu, sans doute parce que c’est fort cher, et qu’on n’a pas voulu y mettre le prix. Mais annonçons que l’on souscrit au bureau des classes du Conservatoire, tous les habitués de l’Opéra y courront et quand la somme aura atteint un chiffre respectable, peut-être le chœur de l’Opéra daignera-t-il nous accorder….. un mezzo-forte tout au moins. »

Mme Charton-Demeur à Trieste.

    Les correspondances étrangères nous annoncent le furore que fait en ce moment Mme Charton-Demeur à Trieste. Le théâtre y était à peu près impossible, par suite de l’obstination du public à refuser la cantatrice engagée pour la saison (une Française encore, et dont la voix est belle et puissante pourtant). Alors l’entrepreneur aux abois, hors d’état de résister aux tempêtes qui chaque soir s’élevaient du parterre, a écrit à Mme Charton, l’appelant à cor et à cri, et se mettant à sa discrétion pour la question morale, celle des appointemens. La diva, fatiguée d’une longue et pénible carrière fournie tout récemment en Autriche, se reposait dans sa villa de Ville-d’Avray, souriait chaque matin à ses roses, cueillait des châtaignes dans les bois, courait, voletait par monts et par vaux, pleine de joie de ne plus chanter, quand arriva la dépêche telégraphique. « Ah ! mon Dieu, quel ennui ! Eh bien, non, je ne quitte pas mon jardin. Demandons une somme folle, absurde, l’impresario refusera et je resterai. » Aussitôt dit, aussitôt fait ; mais la réponse aussitôt renvoyée, on accepte l’absurde proposition, la somme folle est accordée. Il faut partir. Auri sacra fames ! Et voilà la pauvre cantatrice obligée de quitter ses roses, ses dahlias, ses châtaigners pour aller chanter à Trieste Lucia, la Somnambule et Norma, etc., devant un public quinteux, hargneux, mécontent. Elle arrive, elle chante ; à la quatrième mesure, nouvelle tempête au parterre, dans les loges, partout ; mais tempête d’applaudissemens, de brava ! bravissima ! Eviva la Charton ! quella farà furore, fanatismo ! La voce e simpatica, non tremante ! Et les fleurs de pleuvoir, et les rappels de commencer et de ne pas finir. Depuis cette belle soirée, qui a peut-être bien fait un peu oublier à la diva les châtaignes des bois de Ville-d’Avray, il a fallu chanter trois fois par semaine la Lucia. Pas d’autre rôle, dit encore à cette heure le public de Trieste. « No ! Lucia ! sempre Lucia ! Lucia for ever ! » crient les dilettanti qui savent l’anglais.

    Puissance de l’argent ! puissance du talent ! puissance de la volonté et de la grâce ! Travaillez donc, directeurs et cantatrices ; ayez du talent, Mesdames, vous aurez de l’argent ; ayez de l’argent, Messieurs, vous aurez des talens…. si vous savez les découvrir. Il y a en effet des directeurs fort riches qui ne découvriraient pas…. la Méditerranée.

    Mais paix à ces hommes de mauvaise volonté.

H. BERLIOZ.

Site Hector Berlioz créé le 18 juillet 1997 par Michel Austin et Monir Tayeb; page Hector Berlioz: Feuilletons créée le 1er mars 2009; cette page ajoutée le 15 octobre 2009.

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