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Hector Berlioz: Feuilletons

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FEUILLETON DU JOURNAL DES DÉBATS

DU 4 MARS 1845 [p. 1-2]


 THÉATRE DE L’OPÉRA-COMIQUE.

Première représentation des Bergers Trumeau, opéra-comique en un acte, musique de M. Clapisson. — Concerts. — Quatuors de Beethoven. — M. Félicien David.

    C’est un petit opéra de carnaval qui a eu le tort de venir en carême. Beaucoup de bonnes gens là dedans ont grande envie de s’amuser, et font toutes sortes de niaiseries pour se persuader qu’ils y sont parvenus. Un vieil amateur de spectacle, un de ces dilettanti monomanes comme nous en connaissons, qui mettraient leur maison au pillage et dépenseraient trente mille francs pour avoir la joie de jouer à l’impresario, et de faire représenter chez eux, entre quatre paravens, le quart d’un vaudeville en un acte, découvre dans un bahut une pastorale de je ne sais quel auteur Pompadour. Le voilà ravi de sa trouvaille et plein d’ardeur pour la mettre en scène. Il fait partager son enthousiasme à ses voisins de campagne ; on représentera le chef-d’œuvre ; on fait venir des costumes de Paris, il ne s’agit que de distribuer les rôles. C’est peu, mais c’est encore trop, et l’insurrection générale des amours-propres de nos amateurs rend cette distribution tout à fait impossible, personne ne voulant accepter le rôle qui lui est offert. Pour en finir cependant, on convient de les tirer au sort. De là des jeux de hasard assez bizarres pour paraître bouffons ; les conditions, les sexes, les âges, sont partout intervertis. Mme Sainte-Foy est designée pour jouer une vieille duègne, moisie et barbue ; Mlle Zevaco devient un marin goudronné de la tête aux pieds, Mlle Prévost doit amincir sa taille pour paraître en bergère légère, armée d’une houlette fluette ; Henri en un Colin fort badin, et Pallanti un enfant gâté qui fait bien du bruit avec son tambour, tout comme le fils de M. Dimanche. Voilà l’idée de ce divertissement ; il y a bien au travers des travestissemens une petite intrigue amoureuse, mais si mince que ce n’est pas la peine d’en parler.

    Il agissait pour M. Clapisson de faire de la musique moderne par-ci et de la musique rococo par-là. De vilains plaisans ont prétendu qu’il s’était trompé et qu’il avait écrit l’une à la place de l’autre. Rien n’est plus faux : chaque chose est à sa place ; il a très bien su prendre le style lullique quand il le fallait et conserver le style moderne partout ailleurs. Les couplets : C’est le hasard, ont plu beaucoup, et l’ouverture a été applaudie.

    Malgré le succès de la reprise de Cendrillon, nous aurons bientôt celle du Nouveau Seigneur de Village et deux ouvrages nouveaux : l’un, Ne touchez pas à la Reine, sera le début d’un lauréat de l’Institut, M. Boisselot ; l’autre, Gina, est attribué à MM. Scribe et Auber. L’Opéra-Comique ne s’endort pas.

    — J’ai là maintenant quatorze ou quinze noms en er, en a, en i, et même des noms français qui ont le droit d’être cités et qui se recommandent à l’attention du public par les mérites divers de ceux qui les portent.

    M. Moëser est un jeune violoniste d’un talent très élevé et très pur, qui a eu l’honneur de débuter au deuxième concert du Conservatoire, et celui plus grand encore de sortir triomphant d’une si redoutable épreuve. Le public de cette petite salle est en effet l’un des plus dangereux qu’un artiste puisse affronter ; il a des caprices, des momens de froideur, des jours de sévérité excessive, et les virtuoses doivent trembler quand ils paraissent devant lui. Beethoven lui-même, le dieu de ce temple, a quelquefois à essuyer de sa part des boutades d’indifférence assez étranges. Ainsi le premier morceau de la Symphonie héroïque, l’une des plus grandes choses qu’ait faites Beethoven, l’une des plus neuves, l’une des plus nobles par le style, l’instrumentation, le rhythme et l’harmonie, est à peine applaudi ; on écoute cela dans un calme parfait, sans manifester la moindre émotion pendant ni après ; on est satisfait peut-être, et c’est tout… C’est vraiment bien heureux !… Quoi qu’il en soit, le public du Conservatoire s’est trouvé en veine de justice le jour où le jeune violoniste prussien a débuté, et il lui a fait un accueil extrêmement flatteur. M. Moëser est fils de l’habile maître de chapelle de ce nom, dont la réputation est grande dans toute la Prusse ; il a reçu longtemps des leçons et des conseils de Ch. de Bériot, et cela se voit à la distinction de son style, à la justesse de ses intonations, à la fermeté de son coup d’archet et à la beauté du son qu’il tire de son instrument. M. Moëser figurera bientôt parmi les plus habiles violonistes de l’Europe.

    — Mlle Cristiani ne joue pas du violon comme les sœurs Milanollo, mais bien du violoncelle, instrument peu cultivé par les dames depuis sainte Cécile. Les peintres avaient prouvé d’avance que la pose exigée n’avait rien de disgracieux ; Mlle Cristiani d’ailleurs tient son archet d’une belle manière, elle est d’une taille élevée, et la virtuose et l’instrument s’harmonisent parfaitement. Mlle Cristiani, dans le trio de Mayseder qui ouvrait son concert, avait modestement cédé le premier rang à M. Bernardin, jeune violoniste qui a su s’en montrer tout à fait digne et mériter les applaudissemens réitérés de l’auditoire par la justesse de ses intonations et l’expression profonde avec laquelle il a chanté une belle mélodie de l’adagio. Mais bientôt après la bénificiaire a captivé exclusivement l’attention générale en exécutant avec beaucoup d’aplomb, de hardiesse et de bonheur un solo fort compliqué de violoncelle qui lui a valu uu véritable succès. Mlle Cristiani fait honneur à son maître, M. Benazet, qui occupait il y a quelques années le premier pupitre de violoncelle au Théâtre-Italien.

    — A propos de violon et de violoncelle, et pour en venir au piano, cet instrument du luxe et de l’indigence, de la duchesse et de la portière, du savant inspiré et du fabricant de quadrilles, de l’homme et de la femme, de l’enfant et du vieillard, du musicien et du danseur, qu’on trouve à Paris et à Constantine, qui voyage en poste dans la berline du compositeur, et qui flotte sur les paquebots à vapeur de l’Océan, pour charmer les loisirs du maître d’équipage ; en un mot, tellement répandu du haut en bas de l’échelle sociale musicale, qu’il sera bientôt presque de bon ton de n’avoir rien de commun avec lui ; pour en venir, dis-je, à l’inévitable piano, qu’on me permette de parler encore de la famille Bohrer, cette famille d’artistes s’il en fut au monde. Max Bohrer, le célèbre violoncelliste qui obtint de beaux succès à l’Opéra, il y a quelques années, après une tournée brillante et productive en Amérique, s’est fixé à Stuttgardt ; Antoine Bohrer, le violon, frère du précédent, et qui partagea ses triomphes dans toute l’Europe, vient d’arriver à Paris pour présenter au public sa fille, jeune personne de quatorze ans, douée d’une organisation tout à fait extraordinaire. J’ai eu déjà plusieurs fois l’occasion de parler ici d’elle, et j’y reviens encore pour qu’on ne la confonde pas avec la race malfaisante des enfans-prodiges qui gâtent la musique et fatiguent le public. Sophie Bohrer est une grande artiste ; son jeu, d’une énergie incroyable, est en même temps profondément expressif ; son mécanisme est des plus savans ; je n’ai pas vu de difficultés l’étonner : elle joue tout ce qu’on a écrit pour le piano depuis les plus anciens maîtres jusqu’aux plus modernes ; et ce qu’il y a de vraiment prodigieux, c’est qu’après avoir lu trois fois un morceau, si on lui donne vingt-quatre heures pour y réfléchir, elle le retient pour ne plus l’oublier.

    Sophie Bohrer s’est fait entendre vendredi dernier à l’Opéra dans un concert que M. Pillet avait organisé pour elle. La salle était pleine, brillante, magnifique, et la jeune virtuose a obtenu de ce public nombreux et assez frivole d’ordinaire, non seulement une sérieuse attention, mais des applaudissemens enthousiastes. Dès le premier morceau (le concerto de Weber), elle a prouvé qu’elle était une pianiste de première force, et de plus une musicienne consommée. Il est impossible de mieux entrer dans l’esprit de cette admirable composition, dont Listz [sic pour Liszt] a rendu l’abord si redoutable. L’agilité, la grâce, la force, l’aplomb rhythmique, une ardeur peu commune, l’inspiration enfin, rien n’a manqué à cette entraînante exécution. Le beau et dramatique morceau de Listz sur un thème de Lucia di Lammermoor, a produit aussi beaucoup d’effet. Puis sont venus les quatre morceaux choisis par le public sur les cent que portait le programme. Les auditeurs pouvaient demander soit une des quarante fugues de Bach, soit une des vingt-quatre études de Chopin, ou quelque composition de Beethoven, de Weber, de Listz, de Thalberg, de Doëhler, de Heller, de Meyer, etc. La monstrueuse mémoire de cette enfant était prête à tout. On pense bien que les avis ont été partagés, et que plusieurs voix demandaient un morceau quand d’un autre point de la salle on en désignait un autre ; mais, comme à la Chambre des Députés et avec un peu plus de calme cependant, la majorité s’étant prononcée, Sophie Bohrer a joué d’abord la Chasse si vive et si originale de Heller, puis le Galop chromatique de Listz avec une verve diabolique, la fameuse Marche marocaine de Meyer, qui lui a valu une triple explosion de bravos, et enfin un nocturne de sa composition, morceau très bien fait, délicatement ouvragé dans les traits et d’une harmonie fort distinguée. Un succès pareil devant une telle assemblée prouve plus en faveur de la jeune artiste que ne pourraient faire tous nos éloges, et de cette épreuve il n’y a pas beaucoup de pianistes qui eussent pu en sortir ainsi triomphans.

    — Je parlais de Léopold de Meyer tout à l’heure. Il faut avouer que c’est là un foudroyant pianiste, et qu’il est allé jusqu’au cercle polaire de la difficulté. Son concert a eu lieu chez Erard ; il a su, lui tout seul, en soutenir et en accroître l’intérêt jusqu’au bout ; la plupart de ses compositions sont d’une charmante originalité ; ses variations sur le Carnaval de Venise, imitées des délicieuses arabesques écrites par Ernst sur ce thème qu’illustra Paganini, ont fait fureur. Quant à la Marche marocaine, déjà citée tout à l’heure, dire qu’elle a été redemandée dans la vaste salle du Cirque, qu’elle a électrisé et entraîné cet immense auditoire dont l’attention, pensait-on, ne pouvait être fixée que par les grandes masses d’harmonie, c’est reconnaître en elle, exécutée par l’auteur, une puissance d’effet des plus extraordinaires. Je voudrais entendre maintenant M. Meyer dans un de ces adagios poétiques où la difficulté consiste à chanter, à rêver, à suivre doucement le fil d’une noble pensée, sans rien demander aux choses qui étonnent ou éblouissent, pour s’adresser seulement à celles qui touchent et font un instant oublier la terre et même l’art. C’est là, selon moi, que Listz est le plus grand ; c’est là qu’il se montre poëte inspiré ; c’est vers ces hauteurs où il plane que les artistes exceptionnels, comme Léopold de Meyer, devraient tendre, et c’est dans cette direction ascendante seulement qu’ils doivent chercher le complément de leur talent.

    Pendant que Listz le grand agitateur trouble le Portugal, voilà Prudent qui soutient dignement en Allemagne l’honneur de l’école française ; le dernier de ses concerts à Francfort a été d’un éclat peu commun.

    — M. Thys, gracieux compositeur de romances, vient de se faire entendre chez Herz ; il y avait foule. Il est vrai qu’il ne s’agissait pas d’écouter là seulement des chansonnettes, et que le programme était composé de manière à piquer la curiosité publique plus que ne le font ordinairement les programmes de ce genre. Soixante élèves orphéonistes y chantaient des chœurs ; on devait avoir Hauman ; Mlle Nau et Géraldy faisaient les honneurs de la partie vocale. Ces deux virtuoses se sont fait vivement applaudir, surtout dans un duo bouffe de la composition du benéficiaire, qui nous a paru élégamment écrit. Une romance de M. Thys, avec accompagnement de hautbois obligé, a fait également beaucoup de plaisir ; Hauman s’est trouvé, malheureusement pour nous, dans l’impossibilité de paraître en public ce jour-là ; M. Offenbach, violoncelliste de talent, a joué à sa place, avec des chances variées, un morceau de violoncelle qu’on a trouvé un peu trop développé ; enfin, les soixante orphéonistes ont exécuté avec beaucoup d’ensemble et des nuances très fines plusieurs chœurs, dont l’un, la Marche des deux Avares, de Grétry, a été bissé. Ces jeunes gens chantent toujours sans accompagnement, ce qui rend fort difficile la fixité de leur diapason ; ils baissent un peu après les premières mesures. Ils devraient surtout prendre garde à l’instant où, pour passer du piano au mezzo-forte dans les crescendo, ils quittent la voix mixte pour prendre la voix de poitrine ; ce changement de timbre amène presque constamment une perturbation assez sensible dans la juste émission des sons. On avait pu faire déjà la même remarque au concert du Monde musical, où ils obtinrent néanmoins un grand succès. C’est donc un travail spécial à leur faire faire, en les exerçant à passer du registre mixte au registre de poitrine, sans baisser. Cette observation prouve que nous reconnaissons les progrès sensibles des élèves de cette utile institution. Il y a quelques années, on ne leur demandait guère que de chanter fort et à peu près juste ; aujourd’hui les voilà parvenus à nuancer leur chant ; avec encore un peu d’assiduité et de patience, il sortira de là des masses énormes de choristes bien exercés. J’ai eu l’occasion de signaler, il y a deux mois, le point très satisfaisant où étaient parvenus ceux de la section que dirige avec tant d’intelligence et de courage M. Levy. Ce sont les mêmes qui nous furent d’un si grand secours au festival de l’Industrie, au mois d’août dernier, et dont l’entrée fut si énergique, particulièrement dans le chœur des Huguenots.

    — Sax, de son coté, est infatigable ; ses instrumens se popularisent, on les adopte avec ardeur dans la plupart des régimens ; en Angleterre même et en Amérique, on les paie un prix très élevé. Son petit orchestre, qui a l’air d’être six fois plus nombreux qu’il n’est réellement, a joué dimanche dernier à la cour devant LL. MM., et le Roi, étonné de la puissante et belle sonorité de ces magnifiques instrumens, a bien voulu se faire présenter le facteur et lui adresser les paroles les plus flatteuses.

    — C’est un peu tard pour parler des albums, et pourtant je recommande aux amateurs du genre facile, gracieux et gai, la recueil que viennent de composer Mme et M. Arago. Le célèbre voyageur dont on connaît la tournure d’esprit mordante et originale, s’est borné cette fois à écrire de jolis vers qui ont inspiré à Mme Arago plusieurs fraîches et douces mélodies. La chanson qui termine cette collection est intitulée Le Voyage autour du monde, c’est une bouffonnerie mêlée de monologues dans lesquels un matelot raconte dans sa langue d’entrepont ses vicissitudes océaniques. Il appartenait à M. Arago mieux qu’à aucun homme du monde d’écrire un pareil morceau. C’est maintenant à Levassor à le faire valoir et à le populariser. Mais je n’ai cité jusqu’à présent que des artistes qui possèdent soit un petit nom, soit un nom ordinaire, soit un nom déjà plus ou moins grand. Bohrer, de Meyer, Prudent, Moëser, Sax, Arago, sont des noms dès longtemps familiers et chers au public ; Thys, Levy, Mlle Cristiani, vont le devenir, pourquoi ne pas un peu mettre en lumière ceux que le public ignore, s’ils méritent de lui être présentés ? Tel est le nom de M. Peccarer, modeste artiste de talent, qui a composé un assez grand nombre de morceaux de chant d’une facture vraiment remarquable et un cahier de valses à quatre et à deux mains, publiées chez Bernard Latte, que personne ne joue et qui étincellent cependant de brio et de la plus piquante originalité. Contre l’ordinaire des compositions de cette nature, l’harmonie des valses de M. Peccarer se distingue par sa correction et une variété riche et nerveuse. Ces valses sont de la musique.

    — J’ai beaucoup parlé des auteurs, parlons un peu des éditeurs, de ce qu’ils font et de ce qu’ils vont faire. Voici M. Launer qui donne tous ses soins à une publication qui manquait à la France et dont l’utilité sera grande pour les artistes en général et pour les Conservatoires, celle des Quatuors de Beethoven en partition.

    Le temps est enfin venu, pour la France comme pour l’Allemagne, de comprendre ces étonnantes compositions sur lesquelles on a tant divagué il y a dix ans. Aujourd’hui elles sont familières à la plupart des artistes, et un grand nombre d’amateurs, sans se laisser rebuter par les difficultés qu’offre leur exécution, les étudient avec une constance inébranlable. Il a fallu tout ce temps pour reconnaître qu’une inspiration grandiose, véhémente et tout à fait libre dans son allure, avait dicté ces pages, où les premiers qui voulurent les déchiffrer ne surent voir que bizarrerie, confusion, chaos. C’était inexécutable, barbare, monstrueux, Beethoven était devenu fou ; enfin on repétait sur tous les tons l’éternelle chanson des gens surpris et indignés qu’on dérange de leurs habitudes et qui ne veulent pas voir que ce qu’ils blâment avec tant d’aigreur est beau quoique nouveau. Leurs préventions à cet égard sont même de telle nature et si profondément enracinées, que si à la longue un vague sentiment d’admiration succède chez eux à la répulsion qu’ils montraient auparavant pour l’artiste novateur, ils arrivent à lui trouver des mérites d’invention les plus ridicules et à s’extasier d’une incroyable façon sur ce qu’ils appellent son originalité. Dans un morceau en ut majeur, par exemple, le premier violon attaquant la tonique et le second le mi naturel, j’ai vu des gens s’écrier, en entendant cette simple tierce majeure : « Quelle étrange harmonie ! ce Beethoven, il faut en convenir, était un homme à part ! » Le compositeur, prévenu de bizarrerie et de hardiesse, a beau faire, il ne passera jamais pour avoir la tête bien saine, et s’il faisait chanter sous son nom la romance O Fontenay, ou celle Fleuve du Tage avec accompagnement de guitare, certains auditeurs qui ne les auraient pas connues auparavant trouveraient encore le moyen de découvrir dans ces fleurettes musicales quelque excentricité tendant à la barbarie.

    On joue pourtant les quatuors de Beethoven maintenant à peu près partout ; les publier en partition, et en partition lisible, c’est donc rendre service aux musiciens studieux et curieux de connaître la cause réelle de tous les étonnemens que les derniers surtout ont si longtemps excités.

    — Félicien David est parti pour Lyon, où l’on exécutera incessamment le Désert et ses autres principales compositions ; il ira de là à Marseille, puis il visitera l’Allemagne, qui doit certes éprouver une curiosité pleine d’intérêt au sujet d’un compositeur tel que lui, dont la révélation à la France a été si brillante et si prompte. Du reste, le succès de David à Paris est déjà sanctionné par celui qu’il vient d’obtenir à Bruxelles, où la symphonie du Désert a été exécutée et appréciée dignement. En Allemagne donc ! Nos vœux l’y précèdent et l’y suivront.

H. BERLIOZ.

Site Hector Berlioz créé le 18 juillet 1997 par Michel Austin et Monir Tayeb; page Hector Berlioz: Feuilletons créée le 1er mars 2009; cette page ajoutée le 15 août 2015.

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