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Hector Berlioz: Feuilletons

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FEUILLETON DU JOURNAL DES DÉBATS

DU 1er NOVEMBRE 1839 [p. 1-2]


THÉATRE DE L’OPÉRA.

Première représentation de la Xacarilla, opéra en un acte, paroles de M. Scribe, musique de M. Marliani.

    L’Opéra commence à se piquer au jeu : l’activité des autres théâtres lyriques a réveillé la sienne ; et, sans hésiter, il a abordé une difficulté qui lui eût sans doute paru insurmontable il y a six mois : il a mis à l’étude quatre ouvrages à la fois, dont trois opéras et un ballet. Voici d’abord la Xacarilla ; bientôt viendront le Drapier, de M. Halévy, et les Martyrs, de M. Donizetti ; quant à la composition chorégraphique, son titre est encore un mystère ; et de plus, on annonce une surprise, un coup d’éclat, un bouquet, absolument comme aux fêtes extraordinaires de Tivoli. En attendant cette merveille, le public a bien accueilli la petite partition que M. Marliani vient de lui offrir. L’imbroglio rapidement esquissé par M. Scribe pour servir de canevas au compositeur n’annonce pas plus de prétentions que la musique.

    Cette Xacarilla, que je prenais pour une femme, n’est qu’une chanson espagnole. Quelques mesures de cet air, chantées sous les fenêtres d’un riche marchand de Cadix, suffisent pour faire accueillir dans sa maison une foule de gens d’assez mauvaise mine. Lazarillo, jeune marin récemment arrivé du Mexique, est témoin de l’empressement que le seigneur Zulgeo met à faire entrer chez lui tous les chanteurs de Xacarilla en leur promettant bon souper, bon gîte et le reste. Que signifie cette obséquieuse hospitalité, d’une part, et cette persistance, de l’autre, à répéter en se présentant la même mélodie ?…. Ce secret-là, Lazarillo voudrait bien le connaître ; car pénétrer chez le marchand est son idée fixe depuis son retour. Il aime Zora, la fille de l’hôte mystérieux ; il meurt de faim d’ailleurs et n’a pas un maravédis. S’il essayait, lui aussi, de chanter la Xacarilla ! A peine en a-t-il fredonné quelques notes, que Zulgeo accourt, prie le jeune marin d’entrer et d’aller prendre place à table, où l’attendent déjà ses compagnons. Le voilà introduit ; il soupe d’abord. L’amour vient ensuite. Surprise de Zora ; on s’embrasse ; etc., etc., etc. ; il ne manque plus que l’argent. Zulgeo vient compléter le bonheur de notre marin en lui apportant sa part de la dernière expédition. « Comment, voilà ce que vous me donnez ! dit Lazarillo stupéfait à la vue d’une bourse pleine. — Mon Dieu, pas davantage ; c’est ce qui revient à chacun de vous. Mais, tenez, point de bruit, prenez encore ceci, et n’en parlez pas. » On voit déjà que le négociant n’est autre qu’un recéleur qui s’entend avec des contrebandiers, et fait par eux et sur eux d’honnêtes bénéfices. Ces braves sont sur le point d’entreprendre un nouveau voyage ; un vaisseau les attend dans le port. Au moment de quitter la maison de leur homme d’affaires, on entend frapper à sa porte. « Partez, partez, leur dit-il, c’est le corrégidor. Il épouse ma fille ce soir et vient signer le contrat ; ne craignez rien de ses poursuites, je saurai le mettre sur une fausse voie. » Tous disparaissent au plus vite, excepté Lazarillo, qui se glisse dans une chambre voisine au moment de l’entree du corrégidor. Zulgeo, se croyant en famille, parle du contrat, va le faire signer, quand Lazarillo se présente. « — Quel est cet homme ? — Je ne sais, répond le négociant fort troublé. — Quelque drôle, quelque contrebandier ! Qu’on l’arrête. — Oh ! que non pas, seigneur corrégidor ; je suis un honnête marin arrivé ce matin du Mexique, mes papiers en font foi, vous les avez aujourd’hui signés vous-mêmes ; et le seigneur Zulgeo sait parfaitement pourquoi je suis chez lui. — Malheureux, tu veux donc me perdre ! prends ces deux cents piastres, et silence. — J’accepte les piastres, mais je veux bien davantage. Il me faut votre fille, je l’aime, j’en suis aimé ; je comprends maintenant vos relations avec ces hommes que poursuit la justice ; donnez-moi Zora ou je vous fais pendre ! — Impossible. — Vous refusez ! en avant la Xacarilla ! » Et le corrégidor, épouvanté à ce refrain si connu, appelle un alguezil et lui ordonne d’aller chercher main-forte pour arrêter ce jeune drôle qui s’entend sans doute avec les contrebandiers. Lazarillo va parler, Zulgeo est perdu, il faut bien qu’il se résigne. « Ma foi, seigneur corrégidor, dit le marchand, il n’y a pas moyen de vous cacher plus long-temps la vérité. Je suis forcé de vous retirer ma parole ; ce jeune homme, que je croyais aux Antipodes, vient de venir réclamer la promesse que je lui fis l’an dernier de la main de ma fille. Zora l’aime, et, entre nous, il ne serait pas prudent à vous de l’épouser contre son gré. » Le corrégidor prend son parti d’assez bonne grâce, Zulgeo donne sa fille à Lazarillo ; et, rassuré désormais, regarde d’un œil joyeux le navire contrebandier s’éloigner du port. Voilà tout.

    La musique de M. Marliani est bien faite, claire et nette sans avoir une couleur bien décidée ; sa mélodie manque un peu de caractère : elle n’a ni la vivacité rossinienne, ni la mélancolie de Bellini ; mais en somme la partition de la Xacarilla, italienne francisée, est agréable et mérite le succès qu’elle a obtenu. L’air de Lazarillo est bien écrit pour la voix de Mme Stoltz ; il contient dans le milieu quelques longueurs qu’on devrait faire disparaître, si la chose est possible ; l’accompagnement en est tracé avec goût et intelligence. On a remarqué la phrase de l’ensemble du duo entre Zora et Lazarillo. L’air de Mme Dorus-Gras est moins heureux ; il ne présente rien de bien intéressant dans le chant ni dans l’orchestre. Je préfère de beaucoup le chœur sotto-voce des contrebandiers. L’ouverture, franchement dessinée, s’annonce bien ; mais la coda n’a pas, ce me semble, la verve ni l’éclat qui pourraient en assurer l’effet. Les deux points d’arrêt, qui se suivent d’assez près dans cette péroraison, sont vraisemblablement la cause de la tiédeur des derniers élans de l’orchestre. En général, les silences ne peuvent être employés sans danger vers la fin d’un morceau instrumental développé, quand on n’a pas mis en réserve, pour répondre à l’attention qu’ils éveillent, une idée épisodique très saillante, ou le retour d’une fort belle phrase présentée pour la dernière fois avec une grande puissance et sous un aspect nouveau.

    Le rôle principal de la Xacarilla est évidemment celui du jeune marin, que Mme Stoltz a chanté et joué d’une façon charmante. Sa voix pleine et vibrante de mezzo-soprano, acquiert chaque jour plus de sûreté et de souplesse ; le timbre des notes du médium surtout est excellent pour les phrases d’expression ; il est fâcheux qu’on se soit aperçu si tard que, malgré sa grande étendue, cette voix n’était point un soprano, et demandait à n’être employée que du la grave au sol, octave de la septième supérieure. Les sons du registre aigu sol dièze, la, si, ut que Mme Stoltz est obligée de donner dans quelques passages des grands rôles qui furent écrits pour Mlle Falcon, sont toujours d’un accès difficile, et leur exercice ne sert qu’à altérer la pureté des sons naturels de l’échelle inférieure. C’est ce que M. Marliani a parfaitement compris.

    Mme Gras-Dorus a tiré tout le parti possible d’un rôle modeste, qui ne contient guère en réalité que deux morceaux complets. Elle a exécuté avec sa perfection ordinaire toutes les vocalises dont son air est semé. Le costume qu’on lui a donné me semble d’un aspect bien malencontreux ; la coupe en est vraie peut-être, M. Duponchel connaît cela mieux que nous, mais on l’aimerait moins historique et plus gracieuse. Dérivis et Ferdinand Prévost ont bien rendu les deux rôles du marchand et du corrigédor ; l’exécution des chœurs et de l’orchestre n’a mérité que des éloges. En général on fait de la bien meilleure musique à l’Opéra, quand le brouhaha de la scène ne vient pas s’y opposer ; mais de bonne foi, comment espérer des exécutans attentifs et un résultat harmonieux au milieu du bruit des cloches, des canons, du piétinement des chevaux, du cliquetis des armures, du bruissement des cottes de mailles, du tourbillon des danseurs et des conversations à voix plus ou moins haute de cette foule d’individus dont chacun peut parler à son voisin avec la certitude, au milieu du tumulte, de n’être point remarqué ? Ce sont des exigences du genre actuel, j’en conviens ; mais la musique ne s’en accommode pas le moins du monde ; elle n’aime pas les cohues. C’est un art qui ne peut vivre sans beaucoup d’ordre ; et plus il se complique, plus la précision, l’exactitude, l’attention et le SILENCE sont indispensables. C’est au directeur à apprécier jusqu’où il est obligé d’aller, au détriment de l’effet musical, en faveur du luxe de la mise en scène et du plaisir des yeux.

    On a applaudi au premier tableau de la Xacarilla, une jolie décoration représentant la rade de Cadix.

THÉATRE DE LA RENAISSANCE.

Première représentation de la Chasse Royale, opéra en deux actes, paroles de M. Saint-Hilaire, musique de M. Godefroi.

    Diable ! il faut prendre garde ! le théâtre de la Renaissance n’est pas si solidement établi sur ses ancres, qu’il puisse résister à des tempêtes comme celle qui vient de souffler, surtout après un succès de la nature de celui de la Jacquerie. Il y a vraiment des momens où les entrepreneurs dramatiques perdent la tête, sans quoi ils n’iraient pas ainsi, de gaîté de cœur, compromettre l’existence de leurs théâtres par des œuvres sans nom. Quel avantage, par exemple, M. A. Joly a-t-il cru pouvoir retirer du programme qu’il a publié dernièrement ? A côté des quelques célébrités littéraires et musicales figuraient de ces médiocrités reconnues, dont il faut se garder mille fois plus que des auteurs qui n’ont rien produit encore. Dans le nombre de ceux-là, il se peut en effet qu’on rencontre un homme supérieur, ou tout au moins un talent remarquable ; mais qu’espérer des autres, puisqu’ils ont fait leurs preuves ?…

    Pour ne parler que de la question musicale, dans le cas où se trouve actuellement M. Joly, il est très fâcheux qu’il n’ait pas une connaissance plus approfondie de l’art qui seul peut soutenir et faire prospérer son entreprise. Que lui faut-il en effet ? De bonnes partitions bien exécutées. (Nous devons le remercier ici d’avoir bien voulu nous en demander une, et croire qu’elle serait bonne.) M. Joly a raison quand, pour chercher des chanteurs, il parcourt l’Italie, car c’est la terre classique du chant et des bonnes voix. Mais si certains compositeurs lui font attendre leurs ouvrages, et s’il veut avoir recours à ceux dont la renommée n’existe pas encore, au moins faudrait-il qu’il pût juger par lui-même du mérite des uns qui se tiennent à l’écart, et de celui des autres qui s’empressent de lui présenter leurs produits. Ainsi, parmi les jeunes musiciens cités dans le prospectus de M. Joly, il est singulier qu’on n’ait pas annoncé un seul des quatre ou cinq qui ont donné des gages de talent. On n’y voyait figurer ni Reber, ni Boisselot, ni Kastner, ni Deldevèze [Deldevez]. Sans parler des trois premiers qui sont déjà connus à des titres différens, le dernier a fait une ouverture, exécutée l’hiver passé au Conservatoire, assez belle sous tous les rapports pour qu’un directeur à la recherche des nouveaux compositeurs dût s’empresser, non pas seulement de lui ouvrir ses portes, mais de l’engager à écrire pour lui. Je ne dirai pas qu’il y a, dans une ouverture comme celle dont je viens de parler, plus de mérite que dans quarante opéras médiocres, qui, selon moi, n’en ont aucun ; ce serait un pléonasme ; mais je remarque avec étonnement la tendance de beaucoup de gens à penser le contraire. Il semblerait, à les en croire, qu’il est bien plus difficile, et partant plus méritoire, d’appliquer sur des paroles telles quelles des platitudes plus ou moins mélodiques, mal enchaînées, mal développées, mal prosodiées, mal accompagnées, que de produire une grande composition où la fermeté du style le dispute à la belle ordonnance des idées, où une harmonie riche et distinguée soutient et fait valoir des chants pleins de noblesse, où le sentiment du beau et celui de l’expressîon appuyé sur la logique de l’art éclatent partout, mais par l’intermédiaire des instrumens ; de telle sorte que, pour ces gens-là, Weber se présentant avec son ouverture du Freyschütz seulement, devrait être éconduit pour faire place à des gaillards de la force de Gaveaux et de Solié, qui ont écrit je ne sais combien de douzaines de vaudevilles ensevelis à cette heure dans le plus profond et le plus juste oubli. Et notez que dans les œuvres de ces deux hommes il y a des éclairs de sensibilité et quelques mélodies naïves qu’on chercherait en vain dans les élucubrations des mauvais musiciens d’aujourd’hui. L’art, en s’élevant, a dû nécessairement s’éloigner davantage de ce qui n’est pas lui. Et les esprits ailés, qui de près ou de loin l’ont suivi dans son vol, sont depuis long-temps hors de vue pour ceux que l’infimité de leur nature a retenus dans les régions inférieures de l’empirisme aveugle et de l’impuissance. Parmi les compositeurs qui ont passé la première jeunesse, il en est aussi quelques uns sur lesquels le directeur de la Renaissance devrait avoir les yeux. Ceux-là, soit par timidité, soit par fierté, soit par lassitude et dégoût, ne feraient pas un pas pour se produire : il faut les aller chercher. Et certes, après tout, ils ont mille fois raison. Vous entreprenez des voyages de quatre cents lieues pour offrir des sommes énormes à des bredouilleurs de notes ou à des braillards, ou même à des talens réels, mais d’un ordre secondaire cependant, et vous avez toujours l’air d’accorder une immense faveur aux hommes de pensée sans lesquels vos interprètes, si chèrement acquis, deviendraient en vos mains des instrumens inutiles. Au nombre de ces artistes pleins de réserve qui ont long-temps et souvent prouvé leur mérite, nous mettrons en première ligne M. Schneïtzoeffer, dont la Société des Concerts a exécuté il n’y a pas long-temps un fragment de symphonie fort remarquable. Il a fait, en outre, à l’Opéra la musique de plusieurs ballets, entre autres celui de Proserpine, dont l’ouverture est célèbre, et la Sylphide, qui contient d’excellentes choses. Eh bien ! M. Schneïtzoeffer a écrit la moitié d’un drame lyrique qui serait achevé sans doute, s’il eût entrevu la possibilité d’en obtenir la représentation. Pourquoi le théâtre de la Renaissance ne lui a-t-il pas proposé de le monter ? Nous ne doutons pas de l’impartialité et du bon vouloir de M. Joly ; mais l’état présent de son répertoire musical et les promesses qu’il a faites dans son programme alarment sérieusement les amis de l’art. Il doit y réfléchir. Sa position est difficile, le public exigeant ; avec de mauvais chanteurs et de bonnes partitions il ne réussira qu’à demi ; l’inverse ne peut lui être plus favorable. Mais avec des chanteurs médiocres et de la musique détestable, sa ruine est certaine.

    La Chasse royale a éprouvé une chute à laquelle, malgré la longanimité du public pendant deux mortelles heures, il était impossible de ne pas s’attendre. La pièce est une de ses grivoiseries, pour ne rien dire de plus, au gros sel, au gros poivre, au gros lard, qu’on irait voir si on était sûr de n’y être pas vu, et surtout si elles duraient moins long-temps. François Ier est à la chasse ; il s’égare dans les bois, c’est trop juste. Les rois d’opéra qui vont chasser ne manquent jamais ce devoir-là. Pourtant s’il s’égare, le vert galant, ce n’est pas seulement parce qu’on libre de s’égarer, même quand on est roi, mais bien pour trouver le chemin du cœur d’une petite paysanne dont sa majesté prise fort les appas.

    Elle est blonde
    Sans seconde ;
Elle a la taille à la main.
    Sa prunelle
    Etincelle
Comme l’astre du matin.

    (On ne se douterait jamais que ce couplet a été mis en musique, et en musique charmante, par l’auteur de la Marseillaise, Rouget de Lisle !) Je reviens à nos amours. Le roi se met en embuscade auprès du sentier que Denise a coutume de parcourir chaque soir ; la voilà qui s’avance en chantant, l’imprudente ! la tête chargée d’une corbeille de fleurs. Vous allez voir l’allégorie ! François saute sur la bachelette, l’entraîne dans une grotte, lui décline ses noms et qualités, la force d’accepter un présent délicat qui consiste en une somme assez ronde (et d’une !), la violente tant soit peu, renverse la corbeille. A bas les fleurs ! Vous concevez !…

    Le roi retourne à la forêt, en disant à sa victime éplorée : « Attends-moi là, je vais revenir ! » Mais pour tenir le spectateur en haleine, voici, dans le bosquet voisin, en face de la grotte royale, un autre couple qui s’avance : c’est la duchesse d’Etampes, maîtresse en titre du roi, qui s’égare aussi dans les bois avec un jeune seigneur non moins amoureux que son illustre maître. La première scène se reproduit fidèlement ; seulement l’amant de la duchesse n’a pas la peine de renverser une corbeille de fleurs ; la grande dame avait depuis long-temps perdu l’habitude d’en porter. Denise les surprend : qu’importe ! La duchesse a tout compris, elle a tout entendu, elle a tout vu, dans le duo précédent ; l’infidélité de son royal amant est flagrante ! Elle vient bien, à la vérité, de lui rendre la pareille ; mais on sait que cela ne compte pas : il faut qu’elle se venge autrement. « Petite, prends cette bourse (et de deux), je veux à ta place me cacher dans la grotte, pour surprendre le roi à son retour. Tu tiendras compagnie à monsieur qui s’ennuierait tout seul sous la feuillée. » Bon ! François revient, trouve la pie au nid et non plus la colombe. Pendant qu’il essuie les reproches de sa maîtresse et la sueur qui coule de son front, le jeune seigneur, qui avait suivi la duchesse et motivé son égarement dans le bois, trouvant la société de Denise fort agréable, se met en devoir de succéder une seconde fois au galant monarque. Denise fait encore des façons (conçoit-on cela !) « Oh ! mon Dieu, et Basile ! — Tu l’épouseras. Voilà ta dot ! » (Troisième bourse ! Elle en fait collection, comme le marin de la Xacarilla.) A cet instant, la scène est devenue si palpitante, si incandescente, si effrayante, que toutes les dames se sont levées… pour mieux voir. Je puis me dispenser, ce me semble, de raconter les dernières scènes de cette idylle. On peut supposer qu’elles ne rappellent guère les chastes et poétiques tableaux de Paul et Virginie.

    Quant à la musique, sans viser tout-à-fait à une austérité Spartiate, nous pouvons assurer qu’elle n’a rien d’immoral.

    — M. Bénédict, l’élève favori de Weber, est venu dernièrement à Paris pour faire traduire en français son opéra, The Gipsy’s Warning, dont la vogue à Londres a été si brillante. M. A. Joly devrait profiter de la circonstance ; il n’aura pas toujours à sa disposition des compositeurs de cette force.

    — Alexandre Batta vient de nous quitter pour parcourir les principales villes de Belgique et de Hollande ; les compatriotes du jeune virtuose ont témoigné un tel empressement de l’entendre cette année, qu’il a dû s’engager à donner dix concerts avant le 1er décembre, époque de son retour à Paris.

H. BERLIOZ.

Site Hector Berlioz créé le 18 juillet 1997 par Michel Austin et Monir Tayeb; page Hector Berlioz: Feuilletons créée le 1er mars 2009; cette page ajoutée le 15 novembre 2015.

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