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FEUILLETON DU JOURNAL DES DÉBATS

DU 5 mars 1837 [p. 1-2]


THÉATRE DE L’OPÉRA.

Première représentation de Stradella, opéra en cinq actes, paroles de MM. Emile Deschamps et Emilien Paccini, 
musique de M. Niedermeyer, divertissemens de M. Coraly, décors de MM. Despléchin, Séchan, Feuchères et Diéterle.

    Alessandro Stradella, célèbre compositeur vénitien, fut en même temps le premier chanteur du XVIIe siècle. De ses ses œuvres nous ne connaissons guère qu’un air : M. Fétis l’a fait exécuter dans ses concerts historiques. Ce morceau, d’un fort beau caractère, offre en outre un intérêt tout spécial ; c’est à sa puissance expressive que Stradella dut une fois la vie. Voici comment : l’artiste s’étant fait aimer d’une jeune fille de haute naissance, l’enleva et s’enfuit à Rome avec elle. La noble famille qu’il avait outragée le fit suivre par des misérables chargés de l’assassiner. Le coup devait se faire à Sainte-Marie-Majeure, au sortir de l’office du jeudi saint où Stradella chantait un motet de sa composition. Les bravi, en attendant l’heure, entrèrent dans l’église, et furent si vivement émus des accens du virtuose, que le prodige opéré par Orphée se renouvela ; ils coururent se jeter aux pieds de Stradella, en lui avouant leurs projets et le suppliant de ne pas perdre un instant pour se dérober par la fuite aux dangers qui le menaçaient. Le maestro réussit en effet à échapper pendant deux ans encore à la haine infatigable de ses ennemis ; mais leur vengeance s’accomplit enfin, et un jour Stradella et sa maîtresse furent égorgés dans leur maison, à Gênes, où ils étaient allés cacher leur bonheur.

    Les auteurs du nouveau libretto ont bien senti le danger d’un dénoûment, et celui plus grand encore de la scène principale qui replaçait le compositeur dans la position difficile d’où Gluck seul a pu jusqu’ici sortir heureusement. En conservant la donnée historique, ils eussent obligé la musique à se chanter elle-même ; sujet qu’elle ne paraît pas affectionner car elle n’y réussit guère. Rien de plus froid que les compositions de cette nature. Qu’on se rappelle l’Apollon de Grétry, dans le Jugement de Midas, et l’Hymne à l’Harmonie, de Beethoven, exécuté il y a neuf ou dix ans aux coucerts de l’Opéra. D’ailleurs, dans l’immortelle scène du Tartare d’Orphée, le charme des chants de l’époux d’Euridice, charme très grand, il est vrai, mais toujours au-dessous du modèle que s’en fait l’imagination, impressionne incomparablement moins que les rauques accens du chœur infernal qui l’accompagne, et le contraste terrible qui en résulte est la cause principale du succès de Gluck. Voici donc comment les auteurs ont conçu et développé l’action de leur drame.

    Au premier acte nous sommes à Venise, sur une place écartée, pendant une nuit de carnaval. Le sénateur Pesaro et son factotum Spadoni amènent une troupe de bravi pour forcer la maison de Léonore, jeune orpheline aimée secrètement de Stradella, et que le grand seigneur veut faire enlever. Une sérénade arrive ; Pesaro et ses gens se retirent un instant. C’est Stradella qui vient avec ses élèves chanter sous le balcon de sa fiancée. Léonore descend, et tous deux conviennent de leur mariage secret et de leur départ pour le lendemain. Stradella, attaché à la maison de Pesaro, ignore pourtant les projets de son maître ; mais la connaissance qu’il a de ses mœurs et de ses habitudes voluptueuses suffisent pour lui inspirer de jalouses craintes et motiver la fuite qu’il médite. Les amans se séparent ; le sénateur revient et enlève Léonore.

    Nous retrouvons au second acte la pauvre fille dans le palais de son ravisseur. De magnifiques présens lui sont offerts, elle les refuse avec mépris. Le sénateur veut essayer si la musique aura plus d’empire sur ce cœur rebelle : il lui donne un concert ; mais à l’arrivée des chanteurs, Léonore s’enfuit tout en larmes dans une chambre voisine, et s’y enferme. On pense bien que Stradella est à la tête de la troupe chantante.

    L’insolent factotum, jaloux du talent et du crédit du maestro, lui renouvelle durement, avant de sortir (mais pourquoi sort-il ?), les ordres du sénateur qu’une séance de nuit retient à Saint-Marc. Stradella, tout en s’indignant de l’ignoble rôle qu’on fait jouer à lui et à l’art qu’il vénère, commence cependant l’incantation amoureuse. Aux premières mesures, Léonore qui reconnait sa voix, l’appelle de l’appartement voisin ; stupéfaction de Stradella, qui ignorait son malheur. Il congédie ses musiciens ; Léonore accourt, tout s’explique ; que faire ? Une voix se fait entendre dans les lagunes ; c’est Beppo, ami dévoué du chanteur. Stradella écrit quelques ligues sur ses tablettes, les lui jette par la fenêtre, et peu d’instans après un paquet assez volumineux tombe aux pieds des deux amans ; il contient des armes et une échelle de cordes. Au lieu de profiter à l’instant de ce moyen un peu banal, Stradella et sa maîtresse perdent leur temps, selon l’usage, à se faire de banales promesses d’amour et de fidélité, que l’arrivée du sénateur vient interrompre. Le vieux fou, s’imaginant trouver la belle fort adoucie, tant il a de confiance dans l’art de son maître de chapelle, redouble d’instances auprès d’elle ; Stradella s’avoue alors son rival, et son rival préféré. Le duc indigné tire son épée, Stradella saisit son pistolet, et le dirigeant vers la poitrine du vieillard, donne ainsi à sa maîtresse le temps d’enjamber le balcon, et la toile tombe.

    Franchement cet acte est par trop opéra-comique au début, opéra italien au milieu, et mélodrame à la fin. J’ai peine à comprendre comment l’esprit fin et élevé des auteurs a pu s’arrêter sur d’aussi faibles ressorts dramatiques, et comment leur goût si délicat n’en a pas été blessé. Ils vont prendre leur revanche dans l’acte suivant. Nos amans sont à Rome, où sa réputation avait devancé Stradella. Il doit chanter l’office du jeudi saint ; les populations d’Albano, Frascati, Tivoli, etc., des moines, des pèlerins traversent la plaine pour se rendre à Sainte-Marie-Majeure. Au milieu de cette foule bigarrée, dont l’aspect forme un des plus beaux spectacles qu’on ait encore mis en scène à l’Opéra, nous retrouvons Spadoni, le serviteur de Pesaro. Son maître vient d’arriver en qualité d’ambassadeur de Venise. Des ordres sont déjà donnés pour s’emparer de Stradella ; mais, toute réflexion faite, il trouve plus sûr de s’en débarrasser par un bon coup de stylet, et vraiment il a raison, car il faut en finir. Spadoni, dans une scène très animée, mais un peu longue, engage donc deux spadassins, moyennant trois cents ducats, à poignarder le maestro au sortir de l’église. La décoration change ; nous voilà dans ce temple magnifique de Sainte-Marie, la foule est immense, la longue file des colonnes de granit d’un seul bloc resplendit de mille feux ; les orgues jouent ; voici venir Stradella, inspiré, triste et grave comme la sainte poésie qu’il va chanter ; il monte sur un gradin élevé au milieu de l’église, le peuple s’agenouille à l’entour, les soldats inclinent leurs armes ; il commence :

Pleure, Jérusalem, ton erreur et ton crime !
Au jour long-temps prédit, le Seigneur est venu.
Pour racheter les fils de l’éternel abîme,
Il descendait du ciel et tu l’as méconnu.
.   .   .   .   .   .   .   .   .   .   .   .   .   .   .   .   .
O vous qui blasphémez et son nom et sa gloire,
Du Dieu des nations redoutez le courroux !
Le sang divin rougit la croix expiatoire,
Et le sang répandu retombera sur vous.
Quand Dieu se lèvera pour rendre la justice,
La terre tremblera jusqu’en ses fondemens ;
Les méchans renaîtront pour l’éternel supplice ;
On entendra des pleurs et des gémissemens !

LES ASSASSINS.

C’est la voix de l’archange, aux éclats triomphans !

STRADELLA.

Malheur au superbe, au cupide !
Malheur à l’impie, au perfide !
Malheur surtout à l’homicide !
Pour jamais l’enfer les attend !

LES ASSASSINS (effrayés).

   Ah ! l’entends-tu ?…. malheur à l’homicide !
   .   .   .   .   .   .   .   .   .   .   .   .   .   .   .   .   
      Dieu vient de parler, mon cœur change.
Loin de moi ce poignard ! Grâce, grâce, Seigneur !

    Et les deux bravi, vaincus par la terreur religieuse plus que par l’émotion musicale, s’enfuient épouvantés, renonçant à leur sanglant projet.

    Le quatrième acte nous montre la place du Capitole ; le peuple s’apprête à décerner le triomphe à Stradella, qui va s’unir à Léonore. Les jeux et les danses se succèdent. Après le ballet, défile le cortège triomphal. On y remarque les grands dignitaires de Rome, les députations des académies, des généraux, des ambassadeurs, etc. Autour d’un pavois, sont les neuf Muses, représentées par de jeunes filles portant différens attributs. Au moment où Stradella, revêtu de la pourpre, se dispose à monter sur le pavois au bas du grand escalier, le duc et Spadoni descendent tout à coup précédés des soldats dalmates, garde de l’ambassade. Pesaro, au nom de Venise, réclame le transfuge. Résistance du peuple. La lutte s’engage ; enfin, on sépare les deux amans, et les soldats entraînent Stradella. De retour à Venise, au cinquième acte, nous retrouvons Léonore dans une hôtellerie, parmi des saltimbanques qui l’ont ramassée mourante sur la route, et qui arrivent pour les fêtes auxquelles l’élection d’un nouveau doge va donner lieu. Stradella en prison, sous le poids d’une sentence de mort, réussit encore à s’évader, et, par un bienheureux hasard, vient précisément tomber au milieu de la troupe comique qui a recueilli sa maîtresse. Sur le point d’être repris par les sbirres, on le déguise en saltimbanque, c’est-à-dire qu’on lui jette tout bonnement sur les épaules un manteau brun qui ne le déguise pas du tout ; mais c’est convenu au théâtre. Les gens armés qui étaient à ses trousses viennent interroger les comédiens. Stradella, forcé de répondre à son tour et de prouver qu’il est chanteur, commence une chanson vénitienne, et sa voix, qui l’avait sauvé à Rome, le perd ici en le faisant reconnaître. On le saisit, quand le canon annonce l’élection du nouveau doge. Quel espoir ! il a le droit de grâce…. Mais ce doge n’est autre que Pesaro. Un coup de sifflet du machiniste nous ouvre l’entrée de la Piazetta, inondée de peuple. Le fiancé de l’Adriatique va paraître avec son brillant cortége nuptial.

    Voici venir les étendards de Venise, avec le lion de Saint-Marc, et aux diverses couleurs, signifiant la Paix, la Guerre, la Trêve et la Ligue. Paraissent ensuite les trompettes d’argent et les hautbois ; les écuyers du doge et les huissiers jetant au peuple des pièces de monnaie ; le doge ; à sa droite, l’ambassadeur de France ; à sa gauche, le nonce du pape. Après le doge, son page ; quatre écuyers portant, l’un la chaise d’or, et l’autre un carreau de brocart, et les deux derniers le parasol ducal ; puis un clerc porte-chandelier, et un officier porte-épee. Suivent les envoyés d’Orient et les ambassadeurs des puissances chrétiennes. Viennent enfin les secrétaires de la république, les sénateurs, les avogadores, les procurateurs, les seigneurs de la nuit, le capitaine-grand, le cavalier du doge et le grand-chancelier ; les serviteurs de la maison du doge, nègres et Levantins. La Marche est fermée par les généraux et amiraux de la république et par des pelotons de soldats suisses et dalmates.

    Au moment où le doge passe, le peuple, ému de larmes et du désespsir de Léonore, se jette à genoux en demandant la grâce de Stradella. Le doge s’arrête ; l’ambassadeur de France et le nonce s’éloignent de quelques pas ; le cortége fait halte.

LE DOGE.

Que les saints soient en aide à la reine des eaux,
Peuple ! et que l’or du monde emplisse nos vaisseaux !
      Pour la splendeur de votre Empire,
      Le cœur du doge a tout quitté ;
      Sous le drap d’or il ne respire
      Que pour la gloire et l’équité !
        La force de vos armes,
  Vos droits sacrés, voilà mon seul amour !
      S’il fut d’autres alarmes,
  Mon sceptre enfin les bannit sans retour !
      Bonheur à tous, et que les larmes
     N’attristent pas un si grand jour !

    A un geste du doge, les soldats qui gardent Stradella se retirent et laissent Léonore s’élancer vers lui. Tous deux s’inclinent, et le moine venu pour assister le condamné, bénit les deux fiancés. Le cortége alors reprend sa marche au bruit d’une musique triomphale. Le doge paraît sur le pont du Bucentaure. Les tambours battent aux champs ; les bannières de Candie, de Chypre et de Morée sont agitées ; les cloches sonnent à Saint-Marc ; le canon gronde dans le port. Cris du peuple. La mer se couvre de gondoles. Le Bucentaure avance lentement, et le doge jette son anneau à la mer.

    C’est là, il faut en convenir, un spectacle sans pareil. Quelle pompe, quelle variété de sites, de monumens, de points de vue, de costumes ! Ici Venise avec sa riche architecture, ses ponts bizarres, sa mer bleue et ses mille vaisseaux ; là, Rome la grande, avec ses temples de marbre, ses immortelles ruines, sa campagne sauvage, inculte et brûlée, ses interminables lignes d’aqueducs fuyant à l’horion ; ses villas désertes ; ses vieux bois de pins ; ses habitans aux mœurs si diverses ; ses riantes beautés d’Albano et de Tusculum, le tambour-de-basque à la main, les boucles d’argent aux pieds, la redoutable spada dans les cheveux, emblème d’amour et de vengeance, femmes à peau brune, aux grands yeux noirs, belles dans la joie, plus belles dans le calme ; ses robustes laboureurs, ses brigands, ses sombres transteverini, ses moines et ses artistes.

    Certes les auteurs de la pièce ont fourni à M. Duponchel et à ses peintres l’occasion de faire un chef-d’œuvre, et ils n’y ont pas manqué. Nous ne croyons pas que l’art de poétiser les décorations et la mise en scène ait encore été porté aussi loin. Honneur donc à MM. Deschamps et Paccini, dont l’imagination pittoresque a su enflammer si bien celle de leurs collaborateurs en leur proposant ce beau thème !

    L’auteur de la musique, M. Niedermayer, était connu par une œuvre gracieuse intitulé le Lac, qui fit pendant long-temps les délices des salons de Paris. Mais entre la composition d’une romance et celle d’un grand opéra en cinq actes, la différence est à peu près la même qu’entre le lac du Bourget, qui inspira à M. de Lamartine son ravissant poëme, et la mer Adriatique sur laquelle flotte l’action de Stradella. On pouvait donc craindre que le rameur de la légère barque n’eût pas la main assez forte pour tenir le gouvernail de ce grand vaisseau qu’on appelle l’Opéra ; vaisseau de guerre souvent, vaisseau marchand quelquefois. En commençant sa tâche, le jeune compositeur a sans doute adressé aux vents l’harmonieuse prière d’Horace :

.   .   .   .   .   . Ventorumque regat pater,
Obstrictis aliis præter yapiga
,

car ils lui ont été favorables, et son navire est entré au port sans avaries.

    M. Niedermayer a fait une musique moins remarquable par sa hardiesse et son originalité que par sa clarté soutenue et sa simplicité souvent élégante. Il n’a pas cherché à sortir de son caractère propre ni à produire de l’effet en dehors des facultés que la nature lui a départies, tentative fatale à tant d’autres. Il s’est borné à exprimer ce qu’il sentait sans ambitionner dans l’art de nouvelles conquêtes, ni chercher un mieux qu’on dit ennemi du bien. Aussi a-t-il réussi. Il aurait pu seulement ralentir la marche de sa plume quand elle l’entraînait hors de son domaine, comme il lui est advenu par intervalles, et oublier un peu son piano en écrivant l’orchestre , car rien de plus dissemblable que ces deux instrumens. Ce n’est pas que je veuille faire une guerre injuste et partiale aux compositeurs pianistes ; c’est loin de ma pensée. Beethoven, Gluck, Weber et Meyerbeer, étaient de grands virtuoses sur le piano, je le sais ; mais ce talent ne les a pas empêchés de jouer de l’orchestre d’une sublime façon. Et c’est à suivre leurs traces qu’on aurait voulu voir M. Niedermayer s’appliquer davantage. Quoi qu’il en soit, plusieurs morceaux de sa partition, tel que le trio du second acte, la sérénade du premier, le trio du troisième et une bonne partie de la belle scène à Sainte-Marie-Majeure, ont été fort goûtés à la première audition. Je reprocherais seulement au compositeur, à propos de ce final, d’avoir joué sur les mots, quand sous le vers :

On entendra des pleurs et des gémissemens,

il a fait gémir les violoncelles à l’orchestre. En supposant d’abord que le poëte eût dit : on entend, au lieu de : on entendra, cette imitation eût été peu digne du sujet auquel elle s’applique, puisqu’il s’agit des gémissemens affreux de la foule éperdue que la justice divine précipite aux abîmes, et non pas de la plainte touchante d’un être affligé de quelque souffrance ordinaire. Ensuite il n’est pas question de cela ; c’est une prophétie effrayante que le poëte met en ce moment solennel dans la bouche de Stradella:

Quand Dieu se lèvera pour rendre la justice,
La terre tremblera jusqu’en ses fondemens.

    La grandeur de l’idée poétique, l’interêt du drame, le but qu’il se propose, et l’effet musical lui-même, exigeaient, ce me semble, que toutes les puissances de l’art des sons concourussent au contraire à produire une immense impression de terreur, capable de remplir de froides larmes les yeux mêmes de l’innocence, et d’arracher le poignard aux mains des scélérats qui n’en versent jamais.

    Nourrit a été admirable dans cette scène, comme dans toutes les parties en relief de son rôle, qu’il a conçu en artiste supérieur. Mlle Falcon est toujours la chanteuse énergique par excellence ; on a regretté seulement que son personnage fut aussi souvent passif, et que l’action n’ait pas fait aux développemens réels de son beau talent une assez large part. Levasseur, le fidèle Marcel des Huguenots, s’était transformé cette fois en assez mauvais drôle, dont il a su pallier l’odieuse servilité par maintes saillies mordantes et originales. Dérivis, le doge, n’a jamais mieux employé sa belle voix ; on a pu apprécier dans sa méthode des progrès sensibles. Massol et Wartel, les deux bravi, ont mis beaucoup de verve dans leur trio avec Levasseur, et autant d’expression mimique dans les situations où ils n’ont point à chanter. MMmes Dupont, Fitz-James et Pauline Leroux ont eu les honneurs de la danse. Pourquoi donc tout cet entortillage de pas prétentieux qui obligent à ralentir la mesure du saltarelle ? N’eût-il pas été mieux de conserver tout simplement la véritable danse romaine, si vive, si joyeuse, si agitée, si tourbillonnante ? Elle vaut bien, ma fois, toutes les danses à angle aigu qu’on professe à Paris.

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Site Hector Berlioz créé le 18 juillet 1997 par Michel Austin et Monir Tayeb; page Hector Berlioz: Feuilletons créée le 1er mars 2009; cette page ajoutée le 1er janvier 2015.

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