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Une rareté: la première autobiographie de Berlioz

Par

Pierre-René Serna

© 2005 Pierre-René Serna

Présentation et commentaire

    Berlioz a rédigé en 1832 une esquisse autobiographique, formant un petit cahier de huit feuilles recto verso (soit seize pages d’environ 15x20cm), à destination de son ami Joseph d’Ortigue pour un article que celui-ci allait lui consacrer. Il s’agit de la toute première autobiographie connue du compositeur. Bien que le manuscrit autographe ne porte aucune date, ni titre du reste, il est à situer entre son retour d’Italie, à Paris le 7 novembre, et la parution de l’article d’Ortigue dans la Revue de Paris du 23 décembre 1832. Vraisemblablement après le concert d’Épisode de la vie d’un artiste (la Symphonie fantastique suivie du Retour à la vie) du 9 décembre, et peut-être après qu’il a été présenté à Harriet Smithson dans les jours qui suivent.

    Parmi les autres autobiographies répertoriées de Berlioz, signalons une dizaine de lignes1 qui servent de simple introduction à un catalogue des œuvres, de 1855 ou 1856, destinées à l’usage d’on ne sait quel chroniqueur2. Il faudrait également compter certains des feuilletons parus dans des périodiques du temps et souvent repris dans les quatre ouvrages que Berlioz fait publier de son vivant (Voyage musical en Allemagne et en Italie, les Soirées de l’orchestre, les Grotesques de la musique et À travers chants), qui retracent des périodes de son existence et notamment ses voyages. Mais il y a surtout, et bien sûr, les Mémoires.

    Il est intéressant de comparer cette toute première autobiographie au texte même des Mémoires, aux premiers chapitres dont elle constitue en quelque sorte l’ébauche. C’est en tout cas l’un des rares textes, avant les Mémoires qu’il précède de seize ans (puisque la première rédaction du livre est de 1848), à faire mention d’épisodes précis de son enfance. David Cairns remarque : «Comme tant d’autres souvenirs d’enfance, il faut les [les premiers chapitres des Mémoires] utiliser avec précaution. Écrits trente ans plus tard, en 1848, ils [les premiers chapitres des Mémoires] ne constituent pas un récit chronologique exact – et ne prétendent pas l’être; sur des questions de détail, ils contredisent parfois l’esquisse autobiographique que Berlioz fournit à un ami journaliste en 1832 (mais pas nécessairement plus juste). Ils sont néanmoins indispensables, et le fait que leurs récits détaillés, lorsqu’on peut les confronter à des sources écrites, se révèlent généralement justes invite à les considérer avec respect.»3 Ce qui rejoint le clairvoyant verdict de Julien Tiersot – assurément le plus captivant parmi les biographes de Berlioz du début du XXe siècle – sur les Mémoires en 1903 (dans Hector Berlioz et la Société de son temps, Hachette) : un «document parfaitement fidèle et sûr, quoi qu’on en ait pu dire.»4 Tiersot, toujours lui, ajoute ce commentaire à propos de l’esquisse autobiographique qui nous occupe : «la prétendue légende berliozienne est la vérité même : les données qu’elle renferme ont été confirmées par toutes les observations sérieuses, tous les documents authentiques. Il est possible d’apprécier les faits de façons diverses; mais, quant à leur réalité, elle reste incontestable.»5

    Le style adopté par Berlioz dans cette autobiographie est plus picaresque encore que celui des Mémoires. Nul doute que pour lui, après l’éclatant succès d’Épisode de la vie d’un artiste – qui est aussi une sorte d’autobiographie mise en scène – le désir de donner un relief public à son existence forme une part de l’image qu’il entend porter à l’appui de sa renommée. Rien de plus naturel pour un jeune artiste à l’orée d’une gloire qu’il entend asseoir, quitte à faire le jeu du pittoresque. C’est surtout vrai des passages qui évoquent sa passion pour Harriet (plus sobres dans les Mémoires, mais qui relatent les mêmes faits). Le contexte a certainement sa part, entre les deux concerts d’Épisode de la vie d’un artiste (le 9 et le 30 décembre) où tous les regards étaient portés sur l’inspiratrice de l’œuvre. Notre époque, friande d’étalage de l’intimité des vies célèbres, a été infiniment plus loin en matière de réclame personnelle.

    On remarquera que l’article de Joseph d’Ortigue ne reprend que pour partie l’autobiographie manuscrite de Berlioz. Du reste, ce texte n’était pas en lui-même destiné à la publication. Le document est peu mentionné parmi les biographes de Berlioz. Il n’a été reproduit, à notre connaissance, qu’une seule fois : dans le volume 2 de Lettres de musiciens écrites en français, publié en 1936 sous la responsabilité de Tiersot6; volume que l’on ne peut plus trouver que dans de rares bibliothèques. Le manuscrit autographe, quant à lui, reste à la Bibliothèque nationale de France (département musique), après avoir été longtemps dans le fonds du Conservatoire de Paris7. C’est donc une sorte de première, depuis la reproduction faite par Tiersot, que le Site Hector Berlioz soumet à ses lecteurs assidus. En tout état de cause, un document inestimable et difficilement accessible.

    Pour la reprise sans autre commentaire de ce texte sur le site, nous nous sommes appuyés sur la transcription qu’en a faite Tiersot, très fidèle dans l’ensemble (le manuscrit original, raturé et surchargé, présente parfois des difficultés de lecture, et cette transcription s’avère très éclairante). Les rares libertés ou choix pris par Tiersot concernent en particulier la mise en italique des intitulés d’œuvres ou la place d’accents et de virgules (que Berlioz élude parfois, car le texte s’apparente à une sorte de premier jet non mis au net) que nous conservons dans l’ensemble. Nous n’avons pas retenu d’autres détails modifiés, très mineurs d’ailleurs. Nous nous sommes conformés pour ces derniers à l’original de Berlioz, y compris pour certaines particularités orthographiques, après comparaison avec le manuscrit autographe.

Pierre-René Serna

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Texte de l’autobiographie

    Hector Berlioz est né à la Côte St-André (Isère) le 11 décembre 1803. Son père le destinait à la carrière des sciences médicales qu’il avait parcourue lui-même avec distinction.

    Toutefois, dans le seul but de compléter son éducation, il lui donna à l’âge de douze ou treize ans un maître de musique. Au bout de six mois, le jeune Berlioz chantait à première vue et jouait passablement de la flûte. Son aversion pour les études physiologiques croissait à mesure qu’il voyait approcher le moment de les embrasser définitivement. Son père employa pour la vaincre le moyen suivant. Après avoir étalé dans son cabinet l’énorme traité d’ostéologie de Monro, avec les planches de grandeur naturelle, il fit venir son fils, et, le plaçant devant ce tableau de la mort, il lui dit: « Hector, voilà les études que nous devons entreprendre ensemble; vois : si tu veux que nous les commencions immédiatement, je te ferai venir de Paris une flûte excellente garnie de toutes les nouvelles clefs ». Le malheureux enfant, pris au piège, promit tout à son père et courut s’enfermer dans sa chambre où il versa d’amères et abondantes larmes.

    Cependant, doucement entrainé et séduit par la tendresse que son père ne cessait de lui témoigner, il suivit pendant deux ans sous sa direction la route dans laquelle il était entré si fort à contre cœur.

    Mais le démon musical l’avait saisi déjà; il passait les nuits à pâlir sur des traités d’harmonie qu’il ne pouvait comprendre; il faisait d’inutiles essais de composition, qui, confiés aux exécutants amateurs de la Côte St-André, tombaient dès l’abord au milieu des quolibets et des éclats de rire.

    Ce fut un quatuor d’Haydn qui lui révéla enfin spontanément ce que pouvait être l’harmonie. À force de l’écouter, de le lire, de le mettre en partition, Berlioz dévoila le mystère de la basse fondamentale, et, dès ce moment, comprit tout ce que le fatras des livres didactiques avait dérobé à son intelligence. Il composa aussitôt un quintette pour flûte, deux violons, alto et basse, qui, cette fois, ne fut pas hué, mais fort applaudi par les exécutants. Ce succès commença à donner de l’inquiétude à son père.

    Peu après cette époque, Berlioz vint à Paris dans le but d’achever à l’école de Médecine des études si peu faites pour lui. Il vit l’amphithéâtre de dissection et l’Opéra. Placé ainsi entre la mort et la volupté, entre d’affreux cadavres et de ravissantes danseuses, entre la musique de Gluck et la prose de Bichat, il tint néanmoins pendant un an entier la promesse, faite à son père, de suivre assidûment les cours, soutenu et guidé par son ami et condisciple Mr Robert, qui est aujourd’hui un jeune chirurgien anatomiste des plus distingués. Il troublait cependant bien souvent le calme de l’amphithéâtre par des narrations passionnées de la représentation de la veille et accompagnait le rythme de la scie ou du marteau dont il se servait pour ouvrir un crâne des riches mélodies de la Vestale ou de Cortez.

    L’année suivante, l’anatomiste musicien écrivit à son père qu’il ne pouvait plus résister à son penchant pour l’art et à son antipathie pour la médecine, qu’il le priait de consentir à ce qu’il changeât de direction, celle qu’il avait suivie jusqu’alors lui paraissant désormais absolument incompatible avec son organisation.

    Les parents de Berlioz commencèrent alors avec leur fils une polémique qui dura près de quatre ans et qui ne servit qu’à rendre malheureux tous les membres de la famille, chacun persistant obstinément dans sa manière de voir.

    Tout fut employé pour le ramener à ce qu’on appelait la bonne voie. Prières, menaces, refus de pension, caresses, promesses pour l’avenir, malédictions même, tout échoua devant la volonté de fer de Berlioz et sa passion profonde pour la musique.

    Dans un moment de désespoir et de détresse, son père lui ayant écrit qu’il ne devait plus rien attendre de sa faiblesse et qu’il eût à se suffire avec ses propres moyens, Berlioz s’adressa au directeur du Théâtre des Nouveautés qu’on bâtissait alors et lui demanda une place de flûte à l’orchestre.

— « Point de places de flûte, elles sont données.

— Eh bien, prennez moi comme choriste.

— Monsieur, les cadres sont complets, il n’y a pas moyen de vous employer; cependant il se pourrait qu’on eût besoin d’une basse pour les chœurs, laissez-nous votre adresse ».

    Quelques jours après, Berlioz reçoit l’invitation de passer à l’administration des Nouveautés ; il y avait concours pour une place de choriste.

    Il trouve pour compétiteurs rivaux un forgeron, un tisserand, un chantre de St-Eustache et un ancien chanteur du Panorama dramatique. Ces messieurs chantent leur morceau; vient le tour de Berlioz : « Eh bien, Monsieur, qu’avez-vous apporté ? — Mais rien ; n’avez-vous donc point de musique ici ? — Non, il n’y en a pas. — Comment, pas même un solfège d’Italie ? — Non, Monsieur; d’ailleurs vous ne chantez pas à première vue, je pense ? — Je vous demande pardon, je chanterai à première vue tout ce que vous voudrez. — Ah !... c’est différent... alors vous devez connaître quelque air d’opéra. — Oui, Monsieur, je sais par cœur tout le répertoire de l’Opéra: la Vestale, Cortez, Œdipe, les Danaïdes, les deux Iphigénies, Orphée, Armide... — Assez, assez, diable! quelle mémoire! puisque vous êtes si savant, chantez-nous le grand air du troisième acte d’Œdipe, avec le récitatif ». Berlioz chante le grand air indiqué, accompagné seulement d’un violon qui plaquait au hasard quelques accords. On congédie les candidats. Le lendemain Berlioz reçut une lettre administrative lui annonçant qu’il l’avait emporté sur le forgeron, le tisserand, le chantre de St-Eustache, voire même sur le chanteur du Panorama dramatique, et qu’il était admis comme choriste au théâtre des Nouveautés, avec cinquante francs par mois d’appointements. Il y resta trois mois. Après ce temps, trop las de hurler des flonflons de Vaudeville et ayant trouvé quelques élèves de solfège qui lui donnaient des moyens d’existence, il descendit de son théâtre pour achever dans la solitude l’opéra des Francs juges, qui n’a jamais été représenté, mais dont l’ouverture est devenue célèbre. Ses parents, vaincus par sa persévérance, lui rendirent alors la modique pension qu’ils lui avaient retirée.

    Il fut heureux un instant ; mais il touchait à l’événement qui devait bouleverser toute son existence. Il est difficile de savoir ce que doit être l’amour dans une âme comme celle de Berlioz; il ignorait lui-même qu’il y a une époque dans la vie où les passions ont un degré d’intensité qui fait paraître pâles et faibles toutes celles ressenties antérieurement. Il était réservé à une célèbre Irlandaise de le lui apprendre. Le théâtre anglais vint nous étaler à Paris les merveilles du génie de Shakespeare. Une actrice méconnue en Angleterre essaya le rôle d’Ophelia dans Hamlet, obtint un succès prodigieux et mérité ; Berlioz la vit, et, dès ce moment, un amour subit, inexplicable dans ses effets, effrayant par sa violence et sa ténacité, le submergea complètement. Toutes ses tentatives pour être aimé et compris ayant été vaines, il tomba dans le plus profond et le plus pitoyable désespoir. Il n’écrivait plus de musique, ne pouvait en entendre, les objets de son admiration ne lui faisant éprouver dans cet état de déchirement de cœur et d’exaltation nerveuse que d’intolérables souffrances.

    On le voyait dans un coin de l’orchestre de l’Odéon, les jours où les Anglais ne jouaient pas (car il ne pouvait sans frémissements songer à revoir Miss S.), pâle, défait, ses longs cheveux et sa barbe en désordre, assistant taciturne à quelque comédie de Picard qui de temps en temps lui arrachait un affreux éclat de rire semblable à ce rire involontaire qui résulte de la contraction spasmodique des muscles dans le chatouillement. Objet de pitié pour quelques artistes, il était un sujet de raillerie pour les autres, qui l’appelaient le père la joie.

    « Oh malheureuse!!, s’écriait-il parfois, si elle pouvait comprendre un instant un amour tel que le mien, elle se précipiterait dans mes bras, dût-elle mourir consumée de mon embrassement ».

    Souvent, après quinze mois d’absence de la belle insulaire, quand les amis de Berlioz, lui voyant un air plus serein, espéraient le voir rentrer dans la vie ordinaire, rien ne pouvant plus lui rappeler ni les traits, ni le talent, ni les succès, ni les dédains de celle qu’il aimait avec une telle frénésie, on le voyait tout à coup s’interrompre au milieu d’une conversation joyeuse, sa figure pâle se couvrait de sueur; un tremblement convulsif faisait frémir tout son corps et un déluge de larmes terminait cet effrayant paroxysme.

    Un jour vint, au milieu de la troisième année de cette incroyable passion, qu’ayant recueilli de la bouche d’un ami une calomnie absurde sur Miss S..., Berlioz disparut de Paris pendant deux jours. L’imprudent qui lui avait brisé le cœur par sa funeste nouvelle, ne le trouvant pas chez lui fort tard dans la soirée du même jour, en conçut de vives inquiétudes. On cherche Berlioz partout; à la morgue même; impossible de découvrir sa trace. Il a depuis raconté que, marchant au hasard, il était sorti de Paris et s’était trouvé, à minuit, au milieu des champs, près d’un village dont il n’a jamais su le nom ; que, ne pouvant plus marcher, stupide de désespoir, il s’était jeté sur quelques gerbes de blé où il passa la nuit, non pas à dormir ou à pleurer, mais à écouter dans la plus complète insensibilité les clochettes des bestiaux, les aboiemens des chiens de ferme, les conversations des rouliers passant dans la route voisine, à rire même de l’effroi qu’il causait aux perdrix qu’il apercevait au clair de lune venir manger a ses pieds.

    Le lendemain, toujours errant sans nourriture, il se trouva dans une prairie près de Sceaux, tomba exténué dans un fossé où il dormit jusqu’au soir d’un sommeil de plomb.

    De retour à Paris au milieu de la nuit, au grand étonnement des gens de la maison qui le croyaient mort, il ne répondit pendant plusieurs jours que par le plus obstiné silence à toutes les questions plus affectueuses qu’on lui faisait. Six mois après, la Symphonie fantastique était écrite. Miss S... assistait dernièrement au concert de Berlioz, tenant à la main un exemplaire du Mélologue qu’elle lisait avec une grande attention. Son cœur a dû être assailli d’une foule d’étranges sentimens, en voyant tout ce qu’elle a causé de maux à cette âme de feu, à ce cœur d’artiste, en assistant à l’exécution de l’ouvrage étonnant qu’elle a fait naître, au succès éclatant de l’homme qu’elle a dédaigné et à la vengeance ingénieuse qu’il a tirée d’elle. Tout ceci, toutes ces circonstances produites par le hasard, donne à notre biographie l’air d’un roman. Elle est vraie cependant; ceux qui connaissent Berlioz ne le savent que trop.

    Le grand prix de composition obtenu à l’Institut pendant les trois jours de la révolution de Juillet au bruit de la mitraille et des cris d’un peuple en fureur, son voyage en Italie, son demi naufrage dans le golfe de Gênes en allant à Livourne, ses courses dans les montagnes du royaume de Naples, un fusil sur l’épaule, vivant de sa chasse ou à peu près, hantant tous les repaires des bandits, passant des journées entières a bâtir des pyramides de pierres sur la pointe des rochers de Subiaco, ou fumant une douzaine de cigares couché au soleil comme un lazaronne, se jettant tout habillé dans l’Anio au risque d’en mourir de la fièvre trois heures après, gai jusqu’à l’extravagance ou muet et brutal, suivant que ses souvenirs irlandais l’assaillaient ou le laissaient en repos; ses cris furieux d’admiration en lisant à Florence pour la première fois le Roi Lear de Shakespeare, son caprice momentané pour une dame Florentine qui lui était inconnue, qu’il ne vit que morte et dont il suivit le convoi après avoir admiré ses traits pendant le service funèbre au Dôme, beauté qu’il parvint à contempler à loisir dans l’espèce de morgue où l’on dépose les morts à Florence avant de les livrer à la terre et qu’il quitta tout en larmes après lui avoir baisé la main, tout cela ressemble à une contre partie exagérée d’un roman byronien.

Notes:

1) Voici ces lignes :

    « Je suis né à la Côte St-André (Dauphiné-Isère).

    Mon père qui était médecin voulut me faire suivre sa carrière. Il me donna pourtant un maître de musique et à l’âge de douze ans je commençais à composer.

    Arrivé à Paris je sentis ma passion pour la musique s’accroître et l’emporter sur mon désir de satisfaire mon père. Guerre de famille ; obstination de ma part. Je deviens élève de Lesueur puis de Reicha. J’ai le prix de Rome. Mon père alors me pardonne et à mon retour d’Italie je commence ma guerre de Trente ans contre les routiniers. Je voyage en Allemagne, en Russie et en Angleterre, où partout je reçois le plus brillant accueil. »

    Suit un catalogue des œuvres. En fin, Berlioz ajoute :

    « Parler du chef d’orchestre et du prosateur auteur du livre : les Soirées de l’orchestre.

    Citer l’influence sur moi des poètes tels que Shakespeare, Byron, Moore, Hugo, Goethe, et celle plus grande encore des spectacles de la nature; dont le reflet se retrouve dans l’“Adagio” de Roméo et Juliette et dans la “Scène aux champs” de la Symphonie fantastique, dans la “Sérénade” et dans la “Marche de pèlerins” de Harold .»

    Une copie du manuscrit autographe est au Département de la musique de la Bibliothèque nationale de France. Le texte est reproduit en annexe du tome V de la Correspondance générale (Flammarion).

2) Peut-être François-Joseph Fétis qui préparait une révision de son Dictionnaire universel des musiciens, comme le suggère Kern Holoman dans son Catalogue. À moins que ce ne soit Eugène de Mirecourt, comme le laisse croire une note du tome V de la Correspondance générale. Mais cela paraît peu probable, car la monographie du musicien réalisée par ce dernier regorge d’anecdotes qui vont bien au-delà de ces brèves informations et proviennent assurément d’un premier état des Mémoires (un temps en sa possession, comme l’atteste une lettre où Berlioz réclame son livre à Mirecourt). Dans cette hypothèse, ce pourrait être alors seulement pour l’usage d’une notice complémentaire, genre prière d’insérer ou quatrième de couverture. La monographie sera éditée en 1856, et c’est elle qui semble notamment visée au début des Mémoires : « On a imprimé, et on imprime encore de temps en temps à mon sujet des notices biographiques si pleines d’inexactitudes et d’erreurs, que l’idée m’est venue d’écrire moi-même ce qui, dans ma vie laborieuse et agitée, me paraît de quelque intérêt pour les amis de l’art.» Le «Post-scriptum» y revient : «Lettre adressée avec le manuscrit des Mémoires à M.*** qui me demandait des notes pour écrire ma biographie», avec ce commentaire en note : «Il s’est bien gardé d’en profiter; son livre est rempli de contes absurdes et d’extravagantes appréciations. »

3) Page 102, Hector Berlioz volume 1 (Fayard).

4) Avant-propos, page II.

5) Lettres de musiciens écrites en français, volume 2 page 172.

6) Pages 172 à 178.

7) L’autographe a été présenté à la fin de l’année 2003 dans le cadre de l’exposition à la Bibliothèque nationale de France sous l’égide de Catherine Massip et Cécile Reynaud : « la Voix du romantisme, Hector Berlioz ».

Remerciements

Merci à Valérien Pitarch et Jean-Philippe Dartevel pour leur aide en matière de traitement informatique.

Nous remercions vivement notre ami Pierre-René Serna de nous avoir envoyé cet article et le texte de l’esquisse autobiographique.

Voyez aussi sur ce site: 

Biographie de Berlioz

Mémoires de Berlioz

Site Hector Berlioz créé le 18 juillet 1997 par Michel Austin et Monir Tayeb; cette page créée le 14 juillet 2005.

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