« Il n’y a pas de meilleur gardien »

Paru dans

Le Dauphiné Libéré, 11 décembre 2009

© 2009 Le Dauphiné Libéré

PATRIMOINE: Ils lèguent toute leur collection au musée Berlioz

Lui, Michel, a découvert Berlioz à 12 ans avec la Damnation de Faust et en reste encore aujourd’hui tout ébloui. Elle, Monir, a rencontré l’illustre compositeur dans le texte, grâce à la lecture de ses Mémoires et a décidé aussitôt d’apprendre le français pour pouvoir lire Berlioz dans l’original.

Ces deux-là ne pouvaient que s’unir... Ce qu’ils ont fait. C’est ainsi que Michel Austin, professeur de lettres anciennes à Saint-Andrews en Ecosse, né en Australie, a rejoint un jour le destin de Monir Tayeb, née à Téhéran, établie en Grande-Bretagne depuis 1976, professeur de ressources humaines à l’université d’Edimbourg.

Ils créent un site pour Berlioz

Leur passion commune pour Berlioz va devenir le moteur de leur vie. Le regard précieux qu’il porte sur le compositeur va les amener même à créer dès 1997 un site dédié au célèbre Côtois. Avant de venir pour la première fois de leur vie, visiter la commune natale de Berlioz en 98, à l’initiative de Monir.

Les années passent. Leur site accueille progressivement pas moins de 70 000 visiteurs chaque année. Ils continuent aussi à enrichir leur collection. En achetant des partitions originales, des manuscrits, des programmes de concert, des affiches, pas moins de 300 CD, et des enregistrements historiques sur 33 ou 78 tours. L’histoire pourrait s’arrêter là s’ils ne prenaient la décision de revenir dix ans plus tard à la Côte Saint-André. « Quand on a vu ce qu’était devenu le musée Berlioz, les expositions qu’il accueillait, sa bibliothèque, les publications qu’il avait suscitées, nous avons pensé qu’il n’y aurait pas meilleur gardien pour notre collection », expliquait dans un français parfait Michel.

Le jour anniversaire de Berlioz

Le jour anniversaire de la naissance de Berlioz, le 11 décembre, Monir et Michel, officialisaient leur don dans les locaux du conseil général en présence de Claude Bertrand vice-président chargé de la culture.

Ils n’étaient pas venus les mains vides. Pour fêter l’événement ils avaient apporté deux lettres manuscrites de Berlioz. L’une de 1853 est adressée à son éditeur Michel Lévy. L’autre de 1832 a été écrite par Berlioz à la Côte et revient donc ainsi au bercail.

Très modestes tous les deux, Monir et Michel veulent bien se reconnaître une qualité : « Il nous a fallu beaucoup de patience pour arriver à constituer cette collection ».

« Monir est devenue imbattable pour mettre sa mise sur eBay dans les vingt dernières secondes de l’enchère, quand on veut enrichir d’un nouveau document notre collection », plaisante Michel.

Véronique JULLIARD

Pour en savoir plus
www.hberlioz.com

* Nous remercions vivement M. Jean-Pierre Souchon, Rédacteur en chef du Dauphiné Libéré, de nous avoir permis de reproduire cet article.

© 2009 Le Dauphiné Libéré

Retour à la page Projet Commun 
Back to Common Project page