Berlioz passionnément

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Le Dauphiné Libéré 18 septembre 2011

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LA COTE-SAINT-ANDRÉ

« Remarquable, c’est remarquable ! » Pour Chantal Spillemaeker, conservateur en chef du musée départemental Hector-Berlioz, la donation faite par un couple d’enseignants de l’université d’Edimbourg est inestimable. Et pour cause.

Michel Austin, qui est d’origine franco-australienne, et son épouse Monir Tayeb, d’origine iranienne, se passionnent depuis des années pour Hector Berlioz et ils ont constitué un fonds d’une étonnante richesse sur le compositeur. Un fonds qu’ils ont légué au musée… tout comme l’ensemble de leur biens personnels.

« Michel Austin et Monir Tayeb ont commencé, en 1997, à crée une base de données extraordinaire sur le site www.hberlioz.com, qui rassemble tous les écrits, l’ensemble de l’œuvre littéraire et musicale du compositeur, ainsi que des partitions en ligne, détaille Chantal Spillemaeker. Ils souhaitent léguer cette base de données au musée, nous les avons rencontrés il y quelques années, une amitié est née et le site est maintenant hébergé sur le serveur du conseil général de l’Isère. »

Comment s’est formée cette passion “remarquable”? « Quand j’avais 12 ans, j’habitais encore en France, se souvient Michel Austin. J’ai entendu une œuvre de Berlioz, elle m’a plu immédiatement et j’ai eu le sentiment d’avoir tout de suite compris cette musique. Quand ma famille est partie s’établir à Manchester, en 1958, il y avait une excellente bibliothèque publique avec une collection de musiques magnifiques, des livres sur Berlioz, des partitions. »

Autant dire que l’universitaire s’est toujours intéressé au compositeur dauphinois. Jusqu’à partager cette extraordinaire dévotion. « Quand j’ai reconcontré Monir, je lui ai transmis ma passion et elle est maintenant plus royaliste que le roi. »

Le couple qui vit en Ecosse, près d’Edimbourg, possède également une collection extrêmement importante de manuscrits, de gravures, des programmes de l’interprétation de l’œuvre depuis 1860 jusqu’à 2011, des médailles, des présents, des portraits de musiciens contemporains… « Tout, tout, tout résume Chantal Spillemaeker. Ils ont également décidé de léguer cette collection au musée, ce qui complète énormément la nôtre car elle est beaucoup plus internationale. »

Une collection qu’ils ont déjà grandement contribué à enrichir. « L’an dernier pour l’exposition “Berlioz en Russie” et cette année encore pour “Fantin-Latour interprète Berlioz”, Michel Austin et Monir Tayeb nous ont aidés de façon extraordinaire en acquérant à Londres et à Paris six lithographies originales de Fantin-Latour qui manquaient au musée, à qui ils en ont fait la donation, raconte le conservateur en chef du musée de La Côte-Saint-André. Elles sont dorénavant conservées et deviennent collection départementale. C’est un patrimoine extraordinaire. »

Et ce n’est pas tout. La passion du couple n’a pas de prix. Il se refuse d’ailleurs à parler d’argent. « Comme nous n’avons pas d’enfant, nous avons décidé de léguer nos biens personnels au musée Berlioz pour lui permettre d’enrichir encore ses collections, parce que il n’y a pas de meilleur lieu et de meilleur gardien que le musée, qui est aussi la maison de Berlioz », annoncent Michel Austin et Monir Tayeb.

Avant d’ajouter en chœur : « Ce legs, c’est notre hommage à Berlioz. » Remarquable !

Jean-Luc COPPI


* Nous remercions vivement M. Jean-Pierre Souchon, Rédacteur en chef du Dauphiné Libéré, de nous avoir permis de reproduire cet article.

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